Éric Génovèse

499e Sociétaire / Sociétaire le 1er Janvier 1998
Entré à la Comédie-Française le 1er Décembre 1993

Biographie

« Les notions de beauté et de grâce peuvent paraître aujourd’hui probablement galvaudées, voire prétentieuses ou arrogantes ; elles sont pourtant parties intégrantes du travail et de la recherche de perfectibilité d’un acteur, et de tout artiste en général au fil de sa carrière, et de sa vie… ». Le souvenir de cette grâce, comme une expérience éphémère propre au meilleur des théâtres, Éric Génovèse l’a conservée dans sa mémoire. Ce comédien et metteur en scène n’a cessé de la rechercher au fil de ces années auprès de ses confères, des metteurs en scène qu’il a pu rencontrer, et dans son travail d’acteur, cherchant soir après soir à communiquer sur cette base avec un public qui ne sera présent qu’un seul soir. Après une formation au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de 1989 à 1991, il entre à la Comédie-Française le 1er décembre 1993, et devient le 499e sociétaire de la troupe le 1er janvier 1998. Au cours de sa première saison (1993/1994), il n’interprète pas moins de cinq rôles dans quatre pièces différentes : Du Croisy dans L’Impromptu de Versailles et La Grange dans Les Précieuses ridicules de Molière, toutes deux mises en scène par Jean-Luc Boutté, Salle Richelieu ; Scipion dans Caligula d’Albert Camus, mis en scène par l’illustre réalisateur égyptien, Youssef Chahine ; enfin Fortinbras et la Reine de Comédie dans Hamlet de Shakespeare, dans la traduction du poète Yves Bonnefoy, mis en scène par Georges Lavaudant. À ses débuts au sein de la troupe, Éric Génovèse sera essentiellement choisi pour des rôles de jeune premier dans les tragédies classiques françaises, dont le rôle de Domitian dans Tite et Bérénice de Pierre Corneille (1995), et plus particulièrement dans le répertoire de Jean Racine, dans lequel il interprétera trois rôles successifs : Hippolyte, dans Phèdre, mis en scène par Anne Delbée (1995) ; Xipharès, dans Mithridate (1996) , ou encore Oreste dans Andromaque (1998) mis en scène par Daniel Mesguich. Au cours de la saison 1997/1998, il joue, sous la direction de Jorge Lavelli, le rôle de Schweizerkas dans Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht. En 2001 le grand maître de théâtre russe, Anatoli Vassiliev, lui propose le rôle de la Nuit, comme une énigme et une radiographie de lui-même en tant qu’acteur, dans Amphitryon de Molière. Avec le rôle de Khwaja Aziz Mondanabosh dans Homebody/Kabul, il aborde pour la première fois le répertoire du dramaturge contemporain Tony Kushner, dont les pièces sont des fables moralistes, tragicomiques sur l’Amérique de la fin du XXe et début du XXIe siècle. En 2004, Marcel Bozonnet lui offre le rôle mythique de Tartuffe, dans l’œuvre éponyme de Molière qu’il met en scène, dans laquelle il saura incarner ce faux dévot avec une force destructrice et démoniaque maintenue étouffée, pleine d’humanité et de froideur. La même année, Éric Génovèse met en scène au Studio-Théâtre un montage de textes du poète et auteur portugais Fernando Pessoa, intitulé : Le Privilège des chemins. Sous la direction de Joël Jouanneau, il sera Eugène Jr. dans Embrasser les ombres du scandinave Lars Norén (2005). Plus récemment il joue les rôles de Philinte dans Le Misanthrope de Molière, mis en scène par Lukas Hemleb (2007) ; et de Le Bret dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, mis en scène par Denis Podalydès (2008). Hors de la Comédie-Française, il participe à de nombreuses productions, dont : Bête de style de Pier Paolo Pasolini, mis en scène par Stanislas Nordey au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (1991) ; L’Échange de Paul Claudel, mis en scène par Darius Peyamiras, à la Comédie de Genève (1993) ; ou encore La Lève de Jean Audureau, mise en scène par Pierre Vial au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers. Sa passion pour l’opéra le conduit à jouer des rôles de récitant dans certaines œuvres du répertoire lyrique, notamment dans : L’Enlèvement au Sérail de Mozart (2002) ; Le Martyre de saint Sébastien de Claude Debussy, ou encore Lélio, ou le retour à la vie d’Hector Berlioz (2003). Il joue dernièrement dans Hydrogen Jukebox de Philip Glass & Allen Ginsberg, créé par Joël Jouanneau à l’opéra d’Angers Nantes (2009). Éric Génovèse mène un parcours de metteur en scène, tant au théâtre qu’à l’opéra, dirigeant notamment : Les Juives de Robert Garnier, au Théâtre du Marais à Paris (2001) ; Rigoletto de Verdi, à l’Opéra national de Bordeaux (2007) ; et Cosi fan tutte de Mozart au Théâtre des Champs-Élysées à Paris (2008). Au cinéma, il joue notamment dans Jefferson à Paris de James Ivory ; ou tourne pour la télévision dans La Place royale de Benoit Jacquot (1993); ou encore dans La Ballade de Kouski, réalisée par Olivier Langlois (2009).

Formation

  • Conservatoire national supérieur d'art dramatique, 1988-1991, classes de Viviane Théophilidès, Pierre Vial, Madeleine Marion, Jean-Pierre Vincent.

  • Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres.