Catherine Samie

Biographie

Ses professeurs trouvaient la jeune fille de vingt-trois ans gauche et sans emploi. Le jury lui accorde pour son concours de sortie en 1956 deux seconds prix de comédie classique et moderne pour ses interprétations de Molière et Courteline. Ce sera la couleur de ses débuts : la comédie avant tout pour cette jeune actrice forgée sous le feu de la gouaille, portée par une énergie incomparable, une vague de légèreté, de rires en cascade, de force tranquille. Catherine Samie entre comme un tourbillon à la Comédie-Française, en septembre 1956, pour y entreprendre un voyage qui va durer cinquante ans. En quelques mois, elle est distribuée plus d'une demi-douzaine de fois sous la direction de Jean Meyer. Elle est toutes les soubrettes de Molière, elle est la soubrette de Molière : Dorine, Lisette, Nérine, Marine, Zerbinette, Nicole, Toinette, Jeannette, Claudine… Les rivaux du Patron s'appellent : Feydeau, Courteline, Meilhac et Halévy, Labiche, Flers et Caillavet. Volant de la comédie classique au vaudeville, déjà interprète de plus de cinquante pièces, moins de cinq ans après son entrée dans la maison, Catherine Samie en devient, en 1962, la 438e sociétaire. Tous les rôles s'ouvrent à elle. La comédie a enseigné à Catherine Samie la générosité du jeu, l'implication et la distance, la maîtrise de l'effet, la volupté de l'instant, la communion avec le public. Elle peut tout jouer ; elle joue tout. Marivaux, Montherlant, Shakespeare, Dostoïevski, Mérimée, Rostand, Strindberg, Euripide, Beckett. Catherine Samie incarne la Comédie-Française qui change, se transforme, abandonne des usages périmés, s'ouvre sur le monde depuis sa tradition séculaire, invente de nouveaux rapports au public, sollicite différemment la troupe. Elle est de toutes les aventures menées par les administrateurs généraux : Maurice Escande, Pierre Dux, Jean-Pierre Vincent, Jacques Lassalle, Antoine Vitez, Jean-Pierre Miquel, Marcel Bozonnet… Elle inspire les plus recherchés des  metteurs en scène : Jacques Charon, Jean-Paul Roussillon, Jorge Lavelli, Otomar Krejka, Klaus-Michael Grüber, Stuart Seide, Bruno Bayen, Jean-Luc Boutté, Éric Vigner. Elle crée les plus grands auteurs contemporains : Fernando Arrabal, Jean Audureau, Samuel Beckett, Marguerite Duras. Au total, 133 rôles en un demi-siècle. Au début de l'année 1989, au départ de Bernard Dhéran, Catherine Samie devient Doyen de la Comédie-Française. Elle le sera dix-huit ans, l'un des plus longs règnes de toute l'histoire de la Maison de Molière. En 1990, lors de la disparition d'Antoine Vitez, elle sera la seconde femme, après Claude Winter, à assurer, par intérim, la fonction d'administrateur général. Après avoir participé à l'entrée au répertoire de Jean Audureau avec Félicit et d'Aimé Césaire dans la Tragédie du Roi Christophe, elle est Madeleine, dans Savannah Bay, pour la spectaculaire entrée de Marguerite Duras sur le plateau de la Salle Richelieu, en 2002. Enfin, elle est Winnie, dans Oh les beaux jours de Samuel Beckett, en 2005. Pendant cinquante ans, le cinéma la sollicitera également et elle aura aussi bien tourné sous la férule de Julien Duvivier que sous celle de Josiane Balasko, en passant par Michel Audiard, Claude Lelouch, Jean-Jacques Annaud ou James Ivory. Elle fait part de son intention de se retirer de la Maison de Molière à la fin de l'année 2006. En janvier suivant, dans la plus pure tradition des fêtes données en l'honneur des grands acteurs du Français, Catherine Samie fait ses adieux à la Comédie-Française lors d'une soirée mémorable, Jubilé jubilant, où toute la troupe lui rend un hommage sans solennité mais vibrant de l'amour de la vie et du théâtre dont elle aura témoigné sans relâche.

Formation

  • - Centre d'Art Dramatique.
    - Conservatoire national supérieur d'art dramatique, concours 1956, classes de Pierre Dux, puis de Béatrix Dussane.

    • 2e Prix de Comédie classique dans le rôle de Dorine, Tartuffe, Molière.
    • 2e Prix de Comédie moderne dans Gros Chagrin, Courteline.


  • Prix de la meilleure comédienne 2000, décerné par le Syndicat de la critique dramatique, pour la Dernière Lettre.

  • - Grand officier dans l'Ordre de la Légion d'honneur
    - Chevalier dans l'Ordre national du Mérite
    - Commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres