comédie française,comédiefrançaise,comédie-française,COMEDIE FRANCAISE,COMEDIEFRANCAISE,COMEDIE-FRANCAISE,Comédie Française,Comédiefrançaise,Comédie-Française,Comedie Francomédie française,comédiefrançaise,comédie-française,COMEDIE FRANCAISE,COMEDIEFRANCAISE,COMEDIE-FRANCAISE,Comédie Française,Comédiefrançaise,Comédie-Française,Comedie Fran édito

Une petite place dans le chaos
Depuis ma nomination à la tête de la Comédie- Française en août 2006, mes équipes et moi-même n’avons cessé de reposer la question : mais à quoi donc « jouons-nous », à quoi sommes-nous utiles ? Quelle place nous est encore désignée, accordée, ou quelle place nous est légitime dans le chaos capricieux des désastres intimes, des désordres du monde, de la catastrophe écologique ou financière ? À quelles missions consacrons-nous les moyens qui nous sont donnés ? Pour ce qui me concerne, il s’agit d’ériger sur nos plateaux des représentations du monde, de le travestir, de le dénoncer, de l’interroger, de l’idéaliser en connaissance de cause. Nous jouons à convoquer ses monstres, ses héros, ses naufragés, Héraclès, Harpagon et Père Ubu, le loup d’un conte et l’affairiste Isidore Lechat... Souvent, en commun, ils ont le sens du sacrifice ; ce dévouement qui les pousse au mieux à s’extraire eux-mêmes du monde, au pire à sacrifier l’un des leurs au profit de ce qu’ils nomment le bien social. De Molière à Dario Fo, les écrivains de théâtre tendent un miroir à des salles entières, pour que chacun s’interroge sur sa propre place dans la société. Quelle est la place des uns dans le monde des autres ? J’oserais dire qu’il s’agit pour nous de transcender tant que faire se peut le réel, de recourir aux mots, aux paroles, aux langues réinventées des poètes pour construire ensemble ce que l’on est tenté d’appeler les ébauches de la beauté. À la Comédie- Française, avec nos cinquante-sept comédiens, nos quatre cents salariés et nos vingt-deux métiers, nous jouons à tenter d’atteindre le sublime, par l’excellence du répertoire, par le talent des créateurs d’esthétiques nouvelles, par nos artisans, par nos artistes. Nous sommes des clowns responsables, des bouffons graves et nécessaires, des passeurs. Ici comme ailleurs, à la marge du monde dont nous restons des citoyens lucides, nous travaillons à le représenter, à mettre en voix, en corps et en scène ses figures abjectes ou merveilleuses. C’est là peut-être que nous pourrons en comprendre les réels méandres, les pièges ; que nous pourrons en déjouer les tentations. Nous forgeons des miroirs pour nous comprendre mieux, et pour apprivoiser nos assassins. Dans Le Songe de Strindberg, un ange plaint les hommes : « ils sont si nombreux et ils sont si seuls », dit-il. L’ange ne déplore pas qu’ils soient « si nombreux », il déplore de les voir « si seuls ». Travaillons, toujours et ensemble, à décourager les tyrans domestiques comme les criminels d’envergure, les monstres de conséquence. Le monde et ses chaos valent bien quelques miroirs pour se regarder en face, pour que chacun y trouve sa place.

Muriel Mayette
administrateur général

buy acrobat 9 pro buy acrobat 8 pro Buy Captivate 4 Adobe CS4 Master Collection Adobe CS4 Master Collection mac Buy Corel Draw Buy Adobe Photoshop AutoCAD 2010 buy mathcad 14 microsoft office 2007 Buy Solidworks 2009 Final Cut Studio buy autocad buy autocad 64 bit buy picture it premium Buy Pinnacle Studio
Conception création de sites internet web blog