Actualités

Le site internet de la Comédie-Française offre l’accès en ligne à un certain nombre de ressources sur son histoire et son patrimoine. La rubrique « Histoire et patrimoine » propose ainsi des articles sur Molière, sur l’histoire de la Comédie-Française, les archives des dossiers de presse des pièces et des auteurs joués qui donnent de nombreux renseignements sur les auteurs et les mises en scène.

La Comédie-Française conserve ses archives depuis sa création en 1680. Les collections continuent à s’enrichir d’œuvres d’art et de documents d’archives, de témoignages sur la vie de la troupe et des auteurs.

Coup de projecteur : Projet des registres journaliers de la Comédie-Française
http://cfregisters.org/fr

La Comédie-Française est partenaire du projet des registres journaliers de la Comédie-Française, associant  l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense (laboratoire HAR), l’Université Paris-Sorbonne (centre de recherche CNRS Cellf 17-18), l’Université de Poitiers (laboratoire Forell), le Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston) et la Harvard University (Boston).
Les registres journaliers couvrant la période 1680-1793 ont été numérisés. Leur contenu a été saisi dans une base de données conçue par le MIT permettant de visualiser leur transcription ainsi que l’original numérisé. Des outils de recherches permettent d’effectuer des recherches croisées sur la programmation, le public, les recettes du théâtre.
Avec comme principaux objectifs la numérisation, l’analyse statistique et l’exploitation scientifique des données contenues dans les registres journaliers de la Comédie-Française pour la période 1680-1793, le projet entend valoriser cette source patrimoniale unique par le biais des technologies les plus évoluées en matière d’outils de visualisation et de traitement statistique. Plus précisément, le projet s’organise en deux volets : 
- un volet technologique qui comprend la numérisation des registres en fac-simile, le développement d’outils de visualisation et de traitement statistique innovants qui ont permis de créer une base de données analytique interrogeable par les usagers.
- un volet de valorisation et de recherche pour l’exploitation scientifique des registres à travers des projets de recherche et des manifestations pédagogiques et culturelles.
Le projet est financé par : l’Agence Nationale de la Recherche, le Programme national de numérisation du Ministère de la culture et de la communication, le Labex de Paris Ouest-Nanterre (les passés dans le présent), le Labex de Paris 8 et Paris Ouest-Nanterre (Arts H2H), le Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston), la Florence Gould Foundation, l’université de Harvard et l'Institut universitaire de France. 

Colloque Remettre en jeu le passé : Métamorphoses du corpus des Registres de la Comédie-Française 1680-1793 / 2013-2016, du 14 au 16 décembre 2015, à Paris, au Théâtre du Vieux-Colombier et à l’Institut National d’Histoire de l’Art.

1er jour : les prolongements du projet dans le domaine de la pratique artistique autour d’une expérience/réflexion sur le « répertoire ».
2ème jour : les résultats du projet dans le domaine de la pratique scientifique, nécessairement remise en question par la transformation d’un corpus papier en un corpus numérique, mais aussi en une base de données et des outils de recherche adaptés.
3ème jour : une réflexion méthodologique et critique sur la notion de corpus, modifié dans le contexte des humanités numériques, et une expérimentation pratique et concrète de manipulation de ce corpus par des informaticiens.

Colloque du 19 au 21 mai 2016, à Boston, au MIT et à Harvard.




Acquisition exceptionnelle

Mounet-Sully, rôle de Pietro Strada (Par le glaive, Jean Richepin) par Carolus-Duran, 1892 (don de Jacques Sereys)

© Collections Comédie-Française / Angèle Dequier

Le portrait peint par Carolus-Duran (1837-1919) représente Mounet-Sully (1841-1916) dans le rôle de Pietro Strada, dans Par le glaive de Jean Richepin, rôle qu’il interprète en 1892. Comptant parmi les comédiens les plus importants de sa génération, tant dans le répertoire tragique que dans le drame romantique, grand interprète de Shakespeare, doyen de la troupe de 1894 à 1916, Mounet-Sully compte parmi les « monstres sacrés » de son époque, auprès de Sarah Bernhardt, Réjane, De Max ou Lucien Guitry. Ses qualités vocales et plastiques sont mises à profit dans les représentations mythiques qu’il donne au théâtre antique d’Orange, où sa force d’incarnation et le lyrisme qu’il met en œuvre le hissent au sommet de son art. Ardent représentant du dialogue entre les arts, il se fait représenter par les plus grands artistes de son époque. Ce portrait lui est d’ailleurs dédicacé par le peintre : « À mon ami Mounet-Sully souvenir affectueux ».

La Comédie-Française possède déjà deux importants portraits de Mounet-Sully par Jean-Paul Laurens, un autre par Charles-Auguste Mengin, un buste en bronze par Lucien Pallez qui accueille les spectateurs à l’entrée du péristyle, ainsi qu’un médaillon (par Daniel Joseph Baque) rendant hommage à l’artiste sur la façade du bâtiment du côté de la rue de Montpensier, inauguré dès 1927 en souvenir du comédien et doyen.

Le don de Jacques Sereys à la Société des Comédiens-Français vient enrichir l’iconographie connue de cet artiste important et compléter la collection d’un portrait de Carolus-Duran qui en compte déjà deux autres (portrait de Jane Henriot et de Jeanne Samary). La Société a déjà bénéficié de la générosité de Jacques Sereys, à de nombreuses reprises, par des dons d’autographes et d’affiches du XVIIIe siècle.

 

 

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Acquisition

© Collections Comédie-Française / Pascaline NoackPortrait du comédien sociétaire Monrose par Edmond Geffroy, 1843, huile sur toile
© Collections Comédie-Française / Pascaline Noack

La bibliothèque-musée a eu l’occasion d’acquérir en 2012 un tableau d’Edmond Geffroy (1804-1895) représentant Monrose père (1783-1843) dans le rôle de Mascarille (L’Étourdi de Molière). Ce petit portrait individuel daté de 1843 est une copie issue d’un portrait collectif de la troupe des sociétaires en 1840, réalisé par Geffroy.

Vous pouvez visualiser ce portrait collectif sur la base de données La Grange à l’adresse :
http://www.comedie-francaise.fr/la-grange-notice.php?id=554&p=1&ref=00037255

L’œuvre complète utilement la collection de tableaux de Geffroy déjà présents à la Comédie-Française, dont plusieurs compositions similaires, comme le portrait de Ligier en Cinna, ou Monvel dans l’Abbé de l’Épée. L’an dernier, la Comédie-Française avait eu l’occasion d’acquérir grâce au Fonds du Patrimoine le portrait de Rachel par Geffroy dans le rôle de Catherine 1re (La Czarine de Scribe), datant de 1855, réalisé à l’initiative de la comédienne.
À la fois peintre et comédien, Edmond Geffroy est une figure majeure de la troupe, mais il a aussi eu soin de laisser au théâtre des compositions à la gloire de son art : portraits individuels ou collectifs de comédiens, scènes de théâtre etc. Son tableau le plus célèbre, Molière et les caractères de ses comédies (1857) représente une galerie de personnages du théâtre de Molière.
http://www.comedie-francaise.fr/la-grange-notice.php?ref=00036981&id=554&p=2
Monrose, entré à la Comédie-Française en 1815 choisit de faire ses débuts dans le rôle de Mascarille de L’Étourdi, rôle que privilégia Geffroy pour sa composition collective. Monrose s’illustra particulièrement dans les rôles de valets fourbes et spirituels comme Scapin ou Figaro mais créa également près de soixante-dix rôles modernes. Il fut doyen de 1831 à 1842 et mourut en 1843 ce qui poussa peut-être Geffroy à exécuter ce portrait pour lui rendre hommage.

 

Bicentenaire du Décret de Moscou

Le 15 octobre 1812 fut promulgué le décret de Moscou. Ce décret ratifiait l’acte de société signé le 17 avril 1804 qui refondait la Société des Comédiens-Français et le complétait en réglant de façon autoritaire les rapports entre la Société et le pouvoir.

Il peut paraître étonnant que Napoléon ait pris soin de réglementer la vie du Théâtre-Français alors qu’il était en campagne à l’autre bout de l’Europe et venait de prendre ses quartiers à Moscou, au prix de milliers de morts lors de la bataille de la Moskova. La ville est en flammes. Napoléon n’y restera que quelques jours avant d’ordonner le retrait des troupes. L’historien Jean Tulard a remis en cause l’idée que le décret de Moscou fut rédigé à Moscou et affirme qu’il fut antidaté et élaboré au retour de l’Empereur à Paris. Le registre du Comité ne signale pas ce nouveau décret en octobre 1812 et, en date du 15 octobre, les comédiens se préoccupent plutôt d’orner leur foyer de nouveaux portraits commandés à un certain M. Thévenin (il s’agit probablement de Charles Thévenin (1764-1838), peintre d’histoire et portraitiste), qui est autorisé à réaliser trois nouveaux portraits pour faire pendant à ceux de Baron par de Troy, de Mlle Dumesnil par Nonotte et de LeKain par Lenoir. Ce jour, le Comité choisit d’honorer la mémoire de Bellecour, Brizard et Préville, ignorant tout du décret qui allait réglementer la Comédie-Française jusqu’à aujourd’hui.

Napoléon prit un soin particulier à organiser et contrôler les théâtres qui lui semblaient les plus propres à célébrer la gloire de son empire. Le 8 juin 1806, un décret limita leur nombre à 12, sur l'ensemble de Paris, répartis de manière à ce qu'ils ne se concurrencent pas géographiquement. Puis de nouveau, en 1807, le nombre fut réduit à 8 : 4 théâtres principaux (le Théâtre-Français, l'Opéra, l'Opéra-Comique et l'Opéra-Buffa), et 4 théâtres secondaires (Vaudeville, les Variétés, l'Ambigu-Comique et la Gaîté).

Le décret de Moscou s’inscrit dans cette perspective de contrôle. Il reprend en grande partie les dispositions antérieures à la Révolution, traite des questions d’organisation, de discipline, de comptabilité, de police. Le théâtre est placé sous la surveillance et l’autorité du Surintendant des spectacles (en remplacement des gentilshommes de la Chambre sous l’Ancien Régime) et du Commissaire impérial, plus spécifiquement délégué auprès du Théâtre-Français, préfiguration de l’Administrateur général qui prendra sa place en dirigeant l’institution à proprement parler à partir de 1850.

Le décret entérine la Société, réglemente la répartition des bénéfices suivant un système de parts, l’obligation pour tout Sociétaire de jouer pendant vingt ans et l’interdiction de jouer sur d’autres théâtres, l’attribution des pensions de retraite, le fonctionnement du Comité d’administration et des assemblées générales, le contrôle de la comptabilité, la distribution des emplois, les débuts, l’entrée des pièces au répertoire, l’établissement et l’exécution du répertoire, les parts d’auteur, la police du théâtre, l’enseignement des élèves du théâtre au Conservatoire Impérial.

Les décrets successifs reprendront toujours les fondamentaux du décret de Moscou, jusqu’au décret du 1er avril 1995 conférant à la Comédie-Française le statut d’établissement public national à caractère industriel et commercial (EPIC).

Pour en savoir plus : consulter le texte du décret de Moscou

 


Acquisition exceptionnelle ayant bénéficié de l’aide du Fonds du patrimoine (Ministère de la Culture et de la Communication)
RachelEdmond Geffroy (1804-1895)Rachel dans le rôle de Catherine 1re (La Czarine de Scribe)Huile sur toile, 1855I 419 ©Angèle Dequier

Le développement des portraits de comédiens dans la première moitié du XIXe siècle a permis à la Comédie-Française de s’enrichir de nombreux tableaux offerts par les comédiens ou leurs familles, échangés aux artistes contre des entrées, mais également commandés par l’Etat, à l’exemple du portrait de Talma en Néron de Delacroix.
Certaines personnalités phare comme Talma, Rachel ou Sarah Bernhardt ont été des modèles de choix pour des peintres qui pouvaient associer leur nom aux comédiens les plus admirés de la scène. Edmond Geffroy a ainsi réalisé plusieurs portraits de ses contemporains dont certains sont aujourd’hui dans nos collections. Son intérêt à nos yeux est tout à fait particulier puisqu’il a mené la double carrière de peintre et de comédien à la Comédie-Française avec un même succès, ce qui a été profitable au théâtre qui a pu acquérir son grand tableau Molière et ses caractères exposé au Salon de 1857. En 1855 il réalisa un important portrait de Rachel, représentée dans le rôle de Catherine première de Russie dans La Czarine de Scribe. Si Rachel remporta comme toujours les suffrages du public par son naturel et son « jeu de physionomie admirable », ses costumes, dans cette pièce, étaient en partie la source de ce succès, et plus particulièrement celui herminé qui fut lithographié pour la Petite Galerie Dramatique et que Geffroy a choisi de représenter.
Ce portrait avait été commandé par la tragédienne qui l’aima tant qu’elle demanda à son « excellent peintre ordinaire d’en faire un second », démarche exceptionnelle qui témoigne de l’importance du portrait. Le premier se trouve aujourd’hui au musée Carnavalet où il est entré en 1931 grâce au don de la Marquise Rossi del Barbazzale. Le second, de plus petites dimensions et qui se trouvait dans la collection Fabius Frères, a pu être découvert du public et des spécialistes lors de son exposition en 2004 au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme dans le cadre de la rétrospective consacrée à la tragédienne.
Ce tableau, resté en mains privées jusqu’à aujourd’hui (Elie Fabius l’a acheté en 1907 avant de le vendre au marchand et éditeur Manzi dans la vente duquel il le racheta en 1919), a été acheté par la Comédie-Française lors de la vente Fabius Frères du le 26 octobre 2011 chez Sotheby’s à Paris (numéro 142, p. 154-155 du catalogue).
La Comédie-Française a pu ainsi acquérir ce tableau majeur représentant une de ses plus grandes sociétaires, dans le dernier rôle qu’elle a créé peu de temps avant sa mort en janvier 1858. Non seulement ce tableau complète la collection de portraits de Rachel (par Gérôme, Amaury-Duval, Charles-Louis Müller, Edouard Dubufe) mais également le fonds de portraits d’Edmond Geffroy. Il illustre aussi le travail accompli au milieu du XIXe siècle par les ateliers de la Comédie-Française dans le champ du  costume de scène.

Coup de projecteur :


En 2010, la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française a obtenu une subvention du Ministère de la Culture dans le cadre de la MRT (Mission de la recherche et de la technologie) pour numériser une partie de son fonds de maquettes planes de décors et de costumes. Ces maquettes, réalisées pour les spectacles de la Comédie-Française, constituent des archives exceptionnelles sur l'histoire du théâtre, de la Comédie-Française et sur un patrimoine par nature éphémère. Quelques 4780 maquettes datées du XIXe siècle à nos jours ont été numérisées, elles sont signées de costumiers ou décorateurs tels que Alfred Albert, Louis Boulanger ou Eugène Giraud pour le XIXe siècle, Patrice Cauchetier, François Ganeau, Yannis Kokkos ou Christian Lacroix pour le XXe siècle.
Ces documents sont accessibles en ligne dans la base documentaire Lagrange.

Croquis

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Base documentaire La Grange en ligne

La Comédie-Française conserve les trésors accumulés au cours de ses trois siècles d’existence. La base de données La Grange est le catalogue de ce riche patrimoine. Elle a été baptisée ainsi en hommage à La Grange (1635-1692), fidèle compagnon et comédien de Molière qui s’employa à consigner, dans un registre, la vie et les activités de la troupe de Molière dès 1659.
Elle propose l’accès à diverses sources d’informations : le répertoire des spectacles et des représentations, la collection des œuvres d’art, le catalogue de la bibliothèque, les fonds d’archives. Plus de 50.000 notices souvent illustrées sont consultables librement.