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Exposition Molière, querelles et combats

Paris-Mairie du 6e arrondissement
En partenariat avec la Foire Saint-Germain
7 juin - 10 juillet 2005

Tous les jours de 11h à 19h,
Nocturne le 27 juin jusqu’à 22h -
Entrée libre

Cette exposition a été conçue en écho à la nouvelle production de Tartuffe qui se jouera à la Salle Richelieu, du 21 mai au 18 juillet puis de septembre 2005 à janvier 2006.

Commissaire de l'exposition : Joël Huthwohl,
en collaboration avec l'équipe de la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française : Frédérique Brunner, Valérie Coudin, Claudine Huglo, Brigitte Levoyet, Mélanie Petetin, Jacqueline Razgonnikoff, Bénédicte Rouvière, Laure Saveuse-Boulay
Foire Saint-Germain : Alain Ouy et Marine Cacaud

L'exposition présentée du 7 juin au 10 juillet 2005 à la Mairie du 6e arrondissement de Paris, en partenariat avec la Foire Saint-Germain, n'a pas l'ambition de démontrer ce que les moliéristes depuis des années n'ont réussi qu'à esquisser. En revanche, elle voudrait aider le visiteur à mieux comprendre le contexte littéraire, philosophique et religieux dans lequel Molière a écrit, comment ce fils de bourgeois de Paris devint au sommet de sa carrière à la fois le protégé du Roi-Soleil et l'empêcheur de prêcher en rond des dévots de son temps.

De Molière, on présente souvent la belle histoire de ses itinérances en province, de ses amours avec Madeleine et Armande Béjart, de son active participation aux fêtes louisquatorziennes, de son alliance puis de sa brouille avec Lully, de son génie d'auteur et d'acteur comique, de son obstination de chef de troupe ; on se penche peut-être moins volontiers sur son parcours d'écrivain et de penseur, sur sa place dans la société intellectuelle de son temps. Parce que les sources sur sa jeunesse ne donnent que des informations partielles, qu'aucun écrit intime ne nous livre ses convictions profondes et qu'il faut se contenter de croiser les témoignages et les préfaces, parce que ce Molière-là cherche plus à nous questionner qu'à nous séduire.

Pour ce faire, les collections d'archives, de livres et d'œuvres d'art de la Comédie-Française ont été réexplorées par l'équipe de la Bibliothèque-Musée, qui a choisi plus de cent vingt peintures, éditions anciennes, manuscrits, gravures, illustrant le propos. En eux-mêmes, ses trésors valent que l'on vienne jusqu'à la place Saint-Sulpice, dans la mesure où ils sont habituellement dans les coulisses et les réserves du théâtre, invisibles du public, dans l'attente séculaire que naisse à Paris un Musée du théâtre.

Le parcours de l'exposition invite d'abord le visiteur à découvrir la formation intellectuelle de Jean-Baptiste Poquelin et ses années d'apprentissage, à travers les hommes et les femmes qu'il a fréquentés, poètes, philosophes, auteurs dramatiques, jusqu'à devenir un écrivain de premier plan, reconnu à la cour et à la ville. Ensuite se déploie le temps des combats, principalement contre l'Église et les faux dévots, qui commence avec la querelle de L'École des femmes, se poursuit avec Le Tartuffe et Dom Juan et s'amplifie avec la "querelle du théâtre", vive polémique qui alla jusqu'à mettre en cause la légitimité du théâtre dans un monde chrétien. Les jours difficiles qui suivirent la mort de Molière s'inscrivent dans ce débat et ouvrent un dernier temps dans l'exposition où est posée la question du statut du comédien au XVIIe siècle, non seulement celui de Molière, mais aussi de tous les autres, farceurs, tragédiens, Italiens.

Molière écrivant, huile sur toile attribuée à Charles Coypel - (c) Comédie-Française

Ainsi le fil de l'exposition nous guide d'abord sagement entre les lignes des éditions de Tristan L'Hermite, de Cyrano de Bergerac ou de Corneille, jusqu'à nous montrer le portrait flamboyant de Molière écrivant ; il se tend ensuite entre les répliques, les placets, les pamphlets, les images pieuses ou diaboliques des querelles, et quand il casse avec la mort de l'homme de théâtre, c'est pour renaître, multicolore, dans les portraits de ses compagnons ou de ses rivaux, entraînant avec eux l'enchevêtrement des toiles peintes, des plumes, des costumes, des malles et des miroirs, un grenier de théâtre.

Joël Huthwohl
Conservateur-archiviste de la Comédie-Française
Commissaire de l'exposition


Un dossier sur l'exposition avec des articles, des illustrations et la liste complète des pièces exposées est publié dans le Journal des trois théâtres, n°15, en vente sur place et dans les boutiques de la Comédie-Française.

Couverture du Journal des trois théâtres - n°15

Visites guidées de l’exposition :
Dans la limite des places disponibles
Inscription obligatoire au 01 44 58 13 16

Pour les groupes : Du lundi au vendredi à 10h et 11h
Pour les individuels : Visites gratuites commentées
Les mercredis 8, 15, 22, 29 juin et 6 juillet à 11h