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 Le Bourgeois Gentilhomme

 
     

Comédie-ballet en 5 actes en prose de Molière
Musique de Lully

Distribution de l'entrée au répertoire :

Hôtel Guénégaud, vendredi 4 octobre 1680 :

Distribution présumée (d'après la distribution indiquée dans le Répertoire des comédies françaises qui se peuvent jouer à la cour, 1685) :
M. Jourdain : Rosimond
Mme Jourdain : Hubert
Le Maître de musique : Hubert
Lucile : Mlle Guérin
Nicole : Mlle Beauval ou Mlle La Grange
Dorimène : Mlle De Brie
Cléonte : Dauvilliers
Dorante : La Grange
Covielle : Du Croisy
Le Maître de philosophie : Du Croisy
Le Maître d'armes : Guérin
Le Maître à danser : La Thorillière
Le Maître tailleur : Brécourt

Recette : 668 £

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Distribution de la création :

Château de Chambord, mardi 14 octobre 1670, dans la grande galerie
Puis, Théâtre du Palais-Royal, dimanche 23 novembre 1670, avec tous les divertissements
(recette : 1397 livres)
Chorégraphie de Beauchamps
M. Jourdain : Molière
Mme Jourdain : Hubert
Le Maître de musique : Hubert
Lucile : Mlle Molière (Armande Béjart)
Nicole : Mlle Beauval
Dorimène : Mlle De Brie
Cléonte : La Grange
Dorante : La Thorillière
Covielle : Du Croisy
Le Maître de philosophie : Du Croisy
Le Maître d'armes : De Brie
Le Mufti : Lully (à la cour)

Lettre en vers à Monsieur, de Robinet, 18 octobre 1670:

Mardi, ballet et comédie,
Avec très bonne mélodie
Aux autres ébats succéda,
Où tout, dit-on, des mieux alla,
Par les soins des deux grands Baptistes,
Originaux et non copistes,
Comme on sait dans leur noble emploi,
Pour divertir notre grand Roi,
L'un par sa belle comédie,
Et l'autre par son harmonie.

Lettre en vers à Monsieur, de Robinet, 22 novembre 1670 :

« Mardi l'on y donne au public
De bout en bout et ric à ric,
Son charmant Bourgeois gentilhomme,
C'est-à-dire, presque tout comme
A Chambord, et dans Saint-Germain,
L'a vu notre grand Souverain :
Et même avec des Entrées
Du Ballet, des mieux préparées,
D'harmonieux et grands concerts,
Et tous les ornements divers.... »

Recette (23 novembre) : 1397 £

Décor :
« Le théâtre est une chambre. Une ferme. Il faut une table pour le festin et une pour le buffet. Les ustensiles pour la cérémonie. » (d'après le Mémoire de Mahelot)

Costume de M. Jourdain :
« Une robe de chambre rayée, doublée de taffetas aurore et vert, un haut-de-chausses de panne rouge, une camisole de panne bleue, un bonnet de nuit et une coiffe, des chausses et une écharpe de toile peinte et indienne, une veste à la turque et un turban, un sabre, des chausses de brocard musc garnies de rubans vert t aurore, et deux points de Sedan. Le pourpoint de taffetas garni de dentelle d'argent faux. Le ceinturon, des bas de soie verts, et des gants, avec un chapeau garni de plumes aurore et vert. » (d'après l'Inventaire après décès de Molière)

A la création, la comédie-ballet était divisée en 3 actes, comme en témoigne le livret publié en 1670 :
Musique :
La musique de Lully a été conservée par André Philidor, dont le manuscrit est conservé à la Bibliothèque du Conservatoire de musique. Lully interpréta lui-même le rôle du Mufti, à Chambord et sans doute aussi à Saint-Germain, sous le nom facétieux de Seigneur Chiacheron. Quant à la chorégraphie, établie par Beauchamps, elle fut renouvelée dès 1697 par La Montagne, maître de ballet de la Comédie.

La musique de Lully ne plaisait pas à tout le monde. En janvier 1716, Quinault l'aîné voulut la remplacer par une autre de sa façon. « Cette pièce a été représentée avec un succès très médiocre, et les spectateurs ont trouvé fort mauvais que M. Quinault, qui a de l'esprit, ait voulu en avoir plus que Molière, et qu'il lui ait plu de changer les divertissements que cet illustre auteur avait mis à propos dans sa comédie, pour leur en substituer de son invention. Item, M. Quinault est musicien ; mais la musique de M. de Lully lui déplaît : il en a composé tant qu'il a pu de sa petite façon, et en a farci le Bourgeois gentilhomme, ce qui a raisonnablement dégoûté le public de cette comédie. » (Nouveau Mercure galant, janvier 1716)

Ce fut un cuisant échec que les Comédiens français n'effacèrent que par la brillante représentation qu'ils donnèrent de la pièce en décembre 1716 au Palais-Royal, avec la collaboration des chanteurs et danseurs de l'Opéra.

Frais de production :
Voir Estat de la depence faite pour la comédie-balet intitulée le Bourgeois gentilhomme, dancé à Chambord au mois d'octobre dernier [1670], et pour la répétition faite à Saint-Germain au mois de novembre ensuivant, auquel estat est joinct la depence de quelques comédies représentées à Versailles pendant ledit mois de novembre 1670. Ce document est conservé aux Archives nationales et a été publié par Jules Claretie dans le journal le Temps (31 août 1880). Le total des frais, principalement imputables au Bourgeois gentilhomme, est de 49.404 livres 18 sols, comme considérable, si l'on pense que le salaire journalier d'un ouvrier en 1680 était de 15 sols.

Les Comédies-ballets de Molière :
les Fâcheux (1661), le Mariage forcé (1664), la Princesse d'Elide (1664),l'Amour médecin (1665), Mélicerte, la Pastorale comique, le Sicilien ou l'Amour-peintre (décembre 1666 - février 1667), George Dandin (1668), Monsieur de Pourceaugnac (1669),les Amants magnifiques (1670), le Bourgeois gentilhomme (1670), le Malade imaginaire (1673).

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La Vie de l'auteur :

Du 30 janvier au 10 février, Molière est chargé seul de l'organisation des divertissements royaux de Saint-Germain-en-Laye. Le 4 février, la troupe crée les Amants magnifiques, comédie-ballet à grand spectacle, qui ne sera pas représentée à Paris. La réouverture du Théâtre du Palais-Royal se fait le 18 février, avec Tartuffe. A la fermeture traditionnelle de Pâques, Louis Béjart se retire de la troupe avec une pension de mille livres. Au mois d'avril, Molière signe les inventaires de la succession de son père, Jean Poquelin, mort le 25 février 1669.

Le jeune Baron reprend sa place dans la troupe de Molière. Scaramouche revient à Paris et attire la foule au Théâtre du Palais-Royal, les jours où ne joue pas la troupe de Molière. Molière, qui habite avec sa femme place du Palais-Royal, soupe à plusieurs reprises avec ses amis italiens et l'auteur Palaprat chez le peintre Vério, à qui est attribuée la célèbre toile représentant « les farceurs français et italiens peints en 1670 ».

Du 3 au 28 octobre , la troupe est appelée à Chambord . La cour s'y installe le 9 et, le 14, a lieu la création du Bourgeois gentilhomme, qui sera repris à Paris le 23 novembre. La pension royale est augmentée et passe à sept mille livres. C'est l'apogée de la collaboration entre Molière et Lully, à qui Molière prête même de l'argent, à la mi-décembre.

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Le paysage politique et culturel :

Louis XIV conclut en 1670 avec le roi d'Angleterre le traité secret de Douvres dirigé contre la Hollande, dont Guillaume d'Orange est nommé capitaine général. Après l'aide apportée à la Crète par un corps expéditionnaire français contre les Turcs, les relations sont difficiles avec la Sublime Porte, qui a envoyé en ambassade à Paris Soliman Aga, à la fin de 1669. Henriette d'Angleterre, Madame, meurt brutalement le 30 juin. Bossuet prononce à cette occasion sa plus célèbre Oraison funèbre. Bourdaloue prêche l'avent à la cour. Mme de La Fayette publie son roman Zayde, l'abbaye de Port-Royal procure la première édition des Pensées de Pascal. Racine et Corneille s'affrontent à la scène en traitant le même sujet : Bérénice, de Racine est créée à l'Hôtel de Bourgogne, Tite et Bérénice, de Corneille au Théâtre du Palais-Royal. Claude Perrault achève la colonnade du Louvre, tandis que Mansard succède à Le Vau à la tête des travaux de Versailles. Colbert, dont Nanteuil réalise un portrait, se fait construire le château de Sceaux. Le physicien Mariotte découvre la loi des gaz.

L'ambassade de Soliman Aga :

Louis XIV, pour éblouir l'envoyé de la Sublime Porte, le reçut d'une manière splendide  dans la galerie du Château-Neuf à Saint-Germain : « Il y avait au bout de cette charmante galerie, un trône d'argent, élevé sur une estrade de quatre degrés, et le Roi y paraissait dans toute sa majesté, revêtu d'un brocart d'or, mais tellement couvert de diamants, qu'il semblait qu'il fût environné de lumière, en ayant aussi un chapeau tout brillant, avec un bouquet de plumes des plus magnifiques. » (Gazette, 19 décembre 1669, p.1197)

« Tout ce qu'on avait préparé pour frapper les yeux de l' Ambassadeur ne les frappa point. On remarqua qu'il sortit avec un air chagrin de ce qu'on ne lui avait pas accordé tout ce qu'il avait demandé. Il s'était mis en tête que tout ce superbe appareil n'avait été étalé que pour braver en quelque sorte le faste ottoman, et il crut s'en venger en ne jetant pas les yeux dessus. On avait même observé la même chose dans ses domestiques, à qui on prétendait qu'il avait défendu de rien regarder. » (chevalier d'Arvieux, Mémoires, 1735).

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Quantièmes  :1429

Nombre de représentations du vivant de l'auteur :
6 représentations en décembre 1670, 28 en 1671, 8 en 1672, soit 42 représentations

Nombre de représentations avant la constitution de la Comédie-Française :
1674 - 1680 : 40 représentations

Date de l'entrée au répertoire :
Vendredi 4 octobre 1680

Répartition des quantièmes : 1429 répartis comme suit
1680-1700 : 91
1701-1800 : 201
1801-1900 : 245
1901-1999 : 892

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Représentations jusqu'en 1850 :

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on joue Molière en costumes contemporains, sans recherche particulière. Les distributions exactes ne sont notées dans les Registres qu'à partir de 1765, date avant laquelle on est souvent réduit aux conjectures, en raison de la forte alternance des rôles pratiquée dans la troupe, selon la stricte hiérarchie des « chefs d'emploi », « emplois en second », etc.

30 décembre 1716 : sur le théâtre du Palais-Royal, chez le Régent : avec l'aide des chanteurs et danseurs de l'Opéra : « jamais spectacle n'a été plus brillant, mieux exécuté et plus suivi. Il est certain que les secours que lui a fournis l'Opéra ont orné infiniment cette pièce. » (Nouveau Mercure, janvier 1717) »

Vendredi 8 août 1721 : représentation gratis donnée pour célébrer le rétablissement de la santé de Louis XV. Le comédien Poissson, interprète de M. Jourdain y but à la santé du jeune roi. (voir le Mercure de France, août 1721, p.102-106)

14 janvier 1736 : « Les Comédiens Français ont remis au théâtre dès le commencement de ce mois, la Comédie du Bourgeois gentilhomme, de Molière, avec tous ses agréments, que le public redemandait avec empressement, et qu'il revoit avec beaucoup de plaisir. Il y avait dix ans qu'on ne l'avait représentée. Le sieur Poisson qui y joue le principal rôle, qu »il n'a point vu jouer à son père, moins encore à son grand père, y est généralement applaudi. Cette pièce, d'un comique populaire et vrai, est fort bien remise, les ballets surtout sont fort bien composés et bien exécutés. Les Airs sont de la composition de Lully, lequel remplissait autrefois le rôle du Muphti. » (le Mercure de France, 1736)

10 septembre 1753 : reprise dans de nouveaux décors du décorateur Brunetti, avec Armand dans le rôle de M. Jourdain

La première distribution complète inscrite dans les registres est celle du 3 février 1769 :

Monsieur Jourdain : Préville
Covielle : Augé
Cléonte : Bellecour
Dorante : Dauberval
Le Maître à danser : Bouret
Le Maître de philosophie : Bonneval
Le Maître de musique : Dalainval
Le Maître d'armes : Feulie
Le Maître tailleur : Prin
Le Muphti : Brizard
Mme Jourdain : Mme Drouin
Nicole : Mme Bellecour
Dorimène : Mme Préville
Lucile : Mlle Hus

A propos de Préville, interprète du rôle à partir de 1757 :

« Le plus célèbre Jourdain du XVIIIe siècle fut Préville. Le rôle revenait encore à un comédien qui faisait merveille dans les valets, les Crispins en particulier : c'était la tradition de Paul Poisson continuée. Mais l'esprit du siècle imprégnait Préville et sa gaîté était plus leste, plus incisive que celle de son prédécesseur. Aussi atteignait-il à un haut point d'équilibre comique : dans le rôle, il était gauche de corps et d'esprit , d'un bout à l'autre, mais gauche à faire plaisir, et voilà le plus difficile. » (CAILHAVA, Etudes sur Molière,)

2 février 1789

Monsieur Jourdain
: Dugazon
Covielle : Dazincourt
Cléonte : Molé
Dorante : Fleury
Le Maître à danser : Talma
Le Maître de philosophie : Des Essarts
Le Maître de musique : Dorival
Le Maître d'armes : La Rochelle
Le Maître tailleur : Courville
Le Muphti : Vanhove
Mme Jourdain : Mlle La Chassaigne
Nicole : Mme Bellecour
Dorimène : Mlle Masson
Lucile : Mlle Petit-Vanhove

A propos de Dugazon : « ... Baptiste cadet m'a conté que, figurant dans le Bourgeois gentilhomme le simple personnage d'un Dervis (nos talents d'aujourd'hui ne concevraient pas cela), il s'y attachait par le plaisir de voir jouer Dugazon. « Au moment, me disait-il, où les Turcs, faisant mine de placer le turban sur la tête de M. Jourdain, le retiraient aussitôt pour le lui faire désirer davantage, la figure de Dugazon était des plus curieuses. Elle prenait alternativement l'expression d'un désir si violent, et, quand il se trouvait coiffé de ce turban, celle d'une satisfaction si naturellement rayonnante, que lui, Baptiste cadet et ses camarades ne pouvaient s'empêcher d'admirer l'éloquente et rapide mobilité de cette plaisante figure. De son côté, le Public, aussi impatient que M. Jourdain, et comme délivré d'une longue oppression, poussait un hourra de joie à l'instant où s'accomplissait le couronnement grotesque. » - Pour faire mieux encore, que faisait dont Préville ? » (Charles Maurice, Histoire anecdotique du théâtre, de la littérature et de diverses impressions contemporaines tirée du coffre d'un journaliste, avec sa vie à tort et à travers. Paris, Henri Plon, 1856)

4 février 1792 : reprise exceptionnelle, pour quatre représentations avec le couple Préville, retiré du théâtre depuis six ans

Monsieur Jourdain : Préville
Covielle : Dazincourt
Cléonte : Molé
Dorante : Fleury
Le Maître à danser : Dunant
Le Maître de philosophie : Des Essarts
Le Maître de musique : Dupont
Le Maître d'armes : Larive
Le Maître tailleur : Marchand
Le Muphti : Vanhove
Mme Jourdain : Mme Préville
Nicole : Mlle Joly
Dorimène : Mlle Contat
Lucile : Mlle Petit-Vanhove

12 février 1801 (voir Manuel des meubles, décors... et le hors-texte de Comédiana de Cousin d'Aavalon, 1801)

20 janvier 1812 : renouvellement de la distribution :

Monsieur Jourdain : Michot
Covielle : Thénard
Cléonte : Armand
Dorante : Damas
Le Maître à danser : Faure
Le Maître de philosophie : Baptiste cadet
Le Maître de musique : Dupont
Le Maître d'armes : Cartigny
Le Maître tailleur : Ernest Vanhove
Le Muphti : Baptiste cadet
Mme Jourdain : Mme Thénard
Nicole : Mlle Devienne
Dorimène : Mlle Mézeray
Lucile : Mlle Mars

22 janvier 1835

Monsieur Jourdain
: Samson
Covielle : Armand-Dailly
Cléonte : Menjaud
Dorante : Perrier
Le Maître à danser : Faure
Le Maître de philosophie : Duparrai
Le Maître de musique : Saint-Aulaire
Le Maître d'armes : Dumilâtre
Le Maître tailleur : Arsène
Le Muphti : Guiaud
Mme Jourdain : Mme Desmousseaux
Nicole : Mlle Dupont
Dorimène : Mlle Mante
Lucile : Mlle Mars

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Mises en scène après 1850 :

15 janvier 1852 : représentation de gala, en présence du président de la République, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, pour le deux-cent trentième anniversaire de la naissance de Molière. Reprise de la représentation qui avait eu lieu le 9 janvier au théâtre de l'Opéra

24 juillet 1858 : reprise, costumes de Penguilly l'Haridon

Monsieur Jourdain : Samson
Covielle : Regnier
Cléonte : Delaunay
Dorante : Leroux
Le Maître à danser : Mathien
Le Maître de philosophie : Provost
Le Maître de musique : Chéry
Le Maître d'armes : Mirecour
Le Maître tailleur : Barr
Mme Jourdain : Mlle Lambquin
Nicole : Augustine Brohan
Dorimène : Mlle Judith
Lucile : Emma Fleury

17 mai 1862 : restitution de la partition de Lully, danses confiées au corps de ballet de l'Opéra

Monsieur Jourdain : Samson
Covielle : Louis Monrose
Cléonte : Delaunay
Dorante : Leroux
Le Maître à danser : Coquelin
Le Maître de philosophie : Talbot
Le Maître de musique : Chéry
Le Maître d'armes : Mirecour
Le Maître tailleur : Barré
Le garçon tailleur : Montet
Mme Jourdain : Mlle Nathalie
Nicole : Augustine Brohan
Dorimène : Mlle Judith
Lucile : Delphine Fix

La musique en 1862 : « Il ne faut évidemment pas demander à la musique de Lully le genre d'émotion et de plaisir que nous cherchons dans la musique moderne. Il faut pour la bien juger se reporter en pensée à l'époque où elle fut composée. (...) Il n'en est pas moins intéressant de faire revivre de temps à autre l'art de nos grands-pères. Je voudrais, par exemple, que la Comédie-Française apportât un soin plus scrupuleux à la restauration des intermèdes introduits par Molière dans sa pièce. On aimerait d'abord que le texte fût conservé intact, ou du moins qu'on y intercalât point des élucubrations peu en rapport avec l'oeuvre. Ainsi nous avons très distinctement entendu pendant un des entr'actes une fantaisie sur Martha de Flotow, ce n'est pas tout : les airs de ballets sont du style le plus moderne, sinon le plus élégant ; M. Jourdain a beau dire : « le menuet est ma danse », ces demoiselles de l'Opéra ne s'embarrassent guère des goûts du pauvre homme ; leur toilette à crinoline est également étonnante et puis le menuet ne permet pas des (ronds de jambe) assez... avantageux.

Je demande de plus à M. le chef d'orchestre, s'il serait bien difficile de supprimer la partie de trombone égarée dans la partition moderne. C'est Gluck qui l'introduisit en France en avril 1774. Un siècle de différence avec Lully ! Une remarque pour finir... Quand M. Jourdain s'extasie sur la suavité de la trompette marine, le public se met à rire dans un ton qui prouve combien on ignore généralement que l'instrument en question était tout bonnement une espèce de monocorde dont on jouait au moyen d'un archet. Le nom seul est mal fait, car il est à remarquer que la trompette marine n'est pas une trompette et qu'elle n'a jamais été employée dans la marine. » (le Monde illustré, 1862)

18 février 1865

jeudi 28 octobre1880, mise en scène d'Emile Perrin, pour le deuxième centenaire de la Comédie-Française, reconstitution de la représentation de Chambord, avec le concours des élèves du Conservatoire et des danseurs de l'Opéra:

Monsieur Jourdain : Thiron
Covielle : Coquelin cadet
Cléonte : Delaunay
Dorante : Laroche
Le Maître à danser : Truffier
Le Maître de philosophie : Got
Le Maître de musique : Prudhon
Le Maître d'armes : Villain
Le Maître tailleur : Richard
Le garçon tailleur : Roger
Le Muphti : Got
Mme Jourdain : Mlle Jouassain
Nicole : Jeanne Samary
Dorimène : Emilie Broisat
Lucile : Suzanne Reichenberg

A propos de la représentation de 1880 :

La critique, Francisque Sarcey en tête, considère la musique de Lully comme « gothique » et « funèbre ». Georges Ohnet, dans le Constitutionnel, du 1 er novembre 1880) fustige la Comédie-Française d'avoir repris tous les intermèdes : « Cette saturnale littéraire serait très comique dans un théâtre de troisième ordre » (...) « Le prestige et la dignité de la Comédie-Française ne résisteraient pas longtemps à des turlupinades pareilles fréquemment renouvelées. » Non content de ces affirmations péremptoires, le critique donne la parole à Molière : « Si Molière pouvait, d'outre-tombe, faire entendre sa voix, il s'écrierait : Jouez mes grandes oeuvres, celles où j'ai mis la fleur de ma pensée et le meilleur de mon coeur, mais ne donnez pas les divertissements que j'ai été contraint de faire pour contenter les niais de mon temps. Ne me jugez pas sur mes pièces à seringues ou à turbans ; cherchez-moi dans Harpagon, dans Alceste ou dans George Dandin. Là vous aurez ma pensée intime et épurée et vous pourrez m'applaudir à votre aise, car vous serez en face de mon oeuvre préférée. »

La leçon de danse : Jules Truffier, interprète du maître à danser, mit en scène la leçon de danse d'après les notes de Laurent Faure, ancien danseur de l'Opéra, pensionnaire de la Comédie-Française de 1809 à 1840, également employé dans des fonctions de régisseur. Faure, qui joua le maître à danser de 1812 à 1840, avait établi une sorte de chorégraphie entremêlée d'un dialogue désormais inséré traditionnellement dans la représentation. A son départ, Faure avait confié ses notes à Regnier, qui les transmit à Truffier. Ce dernier, avec l'aide d'E. Pluque, ex-directeur de la danse à l'Opéra, y apporta les corrections chorégraphiques nécessaires à une présentation plus professionnelle. Le texte de la leçon - dialogues additionnels et didascalies - fur publié dans la brochure éditée par Ollendorff à l'occasion du deuxième centenaire de la Comédie-Française , à la suite du fac-similé des éditions originales de l'Impromptu de Versailles et du Bourgeois gentilhomme.

La musique en 1880 : bien que prétendant restituer la partition originale de Lully, dont Weckerlin, bibliothécaire du Conservatoire, venait de publier une transcription pour piano, la musique du divertissement des pâtissiers contenait une sarabande de Rameau, le fameux Tambourin .

6 février 1890 en matinée, reprise dans la mise en scène d'Emile Perrin

Monsieur Jourdain
: Coquelin cadet
Covielle : Georges Berr
Cléonte : Boucher
Dorante : Laroche
Le Maître à danser : Truffier
Le Maître de philosophie : Leloir
Le Maître de musique : Laugier
Le Maître d'armes : Villain
Le Maître tailleur : Joliet
Le garçon tailleur : Roger
Le Muphti : Vauthier
Mme Jourdain : Mlle Granger
Nicole : Jeanne Samary
Dorimène : Nancy Martel
Lucile : Mlle Muller

16 décembre 1916, reprise de la mise en scène d'Emile Perrin, revue par Jules Truffier

Monsieur Jourdain
: Maurice de Féraudy
Covielle : Croué
Cléonte : Dehelly
Dorante : Mayer
Le Maître à danser : Denis d'Inès
Le Maître de philosophie : Georges Berr
Le Maître de musique : Maurice Lehmann
Le Maître d'armes : Ravet
Le Maître tailleur : Lafon
Le garçon tailleur : Falconnier
Le Muphti : Chalmin
Mme Jourdain : Thérèse Kolb
Nicole : Béatrice Bretty
Dorimène : Gabrielle Robinne
Lucile : Elisabeth Nizan

La musique en 1916 : Au milieu des morceaux composés par Lully, s'intercalent non seulement le Tambourin de Rameau, mais aussi la Marche de Turenne, attribuée à Lully, dite aussi Marche des Rois, enchâssée par Bizet dans la farandole de l'Arlésienne.

15 janvier 1922, représentation de gala offerte aux représentants des puissances étrangères, pour le tricentenaire de la naissance de Molière, en présence du président de la République, Alexandre Millerand, des présidents des chambres et des chefs de l'armée française. Reprise de la mise en scène de 1916, musique dirigée par Raymond Charpentier, et danses réglées par Mlle Chasles, de l'Opéra.

27 juin 1925. Reprise, prise du rôle par Léon Bernard

Monsieur Jourdain
: Léon Bernard
Covielle : Croué
Cléonte : Dehelly
Dorante : Dessonnes
Le Maître à danser : Denis d'Inès
Le Maître de philosophie : Fenoux
Le Maître de musique : Numa
Le Maître d'armes : Dorival
Le Maître tailleur : Fernand Ledoux
Le garçon tailleur : Emile Drain
Le Muphti : Denis d'Inès
Mme Jourdain : Andrée de Chauveron
Nicole : Béatrice Bretty
Dorimène : Gabrielle Robinne
Lucile : Elisabeth Nizan

Jeudi 7 avril 1938, présentation nouvelle : mise en scène revue par Denis d'Inès, musique de Lully, orchestre, chants et choeurs sous la direction de Raymond Charpentier, danses réglées par Marcelle de Rauwera.

Monsieur Jourdain : Lafon
Covielle : André Brunot
Cléonte : Jean Weber
Dorante : Maurice Escande
Le Maître à danser : Denis d'Inès
Le Maître de philosophie : André Bacqué
Le Maître de musique : Pierre Dux
Le Maître d'armes : Fernand Ledoux
Le Maître tailleur : Jean Meyer
Le garçon tailleur : Marcel Le Marchand
Le Muphti : Pierre Dux
Mme Jourdain : Andrée de Chauveron
Nicole : Béatrice Bretty
Dorimène : Irène Brillant
Lucile : Mony Dalmès

Mercredi 22 mars 1944, présentation nouvelle : mise en scène de Pierre Bertin, décor de Serge Roche, musique de Claude Delvincourt sur les thèmes de Lully, orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire sous la direction de Jacques Chailley, ballets réglés par Serge Lifar.

Monsieur Jourdain : Raimu
Covielle : Pierre Dux
Cléonte : Jean Desailly
Dorante : Maurice Escande
Le Maître à danser : Pierre Bertin
Le Maître de philosophie : Denis d'Inès
Le Maître de musique : Jean Martinelli
Le Maître d'armes : Jean Meyer
Le Maître tailleur : Marcel Le Marchand
Le garçon tailleur : Jacques Charon
Le Muphti : Pierre Bertin
Mme Jourdain : Andrée de Chauveron
Nicole : Mireille Perrey
Dorimène : Marie Bell
Lucile : Mony Dalmès

Mardi 3 juillet 1951, présentation nouvelle : mise en scène de Jean Meyer, décor et costumes de Suzanne Lalique, musique de Lully orchestrée par André Jolivet. Danses réglées par Léone Mail.

Monsieur Jourdain : Louis Seigner
Covielle : Jean Meyer
Cléonte : Jean Piat
Dorante : Maurice Escande
Le Maître à danser : Jacques Charon
Le Maître de philosophie : Denis d'Inès
Le Maître de musique : Robert Hirsch
Le Maître d'armes : Michel Galabru
Le Maître tailleur : Robert Manuel
Le garçon tailleur : Teddy Bilis
Le Muphti : Jean Meyer
Mme Jourdain : Andrée de Chauveron
Nicole : Béatrice Bretty
Dorimène : Marie Sabouret
Lucile : Yvonne Gaudeau

Mercredi 20 décembre 1972 (Chapiteau des Tuileries), présentation nouvelle : mise en scène de Jean-Louis Barrault, décors et costumes de Pace, partition de Lully, avec arrangement musical de Michel Colombier. Divertissements réglés par Mme Claude Bessy, de l'Opéra.

Monsieur Jourdain : Jacques Charon
Covielle : Alain Pralon
Cléonte : Francis Huster
Dorante : Georges Descrières
Le Maître à danser : Simon Eine
Le Maître de philosophie : Robert Hirsch
Le Maître de musique : Michel Duchaussoy
Le Maître d'armes : Jacques Eyser
Le Maître tailleur : Bernard Dhéran
Le garçon tailleur : Francis Perrin
Le Muphti : Alain Pralon
Mme Jourdain : Françoise Seigner
Nicole : Virginie Pradal
Dorimène : Geneviève Casile
Lucile : Catherine Salviat

Mercredi 24 septembre 1980, présentation nouvelle : mise en scène de Jean-Laurent Cochet, décor et costumes de Jacques Marillier. Musique de Lully et Richard Strauss . Direction musicale de François Rauber, chorégraphie de Michel Rayne.

Monsieur Jourdain : Jean Le Poulain
Covielle : Guy Michel
Cléonte : Jean-Noël Dalric
Dorante : Georges Descrières
Le Maître à danser : Raymond Acquaviva
Le Maître de philosophie : Jacques Sereys
Le Maître de musique : Bernard Dhéran
Le Maître d'armes : Jacques Eyser
Le Maître tailleur : Marcel Tristani
Le Muphti : Guy Michel
Mme Jourdain : Yvonne Gaudeau
Nicole : Virginie Pradal
Dorimène : Marcelline Collard

Samedi 10 mai 1986, présentation nouvelle : mise en scène de Jean-Luc Boutté, décor et costumes de Louis Bercut, musique de Lully, arrangements Dominique Probst. Chorégraphie de François Raffinot.

Monsieur Jourdain : Roland Bertin
Covielle : Richard Fontana
Cléonte : Baptiste Roussillon
Dorante : Alain Pralon
Le Maître à danser : Yves Gasc
Le Maître de philosophie : Simon Eine
Le Maître de musique : Michel Etcheverry
Le Maître d'armes : François Chaumette
Le garçon tailleur : Thierry Hancisse
Le Muphti : Simon Eine
Mme Jourdain : Françoise Seigner
Nicole : Dominique Valadié
Dorimène : Marie-Armelle Deguy
Lucile : Muriel Mayette

Présentation nouvelle, 16 septembre 2000 : mise en scène de Jean-Louis Benoit, décor et costumes de Alain Chambon

Monsieur Jourdain : Michel Robin et Andrej Seweryn, en alternance
Covielle : Eric Génovèse et Alexandre Pavloff, en alternance
Cléonte : JérômePouly
Dorante : Roger Mollien
Le Maître à danser : Jean-Baptiste Malartre
Le Maître de philosophie : Jean-Pierre Michaël
Le Maître de musique : Olivier Dautrey
Le Maître d'armes : Laurent Montel
Le Maître tailleur : Laurent Rey et Laurent Natrella, en alternance
Le Muphti : Laurent Montel
Mme Jourdain : Martine Chevallier
Nicole : Catherine Sauval
Dorimène : Cécile Brune et Clotilde de Bayser, en alternance
Lucile : Emilie Lafarge

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Personnages :

Monsieur Jourdain  : la tradition veut que l'original du personnage ait été un chapelier connu de Molière, tombé amoureux d'une femme noble et amené à dépenser en folies toute sa fortune. Gromarest, qui raconte cette histoire, doute lui-même de sa véracité, mais ajoute justement : « chaque bourgeois y croyait trouver son voisin peint au naturel. »

Covielle : avatar des zanni italiens qui ont fourni à Molière la plupart de ses valets fourbes et inventifs, Covielle porte un nom emprunté à la Commedia dell'arte, désignant un Calabrais malin et rusé. Maurice Sand, dans Masques et bouffons, t.II, le représente en habits très collants, portant le demi-masque, un serre-tête avec plumes , une mandoline et des grelots aux mains et aux pieds.

Dorante : Le courtisan peint par Molière porte un nom traditionnel d'amoureux, maintes fois utilisé au XVIIIe siècle comme au XVIIe. Le nom implique une certaine noblesse. Rémond de Saint-Albine, auteur du Comédien (1747, 1749), souligne la complexité de l'interprétation du Dorante du Bourgeois gentilhomme, dont la duplicité doit être perçue du public sans effets grossiers : « Certains rôles exigent des nuances encore plus délicates (...) : ce sont ceux dans lesquels, tandis que le personnage est occupé de deux intérêts différents, l'acteur doit remplir vis-à-vis des spectateurs un objet contraire à celui qu'il doit remplir vis-à-vis des personnages mis avec lui en action. Le rôle du courtisan dans le Bourgeois gentilhomme est de ce nombre. Il importe à Dorante de cacher à la Marquise que M. Jourdain fait la dépense de la fête qu'elle a consenti d'accepter. Il n'importe pas moins à notre homme de cour de faire ignorer à M. Jourdain que la Marquise ne le regarde que comme un complaisant qui veut bien prêter sa maison. Le courtisan le plus délié l'emploierait que difficilement, en cette occasion, tout l'air de vérité dont il faudrait qu'il usât pour ne point se trahir. Le comédien doit non seulement emprunter cet air de vérité, mais remplir deux objets en apparence contradictoires. D'un côté, il est essentiel qu'il ne lui échappe rien qui puisse déceler à la Marquise et à M. Jourdain la tromperie qu'on leur fait ; de l'autre, il faut que les spectateurs découvrent chez lui l'embarras que Dorante éprouve dans une situation si critique. »

Le Maître de philosophie : Molière ayant emprunté à son ami, le physicien Rohault, quelques traits qu'il applique au maître de M. Jourdain, avait même envisagé, dit-on, de lui emprunter aussi son chapeau. Quant aux éléments de l'enseignement phonétique du personnage, Molière les prend directement dans le savant Discours physique de la parole, de Cordemoy, publié en 1668.

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Liste des interprètes à la Comédie-Française :

M. Jourdain : Molière, Rosimond, La Grange, Guérin, Paul Poisson, . ..., La Thorillière fils,...., Arnould Poisson, Armand, Préville, Dugazon, Michot, Cartigny, Samson, Monrose, Regnier, Thiron, Coquelin cadet, Maurice de Féraudy, Léon Bernard, Lafon, Raimu, Louis Seigner, Jacques Charon, rené Camoin, Jean Le Poulain, Roland Bertin, Michel Robin.

Covielle : Du Croisy,...Dubois, ...Armand,... Augé, Feulie, Dugazon, Dazincourt, Michot, Thénard, Cartigny, Samson, Armand Dailly, Riché, Got, Regnier, Saint-Germain, Provost, Monrose, Coquelin aîné, Coquelin cadet, Maurice de Féraudy, Georges Berr, Jean Croué, André Brunot, Pierre Dux, Jean Meyer, Robert Manuel, Jean Piat, Jean-Laurent Cochet, Max Fournel, Jean-Paul Roussillon, Alain Pralon, Guy Michel, Richard Fontana, Eric Génovèse, Alexandre Pavloff.

Cléonte : La Grange, Dauvilliers,..., Quinault,......., Grandval,.... Bellecour, Molé, Saint-Fal, Armand Dailly, Menjaud, Leroux, Delaunay, Métrême, Verdellet, Boucher, Emile Dehelly, Pierre Bertin, Jean Weber, Jean Desailly, Jean Piat, Jacques Clancy, Jean-Louis Jemma, Michel Le Royer, Jacques Toja, Jean-Pierre Barlier, Francis Huster, Jean-Noël Sissia , Jean-Noël Dalric, Baptiste Roussillon, Jérôme Pouly.

Dorante : La Thorillière, ..., La Grange,... Quinault-Dufresne, ..., Fontenay, ..., Dubreuil,... Drouin,...Dauberval, Molé, Monvel, Fleury, Dunant, Baptiste aîné, Aqrmand Dailly, Damas, Michelot, Perrier, Colson, Charles, Geffroy, Leroux, Métrême, Garraud, Laroche, Dupont-Vernon, Prud'hon, Georges Baillet, Jacques Fenoux, Henri Mayer, Marcel Dessonnes, René Alexandre, Pierre Bertin, Jacques Guilhène, Maurice Escande, Aimé Clariond, Jacques Servière, Georges Descrières, François Chaumette, Bernard Dhéran, Jacques Toja, Alain Pralon, Roger Mollien.

Madame Jourdain : Hubert, Mlle Durieu, .., Mlle Champvallon,... Mlle Duchemin,..., Mlle Desbrosses,..., Mlle La Motte,...Mlle Camouche,... Mme Drouin, Mme Préville, Mlle La Chassaigne, Mme Thénard, Mme Tousez, Mme Desmousseaux, Mlle Hervin,( ? ? ?), Mme Moreau-Sainti, Mlle Lambquin, Mlle Nathalie, Mme Jouassain, Mlle Granger, Mlle Fayolle, Blanche Pierson, Thérèse Kolb, Suzanne Devoyod, Andrée de Chauveron, Germaine Rouer, Catherine Samie, Denise Gence, Lise Delamare, Louise Conte, Yvonne Gaudeau, Françoise Seigner, Dominique Blanchar, Martine Chevallier.

Nicole : Mlle Beauval, ... , Mlle La Grange,..., Mlle La Chaise, ..., Mlle Dufresne, ..., Mlle Dangeville, ... Mme Le Kain, .... Mme Bellecour, Mlle Joly, Mlle Devienne, Emilie Contat, Mlle Demerson, Mlle Dupont, Mlle Varlet, Augustine Brohan, Mlle Saint-Hilaire, Mlle Bonval, Dinah Félix, Mlle Broisat, Mlle Bianca, Jeanne Samary, Mlle Kalb, Béatrice Bretty, Jane Faber, Andrée de Chauveron, Béatrix Dussane, Mireille Perrey, Micheline Boudet, Catherine Samie, Virginie Pradal, Dominique Valadié, Catherine Hiegel, Catherine Sauval.

Dorimène : Mlle De Brie,..., Mlle Dufresne, Mlle Grandval,..., Mlle Connell,..., Mlle Brillant,..... Mme Préville, Mme Molé, Louise Contat, Mlle Olivier, Mlle Devienne, Mlle Masson, Julie Candeille, Mlle Mézeray, Mlle Gros, Mlle Leverd, Mlle Claret, Mlle Mante, Mlle Rabut, Mlle Noblet, Mlle Denain, Mlle Judith, Mlle Figeac, Madeleine Brohan, Edile Riquer, Jeanne Samary, Mlle Broisat, Mlle Martel, Céline Montaland, Louise Silvain, Gabrielle Robinne, Jane Faber, Tania Fédor, Irène Brillant, Marie Bell, Marie Sabouret, Mony Dalmès, Hélène Perdrière, Javotte Lehmann, Nicole Mérouze, Thérèse Marney, Myriam Colombi, Geneviève Casile, Tania Torrens, Claire Vernet, Marie-Armelle Deguy , Cécile Brune, Clotilde de Bayser.

Lucile : Armande Béjart (Mlle Molière), ..., Mlle Quinault,..., Mlle Labatte, Mlle Jouvenot,... Mlle Balicourt, Mlle Gaussin, Mlle Hus (Mme Lelièvre),..., Mlle d'Epinay (Mme Molé),..., Mlle Doligny, Emilie Contat, Mlle Olivier, Mlle Petit (Mme Talma), Mlle Masson, Mlle Mars, Mlle Bouirgoin, Mlle Volnais, Mlle Dupuis, Mlle Despréaux (Mme Allan), Mme Menjaud (Mlle Devin), Mlle Anaïs (Anaïs Aubert), Mlle Weiss, Mlle Noblet, Mlle Denain, Delphine Marquet, Emma Fleury, Delphine Fix, Zélia Ponsin, Emilie Dubois, Suzanne Reichenberg, Blanche Frémaux, Mlle Muller, Elisabeth Nizan, Mony Dalmès, Denise Bosc, Jeanne Moreau, Yvonne Gaudeau, Micheline Boudet, Nelly Vignon, Claude Winter, Marie Versini, Régine Blaëss, Michèle Grellier, Géraldine Valmont, Geneviève Fontanel, Michèle André, Danielle Ajoret, Claire Vernet, Catherine Hubeau, Paule Noëlle, Catherine Salviat, Isabelle Adjani, Marcelline Collard, Muriel Mayette, Emilie Lafarge.

Le Maître de musique  : Hubert, ..., Dubreuil, ..., Montmény,..., Bonneval, ....Dalainval, Dauberval, Dorival, Dupont, Lacave, Michelot, Saint-Eugène, Desmousseaux, Saint-Aulaire, Delafosse, Fonta, Maubant, Chéry, Prud'hon, Laugier, Hamel, Maurice Lehmann, Paul Numa, René Simon, Pierre Dux, Jean Martinelli, Robert Hirsch, Robert Manuel, Teddy Bilis, Jean-Louis Jemma, Tony Jacquot, Jacques Sereys, Paul-Emile Deiber, Alain Feydeau, Bernard Dhéran, Michel Duchaussoy, Gérard Caillaud, André Dussolier, Michel Etcheverry, Olivier Dautrey.

Le Maître à danser : La Thorillière fils, ..., Legrand fils,..., Dangeville le jeune,... Bouret, Dugazon, Dazincourt, La Rochelle, Talma, Dunant, Baptiste cadet, Thénard, Faure, Monrose, Mathien, Coquelin aîné, Seveste, Truffier, Jean Croué, Denis d'Inès, Pierre Bertin,

Jacques Charon, Robert Hirsch, Jacques Sereys, Bernard Dhéran, Jean-Laurent Cochet, Jacques Maury, Jean-Louis Jemma, Michel Duchaussoy, Simon Eine, Philippe Rondest, Raymond Acquaviva, Yves Gasc, Jean-Baptiste Malartre.

Le Maître d'armes : ........Feulie, La Rive, Dugazon, La Rochelle, Després, Cartigny, Dumilâtre, Mirecour, Villain, Henri ravet, Georges Dorival, Fernand ledoux, Maurice Chambreuil, Lucien Dubosq, Jean Meyer, Michel galabru, Henri Rollan, Jacques Eyser, Jean-Claude Arnaud, Bernard Woringer, Louis Eymond, François Chaumette, Laurent Montel

Le Maître de philosophie : ..... Bonneval, Pin, Des Essarts, Courville, Grandmesnil, Baptiste cadet, Grandville, Guiaud, Duparrai, Provost, Talbot, Giot, Leloir, Georges Berr, Jacques Fenoux, André Bacqué, Denis d'Inès, Georges Chamarat, Jean Meyer, Henri Rollan, Michel Aumont, Robert Hirsch, Michel Etcheverry, Jacques Sereys, Simon Eine, Jean-Pierre Michaël.

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Représentations à la cour :

4 représentations à Chambord en 1670 (14, 16, 20 et 21 octobre), plusieurs représentations à Saint-Germain en novembre de la même année
1681 - Saint-Germain, samedi 22 novembre
Saint-Germain, samedi 6 décembre
Saint-Germain, mardi 10 décembre
Saint-Germain, samedi 20 décembre
1687 - Marly, mardi 2 décembre
Marly, jeudi 4 décembre
Versailles, samedi 20 décembre
1691 - Versailles, mercredi 21 février
1705 - Fontainebleau, date incertaine
1707 - Fontainebleau, dates incertaines (3 représentations)
1719 - Louvre, samedi 11 mars
1726 - Versailles, samedi 30 mars
1729 - Versailles, lundi 14 mars
Versailles, mercredi 23 mars
1736 - Versailles, mercredi 7 mars
1737 - Fontainebleau, jeudi 17 octobre
1741 - Versailles, mardi 14 mars
1756 - Fontainebleau, mardi 26 octobre
1768 - Chantilly, chez le prince de Condé, mardi 29 novembre
1775 - Versailles, mardi 19 décembre
1785 - Versailles, mardi 1 er février
1786 - Versailles, jeudi 30 mars, avec la cérémonie

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Liste des représentations extérieures

1852, représentation à l'Opéra

Sur l'affiche, on lisait : « Le Bourgeois gentilhomme, tel qu'il fut représenté à Chambord en 1670 »

Néanmoins, la musique, pour le moins composite, comprenait la Marche de Tarare de Salieri, pour la turquerie, une marche de Spontini réorchestrée par Auber, et le ballet était exécuté sur la musique du Tambourin de Rameau, tandis que Mlle Taglioni dansait sur la musique que Schneitzhoeffer avait composée pour la Sylphide.

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Bibliographie :

Édition originale :

Le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet, faite à Chambord pour le divertissement du Roi. Par J.B.P. Molière. Et se vend pour l'auteur A Paris Chez Pierre Le Monnier, au Palais, vis-à-vis la Porte de l'Eglise de la Sainte-Chapelle, à l'Image Saint-Louis, et au Feu Divin. MDC.LXXI, avec privilège du Roi.

Le privilège est du 31 décembre 1670, achevé d'imprimer du 18 mars 1671.

Un livret avait été imprimé lors des représentations de 1670, témoignant du découpage initial en 3 actes.

Dans l'édition complète de 1682, le texte de la cérémonie turque est plus complet que dans la première édition et rend probablement compte des variantes apportées à la représentation.

Editions de référence :

Les Oeuvres de Monsieur de Molière, revues, corrigées et augmentées [par Vivot et C. Varlet, sieur Le Grange]. [t.I-VI] (avec) Les Oeuvres posthumes de Monsieur de Molière [t.VII-VIII], imprimées pour la première fois en 1682. Paris, D. Thierry, C. Barbin et P. Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12, pl. de P. Brissart, gravées par I. Sauvé.

Cette édition fut réalisée en fac-similé par plusieurs éditeurs en 1973, pour le tricentenaire de la mort de Molière.

Oeuvres complètes, éd. Eugène Despois et Paul Mesnard.- Paris, Hachette, 1873-1900.13 vol. Coll.des Grands écrivains de la France.

Oeuvres complètes, éd. Georges Couton.- Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1971. 2 vol.

Molière :

René BRAY, Molière homme de théâtre, Paris, Mercure de France, 1954.

Sylvie CHEVALLEY, Molière en son temps, 1622-1673, Paris- Genève, Minkoff, 1973.

Gabriel CONESA, Le Dialogue moliéresque, étude stylistique et dramaturgique, Paris, P.U.F., 1983.

Jacques COPEAU, Registres II. Molière, Paris, Gallimard, 1976.

Patrick DANDREY, Molière, ou l'Esthétique du ridicule, Paris, Klincksieck, 1992.

Patrick DANDREY, L'Eloge paradoxal, de Gorgias à Molière, Paris, P.U.F., 1997

Gérard DEFAUX, Molière ou les métamorphoses du comique: de la comédie morale au triomphe de la folie, Lexington , Kentucky, French Forum Publishers, 1983.

Ramon FERNANDEZ, Molière ou l'Essence du génie comique, Paris, Bernard Grasset, 1979.

Georges FORESTIER, Molière en toutes lettres, Paris, Bordas, 1990.

Georges-Arthur GOLDSCHMIDT, Molière ou la Liberté mise à nu, Paris, Julliard, 1973

Marcel GUTWIRTH, Molière ou l'invention comique, Paris, Minard,1966.

Louis MOLAND, Molière et la comédie italienne, Paris, Didier et Cie,1867.

Bernadette REY-FLAUD, Molière et la farce, Genève , Droz, 1996.

Jacques TRUCHET, Thématique de Molière, Paris, SEDES, 1985.

Interprétation :

Maurice DESCOTES, Les Grands rôles du théâtre de Molière, Paris, P.U.F., 1960

Louis JOUVET, Molière et la comédie classique, Paris, Gallimard, 1965

Sur Le Bourgeois gentilhomme, la comédie-ballet et le ballet de cour :

Jean-Marie APOSTOLIDES, Le Roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris. Ed. de Minuit, 1981.

Philippe BEAUSSANT, Lully ou le Musicien du Soleil, Paris, Gallimard, 1992.

Sylvie CHEVALLEY, le Bourgeois gentilhomme, iconographie choisie et commentée, Genève, Minkoff, 1975.

Marie-Françoise CHRISTOUT, Le Ballet de cour de Louis XIV (1643-1672). Mises en scène, Paris, A.et J. Picard, 1967.

Charles MAZOUER, Molière et ses comédies-ballets, Paris, Klincksieck, 1993.

Charles MAZOUER, Le Mariage forcé de Molière, Lully et Beauchamp : esthétique de la comédie-ballet, in : Dramaturgies. Langages dramatiques. Mélanges pour Jacques Schérer, 1986.

Constant VENESOEN, La Relation matrimoniale dans l'oeuvre de Molière, Paris, Lettres modernes, 1989.

Comédie-Française :

Sylvie CHEVALLEY, Le Bourgeois gentilhomme, monographie établie sous la direction de Sylvie Chevalley, textes de Marie-Françoise Christout, Maurice Descotes, André Roussin, Jacques Scherer, Philippe van Tieghem, Paris, Comédie-Française, 1960.

Revue Comédie-Française, n°154, n°155, 1986

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Sources de la pièce :

Suleiman Aga, ambassadeur de la Sublime Porte, arrivé à Toulon le 4 août 1669, fut reçu avec faste à la cour de Louis XIV, réception qui ne sembla pas l'impressionner outre mesure. On dit que ce fut là le prétexte pris par le Roi pour commander à ses deux amuseurs (Molière et Lully) un divertissement « turc », à la préparation duquel participa Laurent d'Arvieux, qui avait servi d'interprète à l'ambassade.

« Le roi ayant voulu faire un voyage à Chambord pour y prendre le divertissement de la chasse, voulut donner à sa cour celui d'un ballet ; et comme l'idée des Turcs qu'on venait de voir à Paris était encore toute récente, il crut qu'il serait bon de les faire paraître sur la scène. Sa Majesté m'ordonna de me joindre à MM. Molière et Lully pour composer une pièce de théâtre où l'on pût faire entrer quelque chose des habillements et des manières des Turcs. Je me rendis pour cet effet au village d'Auteuil, où M. Molière avait une maison fort jolie. Ce fut là que nous travaillâmes à cette pièce de théâtre que l'on voit dans les oeuvres de Molière sous le titre de Bourgeois gentilhomme, qui se fait Turc pour épouser la fille du Grand Seigneur. Je fus chargé de tout ce qui regardait les habillements et les manières des Turcs. La pièce achevée, on la présenta au Roi qui l'agréa, et je demeurai huit jours chez Baraillon, maître tailleur, pour faire faire les habits et les turbans à la turque. Tout fut transporté à Chambord, et la pièce fut représentée dans le mois avec un succès qui satisfit le Roi et la cour..» (Mémoires du chevalier d'Arvieux, 1735)

Les turqueries étaient à la mode depuis une trentaine d'années : Ibrahim ou l'Illustre Bassa, roman de Georges de Scudéry (1641), le Récit turquesque, ballet de Lully (1660) , la Soeur, comédie de Rotrou (1645), où est utilisé un jargon fort proche de celui de la turquerie du Bourgeois gentilhomme. Dans un registre plus sérieux, sont parus dans les années qui précèdent la création de la pièce, l'Histoire des Turcs, de Mézeray (1650), l'Abrégé de l'histoire des Turcs, de Du Verdier (1665), et l'Histoire de l'état présent de l'Empire ottoman traduite de l'anglais de Ricaut par Briot (1669-1670).

Aux indications véridiques empruntées aux cérémonies turques auxquelles avait assisté le chevalier d'Arvieux, il mêle un brin de parodie, celle du cérémonial de réception de la chevalerie de Notre-Dame du Carmel, ordre militaire auquel appartenait aussi le chevalier.

C'est à CORDEMOY, Discours physique de la parole, publié en 1668, que Molière emprunte les éléments de l'enseignement du Maître de philosophie, mais il faut admettre aussi qu'on y trouve quelques réminiscences de la scène des Nuées d'Aristophane, où Strepsiade, bourgeois niais et passablement fruste, prétend recevoir les leçons du disciple de Socrate, puis de Socrate lui-même.

La leçon de phonétique : extrait du Discours physique de la parole, par Gérauld de Cordemoy. Paris, 1668 :

« Si par exemple, on ouvre la bouche autant qu'on la peut ouvrir en criant, on ne saurait former qu'une voix en A. Que si l'on ouvre un peu moins la bouche, en avançant la mâchoire d'en bas vers celle d'en haut, on formera une autre voix terminée en E. Et si l'on approche encore un peu davantage les mâchoires l'une de l'autre sans toutefois que les dents se touchent, on formera une troisième voix en I. Mais si au contraire on vient à ouvrir les mâchoires et à rapprocher en même temps les lèvres par les deux coins, le haut et le bas, sans néanmoins les fermer tout à fait, on formera une voix en O. Enfin si on rapproche les dents sans les joindre entièrement et si au même instant on allonge les deux lèvres en les rapprochant, sans les joindre tout à fait, on formera une voix en U »

« ...la dernière lettre exprimant la terminaison du son, c'est-à-dire la première, qui marque la voix, est appelée voyelle ; et la première, qui marque la manière dont cette voix est articulée, sonnant avec elle, est appelée consonne. »

Le Bourgeois gentilhomme, pièce de circonstance écrite dans l'urgence pour le divertissement du Roi, se signale par uns composition assez lâche qui lie entre eux un certain nombre de « sketches », tirant parti de toutes les ressources comiques du génie de Molière. Outre les scènes caricaturales et successives des différents maîtres, où Molière s'amuse de textes très sérieux et identifiables sur les arts en question, on assiste à une resucée du quatuor des amoureux déjà utilisé dans le Dépit amoureux, Dorante agit avec M. Jourdain comme Dom Juan avec M. Dimanche, etc...Il est toujours possible que Molière puise le canevas de ces différentes saynètes dans l'arsenal des situations proposées par la Commedia dell'arte. Une comédie portugaise O fidalgo aprendiz (le Gentilhomme apprenti), de Francisco Manuel de Melo, qui aligne les mêmes scènes de leçons, avait paru en 1665 à Lyon, en portugais. La pièce lusitanienne et celle de Molière n'ont peut-être en commun qu'un même scénario italien d'origine. Molière, grand lecteur de Charles Sorel, s'est aussi souvenu sans doute de l'épisode de l'Histoire comique de Francion (1626) où Francion et ses amis abusent le pédant Hortensius en lui faisant croire qu'il a été nommé roi de Pologne et l'investissent au cours d'une cérémonie burlesque dialoguée en latin.

A son habitude, Molière utilise les défauts et qualités de ses comédiens, il offre ici à Mlle Beauval, célèbre pour son rire communicatif, une des plus belles scènes de rire du répertoire, lorsque la servante Nicole découvre son maître affublé comme « un homme de qualité » et profite de la scène de dépit amoureux pour faire un portrait de la charmante Armande. La langue turque de fantaisie utilisée par Covielle dans son rôle de truchement rappelle le turc approximatif du valet Ergaste dans la Soeur, de Rotrou, publiée chez Toussaint Quinet en 1647.

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Télévision :

1968, réalisation de Pierre Badel, avec Monsieur Jourdain : Michel Serrault

1970, « Au théâtre ce soir » : Monsieur Jourdain : Jean Le Poulain

Cinéma :

1922, version muette par Jacques de Féraudy, avec M. de Féraudy

1958, réalisation de Jean Meyer d'après sa mise en scène de 1951 avec : Monsieur Jourdain : Louis Seigner

1982, réalisation de Roger Coggio, avec Monsieur Jourdain : Michel Galabru

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Mises en scène extérieures :

1911, Théâtre de l'Odéon, mis en scène d'André Antoine, avec, dans le rôle de M. Jourdain, une vedette de music hall, Vilbert. A ses côtés Alexandre Vargas, père de Pierre Dux, jouait Dorante.

Avril 1914, Théâtre Nezlobine de Moscou, mise en scène de Kommissarjevsky, décors et costumes de Sapounoff Bobino, avec Danglard

1930, adaptation américaine

1947, Versailles, bosquet de la Reine, avec orchestre de la Radiodiffusion française dirigé par Pierre Capdevielle avec Monsieur Jourdain : Raoul Marco

1962, Théâtre Hébertot, mise en scène de Jean-Pierre Darras avec : Monsieur Jourdain : Fernand Raynaud

1981, Théâtre de l'Est parisien, puis 1989, 1996, 1997 (Théâtre National de Chaillot), mise en scène de Jérôme Savary avec : Monsieur Jourdain : Jérôme Savary

1996, Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, mise en scène de Philippe Faure, décor et costumes d'Alain Batifoulier avec : Monsieur Jourdain : Philippe Faure

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Anecdotes :

Mlle Beauval ne plaisait guère à Louis XIV, qui voulut la faire remplacer dans le rôle de Nicole. Molière, qui avait bâti le rôle de la servante autour du rire si communicatif de Mlle Beauval, ne voulut rien savoir. La Beauval eut tant de succès dans le rôle de Nicole que le Roi dit à Molière : « je suis vaincu, je reçois votre actrice. »

Grimarest, la Vie de M. de Molière, 1705

« ...Jamais pièce n'a été plus malheureusement reçue que celle-là ; et aucune de celles de Molière ne lui a donné tant de déplaisir. Le Roi ne lui en dit pas un mot à son souper, et tous les Courtisans la mettoient en morceaux. « Molière nous prend assurément pour des Grues de croire nous divertir avec de telles pauvretez, disoit Mr le Duc de *** « Qu'est-ce qu'il veut dire avec son halaba balachou ? » ajoutoit Mr le Duc de *** ; « le pauvre homme extravague : il est épuisé ; si quelqu'autre Auteur ne prend le théâtre, il va tomber : cet homme là donne dans la farce italienne. »

... Cependant on joua cette pièce pour la seconde fois. Après la représentation, le Roi, qui n'avoit point encore porté son jugement, eut la bonté de dire à Molière : « Je ne vous ai point parlé de votre pièce à la première représentation, parce que j'ai aprehendé d'être séduit par la manière dont elle avoit été représentée : mais en vérité, Molière, vous n'avez encore rien fait qui m'ait plus diverti, et votre pièce est excellente. » Molière reprit haleine au jugement de Sa Majesté ; et aussi-tost il fut accablé de louanges par les Courtisans, qui tous d'une voix répétoient tant bien que mal ce qu e le Roi venoit de dire à l'avantage de cette pièce. « Cet homme

là est inimitable, disoit le même Mr le Duc de *** ; il y a une vis comica, dans tout ce qu'il fait, que les anciens n'ont pas si heureusement rencontré que lui . » Quel malheur pour ces Messieurs que Sa Majesté n'eût point dit son sentiment la première fois ! ils n'auroient pas été à la peine de se retracter, et de s'avouer faibles connoisseurs en ouvrages. »

Duchesse d'Orléans, Lettre du 1 er novembre 1698 :

« Avant-hier, le Roi a permis aux trois princes et à la duchesse de Bourgogne d'aller pour la première fois à la comédie : on donnait le Bourgeois gentilhomme...Le duc de Bourgogne en perdit totalement sa gravité. »

Anecdotes dramatiques, 1775

« Lully ayant traité d'une charge de Secrétaire du Roi du Grand-Collège, alla trouver la compagnie pour se faire recevoir : mais ces Messieurs lui répondirent unanimement qu'ils ne vouloient point de farceur. Il eut beau leur dire qu'il n'avoit jamais représenté sur le Théâtre que trois fois, dans le Bourgeois gentilhomme, et cela devant le Roi ; ils furent sourds. Il alla s'en plaindre à M. de Louvois, qui lui dit que les Secrétaires du Roi avoient raison. Quoi ! Monsieur, lui répondit Lully, si le Roi vous ordonnoit, tout Ministre que vous êtes, de danser devant lui, vous le refuseriez ? M. de Louvois, ne sachant que lui répondre, lui expédia un ordre qui le fit recevoir. »

Jean-Nicolas Bouilly, Soixante ans du Théâtre-Français par un amateur, né en 1769. 1842

« Par bonne fortune je me trouvais à Paris, lorsque longtemps après sa retraite, et à titre de bonne oeuvre, pour les pauvres, je crois, [Préville] reparut sur la scène avec sa femme.

... Dans le Bourgeois gentilhomme, la partie du public qui avait vu cet excellent comédien dans sa force le retrouva davantage. M. Jourdain était bien là comme chez lui, d'un naturel parfait, jouet innocent de sa vanité d'enfant ; entassant, de la meilleure foi du monde, ridicule sur ridicule ; sans se douter le moins du monde que les gens du bel air qu'il voulait imiter, s'amusaient à ses dépens, et n'entendaient faire connaissance qu'avec ses écus.

Lorsque le maître de langue lui fit arrondir les lèvres pour prononcer en principe la lettre O (je le vois encore), il fit une petite moue d'enfant, s'assura avec les doigts si sa bouche était ronde en effet, prononça l'O timidement d'abord, puis par degrés, avec une résolution et un succès dont il s'émerveillait à coeur puis par degrés, avec une résolution et un succès dont il s'émerveillait à coeur joie, puis encore s'écria : « Dieu, que c'est beau ! » mais dans un enchantement si communicatif que toute la salle cria comme lui et le couvrit d'applaudissements sans fin. »

1880 : Après la cérémonie grandiose où tous les Comédiens-Français, somptueusement costumés, avaient défilé pour célébrer le bicentenaire de la Comédie-Française , Coquelin cadet déclara : « Je ne pourrai plus jouer mes rôles dans d'autres costumes. - Pourquoi ? - Parce que l'habit turc est une seconde nature. »

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Commentaires :

Le Mercure galant, 1673 : « Les modes meurent avant que de naître, et toutes les personnes de qualité ont à peine commencé à suivre une mode que les singes de la Cour les font avortées, parce que les grands seigneurs les quittent aussitôt pour en prendre d'autres, et c'est pourquoi les Bourgeois qui croyent être à la mode ne le sont jamais. »

Jean de La Bruyère, Caractères, 22, 1, 1692

« On ne peut mieux user de sa fortune que fait Périandre : elle lui donne du rang, du crédit, de l'autorité ; déjà on ne le prie plus d'accorder son amitié, on implore sa protection. Il a commencé par dire de soi-même : un homme de ma sorte ; il passe à dire : un homme de ma qualité ; il se donne pour tel, et il n'y a personne de ceux à qui il prête de l'argent, ou qu'il reçoit à sa table, qui est délicate, qui veuille s'y opposer. Sa demeure est superbe : un dorique règne dans tous les dehors ; ce n'est pas une porte, c'est un portique : est-ce la maison d'un particulier ? est-ce un temple ? le peuple s'y trompe. Il est le seigneur dominant de tout le quartier. C'est lui que l'on envie, et dont on voudrait voir la chute ; c'est lui dont la femme, par son collier de perles, s'est fait des ennemies de toutes les dames du voisinage. Tout se soutient dans cet homme ; rien encore ne se dément dans cette grandeur qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée. Que son père, si vieux et si caduc, n'est-il mort il y a vingt ans et avant qu'il se fît dans le monde aucune mention de Périandre ! Comment pourra-t-il soutenir ces odieuses pancartes qui déchiffrent les conditions et qui souvent font rougir la veuve et les héritiers ? Les supprimera-t-il aux yeux de toute une ville jalouse, maligne, clairvoyante, et aux dépens de mille gens qui veulent absolument aller tenir leur rang à des obsèques ? Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un Noble homme, et peut-être un Honorable homme, lui qui est Messire. »

Jean-Jacques Rousseau, Lettre à M. d'Alembert sur les spectacles, 1758.

« J'entends dire qu'il [Molière] attaque les vices ; mais je voudrais bien que l'on comparât ceux qu'il attaque avec ceux qu'il favorise. Quel est le plus blâmable, d'un bourgeois sans esprit et vain qui fait sottement le gentilhomme, ou du gentilhomme fripon qui le dupe ? Dans la pièce dont je parle, ce dernier n'est-il pas l'honnête homme, n'a-t-il pas pour lui l'intérêt et le public n'applaudit-il pas à tous les tours qu'il fait à l'autre ? »

Voltaire, Sommaires des pièces de Molière, 1765

« Le Bourgeois gentilhomme est un des plus heureux sujets de comédie que le ridicule des hommes ait pu fournir. La vanité, attribut de l'espèce humaine, fait que les princes prennent le titre de rois, que les grands seigneurs veulent être des princes.[...] Cette faiblesse est précisément la même que celle d'un bourgeois qui veut être homme de qualité ; mais la folie du bourgeois est la seule qui soit comique et qui puisse faire rire au théâtre : ce sont les extrêmes disproportions des manières et du langage d'un homme avec les airs et les discours qu'il veut affecter qui font un ridicule plaisant. »

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Oeuvres en rapport :

La pièce a été abondamment traduite dans de très nombreuses langues, mais elle a aussi servi de tremplin à d'autres créations dramatiques françaises, grâce à l'apparition sur le théâtre d'un type nouveau, le « bourgeois », que les auteurs traitèrent ensuite en fonction du contexte sociologique de leur époque.

Alain-René Lesage, Turcaret, 1708.
Emile Augier et Jules Sandeau : le Gendre de Monsieur Poirier,
Eugène Labiche, Le Voyage de M. Perrichon
Octave Mirbeau, Les Affaires sont les affaires

à-propos : Le Voyage de Chambord ou la veille de la première représentation du Bourgeois gentilhomme, comédie en un acte, mêlée de vaudevilles, par Desfontaines et Henri Dupin, représentée, pour la première fois, sur le théâtre du Vaudeville, le 11 juillet 1808.

Le Bourgeois gentilhomme en musique :
Paër, la Testa riscaldata, opéra-bouffe d'après le Bourgeois gentilhomme, représenté à Parme en 1797.

Richard Strauss et Hugo von Hoffmansthal, Ariane à Naxos

Théâtre royal de Stuttgart, mise en scène de Max Reinhardt : le librettiste imagine que s'entremêlent le spectacle d'opéra et le divertissement à l'italienne prévus pour amuser Dorimène, ce qui donne un réjouissant entrecroisement de musiques de genres opposés.

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Cassettes audio

Audio : enregistrement intégral de la musique de Lully, réalisé en 1973 par l'Ensemble instrumental de la Petite Bande, sous la direction de Gustav Leonhardt : CD Edition Classica - Deutsche Harmonia Mundi.

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Dictionnaire :

Cérémonie : Selon une très ancienne tradition, certaines pièces, comme les comédies-ballets de Molière, Le Bourgeois gentilhomme et le Malade imaginaire, se terminaient par un défilé au cours duquel tous les Comédiens Français, en grand costume, venaient saluer le public, deux par deux, par ordre croissant de préséance, des derniers pensionnaires engagés, jusqu'au doyen.

Jacqueline Razgonnikoff
Bibliothécaire à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française

Dernière révision : 2000

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