Distribution
de l'entrée au répertoire :
Hôtel Guénégaud, lundi 9 septembre
1680 (distribution présumée ) :
Au même programme : les Fâcheux de Molière
Sganarelle : Rosimond
Ariste : Hubert
Valère : La Grange
Ergaste : Guérin
Isabelle : Mlle De Brie
Léonor : Mlle Molière
Lisette : Mlle Guiot ou Mlle La Grange
Recette : 385 livres, 5 sols

Distribution de la création:
Théâtre du Palais-Royal, vendredi 24 juin
1661 (distribution présumée)
Sganarelle : Molière
Ariste : L'Espy
Valère : La Grange
Ergaste : Gros-René
Isabelle : Mlle De Brie
Léonor : Mlle Du Parc
Lisette : Madeleine Béjart
Costume de Molière (Inventaire après décès)
: « Un autre habit pour l'Ecole des maris, consistant
en hauts-de-chausses, pourpoint, manteau, collet, escarcelle et ceinture,
le tout de satin couleur de musc. »
Au même programme, le Tyran d'Egypte, de
Gilbert
Recette : 410 livres

La vie de l'auteur :
La démolition inattendue du Théâtre
du Petit-Bourbon, où Molière donnait ses représentations
depuis 1659, laisse la troupe fort démunie, à peine autorisée
à sauver quelques loges. Molière obtient tout de même
de s'installer au Théâtre du Palais-Royal, construit pour
le Cardinal de Richelieu, qu'il faut aménager et restaurer à
grands frais. L'échec de Dom Garcie de Navarre, pièce
« sérieuse » qui déconcerte le public
des Précieuses ridicules et de Sganarelle, la
rude concurrence exercée contre la Troupe de Monsieur, par les
Comédiens de l'Hôtel de Bourgogne et du Théâtre
du Marais, mettent Molière dans la nécessité de réussir.
L'Ecole des maris est écrite en quatre mois, et le succès
couronne les efforts de la troupe. La pièce est jouée dans
toutes les résidences princières, et, comble de réussite
au moment où Foucquet est au pinâcle de la gloire, représentée
à Vaux-le-Vicomte au début du mois de juillet. Un mois plus
tard, les Fâcheux, première comédie-ballet
de Molière, constituent la partie théâtrale des divertissements
offerts au Roi par Foucquet. Molière, en procès contre Ribou,
libraire peu scrupuleux qui a publié sans son autorisation le texte
des Précieuses ridicules et de Sganarelle, s'assure
d'avance de l'impression de ses oeuvres sous son propre contrôle
en obtenant un privilège. A Pâques 1661, Molière demande
à la troupe deux parts au lieu d'une, dans la perspective de son
mariage, sans que soit nommée celle qu'il épousera en janvier
1662, la toute jeune Armande Béjart, de vingt ans sa cadette.

Le paysage politique et culturel :
Le cardinal de Mazarin meurt le 8 mars 1661. Alors que
chacun voit dans le fastueux Foucquet, protecteur des arts, le futur maître
des destinées du pays, Colbert oeuvre dans l'ombre à la
chute de son rival. Le Surintendant des Finances est arrêté
le 5 septembre, quelques semaines après les fêtes de Vaux-le-Vicomte
offertes le 17 août au jeune Roi. Colbert entre au Conseil du Roi,
qui règne désormais personnellement. Monsieur, frère
du Roi, épouse Henriette d'Angleterre, dont le frère, Charles
II, règne en Angleterre.
Le jeune Racine, destiné à la carrière
ecclésiastique, est envoyé chez un oncle chanoine à
Uzès. Boileau publie sa première satire, tandis que La Fontaine,
perdant en Foucquet un généreux protecteur, écrit
pour le défendre son Elégie aux nymphes de Vaux.
Mère Angélique Arnauld, ancienne abbesse de Port-Royal des
Champs, meurt à Paris. Pascal pratique l'ascétisme, Spinoza
compose le Traité de la réforme de l'entendement.
Vélasquez vient de mourir en Espagne, et Rembrandt en Hollande
peint les Syndics des drapiers. Les peintres Philippe de Champaigne
et Mignard, le sculpteur Coysevox, les architectes Perrault et Le Vau
participent au renouveau des arts qui accompagne l'ascension du jeune
roi Louis XIV.

Quantièmes :
1582
Nombre de représentations
du vivant de l'auteur : jouée 39 fois dans la seule année
1661, l'Ecole des maris figure au répertoire de la troupe
de Molière quasiment chaque année. Avec 111 représentations,
elle vient en seconde position, après Sganarelle ou le Cocu
imaginaire (123), dans la liste des pièces le plus souvent
représentées du vivant de leur auteur, sans compter les
nombreuses « visites », ou représentations
chez les grands seigneurs, et les représentations à la cour.
Nombre de représentations avant la constitution
de la Comédie-Française :
Plus de trente représentations entre 1673 et le
24 août 1680, le plus souvent avec George Dandin, la
Comtesse d'Escarbagnas, ou encore Monsieur de Pourceaugnac.
Date de l'entrée au répertoire :
lundi 9 septembre 1680
Répartition des quantièmes
:
1680-1700 : 115
1701-1800 : 534
1801-1900 : 567
1901-1998 : 366
La comédie ne comportant que trois actes, elle
n'est jamais donnée seule, complément d'une autre comédie
ou d'une tragédie aux XVIIe et XVIIIe siècles, partie d'un
programme plus copieux, qui va jusqu'à trois pièces, au
XIXe siècle, et « lever de rideau » au XXe.

Représentations
jusqu'en 1850 :
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on joue Molière
en costumes contemporains, sans recherche particulière. Les distributions
exactes ne sont notées dans les Registres qu'à partir de
1765, date avant laquelle on est souvent réduit aux conjectures,
en raison de la forte alternance des rôles pratiquée dans
la troupe, selon la stricte hiérarchie des « chefs d'emploi »,
« emplois en second », etc... La première
distribution complète inscrite dans les registres est celle du
:
8 décembre 1765 :
Sganarelle : Pin
Ariste : Dauberval
Valère : Molé
Ergaste : Préville
Isabelle : Mlle Hus
Léonor : Mlle Doligny
Lisette : Mlle Luzy
Le commissaire : Bellemont
Le notaire : Bouret
Le 30 mai 1799, jour de réunion
de la troupe et de réouverture de la Comédie-Française,
aprèssix années de fermeture à la suite des événements
de la Révolution, dans la salle Richelieu, Théâtre
Français de la République, qui est dès lors
leur salle officielle, les Comédiens Français jouent le
Cid et L'Ecole des maris .
Sganarelle : Grandmesnil
Ariste : Lacave
Valère : Dupont
Ergaste : Dugazon
Isabelle : Mlle Mézeray
Léonor : Mlle Mars
Lisette : Mlle Devienne
Le commissaire : Bellemont
Le notaire : Marchand

Mises en scène depuis 1850 :
Même au XIXe siècle,
la représentation n'est renouvelée que par l'introduction
des costumes « d'époque », et c'est essentiellement
la personnalité des acteurs chargés des rôles principaux
qui peut donner, le cas échéant, une tonalité nouvelle
au spectacle. Ainsi
le 27 juin 1860 :
Sganarelle : Talbot
Ariste : Maubant
Valère : Ariste
Ergaste : Provost
Isabelle : Marie Royer
Léonor : Berthe Savary
Lisette : Mlle Bonval
Le commissaire : Montet
Le notaire : Masquillier
Reprise, le 20 mars 1879 , avec d'importants
changements de distribution :
Sganarelle : Thiron
Ariste : Silvain
Valère : Delaunay
Ergaste : Coquelin cadet
Isabelle : Mlle Broisat
Léonor : Mlle Lloyd
Lisette : Jeanne Samary
Le commissaire : Richard
Présentation nouvelle, le 15 janvier 1889,
avec une distribution renouvelée :
Sganarelle : Maurice de Féraudy
Ariste : Silvain
Valère : Le Bargy
Ergaste : Jules Truffier
Isabelle : Julia Bartet
Léonor : Nancy Martel
Lisette : Jeanne Samary
Le commissaire : Hamel
Le notaire : Falconnier
Reprise, le 8 avril 1902 :
Sganarelle : Laugier
Ariste : Silvain
Valère : Emile Dehelly
Ergaste : Jules Truffier
Isabelle : Louise Lara
Léonor : Louise Silvain
Lisette : Mary Kalb
Le commissaire : Hamel
Le notaire : Falconnier
Reprise, le 14 décembre 1911, en matinée
:
Sganarelle : Jules Truffier
Ariste : Louis Delaunay
Valère : Emile Dehelly
Ergaste : Jean Croué
Isabelle : Marie-Thérèse Piérat
Léonor : Constance Maille
Lisette : Dussane
Le commissaire : Garay
Le notaire : Falconnier
Présentation nouvelle, le
18 décembre 1936, dans une mise en scène revue
par Croué, et dans le décor de place publique conçu
par Louis Suë pour servir aux différentes comédies
du XVIIe siècle, en guise de lever de rideau à la mise en
scène tout à fait nouvelle du Chandelier d'Alfred
de Musset, par Gaston Baty.
Sganarelle : Lafon
Ariste : Dessonnes
Valère : Jean Weber
Ergaste : Robert Manuel
Isabelle : Lise Delamare
Léonor : Jeanne Sully
Lisette : Denise Clair
Le commissaire : Jean Le Goff
Le notaire : Le Marchand
Présentation nouvelle, 24 février
1945, mise en scène de Denis d'Inès. Au même
programme, le Légataire universel, de Regnard.
Sganarelle : Alfred Adam
Ariste : Pierre de Rigoult
Valère : Jean Desailly
Ergaste : Robert Manuel
Isabelle : Lise Delamare
Léonor : Marcelle Gabarre
Lisette : Maria Fromet
Le commissaire : Jean Le Goff
Le notaire : Michel Vadet
Présentation nouvelle, 20 octobre
1954 , mise en scène de Jean Meyer, décor et costumes
de Suzanne Lalique. Au même programme : Les Amants magnifiques,
comédie-ballet de Molière.
Sganarelle : Jean Meyer
Ariste : Maurice Escande
Valère : Jean-Louis Jemma
Ergaste : Michel Galabru
Isabelle : Micheline Boudet
Léonor : Claude Winter
Lisette : Javotte Lehmann
Le commissaire : Marco-Behar
Le notaire : Charles Millot
Reprise , le 25 décembre
1974, dans la mise en scène de 1954, avec une nouvelle
distribution :
Sganarelle : Gérard Caillaud
Ariste : François Chaumette
Valère : Francis Huster
Ergaste : Yves Pignot
Isabelle : Catherine Salviat
Léonor : Claude Winter
Lisette : Catherine Samie
Le commissaire : Marco-Behar
Le notaire : Jean-Paul Roussillon
Présentation nouvelle, samedi 16 octobre 1999
:
mise en scène et costumes de Thierry Hancisse, décor de
Pace
Sganarelle : Jérôme Pouly ou Thierry Hancisse, en alternance
Ariste : Alain Lenglet
Valère : Alexandre Pavloff ou Guillaume Gallienne, en alternance
Ergaste : Jacques Poix-Terrier
Isabelle : Coraly Zahonero
Léonor : Cécile Brune
Lisette : Céline Samie ou Françoise Pinkwasser, en
alternance
Le commissaire : Thierry Hancisse ou Laurent Montel, en alternance
Le notaire : Christian Bouchain

Personnages :
Sganarelle : frère d'Ariste
Le Sganarelle de l'Ecole des maris est le deuxième
personnage ainsi nommé par Molière, après le héros
du Cocu imaginaire. Type de barbon emprunté à la
comédie traditionnelle, rétrograde, égoïste,
naïf, victime désignée de plus malin que lui, qu'il
s'agisse d'une femme, d'un jeune amant, ou d'un valet, Sganarelle est
tout d'abord l'archétype du mari trompé. Le verbe italien
« sgannare », qui signifie « dessiller »,
« ouvrir les yeux à quelqu'un », à
l'origine de ce nom sonore, évoque à rebours l'aveuglement
du personnage. Ce Sganarelle bourgeois, conformiste, ridicule et grimacier,
si l'on s'en rapporte au témoignage de ceux qui ont vu jouer Molière,
est le héros de trois comédies : Sganarelle ou le Cocu
imaginaire (1660), l'Ecole des maris (1661) et le Mariage
forcé (1664). On le retrouve père de famille dupé
par une fine mouche de fille dans l'Amour médecin (1665).
Puis il change de condition sociale, valet naïf de Dom Juan
(1665), ou valet roublard de Léandre dans la farce du Médecin
volant, avant de terminer sa carrière en apothéose
dans la peau du fagotier vêtu de jaune et vert, Médecin
malgré lui (1666), ivrogne, menteur et sans vergogne. Molière
aimait ce personnage qu'il s'était inventé, portant le costume
dans lequel l'a représenté Simonnin, composé du haut-de-chausses,
du pourpoint, du mantelet et du bonnet de même couleur, laquelle
changeait selon la pièce, le col serré dans une fraise à
l'ancienne. Ce costume semble un compromis entre ceux portés par
Brighella et Scaramouche.
Le premier Sganarelle, illustrant une veine gauloise
très prisée au XVIIe siècle, plaisait tout particulièrement
au roi Louis XIV, ce qui explique le succès, du vivant de Molière
et à la cour, des deux comédies dont il est le héros,
le Cocu imaginaire et l'Ecole des maris.
Ariste : frère de Sganarelle
Selon la tradition antique des noms « parlants »,
Ariste (le « meilleur », en grec) représente
la sagesse et le bon sens contre la monomanie rétrograde de Sganarelle.
Dans les Femmes savantes, le frère de Chrysale et de Bélise,
porte-parole de la vérité, justifie aussi par son « honnêteté »
l'attribution de ce patronyme.
Valère : amant d'Isabelle
Ergaste : valet de Valère
Isabelle : soeur de Léonor
Léonor : soeur d'Isabelle
Si le nom d'Isabelle vient en droite ligne de la Commedia
dell'arte, type d'ingénue, de jeune fille douce mais fûtée,
que l'on retrouve çà et là dans les comédies
classiques françaises (les Plaideurs, de Racine, le
Légataire universel, de Regnard) et se présente comme
le prototype des futures héroïnes de Molière, qui se
nommeront Angélique, Lucile, Elise ou Marianne, celui de Léonor
semble témoigner aussi de l'influence de la comédie espagnole
du Siècle d'or. Le personnage de Léonor, plus fade et moins
bien dessiné que celui d'Isabelle, sert le dessein de l'auteur,
lui-même sur le point d'épouser une jeune femme de vingt
ans sa cadette.
Lisette : suivante de Léonor

Liste des interprètes depuis
la création :
Sganarelle : Molière, Rosimond,
..., Pin, Bonneval, Bélissen, La Sozelière, Des Essarts,
Montfoulon, Courville, Broquin, Gérard, Grandmesnil, Caumont, Dugazon,
Ernest Vanhove, Devigny, Baudrier, Hamell, Duval (D.), Cossard, Guiaud,
Grandville, Rozan, Montigny, Duparrai, Provost, Joannis, Varlet, Micheau,
Mouchelet (D.), Anselme Bert, Lesage, Talbot, Thiron, Maurice de Féraudy,
Laugier, Jules Truffier, Léon Bernard, Siblot, Lafon, Alfred Adam,
Jean Meyer, Michel Galabru, Maurice Porterat, Robert Manuel, René
Camoin, Henri Tisot, Gérard Caillaud, Thierry Hancisse, Jérôme
Pouly.
Ariste : L'Espy, Hubert, ..., Dubreuil,
..., Dauberval, Bellemont, Dorival, Marsy, Ernest Vanhove, Lacave, Saint-Fal,
Duruissel, Colson, Saint-Aulaire, Casaneuve, Delafosse, Auguste, Mainvielle,
Maubant, Jules Chéry, Fonta, Deloris, Silvain, Martel, Hamel, Louis
Delaunay, Jacques Fenoux, Paul Gerbault, Chambreuil, Dessonnes, Denis
d'Inès, de Rigoult, Maurice Escande, Jacques Servières,
Louis Eymond, Daniel Lecourtois, Georges Vitray, Jean Marchat, François
Chaumette, Alain Lenglet.
Valère : La Grange, ..., Quinault,...
Dubreuil,..., Bellecour, Molé, Vellenne, Chevalier, Dalainville,
Dorival, Fleury, Dunant, Saint-Fal, Talma, Devigny, Dupont, Armand, Michelot,
Barbier, Firmin, Monrose, Menjaud, Aristippe, Larney (D.), Lecomte, Saint-Julien,
Delafosse, David, Mirecour, Mathien, Gaston, Francisque Berton, Leroux,
Laba (D.), Ponchard, Dupuis, Henry, Delaunay, Métrême, Ariste,
Verdellet, Prud'hon, Boucher, Le Bargy, Emile Dehelly, Georges Le Roy,
Jean Weber, jean Desailly, Jean-Louis Jemma, Pierre Gallon, Michel Bernardy,
France Huster, Alexandre Pavloff, Guillaume Gallienne.
Ergaste : Gros-René (Du Parc),
Guérin, ..., Fierville, ..., Durancy, ..., Préville, Augé,
Bonneval, Feulie, Dalainval, Dazincourt, Dugazon, Larochelle, Champville,
Dublin, Thénard, Faure, Salpêtre (D.), Cartigny, Monrose,
Louis Monrose, Firmin, Berthault (D.), Stockleit, Lemelle, Armand-Dailly,
Samson, Regnier, Riché, Got, Castel, Provost, Seveste, Coquelin
aîné, Coquelin cadet, Jules Truffier, Jean Croué,
Hiéronimus, Rognoni, Robert Manuel, Pierre Dux, Michel Galabru,
Teddy Bilis, Jean-Louis Le Goff, Jean Piat, Jean-Paul Roussillon, Jacques
Sereys, Jean-Laurent Cochet, Max Fournel, Yves Pignot, Jacques Poix-Terrier.
Isabelle : Mlle De Brie, ..., Mlle Quinault,
..., Mlle Lamotte, ..., Mlle Labatte, ..., Mlle Poisson, ..., Mlle Hus,
Mme Vestris, Mlle Saint-Val, Mlle Vadé, Mlle Constance (D.), Mlle
Doligny, Mlle Vermilly (D.), Mlle Lavaux, Mlle Montroze (D.), Mlle Fusier,
Louise Contat, Mlle Olivier, Mlle Laurent, Mme Petit-Vanhove (Mme Talma),
Mlle Masson, Mlle Lange, Charlotte Lachassaigne, Mlle Mézeray,
Mlle Montgaultier, Mlle Mars, MlleBourgoin, Mlle Mars aînée,
Mlle Rose Dupuis, Mlle Volnais, Mlle Saint-Aubin, Mlle Rosni (D.), Mlle
Lombard (D.), Mlle Devin (Mme Menjaud), Mlle George cadette, Anaïs
Aubert, Elisa Wenzel, Mlle Brocard, Mlle Charton, Mlle Verneuil, Mlle
Valette, Mlle Simonin (D.), Mlle Gromez, Mlle Laignelet (D.), Mlle Cassan,
Louise Despréaux, Mlle Habeneck (D.), Mlle Saint-Ange (D.), Atalide
Petit (D.), Mlle Noblet, Mme Geffroy, Mlle Plessy, Mlle Crécy,
Mlle Delvil (D.), Mlle Doze, Mlle Denain, Mlle Laurent (D.), Mlle Grave
(D.), Mlle Garique, Mlle Crosnier, Mlle Worms, Mlle Solié, Mlle
Loyo (D.), Mlle Judith, Mlle Bertin, Maria Favart, Mlle Lemerle, Delphine
Fix, Berthe Savary, Mlle Marthe (D.), Mlle Lafont (D.), Marie Royer, Mlle
Lloyd, Mlle Angelo, Sophie Croizette, Mlle Broisat, Julia Bartet, Renée
Du Minil, Louise Lara, Yvonne Garrick, Marie-Thérèse Piérat,
Berthe Bovy, Marcelle Romée, Elisabeth Nizan, Lise Delamare, Jeanne
Sully, Mony Dalmès, Micheline Boudet, Javotte Lehmann, Geneviève
Fontanel, Bérangère Dautun, Paule Noëlle, Catherine
Salviat, Coraly Zahonero.
Léonor : Mlle Du Parc, Mlle
Molière, ..., Mlle Lavoy, ...Mlle Beauménard (Mme Bellecour),
..., Mlle Grandval, ..., Mlle Hus, Mlle Doligny, Mlle Lachassaigne, Mme
Molé, Mme Préville, Mlle Saint-Gervais (D.), Louise Contat,
Mme Suin, Mlle Adélaïde, Mlle Olivier, Mlle Joly, Mlle Montroze
(D.), Mlle Lavaux, Mlle Laurent, Emilie Contat, Mlle Masson, Charlotte
Lachassaigne, Mlle Lange, Mlle Mézeray, Mlle Montgaultier, Mlle
Mars, Mlle Hopkins, Mlle Patrat, Mlle Gros, Mlle Bourgoin, Mlle Volnais,
Mme Michelot, Mme Menjaud, Elisa Wenzel, Anaïs Aubert, Mlle Claret,
Mlle Verneuil, Mlle Brocard, Mlle Valette, Mlle Thénard, Mlle Cassan,
Georgina Mars, Mlle Bourbier, Mlle Charton, Mlle Saint-Ange, Louise Despréaux,
Mme Geffroy, Atalide Petit (D.), Mlle Plessy, Aglaé Larché,
Mlle Payre, Mlle Denain, Mlle Garique, Augustine Brohan, Mlle Crosnier,
Mlle Worms, Mlle Solié, Mlle Judith, Mlle Bertin, Maria Favart,
Mlle Théric, Berthe Savary, Mlle Ponsin, Mlle Deschamps, Mlle Tholer,
Mlle Lloyd, Mlle Fayolle, Nancy Martel, Mlle Marsy, Louise Silvain, Mlle
de Fava, Mitzy-Dalti, Constance Maille, Jeanne Rémy, Simone Damaury,
Clémence Valpreux, Calixte Guintini, Jeanne Sully, Marcelle Gabarre,
Irène Brillant, Claude Winter, Magali de Vendeuil, Danielle Volle,
Myriam Colombi, Régine Blaëss, Danielle Ajoret, Cécile
Brune.
Lisette : Madeleine Béjart,
Mlle Guiot, Mlle La Grange,... Mlle Lachaise, ..., Mlle Dumesnil, ...Mlle
Lavoy, ..., Mme Préville, Mlle Luzy, Mlle Fanier, Mlle Dugazon,
Mme Bellecour, Mlle Joly, Emilie Contat, Mlle Devienne, Mlle Desbrosses,
Mme Michelot, Mlle Dartaux, Mlle Dupont, Mlle Demerson, Mlle Clairet,
Mlle Delattre, Mlle Saint-Ange, Mlle Lebrun, Louise Thénard, Mme
Astruc, Mlle Thierret, Mlle Antheaume, Mlle Tilly (D.), Mlle Avenel, Mlle
Véret, Mlle Varlet, Augustine Brohan, Mlle Bonval, Maria Lopez,
Mlle Biron, Mme Théric, Mlle Saint-Hilaire, Mlle Valérie,
Rosa Didier, Dinah Félix, Mlle Ponsin, Jeanne Samary, Mlle Bianca,
Mary Kalb, Dussane, Béatrice Bretty, Jane Faber, Denise Clair,
Irène Brillant, Maria Fromet, Javotte Lehmann, Eliane Zucchini,
Annie Girardot, Catherine Samie, Magali de Vendeuil, Paule Noëlle,
Géraldine Valmont, Céline Samie.

Liste des
représentations à la cour :
1681 - chez le prince de Conti, mercredi 30 juillet
1682 - Saint-Germain-en-Laye, dimanche 25 janvier
1685 - Versailles, jeudi 15 mars
1687 - Versailles, lundi 17 novembre
1690 - Versailles, vendredi 6 janvier
1706 - Versailles, mardi 21 décembre
1710 - Versailles, samedi 1er mars
1711 - Versailles, lundi 16 mars
1725 - Versailles, samedi 15 décembre
1728 - Versailles, mardi 17 février
1737 - Versailles, mardi 15 janvier, Versailles, mardi 3 décembre
1738 - Versailles, jeudi 4 décembre
1741 - Versailles, mardi 21 février
1742 - Versailles, mardi 6 mars, Fontainebleau, jeudi 10 mai
1743 - Versailles, mardi 8 janvier
1745 - Versailles, mardi 16 février, Versailles, mardi 14 décembre
1746 - Versailles, mardi 15 février, Versailles, mardi 13 décembre
1750 - Fontainebleau, mardi 13 octobre
1752 - Versailles, mardi 28 novembre
1756 - Fontainebleau, jeudi 21 octobre
1759 - Versailles, mardi 13 mars
1763 - Versailles, mardi 22 novembre
1770 - Fontainebleau, mardi 16 octobre
1771 - Fontainebleau, mardi 15 octobre
1773 - Versailles, mardi 12 janvier
1781 - Versailles, mardi 4 décembre
1783 - Versailles, mardi 18 février, Versailles, mardi 30 décembre
1784 - Versailles, mardi 2 novembre
1786 - Versailles, mardi 21 février
1787 - Versailles, mardi 16 janvier
1788 - Versailles, jeudi 6 mars, Versailles, jeudi 4 décembre

Liste des représentations
extérieures :
Versailles, dimanche 21 mars 1802, samedi 31 juillet 1802
Théâtre de l'Odéon, mercredi 30 avril 1834
Théâtre de l'Odéon, lundi 16 juin 1834
Théâtre de l'Odéon, dimanche 29 juin 1834
Théâtre de l'Odéon, dimanche 19 octobre 1834

Liste des représentations
en tournées (année, pays , ville) :
1923 - Belgique (Anvers, Bruxelles,
Liège, Gand)
1931 - Le Havre, Versailles
1938 - Egypte (Le Caire)
1939 - Angleterre (Londres), Belgique (Gand, Liège, Namur, Verviers,
Bruxelles), Brésil (Rio de Janeiro) et Argentine (Buenos Aires)
1957 - Belgique (Bruxelles)
1958 - France, Suisse, Belgique, Allemagne (Munich)
1959 - France, Algérie, Tunisie, Maroc, Espagne et Portugal, Canada
(Montréal)
1960 - Liban, Allemagne
1961 - Nancy
1965 - Egypte
1966 - Pologne, Hongrie, Bulgarie
1966 - Angoulême
1967 - Amboise
1970 - Ile Maurice, Ile de la Réunion.

Mises en scène extérieures :
Octobre 1925 à avril 1929, les Copiaux, mise en
scène de Jacques Copeau.

Bibliographie
Edition originale :
L'Ecole des maris, comédie de J.B.P. Molière. A
Paris, chez Guillaume de Luyne, 1661.
Editions de référence :
Les Oeuvres de Monsieur de Molière, revues, corrigées
et augmentées [par Vivot et C. Varlet, sieur Le Grange]. [t.I-VI]
(avec) Les Oeuvres posthumes de Monsieur de Molière [t.VII-VIII],
imprimées pour la première fois en 1682. Paris, D. Thierry,
C. Barbin et P. Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12, pl. de P. Brissart, gravées
par I. Sauvé.
Cette édition fut réalisée en fac-similé
par plusieurs éditeurs en 1973, pour le tricentenaire de la mort
de Molière.
Oeuvres complètes, éd. Eugène Despois
et Paul Mesnard.- Paris, Hachette, 1873-1900.13 vol. Coll.des Grands écrivains
de la France.
Oeuvres complètes, éd. Georges Couton.-
Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1971. 2 vol.
De nombreuses éditions « classiques »,
ou « de poche » sont disponibles en librairie, qu'il
s'agisse des Oeuvres complètes ou de la pièce étudiée.
On peut également trouver les pièces de Molière en
ligne sur les sites suivants :
Molière :
René BRAY, Molière homme de théâtre,
Paris, Mercure de France, 1954.
Sylvie CHEVALLEY, Molière en son temps, 1622-1673,
Paris- Genève, Minkoff, 1973.
Gabriel CONESA, Le Dialogue moliéresque, étude
stylistique et dramaturgique, Paris, P.U.F., 1983
Jacques COPEAU, Registres II. Molière, Paris,
Gallimard, 1976
Patrick DANDREY, Molière, ou l'Esthétique
du ridicule, Paris, Klincksieck, 1992.
Patrick DANDREY, L'Eloge paradoxal, de Gorgias à
Molière, Paris: Presses Universitaires de France, 1997
Gérard DEFAUX, Molière ou les métamorphoses
du comique: de la comédie morale au triomphe de la folie. Lexington
, Kentucky, French Forum Publishers, 1983.
Ramon FERNANDEZ, Molière ou l'Essence du génie
comique, Paris, Bernard Grasset, 1979.
Georges FORESTIER, Molière en toutes lettres,
Paris, Bordas, 1990.
Georges-Arthur GOLDSCHMIDT, Molière ou la
Liberté mise à nu, Paris, Julliard, 1973
Marcel GUTWIRTH, Molière ou l'invention comique,
Paris, Minard,1966.
Jacques TRUCHET, Thématique de Molière,
Paris, SEDES, 1985.
A propos de L'Ecole des maris
:
Stephen Varick DOCK, Costume and Fashion in the Plays
of Jean-Baptiste Poquelin Molière : A Seventeenth Perspective,
Genève, Slatkine, 1992.
Constant VENESOEN, La Relation matrimoniale dans
l'oeuvre de Molière, Paris, Lettres modernes, 1989.
Bibliographie Comédie-Française
Molière, monographie établie sous
la direction de Sylvie CHEVALLEY.
Paris, Comédie-Française, 1963. Ed. mise à joue en
1970. Textes de Pierre Brisson, Léon Chancerel, Sylvie Chevalley,
Dussane, Madeleine Horn-Monval, Jean-Louis Loiselet, Georges Mongrédien.
Molière et compagnie, dossier établi
par Georges Forestier, Noëlle Guibert et Jacqueline Razgonnikoff.
Paris, Textes et documents pour la classe, 1991, n°598-599.
Sources de la pièce :
Si certains commentateurs ont pu voir à l'origine de l'Ecole
des maris, les deux frères antagonistes des Adelphi
de Térence, l'intrigue de la comédie de Molière a
peu à voir avec ce « modèle » antique.
L'idée de se servir comme messager d'amour du personnage qui justement
est le moins propre à ce rôle est empruntée à
Boccace, source inépuisable pour Molière comme pour La Fontaine.
On la trouve également développée chez Lope de Vega,
imité en France par le comédien-auteur Dorimond, qui donne,
quelques mois avant l'Ecole des maris, une comédie intitulée
la Femme industrieuse, et auteur de la première « Ecole »
de comédie, l'Ecole des cocus ou la Précaution inutile.
Une autre pièce espagnole, de Hurtado de Mendoza (El marido
hace mujer y el trato muda costumbre (1643), « Le
mari fait la femme et le traitement change les moeurs »)
met en scène deux femmes mariées traitées fort différemment
par leurs maris respectifs. Il s'ensuit que la femme séquestrée
ne songe qu'à tromper son mari, tandis que celle dont la liberté
est respectée ne cherche pas à s'enfuir. Molière
tisse habilement les deux idées, insère son intrigue dans
une société qu'il peut aussi soumettre à la satire
: confrontation de deux systèmes d'éducation, raillerie
des excès de la mode, ridiculisation du barbon jaloux, sans compter
les quiproquos, les enlèvements et les bouffonneries qui accélèrent
le rythme de la pièce jusqu'au dénouement. On ne peut pas
non plus ignorer que Molière, à la fin de cette année
1661, s'apprête à convoler en justes noces avec Armande Béjart,
de vingt ans sa cadette. De là à découvrir dans la
comédie une petite dose d'autobiographie, il n'y a qu'un pas, aisé
à franchir, lorsque triomphe auprès de Léonor la
sagesse d'Ariste, et malgré le dénouement convenu en faveur
du jeune couple d'amoureux.

Commentaires :
Donneau de Vise (les Nouvelles nouvelles,
1663) :
L'Ecole des maris est encore un de ces tableaux
des choses que l'on voit le plus fréquemment arriver dans le monde,
ce qui a fait qu'elle n'a pas été moins suivie que les précédentes
comédies. Les vers en sont moins bons que ceux du Cocu imaginaire,
mais le sujet en est tout à fait bien conduit, et si cette pièce
avait eu cinq actes, elle pourrait tenir rang dans la postérité
après le Menteur (de Corneille) et les Visionnaires
(de Desmarets de Saint-Sorlin).
Sainte-Beuve (Portraits littéraires,
1844) :
Après le sel un peu gros, mais franc, du Cocu
imaginaire, et l'essai pâle et noble de Dom Garcie,
l'Ecole des maris revient à cette large voie d'observation
et de vérité dans la gaieté. Sganarelle, que le Cocu
imaginaire nous avait montré pour la première fois,
reparaît et se développe par l'Ecole des maris;
Sganarelle va succéder à Mascarille dans la faveur de Molière.
[...]
Le Sganarelle de Molière, dans toutes ses variétés
de valet, de mari, de père de Lucine, de frère d'Ariste,
de tuteur, de fagotier, de médecin, est un personnage qui appartient
en propre au poète, comme Panurge à rabelais, Falstaff à
Shakespeare, Sancho à Cervantès; c'est le côté
du laid humain personnifié, le côté vieux, rechigné,
morose, intéressé, bas, peureux, tour à tour piètre
ou charlatan, bourru et saugrenu, le vilain côté, et qui
fait rire.
Maurice Donnay (Molière,
1911) :
C'est une pièce gaie, optimiste, une pièce
de fiançailles, que le poète met dans la corbeille de la
jeune Armande.

Citations (répliques retenues) :
Toujours au plus grand nombre on doit s'accommoder,
Et jamais il ne faut se faire regarder.
L'un et l'autre excès choque, et tout homme bien sage
Doit faire des habits ainsi que du langage,
N'y rien trop affecter, et sans empressement,
Suivre ce que l'usage y fait de changement. (Ariste,
Acte 1, scène 1)
Et les soins défiants, les verrous et les grilles
Ne font pas la vertu des femmes et des filles. (Ariste,
Acte 1, scène 1)
Apprenez, pour avoir votre esprit affermi,
Qu'une femme qu'on garde est gagnée à demi,
Et que les noirs chagrins des maris ou des pères
Ont toujours du galant avancé les affaires. (Ergaste,
acte 1, scène 4)
Oh! trois et quatre fois béni soit cet édit
Par qui des vêtements le luxe est interdit! (Sganarelle,
acte II, scène 6)
Au sort d'être cocu son ascendant l'expose;
Et ne l'être qu'en herbe est pour lui douce chose. (Ergaste,
acte III, scène 9)
J'y renonce à jamais, à ce sexe trompeur,
Et je le donne tout au diable de bon coeur. (Sganarelle,
acte III, scène 9)
Vous, si vous connaissez des maris loups-garous,
Envoyez-les au moins à l'école chez nous. (Lisette,
acte III, scène 9)

Anecdotes :
A propos de la diatribe de Sganarelle contre les excès
de la mode :
Sous Louis XIII et Louis XIV, des édits somptuaires
sont promulgués interdisant aux classes sociales autres que les
gens de cour l'usage excessif des broderies et des dentelles, fixant les
sortes de tissus autorisés et limitant l'emploi de l'or et de l'argent
sur les habits. Même si les édits somptuaires furent peu
respectés, les comédiens -dont les habits se devaient de
trancher sur l'habit de ville et étaient le plus souvent des habits
de cour relevés de matériaux prenant bien la lumière
: rubans, dentelles et broderies or, argent et feu - ont pu jouir des
mêmes privilèges que la noblesse de cour.
L'édit du 27 novembre 1660, affiché pour
la seconde fois avant la première de l'Ecole des maris,
et mentionné par Sganarelle au début de la scène
6 de l'acte II, portait « règlement pour le retranchement
du luxe des équipages » et défendait de porter
« aucune étoffe d'or et d 'argent, fin ou faux, broderie
ni autres choses semblables. » La vente des dentelles étrangères
était interdite, et les dentelles originaires de France ne devaient
pas dépasser un pouce de largeur.
Jacqueline Razgonnikoff
Bibliothécaire à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française
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