Distribution de l'entrée au répertoire : Hôtel de Guénégaud, mardi 17 septembre 1680 (distribution présumée) : Chrysale : Rosimond
Clitandre : La Grange
Ariste : Dauvilliers
Trissotin : Guérin
Vadius : Du Croisy
Notaire : Beauval
Philaminte : Hubert
Armande : Mlle De Brie
Henriette : Mlle Guérin (Mlle Molière)
Bélise : Mlle La Grange
Martine : Mlle Beauval ou Mlle Poisson Recette : 396 livres 
Distribution de la création: Théâtre du Palais-Royal, vendredi 11 mars 1672 Chrysale : Molière
Clitandre : La Grange
Ariste : Baron
Trissotin : La Thorillière le père
Vadius : Du Croisy
Notaire : Beauval
Philaminte : Hubert
Armande : Mlle De Brie
Henriette : Mlle Molière
Bélise : Mlle Villeaubrun (Geneviève Béjart)
Martine : « une servante de Molière qui portait ce nom » (sous toutes réserves) Recette : 1735 livres Quelques jours avant la Première, Molière avait fait une lecture de sa pièce, le 2 mars 1672, chez La Rochefoucauld, en présence d'un certain nombre d'amis lettrés. Costume de Molière (Inventaire après décès) : « [un habit] servant à la représentation des Femmes savantes, composé de juste-au-corps et haut-de-chausses de velours noir et ramage à fond aurore, la veste de gaze violette et or, garnie de boutons, un cordon d'or, jarretières, aiguillettes et gants; prisé vingt livres » Décor (d'après le Mémoire du décorateur Mahelot) : « Trissotin ou les Femmes savantes : le théâtre est une chambre; il faut deux livres, quatre chaises et du papier. » DONNEAU de VISE, le Mercure galant, lettre du 12 mars 1672 : Jamais en une seule année l'on ne vit tant de belles pièces de théâtre, et le fameux Molière ne nous a point trompés dans l'espérance qu'il nous avait donnée il y a tantôt quatre ans, de faire représenter au Palais-Royal, une pièce comique de sa façon, qui fut tout à fait achevée. On y est bien diverti, tantôt par ces précieuses ou femmes savantes, tantôt par les agréables railleries d'une certaine Henriette, et puis par les ridicules imaginations d'une visionnaire, qui se veut persuader, que tout le monde est amoureux d'elle. Je ne parle point du caractère d'un père, qui veut faire croire à un chacun, qu'il est le maître de sa maison, qui se fait fort de tout quand il est seul, et qui cède tout dès que sa femme paraît. Je ne dis rien aussi du personnage de M. Trissotin, qui tout rempli de son savoir, et tout gonflé de la gloire, qu'il croit avoir méritée, paraît si plein de confiance de lui-même, qu'il voit tout le genre humain fort au-dessous de lui. Le ridicule entêtement qu'une mère, que la lecture a gâtée, fait voir pour ce M. Trissotin, n'est pas moins plaisant; et cet entêtement, aussi fort que celui du père dans Tartuffe, durerait toujours, si par un artifice ingénieux de la fausse nouvelle d'un procès perdu, et d'une banqueroute, (qui n'est pas d'une moins belle invention que l'exempt dans l'Imposteur) un frère, qui, quoique bien jeune, paraît l'homme du monde du meilleur sens, ne le venait faire cesser, en faisant le dénouement de la pièce. Il y a au troisième acte une querelle entre ce M. Trissotin, et un autre savant, qui divertit beaucoup; et il y a au dernier, un retour d'une certaine Martine, servante de cuisine, qui avait été chassée au premier, qui fait extrêmement rire l'assemblée par un nombre infini de jolies choses qu'elle dit en son patois, pour prouver que les hommes doivent avoir la préférence sur les femmes. Voilà confusément ce qu'il y a de plus considérable dans cette comédie, qui attire tout Paris. Il y a partout mille traits d'esprit, beaucoup d'expressions hardies, et beaucoup de manières de parler nouvelles et hardies, dont l'invention ne peut être assez louée, et qui ne peuvent être imitées. Bien des gens font des applications de cette comédie, et une querelle de l'auteur, il y a environ huit ans, avec un homme de lettre, qu'on prétend être représenté par M. Trissotin, a donné lieu à ce qui s'en est publié; mais M. Molière s'est suffisamment justifié de cela par une harangue qu'il fit au public, deux jours avant la première représentation de sa pièce: et puis ce prétendu original de cette agréable comédie ne doit pas s'en mettre en peine, s'il est aussi sage et aussi habile homme que l'on dit, et cela ne servira qu'à faire éclater davantage son mérite, en faisant naître l'envie de le connaître, de lire ses écrits, et d'aller à ses sermons. Aristophane ne détruisit point la réputation de Socrate en le jouant dans une de ses farces, et ce grand philosophe n'en fut pas moins estimé de toute la Grèce. Mais pour bien juger du mérite de la comédie dont je parle, je conseillerais à tout le monde de la voir, et de s'y divertir, sans examiner autre chose, et sans s'arrêter à la critique de la plupart des gens qui croient qu'il est d'un bel esprit de trouver à redire. 
La vie de l'auteur :
Molière perd, le 17 février
1672, tout juste un an avant sa propre mort, celle qui partagea ses premières
aventures théâtrales, Madeleine Béjart. Elle a institué
sa soeur Armande sa légataire universelle. Le succès des
Femmes savantes, créées le 11 mars, est obscurci
par l'obtention par Lully, le 13 mars, du privilège exclusif de
l'Opéra. Molière fait opposition à l'enregistrement
de ce privilège et se brouille définitivement avec Lully,
qui obtiendra en outre, au début de 1673, une ordonnance royale
limitant à six chanteurs et douze violons l'exécution de
la musique à la Comédie. De santé chancelante, Molière
se repose dans sa maison d'Auteuil et s'installe en septembre dans l'appartement
de la rue de Richelieu qu'il occupera jusqu'à sa mort. Le troisième
enfant de Molière et d'Armande, un garçon prénommé
Pierre J.B. Armand, naît le 15 septembre, et meurt le 10 octobre.
Ce nouveau chagrin ne fait qu'aggraver l'état de santé de
Molière.

Le paysage politique et culturel : Tandis que se terminent les travaux de Versailles et que les premières déclarations royales datées de Versailles datent du mois de février 1672, la guerre se prépare contre la Hollande. En avril, la guerre est déclarée; en juin Turenne et Condé forcent le passage du Rhin (épisode qui sera célébré par Boileau). Les frères de Witt sont assassinés et Guillaume d'Orange devient Stathouder de Hollande. A la fin de l'année, l'Empire, le Brandebourg et l'Espagne se coalisent contre Louis XIV, qui rencontre par ailleurs des difficultés diplomatiques avec la Turquie. A la Cour, la favorite du Roi, Louise de La Vallière, est officiellement supplantée par Mme de Montespan. A l'Hôtel de Bourgogne, Racine donne Bajazet, Thomas Corneille remporte un énorme succès avec Ariane, tandis que son frère aîné donne Pulchérie au Théâtre du Marais. Ménage publie ses Observations sur la langue française, Boileau entreprend l'édition du Lutrin. C'est Bourdaloue qui prêche le carême à la cour, après la publication, en janvier, de l'Exposition de la foi catholique de Bossuet. Lully, détenteur désormais du privilège exclusif de l'Opéra, fonde l'Académie royale de musique, et Quinault commence à écrire les livrets que Lully mettra en musique. Le peintre Le Brun décore Versailles et le château de Colbert à Sceaux. 
Quantièmes : au 31 décembre 1998 : 2023 Nombre de représentations du vivant de l'auteur : Molière joue les Femmes savantes 24 fois au Théâtre du Palais-Royal, 11 fois du 11 mars au 5 avril 1672, 8 fois, après le relâche de Pâques, du 29 avril au 15 mai, 3 fois en octobre 1672, et 2 fois les 3 et 5 février 1673. Une représentation est donnée le jeudi 11 août à Saint-Cloud chez Monsieur, et une autre à Versailles devant le Roi, le 17 septembre. Nombre de représentations avant la constitution de la Comédie-Française :
Chassés du Théâtre du Palais-Royal
au profit de Lully et de l'Académie royale de Musique, les Comédiens
de Molière, sous la direction de La Grange et de Mlle Molière,
s'installent rue Mazarine à l'Hôtel Guénégaud,
dans un ancien jeu de paume, et, sans perdre de temps, recommencent leurs
représentations le 9 juillet 1673. Les grandes comédies
de Molière sont tout de suite mises au répertoire : Tartuffe,
Les Femmes savantes (Trissotin), L'Avare, Le
Misanthrope...
On relève, dans le Registre de La Grange, une trentaine de représentations de Trissotin entre le 9 juillet 1673 et le 24 août 1680. Date de l'entrée au répertoire : mardi 17 septembre 1680 Répartition des quantièmes : Au 31 décembre 1998 : 2023
1680 - 1700 : 93
1701 - 1800 : 357
1801 - 1900 : 743
1901 - 1998 : 830 
Représentations jusqu'en 1850 :
Comme toutes les pièces de Molière, aux XVIIe et XVIIIe siècles, Les Femmes savantes sont jouées pratiquement tous les ans, sans souci de mise en scène, dans des costumes contemporains de la représentation. La première distribution complète inscrite dans les registres est celle du :
mardi 29 juillet 1766 : Chrysale : Bonneval
Clitandre : Bellecour
Ariste : Grandval
Trissotin : Augé
Vadius : Préville
Philaminte : Mlle Brillant
Armande : Mme Préville
Henriette : Mlle Hus
Bélise : Mlle Livry
Martine : Mme Bellecour
L'alternance des rôles est extrêmement forte dans les pièces aussi fréquemment mises à l'affiche, et nulle mise en scène d'ensemble ne préside à la représentation. Il faut attendre le 21 mai 1829 pour voir enfin les Femmes savantes interprétées, selon l'indication du registre : « avec les costumes de l'époque ». jeudi 21 mai 1829 : Chrysale : Grandville
Clitandre : Michelot
Ariste : Saint-Aulaire
Trissotin : Samson
Vadius : Cartigny
Philaminte : Mme Tousez
Armande : Mlle Leverd
Henriette : Mlle Mars
Bélise : Mlle Hervey
Martine : Mlle Dupont

Mises en scène depuis 1850 : Quelques changements importants de distribution, et notamment la prise du rôle de Chrysale par Barré, permettent de considérer que l'interprétation de la pièce se renouvelle d'une manière significative en 1861 : mardi 10 décembre 1861 : Chrysale : Barré
Clitandre : Leroux
Ariste : Maubant
Trissotin : Got
Vadius : Samson
Philaminte : Emilie Guyon
Armande : Mlle Judith
Henriette : Emilie Dubois
Bélise : Mme Jouassain
Martine : Augustine Brohan
Un relevé minutieux et illustré de la mise en scène des Femmes savantes, en 1880, sous le mandat d'Emile Perrin, permet d'imaginer la représentation et de reconnaître les principaux interprètes, distribution conforme à celle du : vendredi 22 octobre 1880 : Chrysale : Barré
Clitandre : Delaunay
Ariste : Maubant
Trissotin : Got
Vadius : Coquelin cadet
Philaminte : Madeleine Brohan
Armande : Mlle Lloyd
Henriette : Mlle Barretta
Bélise : Mme Jouassain
Martine : Dinah Félix
En 1888, la prise du rôle d'Armande par Julia Bartet infléchit à nouveau l'interprétation d'ensemble de la pièce : dimanche 29 janvier 1888, en matinée : Chrysale : Barré
Clitandre : Febvre
Ariste : Maubant
Trissotin : Coquelin cadet
Vadius : Maurice de Féraudy
Philaminte : Mlle Lloyd
Armande : Julia Bartet
Henriette : Suzanne Reichenberg
Bélise : Mlle Fayolle
Martine : Jeanne Samary
Mais il faut attendre 1914, et la mise en scène entièrement renouvelée de l'administrateur Albert Carré pour voir un réel changement dans la présentation. Un décor plus ouvert, donnant sur un jardin, remplace la traditionnelle « chambre de Molière », avec ses portes symétriques et ses sempiternelles tapisseries :
lundi 4 mai 1914 : présentation
nouvelle, mise en scène d'Albert Carré, décor nouveau.
Chrysale : Siblot
Clitandre : Dessonnes
Ariste : Silvain
Trissotin : Georges Berr
Vadius : Maurice de Féraudy
Philaminte : Suzanne Devoyod
Armande : Julia Bartet
Henriette : Clémence Valpreux
Bélise : Mlle Fayolle
Martine : Jane Faber
jeudi 17 septembre 1936, matinée : reprise avec de nombreux changements de distribution, costumes de Bétout. Chrysale : Lafon
Clitandre : Maurice Escande
Ariste : Paul Bonifas
Trissotin : Pierre Bertin
Vadius : André Brunot
Philaminte : Dussane
Armande : Germaine Rouer
Henriette : Madeleine Renaud
Bélise : Catherine Fonteney
Martine : Béatrice Bretty
jeudi 30 octobre 1947, salle Luxembourg : présentation nouvelle, mise en scène de Jean Debucourt Chrysale : Georges Chamarat
Clitandre : Jacques Clancy
Ariste : Jacques Eyser
Trissotin : Jacques Charon
Vadius : Maurice Porterat
Philaminte : Louise Conte
Armande : Marie Sabouret
Henriette : Micheline Boudet
Bélise : Denise Gence
Martine : Renée Byr
dimanche 15 janvier 1956 : présentation nouvelle, mise en scène de Jean Meyer, décor et costumes de Suzanne Lalique :
Chrysale : Jean Debucourt
Clitandre : Roland Alexandre
Ariste : Maurice Escande
Trissotin : Jacques Charon
Vadius : Henri Rollan
Philaminte : Lise Delmarae
Armande : Hélène Perdrière
Henriette : Renée Faure
Bélise : Andrée de Chauveron
Martine : Micheline Boudet mercredi 24 novembre 1971 : présentation nouvelle, mise en scène de Jean Piat, décor et costumes de Roger Chapelain-Midy Chrysale : Pierre Dux
Clitandre : Jacques Toja
Ariste : Jacques Eyser
Trissotin : Michel Duchaussoy
Vadius : Michel Aumont
Philaminte : Annie Ducaux
Armande : Geneviève Casile
Henriette : Claire Vernet
Bélise : Yvonne Gaudeau
Martine : Catherine Samie
samedi 1er avril 1978 :
présentation nouvelle, mise en scène de Jean-Paul Roussillon,
décor et costumes de Jacques Le Marquet
Chrysale : Louis Arbessier
Clitandre : Simon Eine
Ariste : François Chaumette
Trissotin : Jean-Luc Boutté
Vadius : Jacques Sereys
Philaminte : Françoise Seigner
Armande : Catherine Ferran
Henriette : Dominique Constanza
Bélise : Denise Gence
Martine : Christine Murillo
lundi 27 avril 1987, Théâtre
de la Porte Saint-Martin : présentation nouvelle, mise
en scène de Catherine Hiegel, décor et costumes de Claude
Lemaire (Reprise salle Richelieu, mercredi 16 septembre 1987)
Chrysale : Roland Bertin
Clitandre : Jean-Yves Dubois
Ariste : Dominique Rozan
Trissotin : Alain Pralon
Vadius : Marcel Bozonnet
Philaminte : Catherine Ferran
Armande : Marie-Armelle Deguy
Henriette : Muriel Mayette
Bélise : Catherine Samie
Martine : Nathalie Bécue 25 mai 1998 : présentation nouvelle, mise en scène de Simon Eine, décor et costumes de Marianne Zentchenko Chrysale : Alain Pralon, en alternance avec Michel Favory
Clitandre : Alain Lenglet, en alternance avec Laurent Natrella
Ariste : Bruno Raffaelli, en alternance avec Jean-Marie Galey
Trissotin : Yves Gasc, en alternance avec Jean-Marie Galey
Vadius : Gérard Giroudon, en alternance avec Igor Tyczka
Philaminte : Claire Vernet
Armande : Isabelle Gardien, en alternance avec Sylvia Bergé
Henriette : Françoise Gillard
Bélise : Catherine Samie, en alternance avec Catherine Salviat
Martine : Véronique Vella 
Personnages : Chrysale : bon bourgeois
Philaminte : femme de Chrysale
Armande : filles de Chrysale et de Philaminte
Ariste : frère de Chrysale
Bélise : soeur de Chrysale
Clitandre : amant d'Henriette
Trissotin : bel esprit.
D'abord nommé Tricotin, référence
à l'abbé Cotin, qui a servi de modèle au personnage.
Charles Cotin (1604-1682), membre de l'Académie française
(1655), prédicateur et aumônier du roi, habitué de
l'Hôtel de Rambouillet et grand rimeur d'énigmes et de madrigaux,
protégé de Mlle de Montpensier (la grande Mademoiselle),
avait choisi son camp dès la querelle de L'Ecole des femmes,
se plaçant derechef parmi les adversaires de Molière et
de Boileau. En 1666, il écrit, dans Despréaux ou la
Satire des Satires :
J'ai lu de mauvais vers sans blâmer le poète
J'ai lu ceux de Molière et ne l'ai point sifflé...
Sachant l'art de placer chaque chose en son lieu,
Je ne puis d'un farceur me faire un demi-dieu. Dans la Critique désintéressée des satires du Temps, qui lui est attribuée, c'est aux comédiens qu'il s'attaque : « Que peut-on répondre à des gens qui sont déclarés infâmes par les lois mêmes des païens? Que peut-on dire contre eux à qui l'on ne peut rien dire de pis que leur nom? »
Cotin est véritablement l'auteur du sonnet , destiné
en réalité à la duchesse de Nemours, et de l'épigramme
ridiculisés par Molière, tirés des Oeuvres galantes
publiées en 1663, comme il est l'auteur du Festin poétique
qui inspire la métaphore de « l'aimable repas »
développée dans la même scène. Auteur également
d'un recueil satirique contre Gilles Ménage, La Ménagerie,
il l'accuse ouvertement de plagiat :
« Il sait cueillir les fleurs écloses
Dans tous les parterres d'autrui. » Renommé Trissotin (trois fois sot) par souci de bienséance, le personnage est si transparent que, malgré les habiles précautions oratoires de Molière, chacun y reconnut l'abbé, dont la réputation subit un important contrecoup. Anecdotes dramatiques (Clément et de Laporte, 1775) : « Molière fit acheter un des habits de Cotin pour le faire porter à celui qui faisait le personnage dans sa pièce. Molière joua d'abord Cotin sous le nom de Tricotin, que plus malicieusement, sous prétexte de mieux déguiser, il changea depuis en Trissotin, équivalent à trois fois sot. Jamais homme, excepté Montmaur, n'a tant été turlupiné que le pauvre Cotin. On fit en 1682, peu de temps après sa mort, ces quatre vers : Savez-vous en quoi Cotin
Diffère de Trissotin?
Cotin a fini ses jours,
Trissotin vivra toujours. » Vadius : Savant.
On se plaît à reconnaître en Vadius,
le savant Gilles Ménage (1613 - 1692) qui publie en 1672 ses Observations
sur la langue française, corrigeant et complétant Vaugelas.
Très érudit et l'un des rares grands hellénistes
de son temps, habitué du salon de Mlle de Scudéry sous le
nom latin d'Aegidius, il a publié des vers grecs et procuré
une édition de Diogène Laërce. Connu pour ses emprunts
aux auteurs de l'antiquité, ses Eglogues, et son caractère
pédant, il n'échappe pas à ces accusations, pas plus
qu'à l'allusion à la satire où Boileau l'égratigne.
Il eut néanmoins le bon goût, dit-on , de ne pas se reconnaître
en Vadius et d'applaudir à la comédie. Son ennemi Cotin,
auteur d'une méchante satire intitulée La Ménagerie
(1659), l'appelait « le pédant coquet ».
Martine : servante de cuisine
L'Epine : laquais
Julien : valet de Vadius
le notaire 
Liste des interprètes depuis la création : Chrysale : Molière, Rosimond,..., La Thorillière fils, ..., Bonneval, Pin, La Sozelière (D.), Courville, Des Essarts, Broquin (D.), Gernevalde (D.), Gérard, Grandmesnil, Duverger (D.), Caumont, Devigny, Devienne (D.), Baudrier, Baptiste cadet, Guiaud, Cossard, Grandville, Rozan, Montigny, Duparrai, Provost, Joannis, Micheau, Anselme Bert, Talbot, Barré, Thiron, Leloir, Laugier, Siblot, Silvain, Lafon, Chambreuil, Georges Chamarat, François Vibert, Jean Debucourt, Georges Baconnet, Daniel Lecourtois, Maurice Escande, Louis Seigner, Jean Marchat, Jean-Paul Moulinot, Pierre Dux, Louis Arbessier, Roland Bertin, Alain Pralon, Michel Favory. Clitandre : La Grange, ..., Dubreuil, ..., Duchemin, ..., Grandval, Bellecour, Dalainville, Molé, Monvel, Larive, Fleury, Saint-Fal, Baptiste aîné, Lafont, Damas, Armand, Michelot, Monrose, Delafosse, Perrier, Saint-Clair (D.), Menjaud, Charles Mangin, Volnys, Robert Kemp, Lockroy, Rey, Geffroy, Firmin, Mirecour, Davelouis (D.), Leroux, Brindeau, D. Luguet (D.), Adolphe Dupuis, Chotel (D.), Bressant, Garraud, Febvre, Delaunay, Baillet, Le Bargy, Dessonnes, Grand, Jacques Guilhène, Jean Worms, René Alexandre, Maurice Lehmann, Leitner, Lagrenée (D.), Dehelly, Pierre Fresnay, Georges Le Roy, Roger Monteaux, André Luguet, Maurice Escande, Jean Martinelli, Jacques Clancy, Jean-Louis Jemma, Gilbert Guiraud, Roland Alexandre, Bernard Dhéran, Michel Le Royer, Jacques Toja, Michel Duchaussoy, Simon Eine, Jean-Yves Dubois, Alain Lenglet, Laurent Natrella. Ariste : Baron,..., Dauvilliers, ..., Dubreuil, ..., Grandval, Dauberval, Dalainval, Dusaulx, Bellemont, Dorival, Ernest Vanhove, Lacave, Naudet, Desprez, Baptiste aîné, Saint-Fal, Desmousseaux, Casaneuve, Saint-Aulaire, Mainvielle, Maubant, Chéry, Mazoudier, Silvain, Martel, Dupont-Vernon, Hamel, Paul Gerbault, Jacques Fenoux, Paul Numa, Dorival, Maxime Desjardins, Paul Bonifas, Jean Debucourt, Louis Seigner, Jacques Eyser, Jacques Servière, Raoul-Henry, Maurice Escande, Jean Meyer, Paul-Emile Deiber, Daniel Lecourtois, Louis Eymond, Denis Savignat, Dominique Rozan, François Chaumette, René Arrieu, Bruno Raffaelli, Jean-Marie Galey. Trissotin : La Thorillière le père,..., Guérin, ..., Dangeville, ..., Augé, Feulie, Dugazon, Bouret, Courville, Dazincourt, Larochelle, Champville, Baptiste cadet, Faure, Thénard, Cartigny, Monrose, Baptiste aîné, Stockleit, Armand-Dailly, Samson, Regnier, Riché, Got, Louis Monrose, Eugène Provost, Coquelin aîné, Coquelin cadet, Georges Berr, Jules Truffier, Maurice de Féraudy, André Brunot, Charles Granval, Jacques Fenoux, Pierre Bertin, Pierre Dux, Jacques Charon, Maurice Porterat, Jacques Sereys, Jean-Louis Jemma, Alain Feydeau, Michel Duchaussoy, Bernard Dhéran, Jean-Luc Boutté, Alain Pralon, Yves Gasc, Jean-Marie Galey. Vadius : Du Croisy ..., Dubois, ..., Armand, ..., Préville, Feulie, Augé, Courville, Dugazon, Dazincourt, Larochelle, Thénard, Michot, Monrose, Cartigny, Grandville, Stockleit, Faure, Samson, Jeanin (D.), Regnier, Louis Monrose, Riché, Got, Coquelin aîné, Eugène Provost, Didier Seveste, Kime, Coquelin cadet, Joliet, Jules Truffier, Maurice de Féraudy, Georges Berr, Croué, André Brunot, Denis d'Inès, Charles Granval, Dorival, Pierre Dux, Jean Meyer, Maurice Porterat, Teddy Bilis, Georges Chamarat, Henri Rollan, Michel Aumont, Marco-Behar, Jacques Lorcey, Jean-Claude Arnaud, Jacques Sereys, Patrice Kerbrat, Marcel Bozonnet, Gérard Giroudon, Igor Tyczka. Philaminte : Hubert..., Mlle Dangeville, ..., Mlle Dumesnil, ..., Mme Préville, ..., Mlle Durancy, ..., Mlle Brillant, Mlle La Chassaigne, Mme Suin, Mlle Contat, Mlle Mézeray, Mlle Mars aînée, Mme Tousez, Mme Thénard, Mlle Hervey, Mme Desmousseaux, Mlle Mante, Mlle Noblet, Mme Jouassain, Mlle Nathalie, Emilie Guyon, Mlle Ramelli, Edile Riquer, Madeleine Brohan, Mlle Lloyd, Blanche Pierson, Mlle Persoons, Suzanne Devoyod, Louise Silvain, Dussane, Nadine Marziano, Andrée de Chauveron, Louise Conte, Henriette Barreau, Lise Delamare, Marthe Alycia, Annie Ducaux, Denise Noël, Françoise Seigner, Catherine Ferran, Claire Vernet. Armande : Mlle De Brie, ..., Mme Préville, Mme Molé, Mme Suin, Mlle Contat, Mlle Lavaux, Mme Petit-Vanhove (Mme Talma), Mlle Masson, Charlotte La Chassaigne, Mlle Mars aînée, Mlle Baptiste, Mlle Duval-Desroziers, Mlle Mézeray, Mlle Leverd, Mlle Dupuis, Mme Thénard, Mlle Volnais, Mlle Berquin (D.), Mlle Mante, Mélanie Serre (D.), Elisa Verneuil, Mlle Noblet, Eléonore Rabut, Emilie Guyon, Mlle Holbein (D.), Mlle Denain, Mlle L. Bertin (D.), Mlle Rimblot, Sarah Félix, Mlle Mantelli, Maria Favart, Berthe Savary, Mlle Figeac, Mlle Montagné (D.), Mlle Judith, Edile Riquer, Mme Provost-Ponsin, Delphine Marquet, Sophie Croizette, Marie Royer, Mlle Lloyd, Mlle Fayolle, Mlle Broisat, Julia Bartet, Mlle Hadamard, Marguerite Moréno, Mlle Du Minil, Mlle Marsy, Mlle Géniat, Mlle Mitzy-Dalti, Jeanne Provost, Louise Lara, Colonna-Romano, Mlle Roseraie, Mme Simone, Mlle Ducos, Gabrielle Robinne, Marie Ventura, Marcelle Servière, Irène Brillant, Germaine Rouer, Jeanne Sully, Marie Sabouret, Yvonne Gaudeau, Françoise Engel, Hélène Perdrière, Eliane Bertrand, Javotte Lehmann, Denise Noël, Françoise Kanel, Jeanne Colletin, Bérengère Dautun, Geneviève Casile, Alberte Aveline, Catherine Ferran, Marie-Armelle Deguy, Isabelle Gardien, Sylvia Bergé. Henriette : Mlle Molière (Mlle Guérin),..., Mlle Balicourt, ..., Mlle Gaussin, ..., Mlle Poisson, ..., Mlle Mélanie (D.), ..., Mlle Hus, Mlle Doligny, Mlle Contat, Mlle Durfé (D.), Mme Suin, Mlle Montroze (D.), Mlle Lavaux, Mlle Olivier, Mlle Fusier (D.), Mlle Petit-Vanhove (Mme Talma), Mlle Masson, Mlle Mars, Mlle Mézeray, Mlle Hopkins, Mlle Gros, Mlle Volnais, Mlle Rosni (D.), Mlle Devin (Mme Menjaud), Mlle George cadette (D.), Mlle Bourgoin, Mlle Brocard, Mlle Lagardère (D.), Mme Gromez, Mlle Laignelet (D.), Virginie Bourbier, Nadège Fusil (D.), Louise Despréaux (Mme Allan-Despréaux), Mlle Caroline (D.), Mlle Moralès, Elisa Verneuil, Mlle Anaïs, Mlle Monrose (D.), Mlle Plessy, Mlle Cressy (D.), Mlle Noblet, Mlle Doze, Mlle Denain, Mlle Laurent (D.), Mlle Pastelot (D.), Mlle Planat (D.), Mlle Grave (D.), Mlle Delvil, Mlle Solié, Mlle Edith (D.), Mlle Judith, Mlle Worms, Mlle Aubrée (D.), Maria Favart, Delphine Fix, Rébecca Félix, Berthe Savary, Emilie Dubois, Ernestine Lafont (D.), Edile Riquer, Marie Royer, Sarah Bernhardt, Emma Fleury, Blanche Barretta, Victoria Lafontaine, Mlle Tholer, Mlle Broisat, Mlle Martin, Mlle Durand, Mlle Muller, Suzanne Reichenberg, Renée Du Minil, Mlle Bertiny, Mlle Frémaux, Marie Leconte, Mlle Géniat, Yvonne Garrick, Ferdinande Bergé, Berthe Bovy, Suzanne Revonne, Yvonne Ducos, Clémence Valpreux, Marie-Thérèse Piérat, Elisabeth Nizan, Huguette Duflos, Madeleine Renaud, Gisèle Casadesus, Mony Dalmès, Micheline Boudet, Yvonne Gaudeau, Denise Pezzani, Eliane Bertrand, Nelly Vignon, Renée Faure, Michèle Grellier, Claude Winter, Michèle André, Catherine Hubeau, Claire Vernet, Catherine Ferran, Dominique Constanza, Muriel Mayette, Françoise Gillard. Bélise : Mlle Villeaubrun (Geneviève Béjart), ..., Mlle La Grange, ..., Mlle Quinault, ..., Mme Drouin, ... Mlle Livry, Mlle Durand, Mlle Desmar, Mme Bonioli, Mlle La Chassaigne, Mme Suin, Mme Thénard, Mme Pélicier, Mme Toussaint-Maisière (D.), Mme Tousez, Mme Desmousseaux, Mlle Hervey, Mlle Thierret, Louise Thénard, Mlle Lebon (D.), Mlle Jobey (D.), Mme Moreau-Sainti, Mlle Lambquin, Mlle Grassau, Mlle Lapierre, Mme Jouassain, Mlle Abline, Jenny Thénard (D.), Mme Amel, Mlle Fayolle, Jane Even, Catehrine Fonteney, Jane Faber, Nadine Marziano, Denise Gence, Jacqueline Jefford, Andrée de Chauveron, Suzanne Nivette, Anne-Marie Mailfer, Marthe Alycia, Yvonne Gaudeau, Catherine Samie, Catherine Salviat. Martine : [Martine], ..., Mlle Beauval, ..., Mlle Dangeville cadette, ..., Mlle de Fontpré, ..., Mlle Dufresne, ..., Mme Drouin, ..., Mme Lekain, ..., Mme Bellecour, Mlle Luzy, Mlle Fanier, Mlle Dugazon, Mlle Devienne, Mlle Le Clerc (D.), Mlle Joly, Emilie Contat, Mlle Desbrosses, Mlle Demerson, Mlle Fabre (D.), Mlle Baptiste (Mme Desmousseaux), Mlle Suzanne (D.), Mlle Dupont, Mlle Saint-Ange, Mlle Clairet, Mlle Delattre, Mlle Lebrun, Mlle Fitzelier, Lousie Thénard, Eulalie Dupuis (Mme Geffroy), Mlle Thierret, Mlle Avenel, Mlle Véret, Mlle Varlet, Suzanne Brohan, Mlle Paturel, Mlle Bonval, Maria Lopez, Augustine Brohan, Mlle Saint-Hilaire, Mlle Valérie, Mlle Biron, Pauline Granger, Mlle Victorine, Rosa Didier, Dinah Félix, Mme Provost-Ponsin, Mlle Dewintre, Mlle Bianca, Jeanne Samary, Mary Kalb, Rachel Boyer, Mlle Lynnès, Thérèse Kolb, Dussane, Jane Faber, Béatrice Bretty, Andrée de Chauveron, Madeleine Barjac, Denise Clair, Mireille Perrey, Renée Byr, Françoise Seigner, Nicole Chollet, Micheline Boudet, Annie Girardot, Catherine Samie, Philippine Pascale, Nicole Vassel, Anne-Marie Mailfer, Véra Desmorillon (élève du Conservatoire), Denise Pezzani, Annette Pavy (élève du Conservatoire), Virginie Pradal, Catehrine Hiegel, Christine Murillo, Nathalie Bécue, Véronique Vella. 
Liste des représentations à la cour : Avant la mort de Molière, 1 représentation chez Monsieur, à Saint-Cloud, le 11 août 1672
1 représentation à Versailles, le 17 septembre 1672
Comédie-Française, Ancien Régime : 1680 - Versailles, samedi 26 octobre
Versailles, mercredi 20 novembre
1681 - Fontainebleau, mercredi 3 septembre
1682 - Versailles, lundi 11 mai
1687 - Versailles, vendredi 31 janvier
Versailles, dimanche 28 septembre
1688 - Versailles, vendredi 9 janvier
1691 - Versailles, jeudi 20 décembre
1694 - Versailles, mardi 9 novembre
1696 - Versailles, samedi 31 mars
1697 - Versailles, vendredi 1er février
1698 - Versailles, dimanche 19 janvier
Versailles, mercredi 16 décembre
1700 - Versailles, lundi 11 janvier
Versailles, jeudi 18 février
1701 - Versailles, mercredi 21 décembre
1702 - Versailles, lundi 11 décembre
1703 - Versailles, samedi 22 décembre
1705 - Versailles, samedi 14 février
Versailles, samedi 18 novembre
1707 - Versailles, lundi 5 décembre
1709 - Versailles, samedi 26 janvier
1710 - Versailles, mercredi 15 janvier
1711 - Versailles, mardi 10 mars
1713 - Versailles, mercredi 18 octobre
1726 - Versailles, samedi 16 mars
1735 - Versailles, mardi 18 octobre
1739 - Versailles, mardi 3 mars
Fontainebleau, mardi 6 octobre
1742 - Versailles, mardi 20 février
1743 - Versailles, mardi 31 décembre
1745 - Versailles, mardi 16 février
1751 - Versailles, mardi 2 mars
1753 - Versailles, mardi 30 janvier
1754 - Versailles, mardi 8 janvier
1756 - Versailles, mardi 13 janvier
1758 - Versailles, mardi 12 décembre
1762 - Versailles, mardi 2 mars
1763 - Versailles, mardi 22 février
1772 - Fontainebleau, mardi 13 octobre
1775 - Fontainebleau, mardi 17 octobre
1778 - Versailles, mardi 22 décembre
1780 - Versailles, mardi 4 janvier
1781 - Versailles, mardi 6 mars
1785 - Versailles, mardi 1er mars
1786 - Versailles, mardi 19 décembre Premier Empire : 1806 - Saint-Cloud, jeudi 24 juillet
1809 - Château des Tuileries, 19 janvier 1809
1810 - Versailles, Trianon, 9 août 1810
1812 - Saint-Cloud, 27 avril 1812 
Représentations extérieures :
1800 - Versailles, dimanche 5 décembre
1818 - Versailles, mercredi 20 mai, bénéfice de Mlle Montansier
1833 - Théâtre de l'Odéon, jeudi 17 janvier, mercredi 18 mars, dimanche 15 juin, dimanche 2 novembre
1835 - jeudi 15 janvier
1862 - Ministère d'Etat, dimanche 11 mai
1874 - Théâtre Italien, mercredi 2 juin (au bénéfice des Amis de l'Enfance)
1876 - Ministère de l'Instruction publique, mardi 30 mai
Salle Herz, vendredi 12 mai
1877 - Palais de l'Elysée, mercredi 25 avril (en l'honneur des Souverains du Brésil)
1948 - Cité universitaire, 25 février 
Liste des représentations en tournées (année, pays , ville) :
1871 - Lille, Grand Théâtre, samedi 30 décembre, au bénéfice de la Société typographique lilloise
1879 - Angleterre (Londres), juin-juillet
1893 - Angleterre (Londres), juin-juillet
1893 - La Rochelle, 19 juillet
1914 - Vichy, 28 juillet
1920 - Belgique (Anvers, Bruxelles, Liège, Mons), novembre
1921 - Allemagne (Wiesbaden), 29 juin
1922 - Saint-Germain-en-Laye, 5 février
1954 - Belgique (Bruxelles), 12 mars
1959 - Angleterre (Londres), mars
1959 - Amérique latine (Rio de Janeiro, Sao Paulo, Montevideo, Buenos Aires, Santiago, Lima, Bogota, Carracas, Mexico), mai-juillet
1959 - Allemagne, octobre
1960 - Luxembourg, mars
Belgique (Namur, Verviers, Liège, Charleroi, Gand, Ostende, Anvers, Mons, Louvain), mars
Autriche (Vienne), juin
Suisse (Zurich), juin
1970 - Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada), janvier-mars
1988 - France, et pays limitrophes, janvier-mars
1998 - Versailles, Opéra royal, juin-juillet

Mises en scène extérieures :
1909, Théâtre de l'Odéon, mise en scène d'Antoine, avec, notamment :
Chrysale : Chambreuil
Clitandre : Alexandre Vargas
Ariste : Gerbault
Vadius : Saturnin Fabre
Philaminte : Simone Damaury
Avril 1913, Comédie des Champs-Elysées, mise en scène de Léon Poirier et Henri Beaulieu, d'après les indications de Jacques Arnavon,
avec :
Chrysale : Berthier
Clitandre : Léon Gauthier
Ariste : Arvel
Trissotin :Dechamps
Vadius : Marcel André
Philaminte: Berthe Jalabert
Armande: Jeanne Provost
Henriette : Yvonne Garrick
Bélise : Mariette Lélières
Martine : Mlle Cavell
Septembre 1913, Théâtre des Arts, mise en scène d'Irénée Manget,
avec, notamment :
Chrysale : Armand Bernard
Clitandre : René Rocher
Trissotin : Stéphen
Armande : Mlle de Pouzols
Henriette : Yvonne Garrick
Décembre 1934, Théâtre de l'Odéon, mise en scène de Paul Abram :
avec :
Chrysale : Paul Bonifas
Clitandre : Raymond Girard
Ariste : Paul Amiot
Trissotin : Georges Cusin
Vadius : Georges Baconnet
Philaminte : S. Courtal
Armande : Eva Raynal
Henriette : J. Press
Bélise : S. Delaur
Martine : Lily Mounet
NP, 1956, mise en scène de Jean-Paul Moulinot, décor et costumes de Léon Gischia,
avec, notamment:
Clitandre : Jean Vilar
Philaminte : Georges Wilson
Armande : Monique Chaumette
Bélise : Catherine Le Couey
Spectacle repris en 1960, au Théâtre Récamier,
avec, notamment :
Trissotin : Georges Riquier
Vadius : Philippe Noiret
Philaminte : Georges Wilson
Armande : Monique Chaumette
Bélise : Zanie Campan
Juillet 1973, Festival d'Amboise, mise en scène de Michel Debane,
avec, notamment :
Chrysale : Christian Marin
Trissotin : Thierry Le Luron
Vadius : Fernand Ledoux
Philaminte : Françoise Seigner
Armande : Christine Delaroche
Henriette : Dorothée Jemma
Bélise : Jacqueline Jefford
Martine : Mick Michel
1986, Théâtre de Boulogne-Billancourt, mise en scène de Françoise Seigner, décor et costumes de Jean-Pierre Barlier,
avec, notamment:
Chrysale : Paul-Emile Deiber
Clitandre : François Dunoyer
Trissotin : Jean-Pierre Barlier
Philaminte : Nelly Borgeaud
Armande : Isabelle Bucaille
Bélise : Pascale de Boysson
17 juin 1992, Versailles, place du Marché Notre-Dame, mise en scène de Marcelle Tassencourt,
avec, notamment:
Chrysale : Jean Davy
Philaminte : Françoise Seigner
Juillet 1996, Festival de Wiltz, Luxembourg, Théâtre des Capucins, mise en scène de Simon Eine
avec, notamment:
Chrysale : Marc Olinger
Philaminte : Claudine Pelletier
Armande : Sylvia Berg

Bibliographie Edition originale :
Les Femmes savantes, comédie par I.B.P.
Molière - Chez Pierre Promé, 1673.
(le privilège date du 31 décembre 1670) Editions de référence :
Les Oeuvres de Monsieur de Molière, revues, corrigées
et augmentées [par Vivot et C. Varlet, sieur Le Grange]. [t.I-VI]
(avec) Les Oeuvres posthumes de Monsieur de Molière [t.VII-VIII],
imprimées pour la première fois en 1682. Paris, D. Thierry,
C. Barbin et P. Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12, pl. de P. Brissart, gravées
par I. Sauvé.
Cette édition fut réalisée en fac-similé par plusieurs éditeurs en 1973, pour le tricentenaire de la mort de Molière.
Oeuvres complètes, éd. Eugène Despois
et Paul Mesnard - Paris, Hachette, 1873-1900,13 vol. Coll.des Grands écrivains
de la France.
Oeuvres complètes, éd. Georges Couton -
Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1971. 2 vol.
Les Femmes savantes , n° spécial de l'Avant-Scène, n°409-410, 1er septembre 1968. Spécial « Comédie-Française ». Avec notation des indications de mise en scène. Pièce traduite dans de très nombreuses langues : anglais, portugais, néerlandais, allemand, danois, suédois, russe, polonais, grec, etc... De nombreuses éditions « classiques », ou « de poche » sont disponibles en librairie, qu'il s'agisse des Oeuvres complètes ou de la pièce étudiée. On peut également trouver les pièces de Molière en ligne sur les sites suivants : ........ Molière :
René BRAY, Molière homme de théâtre,
Paris, Mercure de France, 1954.
Sylvie CHEVALLEY, Molière en son temps, 1622-1673,
Paris- Genève, Minkoff, 1973.
Gabriel CONESA, Le Dialogue moliéresque, étude
stylistique et dramaturgique, Paris, P.U.F., 1983
Jacques COPEAU, Registres II. Molière,
Paris, Gallimard, 1976.
Patrick DANDREY, Molière, ou l'Esthétique
du ridicule, Paris, Klincksieck, 1992.
Patrick DANDREY, L'Eloge paradoxal, de Gorgias à
Molière, Paris - Presses Universitaires de France, 1997
Gérard DEFAUX. Molière ou les métamorphoses du comique: de la comédie morale au triomphe de la folie, Lexington , Kentucky, French Forum Publishers, 1983.
Ramon FERNANDEZ, Molière ou l'Essence du génie
comique, Paris, Bernard Grasset, 1979.
Georges FORESTIER, Molière en toutes lettres,
Paris, Bordas, 1990.
Robert GARAPON, Le Dernier Molière, des Fourberies
de Scapin au Malade imaginaire, Paris, SEDES, 1977
Georges-Arthur GOLDSCHMIDT, Molière ou la
Liberté mise à nu, Paris, Julliard, 1973
Marcel GUTWIRTH, Molière ou l'invention comique,
Paris, Minard,1966.
Jacques TRUCHET, Thématique de Molière,
Paris, SEDES, 1985.
Sur les Femmes savantes :
Jacques ARNAVON, La Mise en scène des Femmes
savantes, Paris, Société anonyme de publications périodiques,
1912
Pol GAILLARD, Les Précieuses ridicules, les
Femmes savantes [de] Molière, analyse critique, Paris, Hatier,
1978. (Profil d'une oeuvre)
J. MOLINO, Les Noeuds de la matière : l'unité
des Femmes savantes, Revue XVIIe siècle, n°113, 1976.
Noël PEACOCK, Les Femmes savantes, London,
Grant & Cutler, 1990. (Critical Guides to French texts)
Gustave REYNIER, Les Femmes savantes de Molière.
Etude et analyse, Paris, Mellottée, 1937, Rééd.
1962.
Jacques TRUCHET, Molière et les Femmes savantes, in
: Onze études sur l'image de la femme, éd. W. Leiner,
ELF 1, Tubingen, 1978.
Constant VENESOEN, La Relation matrimoniale dans
l'oeuvre de Molière, Paris, Lettres modernes, 1989.
Sur la préciosité, le féminisme et les femmes au temps de Molière :
M. ALBISTUR et D. ARMOGATHE, Histoire du féminisme
français, Paris, Des femmes, 1977.
Francis BAUMAL, Molière auteur précieux,
Paris, Renaissance du Livre, 1924.
Francis BAUMAL, Le Féminisme au temps de Molière,
Paris, Renaisssance du Livre, 1926.
René BRAY, La Préciosité et
les précieux, de Thibaut de Champagne à Jean Giraudoux,
Paris, Nizet, 1960.
R. CHARTIER, Julia D. et M.M. COMPERE, L'Education
en France du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, SEDES, 1976.
Georges MONGREDIEN, Les Précieux et les Précieuses,
Paris, Mercure de France, 1939.
J.M. PELOUS, Amour précieux, amour galant,
Paris, Klincksieck, 1980.
Gustave REYNIER, La Femme au XVIIe siècle,
ses ennemis et ses défenseurs, Paris, Tallandier, 1929.
Interprétation :
Maurice DESCOTES, Les Grands rôles du théâtre
de Molière, Paris, P.U.F., 1960.
Louis JOUVET, Molière et la comédie
classique, Paris, Gallimard, 1965.
Bibliographie Comédie-Française :
Molière, monographie établie sous
la direction de Sylvie CHEVALLEY, Paris, Comédie-Française,
1963. Ed. mise à jour en 1970. Textes de Pierre Brisson, Léon
Chancerel, Sylvie Chevalley, Dussane, Madeleine Horn-Monval, Jean-Louis
Loiselet, Georges Mongrédien.
Molière et compagnie, dossier établi
par Georges Forestier, Noëlle Guibert et Jacqueline Razgonnikoff,
Paris, Textes et documents pour la classe, 1991, n°598-599.
Les Femmes savantes, monographie réalisée
sous la direction de Mme Sylvie Chevalley, textes de Sylvie Chevalley,
Pierre Mélèse, Gustave Reynier et Jacques Truchet, Paris,
1966.
Revue Comédie-Française, n° 3 et 5, 1971-1972
n° 67 et 68, 1978
n° 86, 87, 88, 1980
n° 104, 105, 108, 109, 110, 120, 1981-1982
n° 131-132, 1984
n° 157, 158, 159 et 160, 1987
Programme 1987
Programme 1998 
Sources de la pièce : Si l'on en juge par le succès des Précieuses ridicules, en 1659, le sujet était de ceux dont Molière pouvait attendre un nouveau triomphe et, sans doute, à en croire Donneau de Visé, il songeait depuis quelque temps à y consacrer une comédie en 5 actes et en vers, de la même envergure que le Misanthrope et Tartuffe. Dans la seconde partie du XVIIe siècle, la culture se répand de plus en plus dans le public féminin. Les Conférences académiques sont suivies par des femmes qui ne se contentent plus de la préciosité de salon qui avait cours au milieu du siècle, à l'époque du plus grand rayonnement de l'Hôtel de Rambouillet et de la vogue des romans de Mlle de Scudéry. Mme de Sévigné s'intéresse à la théologie, sa fille, Mme de Grignan défend Descartes et le cartésianisme, Mme Dacier se distingue comme une excellente helléniste, Mmes Deshoulières et de la Sablière étudient la physique et les mathématiques,... Les ambitions intellectuelles féminines ne sont pas sans susciter l'intérêt des auteurs : en témoignent L'Académie des femmes, de Chappuzeau, en 1661 et le Cercle des Femmes savantes, de La Forge, en 1663. Néanmoins, la verve de Molière ne s'exerce pas seulement aux dépens des exagérations de ces femmes qui se veulent « savantes ». Il s'en prend aussi, et avec une singulière violence, aux pédants qui usurpent le nom de littérateurs, aux auteurs mondains qui galvaudent la poésie et se font mousser auprès d'un public qu'ils flattent jusque dans ses goûts les plus vulgaires. Il n'est pas le premier à le faire, et le personnage du pédant est un type traditionnel de la comédie.Cyrano de Bergerac en a même fait le protagoniste de sa comédie le Pédant joué . Saint-Evremond, en 1650, dans la Comédie des Académistes, met aux prises deux vrais littérateurs, Godeau, poète mondain et évêque de Grasse, et Colletet, poète bilieux, dans un échange qui préfigure celui de Trissotin et Vadius. Molière, à son tour met en scène deux caricatures qui lui sont inspirées par d'authentiques littérateurs contemporains: l'abbé Cotin et Gilles Ménage. [renvoi à Trissotin et à Vadius] L'abbé Cotin, irrité contre Boileau qui s'était moqué dans sa Troisième satire du petit nombre d'auditeurs qu'avaient ses sermons, reprocha à son tour à Boileau, dans une méchante satire, d'avoir osé imiter Horace et Juvénal. Il accabla Boileau d'injures et l'accusa de n'avoir ni Dieu ni loi, englobant Molière dans cette querelle. Il accusa Molière d'avoir pris pour modèle d'Alceste le duc de Montausier. Boileau lui répondit par la raillerie et Molière acheva de le perdre de réputation en le mettant en scène dans les Femmes savantes, sous le nom de Trissotin. Anecdotes dramatiques (Clément et de Laporte, 1775) : « La scène cinquième du troisième acte de cette pièce, est l'endroit qui a fait le plus de bruit. Trissotin et Vadius y sont peints d'après nature. Car l'abbé Cotin était véritablement l'auteur du Sonnet à la Princesse Uranie. Il l'avait fait pour Madame de Nemours, et il était allé le montrer à Mademoiselle, princesse qui se plaisait à ces sortes de petits ouvrages, et qui d'ailleurs considérait fort l'abbé Cotin, jusque-là même qu'elle l'honorait du nom de son ami. Comme il achevait de lire ses vers, Ménage entra. Mademoiselle les fit voir à Ménage, sans lui en nommer l'auteur. Ménage les trouva, ce qu'effectivement ils étaient, détestables. Là-dessus, nos deux poètes se dirent à peu près l'un à l'autre, les douceurs que Molière a si agréablement rimées. » Une autre tradition, imputée à Boileau, prétend que la scène en question met en scène l'abbé Cotin et Gilles Boileau, frère de l'auteur des Satires et de l'Art poétique. D'autres sources alimentent encore l'imagination de Molière, qui a peut-être emprunté à l'Hespérie des Visionnaires de Desmarets de Saint-Sorlin, certain trait qu'il prête à Bélise, de croire que chacun l'aime. Du Fidèle de Pierre de Larivey vient l'anecdote du maître qui renvoit un domestique pour crime de lèse-grammaire. 
Commentaires : Echange de correspondance entre le père Rapin, jésuite et critique littéraire, et Bussy-Rabutin, 1673 : Vous donnez un grand éloge à Mlle de Bussy en disant qu'elle sait sans en faire la façon. C'est la plus grande louange qu'on puisse donner à une personne de son sexe et de sa qualité. Il serait bon qu'elle vît les Femmes savantes de Molière pour la confirmer dans ce caractère. Mandez-moi si vous ne les avez pas vues, car je les lui enverrais. Il y a dans cette comédie des caractères rares et d'une grande instruction pour une jeune personne; car le ridicule des femmes qui font vanité de ce qu'elles savent y est bien exprimé. (Rapin, 13 février 1673) Je vous envoie, Monsieur, les Femmes savantes de Molière. Vous y trouverez des caractères qui vous plairont, et des choses naturelles. La querelle des deux auteurs, le caractère du mari qui est gouverné et veut paraître le maître, ont quelque chose d'admirable, aussi bien que le caractère des deux soeurs. Le ridicule des femmes savantes n'est pas tout à fait poussé à bout, il y a d'autres ridicules plus naturels dans ces femmes, que Molière a laissé échapper et ce n'est pas le plus beau. Néanmoins à tout prendre, vous serez content : je ne laisse pas de vous en demander votre avis. (Rapin, mars 1673) Pour la Comédie des Femmes savantes, je l'ai trouvée un des plus beaux ouvrages de Molière; la première scène des deux soeurs est plaisante et naturelle; celle de Trissotin et Vadius, le caractère de ce mari qui n'a pas la force de résister en face aux volontés de sa femme et qui fait le méchant quand il ne la voit pas; ce personnage d'Ariste, homme de bon sens et plein d'une droite raison, tout cela est incomparable. Cependant, comme vous remarquez fort bien, il y avait d'autres ridicules à donner à ces savantes, plus naturels que ceux que Molière leur a donnés. Le personnage de Bélise est une faible copie d'une des femmes de la comédie des Visionnaires, il y en a d'assez folles qui croient que tout le monde est amoureux d'elles, mais il n'y en a point qui entreprennent de le persuader à leurs amants malgré eux.
Le caractère de Philaminte avec Martine n'est
pas naturel; il n'est pas vraisemblable qu'une femme fasse tant de bruit
et enfin chasse sa servante parce qu'elle ne parle pas bien français,
et l'est moins encore que cette servante, après avoir dit mille
méchants mots, comme elle doit dire, en dise de fort bons et d'extraordinaires,
comme quand Martine dit :
L'esprit n'est point du tout ce qu'il faut en ménage,
Les livres quadrent mal avec le mariage; Il n'y a pas de jugement à faire dire le mot de quadrer par une servante qui parle fort mal, quoi qu'elle puisse avoir du bon sens. Mais enfin, pour parler juste de cette comédie, les beautés en sont grandes et sans nombre, et les défauts rares et petits.(Bussy-Rabutin, 11 avril 1673)
La Bruyère, les Caractères, 1688 , « Des femmes »: Pourquoi s'en prendre aux hommes de ce que les femmes ne sont pas savantes? Par quelles lois, par quels édits, par quels rescrits leur a-t-on défendu d'ouvrir les yeux et de lire, de retenir ce qu'elles ont lu, et d'en rendre compte ou dans leur conversation ou par leurs ouvrages? Ne se sont-elles pas au contraire établies elles-mêmes dans cet usage de ne rien savoir, ou par la faiblesse de leur complexion, ou par la paresse de leur esprit ou par le soin de leur beauté, ou par une certaine légèreté qui les empêche de suivre une longue étude, ou par le talent et le génie qu'elles ont seulement pour les ouvrages de la main, ou par les distractions que donnent les détails d'un domestique, ou par un éloignement naturel des choses pénibles et sérieuses, ou par une curiosité toute différente de celle qui contente l'esprit, ou par un tout autre goût que celui d'exercer leur mémoire? Mais à quelque cause que les hommes puissent devoir cette ignorance des femmes, ils sont heureux que les femmes, qui les dominent d'ailleurs par tant d'endroits, aient sur eux cet avantage de moins. On regarde une femme savante comme on fait une belle arme: elle est ciselée artistement, d'une polissure admirable et d'un travail fort recherché; c'est une pièce de cabinet, que l'on montre aux curieux, qui n'est pas d'usage, qui ne sert ni à la guerre ni à la chasse, non plus qu'un cheval de manège, quoique le mieux instruit du monde. Si la science et la sagesse se trouvent unies en un même sujet, je ne m'informe plus du sexe, j'admire; et si vous me dites qu'une femme sage ne songe guère à être savante, ou qu'une femme savante n'est guère sage, vous avez déjà oublié ce que vous venez de lire, que les femmes ne sont détournées des sciences que par de certains défauts: concluez donc vous-même que moins elles auraient de ces défauts, plus elles seraient sages, et qu'ainsi une femme sage n'en serait que plus propre à devenir savante, ou qu'une femme savante, n'étant telle que parce qu'elle aurait pu vaincre beaucoup de défauts, n'en est que plus sage.
Voltaire, Dédicace d'Alzire à Mme du Châtelet, 1736 : Le ridicule que Molière et Despréaux ont jeté sur les femmes a semblé, dans un siècle poli, justifier les préjugés de la barbarie. Mais Molière, ce législateur dans la morale et dans les bienséances du monde, n'a pas assurément prétendu, en attaquant les femmes savantes, se moquer de la science et de l'esprit. Il n'en a joué que l'abus et l'affectation. 
Citations (répliques retenues) : Que vous jouez au monde un petit personnage,
De vous claquemurer aux choses du ménage,
Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants
Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants! (Armande, acte I, scène 1)
Quand sur une personne on prétend se régler,
C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler;
Et ce n'est point du tout la prendre pour modèle,
Ma soeur, que de tousser et de cracher comme elle. (Armande, acte I, scène 1)
Je consens qu'une femme ait des clartés de tout;
Mais je ne lui veux point la passion choquante
De se rendre savante afin d'être savante; (Clitandre, acte I, scène 3)
Aimez-moi, soupirez, brûlez pour mes appas,
Mais qu'il me soit permis de ne le savoir pas. (Bélise, acte I, scène 4)
Ah! chimères! ce sont des chimères, dit-on!
Chimères, moi! Vraiment chimères est fort bon!
Je me réjouis fort de chimères, mes frères,
Et je ne savais pas que j'eusse des chimères. (Bélise, acte II, scène 3)
Me voilà bien chanceuse! Hélas, l'an dit bien vrai :
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, (Martine, acte II, scène 5)
Quand on se fait entendre, on parle toujours bien,
Et tous vos biaux dictons ne servent pas de rien. (Martine, acte II, scène 6)
Je vis de bonne soupe, et non de beau langage.
Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage;
Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots,
En cuisine peut-être auraient été des sots. (Chrysale, acte II, scène 7)
Le corps, cette guenille, est-il d'une importance,
D'un prix à mériter seulement qu'on y pense? (Philaminte, acte II, scène 7)
Guenille si l'on veut, ma guenille m'est chère. (Chrysale, acte II, scène 7)
Quoi? Monsieur sait du grec? Ah! permettez, de grâce,
Que pour l'amour du grec, Monsieur, on vous embrasse. (Philaminte, acte III, scène 3)
Vous avez cru fort mal, et je vous suis garant
Qu'un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant. (Clitandre, acte IV, scène 3)
Il lui faut un mari, non pas un pédagogue. (Martine, acte V, scène 3)
Et je veux, si jamais on engage ma foi,
Un mari qui n'ait point d'autre livre qque moi,
Qui ne sache A ne B, n'en déplaise à Madame,
Et ne soit en un mot docteur que pour sa femme. (Martine, acte V, scène 3) 
Anecdotes :
GRIMAREST, La Vie de Monsieur de Molière,
1707
Si le Roi n'avait eu autant de bonté pour Molière à l'égard de ses Femmes savantes, que Sa Majesté en avait eu auparavant au sujet du Bourgeois gentilhomme, cette première pièce serait peut-être tombée. Ce divertissement, disait-on, était sec, peu intéressant, et ne convenait qu'à des gens de lecture. « Que m'importe », s'écriait M. le Marquis ***, « de voir le ridicule d'un Pédant? Est-ce un caractère à m'occuper? Que Molière en prenne à la Cour, s'il veut me faire plaisir - « Où a-t-il été déterrer », ajoutait M. le Comte de ***, « ces sottes femmes, sur lesquelles il a travaillé aussi sérieusement que sur un bon sujet? Il n'y a pas le mot pour rire à tout cela pour l'homme de Cour, et pour le Peuple. » Le Roi n'avait point parlé à la première représentation de cette pièce. Mais à la seconde qui se donna à Saint-Cloud, Sa Majesté dit à Molière, que la première fois elle avait dans l'esprit autre chose qui l'avait empêché d'observer sa pièce; mais qu'elle était très bonne, et qu'elle lui avait fait beaucoup de plaisir. 
Oeuvres en rapport :
Palissot de Montenoy, dans sa comédie satirique
des Philosophes, créée à la Comédie-Française
le 2 mai 1760, reproduit le schéma utilisé par Molière
dans Les Femmes savantes. L'objet de la raillerie est le philosophisme
à la mode dans la seconde moitié du XVIIIe siècle,
et les personnages moqués sont, notamment, Helvétius (sous
le nom de Valère) , Diderot (Dortidius) et Jean-Jacques Rousseau,
qui a pour émule un Crispin marchant à quatre pattes et
se nourrissant de salade.

Cassettes audio et vidéo : Disques : A titre de curiosité: le monologue de Chrysale (acte II), par Denis d'Inès, figure sur un disque 78 tours. la scène 5 de l'acte III (dispute Trissotin/Vadius) a été enregistrée par André Brunot et Jean Croué sur un 78 tours de la marque la Voix de son maître. la scène 3 de l'acte III (Trissotin et les femmes savantes) a été enregistrée sur un 78 tours ORTF, avec Jacques Charon, Lise Delamare, Andrée de Chauveron et Hélène Perdrière. Encyclopédie sonore Hachette, deux disques de 30 cm, 320 E 837 et 838. Avec Fernand Ledoux, Michel Bouquet, Jean Deschamps, Pierre Vaneck, Maria Mauban, Marguerite Pierry, Françoise Rosay, Catherine Sellers, Rosy Varte. Pathé-Marconi: deux disques de 30 cm, DTX 214 et 15. Enregistrement réalisé à la Comédie-Française le 30 avril 1956. Avec Maurice Escande (Ariste), Jean Debucourt (Chrysale), Jacques Charon (Trissotin), Marco-Behar (notaire), Henri Rollan (Vadius), Jean-Louis Jemma (Clitandre), Micheline Boudet (Henriette), Lise Delamare (Philaminte), Hélène Perdrière (Armande), Andrée de Chauveron (Bélise), Annie Girardot (Martine). Deux disques Pléiade 535. Avec Jacques Charon (Trissotin), Béatrice Bretty (Philaminte), Micheline Boudet (Henriette), Marie Sabouret (Armande), Berthe Bovy (Bélise), Chambreuil (Chrysale), Debucourt (Clitandre), Denis d'Inès (Vadius), Andrée de Chauveron (Martine). 1 disque Bordas SSB 109. Avec François Maistre (Trissotin), Maria Meriko (Philaminte), Bérengère Dautun (Henriette), Anne Perez (Armande), Denise Gence (Bélise), Christian Lude (Chrysale), Jean-Marie Fertey (Clitandre), Henri Rollan (Vadius), Nicole Vassel (Martine). Cassettes audio : Enregistrement de l'interprétation de 1978, dans la mise en scène de Jean-Paul Roussillon, réalisation Georges Gravier. Radio-France 1978. Films : Film en noir et blanc de Jean Meyer (1963). Assistant : Pierre Malfille; images: Henri Alekan; son : René Forget; montage : A. Brossier. Production : Europe 1/Télécompagnie, « les chefs-d'oeuvre du théâtre français ».
Avec : Chrysale : Jacques-Henri Duval
Clitandre : Georges Descrières
Ariste : Jean Meyer
Trissotin : Jean Poiret
Vadius : Henri Rollan
Philaminte : Renée Devillers
Armande : Françoise Fabian
Henriette : Marie Versini
Bélise : Madeleine Barbulée
Martine : Denise Benoît
Cassettes vidéo :
Mise en scène de Jean-Paul Roussillon, 1978. Réal. André Fléderick. Film Office, Mémoire des Classiques, n°6.
Jacqueline Razgonnikoff
Bibliothécaire à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française
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