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   ©Comédie-Française
 
 
mariage forcé
Retour accueil Histoire et Patrimoine de la Comédie-Française

 Le Mariage forcé

 


Comédie-ballet de Molière

Distribution de l'entrée au répertoire :

Hôtel de Guénégaud, jeudi 12 septembre 1680.

Aucune distribution présumée ne peut être avancée pour cette représentation, qui faisait suite à d'autres, après la reprise 1676, pour laquelle nous n'avons que très peu d'indications.

Au même programme : Cinna de Pierre Corneille

Recette : 425 livres, 5 sols

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Distribution de la création:

« Ballet du Roi dansé par sa Majesté » le 29 janvier 1664, au Palais du Louvre, dans l'appartement bas de la reine mère.Le roi dansait un rôle « d'égyptien ». Deux représentations au Louvre, puis deux représentations chez Madame, au Palais-Royal. Première représentation « à la ville », au Théâtre du Palais-Royal, le15 février 1664, « avec le ballet et les ornements ». La musique était de Lully, la chorégraphie de Beauchamp et les costumes réalisés par le tailleur Baraillon. Le Ballet comportait trois actes.

Distribution : « les Acteurs de la Comédie » :

Sganarelle : Molière
Géronimo : La Thorillière
Dorimène : Mlle Du Parc
Alcantor : Béjart
Lycaste : La Grange
Première bohémienne : Mlle Béjart
Seconde bohémienne : Mlle De Brie
Premier docteur : Brécourt
Second docteur : Du Croisy 

L'habit de Molière (Inventaire après décès) :

« l'habit du Mariage forcé qui est haut-de-chausses et manteau de couleur d'olive doublé de vert, garni de boutons violets et argent faux et un jupon [grand pourpoint] de satin à fleurs aurore garni de pareils boutons faux et sa ceinture. »

 

Le Mariage forcé, ballet du roi. Livret publié et distribué aux spectateurs en 1664 :

Argument :
Comme il n'y a rien au monde qui soit si commun que le mariage, et que c'est une chose sur laquelle les hommes ordinairement se tournent le plus en ridicules, il n'est pas merveilleux que ce soit toujours la matière de la plupart des comédies, aussi bien que des ballets, qui sont des coméfies muettes; et c'est par là qu'on a pris l'idée de cette comédie-mascarade.

Acte premier

Scène première

Sganarelle demande conseil au Seigneur Géronimo s'il se doit marier ou non. Cet ami lui dit franchement que le mariage n'est guère le fait d'un homme de cinquante ans; mais Sganarelle lui répond qu'il est résolu au mariage; et l'autre, voyant cette extravagance de demander conseil après une résolution prise, lui conseille hautement de se marier, et le quitte en riant.

Scène deuxième

La maîtresse de Sganarelle arrive, qui lui dit qu'elle est ravie de se marier avec lui pour pouvoir sortir promptement de la sujétion de son père et avoir désormais toutes ses coudées franches; et là-dessus elle lui conte la manière dont elle prétend vivre avec lui, qui sera proprement la naïve peinture d'une coquette achevée. Sganarelle reste seul assez étonné; il se plaint, après ce discours, d'une pesanteur de tête épouvantable, et se mettant en un coin du théâtre pour dormir, il voit en songe une femme représentée par Mlle Hilaire, qui chante ce récit :

Récit de la Beauté :

Si l'Amour vous soumet à ses lois inhumaines,
Choisissez en aimant un objet plein d'appas;
Portez, au moins, de belles chaînes,
Et puisqu'il faut mourir, mourez d'un beau trépas.
Si l'objet de vos feux ne mérite vos peines,
Sous l'empire d'Amour ne vous engagez pas:
Portez, au moins, de belles chaînes,
Et puisqu'il faut mourir, mourez d'un beau trépas.

Première entrée : la Jalousie, les Chagrins et les Soupçons

la Jalousie : le Sieur Dolivet
les Chagrins : les Sieurs Saint-André et Desbrosses
les Soupçons : les Sieurs de Lorge et le Chantre 

Deuxième entrée : Quatre Plaisants ou Goguenards
le Comte d'Armagnac, Messieurs d'Heureux, Beauchamp et des-Airs le jeune.

Acte second

Scène première

Le Sieur Géronimo éveille Sganarelle, qui lui veut conter le songe qu'il vient de faire; mais il lui répond qu'il n'entend rien aux songes, et que sur le sujet du mariage, il peut consulter deux savants, qui sont connus de lui, dont l'un suit la philosophie d'Aristote, et l'autre est pyrrhonien.

Scène deuxième

Il trouve le premier, qui l'étourdit de son caquet et ne le laisse point parler, ce qui l'oblige à le maltraiter.

Scène troisième

Ensuite, il rencontre l'autre, qui ne lui répond, suivant sa doctrine, qu'en termes qui ne décident rien: il le chasse avec colère, et là-dessus arrivent deux Egyptiens et quatre Egyptiennes.

Troisième entrée : Deux Egyptiens et quatre Egyptiennes
Deux Egyptiens : le Roi, le Marquis de Villeroy
Egyptiennes : le Marquis de Rassan, les Sieurs Raynal, Noblet et la Pierre

Il prend fantaisie à Sganarelle de se faire dire sa bonne aventure, et rencontrant deux Bohémiennes, il leur demande s'il sera heureux en son mariage. Pour réponse, elles se mettent à danser en se moquant de lui, ce qui l'oblige d'aller trouver un magicien.

Récit d'un magicien, chanté par Monsieur Destival [texte de Sganarelle rétabli d'après le manuscrit de Philidor]

Le Magicien : Holà!
Qui va là? (ter)
[Sganarelle : Ami, ami !]
Le Magicien : Dis-moi vite quel souci
Te peut amener ici . (bis)
[Sganarelle : Bon, celui-là vient d'abord au fait, voilà mon homme. Je voudrais bien vous consulter sur une certaine affaire qui m'embarrasse fort l'esprit. C'est que je dois épouser ce soir une belle et jeune personne que j'aime de tout mon coeur, mais j'appréhende qu'elle me fasse cocu, ce qui me ferait enrager, et je vous prie de me dire si je ne pourrais pas éviter un si funeste accident en contractant ce] Mariage.
Le Magicien : Ce sont de grands mystères
Que ces sortes d'affaires. (bis)
[Sganarelle : Rien n'est impossible à votre art; ne me refusez pas la grâce que je vous demande; il ne tient qu'à vous de m'apprendre quelle doit être ma ] Destinée.
Le Magicien : Je te vais, pour cela, par mes charmes profonds,
Faire venir quatre démons.
[Sganarelle : gardez-vous en bien, je vous prie. Je suis le plus timide et le plus peureux de tous les humains. Les Démons ont le minois trop hideux, et leur seul aspect me ferait mourir de frayeur. Non, non; ne les faites pas venir, je vous en conjure; mes yeux ne sont pas accoutumés à voir] Ces gens-là.
Le Magicien : Non (quater), n'ayez aucune peur,
Je leur ôterai la laideur.
[Sganarelle : Mais surtout qu'ils ne s'approchent point de moi que d'une distance raisonnable. Ecoutez; chacun a ses raisons. Ah! je tremble déjà: au nom de Dieu]Ne m'effrayez pas.
Le Magicien : Des puissances invincibles
Rendent depuis longtemps tous les démons muets;
Mais par signes intelligibles
Ils répondront à tes souhaits (bis)
Sganarelle se retire dans un coin du théâtre, et les quatre Démons dansent une entrée..

Quatrième entrée Un magicien qui fait sortir quatre démons

Le Magicien : Monsieur Beauchamp
Quatre démons : Messieurs d'Heureux, de Lorge, des-Airs l'aîné et le Mercier.

Sganarelle les interroge, ils répondent par signes et sortent en lui faisant les cornes.

Acte troisième

Scène première

Sganarelle, effrayé de ce présage, veut s'aller dégager au père, qui ayant ouï la proposition, lui répond qu'il n'a rien à lui dire, et qu'il va tout à l'heure envoyer sa réponse.

Scène deuxième

Cette réponse est un brave doucereux, son fils, qui vient avec civilité à Sganarelle, et lui fait un petit compliment pour se couper la gorge ensemble. Sganarelle l'ayant refusé, il lui donne quelques coups de bâton le plus civilement du monde, et ces coups de bâton le portent à demeurer d'accord d'épouser la fille.

Scène troisième

Sganarelle touche les mains à la fille.

Cinquième entrée

Un maître à danser représenté par Monsieur Dolivet, qui vient enseigner une courante à Sganarelle.

Scène quatrième

Le Seigneur Géronimo vient se réjouir avec son ami, et lui dit que les jeunes gens de la ville ont préparé une mascarade pour honorer ses noces.

Concert espagnol chanté par la Signora Anna Bergerotti, Bordigoni, Chiarini, Jon. Agustin, Taillavaca, Angelo Michaël.

Ziego me tienes, Belisa,
Mas bien tus rigores veo;
Porque es tu desden tan claro,
Que pueden verle los ziegos.
Aunque mi amor es tan grande,
Como mi dolor no es ménos,
Si calla el uno dormido,
Sé que ya es el otro despierto.
Favores tuios, Belisa,
Tuvieralos yo secretos;
Mas ya de dolores mios
No puedo azer lo que quiero.

Traduction : « tu me rends aveugle, Bélise; mais je vois bien tes rigueurs, car ton dédain est si éclatant que les aveugles mêmes peuvent le voir. - Si grand que soit mon amour, commema douleur n'est pas moins grande, si l'un se tait assoupi, je sens aussitôt que l'autre se réveille.- Tes faveurs, Bélise, je les tiendrais secrètes; mais de mes douleurs enfin je ne puis faire ce que je veux. »

Sixième entrée Deux Espagnols et deux Espagnoles

Messieurs du Pille et Tartas, Espagnols
Messieurs de la Lanne et de Saint-André, Espagnoles.

Septième entrée Un charivari grotesque

Monsieur Lully, les Sieurs Balthasard, Vagnac, Bonnard, la Pierre, Descouteaux, et les trois Opterre frères.

Huitième et dernière entrée : Quatre Galants cajolant la Femme de Sganarelle

Monsieur le Duc, Monsieur le Duc de Saint-Aignan, Messieurs Beauchamp et Raynal.

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La vie de l'auteur :

Le 19 janvier 1664 naît à Paris le premier enfant de Molière et d'Armande Béjart, un fils baptisé Louis en l'honneur de son illustre parrain, le roi Louis XIV lui-même. Le baptême a lieu le 28 février à Saint-Germain l'Auxerrois, le parrain étant représenté par le duc de Créqui, et la marraine, qui n'est autre que Madame, par la maréchale de Choiseul du Plessis-Praslin. L'enfant ne vivra que dix mois. Il meurt le 10 novembre 1664.

Sous la direction du duc de Saint-Aignan, Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi, Molière est chargé, avec le compositeur Lully , le décorateur Vigarani et le dessinateur Gissey, de l'organisation des Plaisirs de l'Ile enchantée, qui se déroulent à Versailles, du 7 au 13 mai. Ces fastueux divertissements, ballets, concerts, courses de bagues, carrousels, sont entrecoupés de comédies de Molière : la Princesse d'Elide, créée le 8 mai, les Fâcheux, joués le 9, les trois premiers actes de Tartuffe, créés le 12, le Mariage forcé, joué le 13. Les membres de la troupe participent également aux ballets et divertissements. Mlle Molière et Mlle Du Parc se font remarquer par leur grâce et leur beauté. Le 20 juin, la troupe de Molière crée au Théâtre du Palais-Royal la première tragédie de Racine, la Thébaïde. Un long séjour de la troupe à Fontainebleau ( 21 juillet - 13 août) lui rapporte 3.000 livres. La représentation en public de Tartuffe, désapprouvé par Anne d'Autriche, est interdite. Molière lit sa pièce devant le légat du pape et présente un premier placet au roi, devant qui la pièce est lue le 25 septembre, chez Monsieur, à Villers-Cotterets. Une nouvelle version, en 5 actes, est jouée à huis clos au Raincy par ordre du Prince de Condé.

A partir du 14 novembre 1664, La Grange remplace Molière dans la fonction d'orateur de la troupe, chargé de faire les annonces au public.

Molière, Chapelle, Racine et La Fontaine se réunissent chez Boileau trois fois par semaine.

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Le paysage politique et culturel :

Colbert crée la Compagnie des Indes occidentales et la Compagnie des Indes orientales. Le premiers traifs douaniers sont pratiqués. Fouquet, mis en procès devant une juridiction d'exception, est condamné au bannissement, peine transformée - et aggravée - par Louis XIV en détention perpétuelle.

Louis XIV fait donner à Versailles les Plaisirs de l'Ile enchantée, officiellement dédiés aux reines Anne d'Autriche et Marie-Thérèse, mais destinés à célébrer celle sera bientôt la favorite déclarée du Roi, Louise de La Vallière.

Les religieuses de Port-Royal, rebelles à la signature du formulaire condamnant le jansénisme, sont dispersées sur ordre de l'archevêque de Paris, l'intransigeant Hardouin de Péréfixe.

Les Anglais s'emparent de le Nouvelle-Amsterdam qui prend le nom de New-York.

Colbert réorganise l'Académie de peinture et de sculpture. Nommé surintendant des Bâtiments royaux, il commande à Bernin un projet d'aménagement du Louvre. François d'Orbay est nommé architecte des bâtiments du Roi, dans l'agence de Le Vau. Charles Le Brun est confirmé comme premier peintre du Roi. Selon la doctrine de Colbert, l'art est désormais au service du roi.

La Fontaine publie ses premiers contes, Nouvelles en vers tirées de Boccace et de l'Arioste. Racine donne sa première tragédie, la Thébaïde, à la troupe de Molière.

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Quantièmes :

1182 + 64 représentations données dans le cadre du spectacle intitulé les Plaisirs de l'Ile enchantée, en 1980-1981, soit en tout : 1246

Nombre de représentations du vivant de l'auteur : Le Mariage forcé, comédie-mascarade en 3 actes, est donnée 12 fois en 1664, avec le « ballet et les ornements », mais les frais en sont plus importants que les recettes. La pièce, remaniée en 1 acte, est reprise, sans les divertissements, en 1668, cette fois avec Mlle Molière dans le rôle d'une égyptienne, pour une série de 10 représentations, le plus souvent en complément de programme d'Amphitryon. Une nouvelle reprise a lieu en juilllet 1672, en complément de programme de la Comtesse d'Escarbagnas : 14 représentations. Brouillé avec Lully, Molière a demandé à Marc-Antoine Charpentier une musique nouvelle. Comme à la création, Baraillon fournit les costumes et Beauchamp signe la chorégraphie.

A propos de la reprise de 1672, intermèdes nouveaux mis en musique par Marc-Antoine Charpentier :

Dialogue (intermède fin acte I) :

Haute-contre : Mon compère, en bonne foi,
Que dis-tu du mariage?
Ténor : Toi, comment de ton ménage
Te trouves-tu? dis-le moi.
Haute-contre : Ma femme est une diablesse
Qui tempête jour et nuit.
Ténor : La mienne est une traîtresse
Qui me fait bien pis que du bruit.
Les deux : Malheureux qui se lie
A ce sexe trompeur,
Ténor : Bizarre,
Haute-contre : Extravagant,
Ténor : Infidèle,
Haute-contre : Obstiné,
Ténor : Querelleur,
Haute-contre : Arrogant!
Les deux: C'est renoncer au bonheur de la vie.
Ténor : Tout le monde en dit autant,
Et pourtant
Chacun en fait la folie.

Trio grotesque (à la fin de l'acte II)

Haute-contre : Amants aux cheveux gris, ce n'est pas chose étrange
Que l'Amour sous ses lois vous range.
Basse : Pour le jeune et pour le barbon
A tout âge l'amour est bon.
Ténor : Mais si vous désirez de vous mettre en ménage,
Ne vous adressez point à ces jeunes beautés :
Vous les rebutez,
Haute-contre : Vous les dégoûtez,
Les trois : Et bien loin de les faire à votre badinage,
Vous n'avez bien souvent que cornes en partage.

Airs pour la haute-contre (fin de l'acte III)

Belle ou laide, il n'importe guère,
Toute femme est à redouter.
Le cocuage est une affaire
Que l'on ne saurait éviter;
Et le mieux que l'on puisse faire
Est de ne s'en point tourmenter.

Ah! Quelle étrange extravagance
Que la crainte d'être cocu!
La vie a plusieurs maux dont on est convaincu,
Et l'on en doit craindre la violence,
Mais craindre un mal qui n'est que dans notre croyance,
Ah! quelle étrange extravagance!

Les Bohémiennes. Sarabande

Trois dessus : Les rossignols, dans leurs tendres ramages,
Du doux printemps annoncent le retour;
Tout refleurit, tout rit en ces bocages:
Ah! belle Iris, le beau temps, le beau jour,
Si tu voulais m'accorder ton amour!
Flore se plaît au baiser du Zéphire,
Et ces oiseaux se baisent tour à tour.

Rien que d'amour entre eux on ne soupire:
Ah! belle Iris, le beau temps, le beau jour,
Si tu voulais imiter leur amour!

[manquent deux vers dans le manuscrit]

Ils suivent tous l'ardeur qui les inspire :
Ah! belle Iris, le beau temps, le beau jour,
Si tu voulais imiter leur amour!
Aimons-nous, aimable Sylvie,
Unissons nos désirs et nos coeurs,
Nos soupirs, nos langueurs, nos ardeurs;
Et passons notre vie
En des noeuds si remplis de douceurs :
C'est blesser la loi naturelle
De laisser passer des moments
Que l'on peut se rendre si charmants.
La saison du printemps paraît belle,
Et nos ans sont riants tous comme elle;
Mais il faut y mêler la douceur des amours,
Et sans eux il n'est point de beaux jours.

Nombre de représentations avant la constitution de la Comédie-Française :
25 représentations entre 1676 et le 24 août 1680
Date de l'entrée au répertoire : jeudi 12 septembre 1680

Répartition des quantièmes

1680-1700 : 108
1701-1800 : 402
1801-1900 : 388
1901-1998 : 284 + 64 = 348

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Représentations jusqu'en 1850 :

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on joue Molière en costumes contemporains, sans recherche particulière. Les distributions exactes ne sont notées dans les Registres qu'à partir de 1765, date avant laquelle on est souvent réduit aux conjectures, en raison de la forte alternance des rôles pratiquée dans la troupe, selon la stricte hiérarchie des « chefs d'emploi », « emplois en second », etc... Le Mariage forcé , lorsqu'il est donné « avec les ornements », constitue une exception. Il semble cependant que la forme simplifiée soit celle le plus souvent adoptée par la troupe de la Comédie-Française . La première distribution complète inscrite dans les registres est celle du :

Jeudi 16 octobre 1766 :

Sganarelle : Bonneval
Géronimo : Dauberval
Dorimène : Mlle Lachassaigne
Alcantor : Bellemont
Alcidas : Bellecour
Lycaste : Vellenne
Pancrace : Feulie
Marphurius : Augé
 

Samedi 14 juillet 1781 : « remise au théâtre sans être annoncé »

Sganarelle : Des Essarts
Géronimo : Dorival
Dorimène : Mlle Olivier
Alcantor : Marsy
Alcidas : Fleury
Lycaste : Florence
Pancrace : Dugazon
Marphurius : Dazincourt

Samedi 20 juin 1835 : Reprise : la pièce n'avait plus été jouée depuis 1788

Sganarelle : Guiaud
Géronimo : Dumilâtre
Dorimène : Mme Menjaud
Alcantor : Saint-Aulaire
Alcidas : Bouchet
Lycaste : Mirecour
Pancrace : Samson
Marphurius : Regnier

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Mises en scène depuis 1850 :

Lundi 5 septembre 1853, reprise, distribution renouvelée :

Sganarelle : Anselme Bert
Géronimo : Fonta
Dorimène : Maria Favart
Alcantor : Maubant
Alcidas : Mirecour
Lycaste : Guichard
Pancrace : Regnier
Marphurius : Louis Monrose

Jeudi 23 mai 1912 : Présentation nouvelle

Sganarelle : Jules Truffier
Géronimo : André Brunot
Dorimène : Mlle Duluc
Alcantor : Ravet
Alcidas : Emile Dehelly
Lycaste : Jacques Guilhène
Pancrace : Georges Berr
Marphurius : Jean Croué
1ère égyptienne : Berthe Bovy
2ème égyptienne : Mlle Revonne
 

Reprise, le 20 novembre 1915 :

Sganarelle : Siblot
Géronimo : Silvain
Dorimène : Cécile Sorel
Alcantor : Paul Mounet
Alcidas : Raphaël Duflos
Lycaste : Georges Le Roy
Pancrace : Georges Berr
Marphurius : Maurice de Féraudy
1ère égyptienne : Berthe Bovy
2ème égyptienne : Mlle Revonne

Dimanche 29 janvier 1922 : Présentation nouvelle, avec musique et divertissements. Décor d'Emile Bertin, costumes de Bétout. Le ballet est réglé par Mlle Chasles, sur la musique de Lully reconstituée par Raymond Charpentier, Denis d'Inès jouant le rôle du magicien.

Sganarelle : Siblot
Géronimo : Paul Gerbault
Dorimène : Cécile Sorel
Alcantor : Maxime Desjardins
Alcidas : Emile Dehelly
Lycaste : René Rocher
Pancrace : André Brunot
Marphurius : Jean Croué
1ère égyptienne : Berthe Bovy
2ème égyptienne : Jane Faber

Mercredi 20 mars 1940 : Présentation nouvelle, mise en scène de Fernand Ledoux

Sganarelle : Lafon
Géronimo : Le Goff
Dorimène : Denise Clair
Alcantor : Balpétré
Alcidas : Jean Debucourt
Lycaste : Pierre Bertin
Pancrace : Denis d'Inès
Marphurius : Fernand Ledoux
1ère égyptienne : Marcelle Gabarre
2ème égyptienne : Maria Fromet

Mercredi 12 octobre 1949 : Présentation nouvelle, mise en scène de Robert Manuel, décor et costumes de Cassandre, musique de André Cadou.

Sganarelle : Georges Chamarat
Géronimo : Marco-Béhar
Dorimène : Marie Sabouret
Alcantor : Maurice Porterat
Alcidas : Jean Piat
Lycaste : Robert Hirsch
Pancrace : Jean Meyer
Marphurius : Robert Manuel
1ère égyptienne : Denise Noël
2ème égyptienne : Denise Gence

Mardi 26 avril 1966 : Présentation nouvelle, mise en scène de Jacques Charon, décor et costumes de François Ganeau

Sganarelle : Jacques Charon
Géronimo : François Chaumette
Dorimène : Claire Vernet
Alcantor : René Arrieu
Alcidas : Alain Pralon
Lycaste : Serge Maillat
Pancrace : Michel Etcheverry
Marphurius : Michel Duchaussoy
1ère égyptienne : Annette Pavy
2ème égyptienne : Annick Blancheteau

Mercredi 17 décembre 1980 : Les Plaisirs de l'Ile enchantée, mise en scène de Maurice Béjart, décors, costumes et éclairages d'Alan et Mary-Ann Burrett

Sganarelle : Alain Pralon
Géronimo : François Chaumette
Dorimène : Fanny Delbrice
Alcantor : Marcel Tristani
Alcidas : Guy Michel
Lycaste : Philippe Etesse
Pancrace : Jacques Sereys
Marphurius : Jacques Sereys
1ère égyptienne : Virginie Pradal
2ème égyptienne : Marcelline Collard
Un magicien : Michel Duchaussoy

Nouvelle présentation, samedi 16 octobre 1999, mise en scène de Andrzej Seweryn, décor de Pace, costumes de Renato Bianchi

Sganarelle : Gérard Giroudon
Géronimo : Jean-Claude Drouot
Dorimène : Florence Viala
Alcantor : Christian Blanc
Alcidas : Malik Faraoun
Lycaste : Eric Ruf ou Laurent d'Olce, en alternance
Pancrace : Nicolas Lormeau
Marphurius : Eric Génovèse
1 ère égyptienne : Catherine Samie
2 ème égyptienne : Nathalie Nerval ou Céline Samie, en alternance

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Personnages :

Sganarelle : Comme ses deux prédécesseurs du Cocu imaginaire et de l'Ecole des maris, le Sganarelle du Mariage forcé est un bourgeois, barbon, plutôt naïf, que les autres protagonistes de la comédie vont se faire un plaisir de rouler dans la farine. A propos du personnage de Sganarelle : Voir Sganarelle, l'Ecole des maris.

Dorimène, jeune coquette, promise à Sganarelle

La marquise du Bourgeois gentilhomme porte le même nom, dont la racine grecque signifie « cadeau ». Toutes deux sont coquettes et acceptent volontiers les dépenses que font pour elles leurs galants.

Alcantor, père de Dorimène

Alcidas, frère de Dorimène

Lycaste, amant de Dorimène

Deux égyptiennes : on donnait à l'époque de Molière le nom d'Egyptiens aux Bohémiens ou gitans nomades.

Pancrace, docteur aristotélicien

Dans la Commedia dell'arte, le nom de Pangrazio (dérivé du bas-latin Pancratius ou du grec Pancratès) désigne fréquemment les pédants et les docteurs. Il n'est donc pas plus étonnant de le trouver chez Molière que dans le Déniaisé, de Gillet de la Tessonnerie (1652), où il est l'interlocuteur bavard de Jodelet. On le rencontre aussi comme « professeur de langue précieuse » dans le Procès des Précieuses de Somaize (1660). Molière mêle à plaisir le jargon de la rhétorique aristotélicienne à un latin de fantaisie, joue des énumérations burlesques et des uptures de ton, dans la plus pure tradition farcesque, qui rappelle aussi certains passages de Rabelais.

Marphurius, docteur pyrrhonien

Marphurius, dont le nom rappelle celui de Mamphurio, personnage de pédant du Candelaio, comédie de Giordano Bruno, qui fut brûlé à Rome en 1600 comme hérétique, est un composé du Marforio romain, interlocuteur de Pasquin et de l'auteur supposé d'ouvrages grotesques cité par Rabelais dans le répertoire de la Librairie de Saint-Victor (tome I). A Rabelais encore est emprunté le début du dialogue entre Sganarelle et Marphurius, qui évoque la scène où Panurge consulte, sur la question du mariage, le philosophe pyrrhonien Trouillogan (livre III, chapitres 35 et 36). Molière tourne en ridicule le scepticisme aveugle affiché par Marphurius et le réfute par des moyens « physiques » (les coups de bâton), tels qu'en recommandait Epictète.

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Liste des interprètes depuis la création :

Sganarelle : Molière, ..., Bonneval, Pin, Des Essarts, Guiaud, Provost, Joannis, Micheau, Anselme Bert, Talbot, Richard, Leloir, Laugier, Barral, Siblot, Lafon, Jules Truffier, Emile Drain, Lucien Dubosq, Fernand Ledoux, Echourin, Georges Chamarat, Maurice Porterat, Jean-Claude Arnaud, René Camoin, Jacques Charon, Alain Pralon, Gérard Giroudon.

Géronimo : La Thorillière, ..., Dauberval, Dorival, Dumilâtre, Arsène, Fonta, Varlet, Micheau, Chéry, Richard, Martel, Hamel, Numa, Gerbault, André Brunot, Reynal, Silvain, Drain, Reyval, Lemarchand, Chambois, Balpétré, Le Goff, Marco-Behar, Daniel Lecourtois, François Chaumette, Jean-Claude Drouot.

Dorimène : Mlle Du Parc, ..., Mlle Lachassaigne, Mlle Doligny, Mlle Olivier, Mlle Laurent, Mme Menjaud, Mlle Verneuil, Mlle Noblet, Mlle Denain, Mlle Favart, Mlle Rimblot, Mlle Mantelli, Mlle Savary, Mlle Figeac, Edile Riquer, Mlle Lloyd, Mlle Fayolle, Mlle Persoons, Nancy Martel, Mlle de Fava, Mitzy-Dalti, Jeanne Provost, Mlle Duluc, Cécile Sorel, Jane Faber, Andrée de Chauveron, Béatrice Bretty, Tania Fédor, Irène Brillant, Denise Clair, Marie Sabouret, Lise Delamare, Claude Winter, Françoise Kanel, Geneviève Fontanel, Paule Noëlle, Claire Vernet, Fanny Delbrice, Florence Viala.

Alcantor : Béjart,..., Dubreuil, ..., Sarrasin, ... Bernaut, ..., Bellemont, Marsy, Saint-Aulaire, Colson, Robert, Mainvielle, Louis Chéri, Maubant, Bache, Montet, Raymond, Verdellet, Kime, Villain, Ravet, Siblot, Garay, Paul Mounet, Alcover, Reyval, Maxime Desjardins, Dorival, Fernand Ledoux, Chambreuil, Balpétré, Maurice Porterat, Jean-Louis Le Goff, Georges Baconnet, François Vibert, René Arrieu, Jean-Paul Moulinot, Marcel Tristani, Christian Blanc.

Alcidas : ..., Legrand, ..., Bellecour, Dalainval, Neuville, Monvel, Fleury, Bouchet, Mirecour, Ponchard, Dupuis, Olivier, Garaud, Joumard, Dupont-Vernon, Prud'hon, Baillet, Charpentier, Reney, Le Bargy, Boucher, Cocheris, Esquier, Emile Dehelly, Charles Granval, Georges Le Roy, Raphaël Duflos, Maurice Escande, Jacques Guilhène, Pierre Faubert, Pierre Bertin, Pierre Lecomte, Jean Valcourt, Jean Weber, Jean Debucourt, Jean Piat, Jacques Toja, François Chaumette, Michel Beaune, René Camoin, Alain Pralon, Guy Michel, Malik Faraoun

Lycaste : La Grange,..., Dumirail, ..., Rosely, ..., Vellenne, Chevalier, Dalainval, Monvel, Delahaye, Florence, Dunant, Talma, Mirecour, Fonta, Laba, Leroux, Delaunay, Guichard, Candeilh, Métrême, Laroche, Verdellet fils, Prud'hon, Baillet, Charpentier, Davrigny, Thomas, Gravollet, Albert-Lambert, Emile Dehelly, Laumonier, Esquier, Jacques Guilhène, Georges Le Roy, René Rocher, Pierre Bertin, Jean Marchat, Jean Weber, Pierre Faubert, Pierre Lecomte, Claude Lehmann, Robert Hirsch, Jean-Louis Jemma, Gilbert Guiraud, Alain Feydeau, Denis Savignat, Serge Maillat, Jean-Pierre Barlier, Philippe Rondest, Eric Ruf, Laurent d'Olce

Pancrace : Brécourt,..., Feulie, Dugazon, Samson, Regnier, Coquelin, Joliet, Georges Berr, Jules Truffier, André Brunot, Denis d'Inès, Drain, Dubosq, Jean Meyer, Robert Manuel, Jean-Claude Arnaud, René Camoin, Michel Etcheverry, Jacques Sereys, Nicolas Lormeau. 

Marphurius : Du Croisy,...Paulin, ..., Dauberval, ... Augé, Dazincourt, Regnier, Riché, Got, Louis Monrose, Saint-Germain, Eugène Provost, Coquelin aîné, Coquelin cadet, Jules Truffier, Clerh, Joliet, Barral, Siblot, André Brunot, Jean Croué, Maurice de Féraudy, Denis d'Inès, Drain, Fernand Ledoux, Rognoni, Lemarchand, Jean Meyer, Robert Manuel, Teddy Bilis, Georges Baconnet, Michel Aumont, Jean-Laurent Cochet, Michel Duchaussoy, Jacques Sereys, Eric Génovèse.

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Liste des représentations à la cour :

(sans tenir compte des nombreuses représentations et « visites », antérieures à la constitution de la Comédie-Française)

1681 - Saint-Germain-en-Laye, lundi 6 janvier
1682 - Saint-Cloud, lundi 27 avril
1685 - Versailles, lundi 22 janvier
1687 - Versailles, vendredi 10 janvier, mercredi 19 février, mardi 24 septembre, vendredi 21 novembre
1689 - Versailles, samedi 10 décembre
1690 - Versailles, jeudi 23 février
1698 - Versailles, lundi 3 mars
1699 - Versailles, vendredi 13 février
1704 - Versailles, samedi 26 janvier
1705 - Versailles, jeudi 19 mars
1707 - Versailles, samedi 8 janvier
1708 - Versailles, samedi 11 février
1709 - Versailles, lundi 14 janvier
1710 - Versailles, mercredi 29 janvier, lundi 29 décembre
1713 - Versailles, mercredi 29 novembre
1720 - Louvre, samedi 20 janvier
1725. Versailles, mercredi 18 décembre
1727 - Versailles, jeudi 6 mars, vendredi 5 décembre
1729 - Versailles, lundi 14 novembre
1731 - Versailles, jeudi 15 février
1732 - Versailles, vendredi 14 mars
1736 - Versailles, jeudi 29 novembre
1737 - Versailles, jeudi 21 février
1738 - Versailles, mardi 7 janvier
1739 - Versailles, jeudi 5 février, mardi 15 décembre
1741 - Versailles, mardi 24 janvier
1742 - Versailles, jeudi 22 février
1743 - Versailles, jeudi 10 janvier
1744 - Versailles, mardi 4 février
1749 - Versailles, jeudi 16 janvier
1750 - Versailles, jeudi 22 janvier
1751 - Versailles, mardi 26 janvier
1754 - Versailles, mardi 12 février
1756 - Versailles, jeudi 5 février
1758 - Versailles, jeudi 23 février
1781 - Versailles, jeudi 11 octobre
1782 - Versailles, mardi 10 décembre
1784 - Versailles, jeudi 15 janvier
1785 -Versailles, jeudi 17 février
1786 - Versailles, jeudi 26 janvier
1788 - Versailles, jeudi 10 janvier

Sous Louis-Philippe :
21 septembre 1847, palais de Compiègne

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Liste des représentations extérieures :

11 avril 1874, Palais de l'Elysée
14 octobre 1923, matinée, Paris, Trocadéro
10 novembre 1927, Paris, Opéra

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 Liste des représentations en tournées (année, pays , ville) :

16 juin 1923, Arles
décembre 1929, Egypte (le Caire)
26 juillet 1931, Joigny
29 septembre 1932, Suisse (Genève)
27 octobre 1933, Strasbourg
1er juin 1935, Versailles
juin 1955, Suisse (Genève)
8 juillet 1956, Bellac
juin 1966, Nancy
mars 1967, Belgique (Bruxelles) et Luxembourg (Esch-sur-Alzette)
octobre 1968, Allemagne (Berlin)
mai 1969, Schwetzingen

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Mises en scène extérieures :

 Mise en scène de Jacques Lassalle, Théâtre National de Strasbourg, en 1991. Reprise au Théâtre de l'Est parisien en 1992, avec, notamment, Olivier Perrier dans le rôle de Sganarelle.

Foostbarn Travelling Theatre, spectacle intitulé «Touchez pas à Molière», donné à Paris, dans le cadre de Paris Quartier d'Eté au Collège des Ecossais, juillet 1997.

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Bibliographie

Editions originales :

La Comédie : Le Mariage forcé, comédie par J.B.P. de Molière. A Paris, chez Jean Ribou, 1668.

Le livret du Ballet : Le Mariage forcé, ballet du Roy, Dansé par Sa Majesté, le 29 jour de janvier 1664. A Paris, par Robert Ballard, seul imprimeur du roy pour la musique, 1664.

Edition d'après le manuscrit d'André Philidor, conservé à la Bibliothèque du Conservatoire :

Molière-Lully, Le Mariage forcé..., nouvelle édition publiée d'après le manuscrit de Philidor l'aîné... par Ludovic Celler. Paris, Hachette, 1867.

Editions de référence :

Les Oeuvres de Monsieur de Molière, revues, corrigées et augmentées [par Vivot et C. Varlet, sieur Le Grange]. [t.I-VI] (avec) Les Oeuvres posthumes de Monsieur de Molière [t.VII-VIII], imprimées pour la première fois en 1682. Paris, D. Thierry, C. Barbin et P. Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12, pl. de P. Brissart, gravées par I. Sauvé.

Cette édition fut réalisée en fac-similé par plusieurs éditeurs en 1973, pour le tricentenaire de la mort de Molière.

Oeuvres complètes, éd. Eugène Despois et Paul Mesnard.- Paris, Hachette, 1873-1900.13 vol. Coll.des Grands écrivains de la France.

Oeuvres complètes, éd. Georges Couton.- Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1971. 2 vol.

Molière :

René BRAY, Molière homme de théâtre, Paris, Mercure de France, 1954.

Sylvie CHEVALLEY, Molière en son temps, 1622-1673, Paris- Genève, Minkoff, 1973.

Gabriel CONESA, Le Dialogue moliéresque, étude stylistique et dramaturgique, Paris, P.U.F., 1983

Jacques COPEAU, Registres II. Molière, Paris, Gallimard, 1976.

Patrick DANDREY, Molière, ou l'Esthétique du ridicule, Paris, Klincksieck, 1992.

Patrick DANDREY, L'Eloge paradoxal, de Gorgias à Molière, Paris - Presses Universitaires de France, 1997

Gérard DEFAUX, Molière ou les métamorphoses du comique: de la comédie morale au triomphe de la folie, Lexington , Kentucky, French Forum Publishers, 1983.

Ramon FERNANDEZ, Molière ou l'Essence du génie comique, Paris, Bernard Grasset, 1979.

Georges FORESTIER, Molière en toutes lettres, Paris, Bordas, 1990.

Georges-Arthur GOLDSCHMIDT, Molière ou la Liberté mise à nu, Paris, Julliard, 1973

Marcel GUTWIRTH, Molière ou l'invention comique, Paris, Minard,1966.

Louis MOLAND, Molière et la comédie italienne, Paris, Didier et Cie,1867.

Bernadette REY-FLAUD, Molière et la farce, Genève , Droz, 1996.

Jacques TRUCHET, Thématique de Molière, Paris, SEDES, 1985.

Interprétation :

Maurice DESCOTES, Les Grands rôles du théâtre de Molière, Paris, P.U.F., 1960

Louis JOUVET, Molière et la comédie classique, Paris, Gallimard, 1965

Sur le Mariage forcé , la comédie-ballet et le ballet de cour :

Jean-Marie APOSTOLIDES, Le Roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris. Ed. de Minuit, 1981.

Marie-Françoise CHRISTOUT, Le Ballet de cour de Louis XIV (1643-1672). Mises en scène, Paris, A.et J. Picard, 1967.

Charles MAZOUER, Molière et ses comédies-ballets, Paris, Klincksieck, 1993.

Charles MAZOUER, Le Mariage forcé de Molière, Lully et Beauchamp : esthétique de la comédie-ballet. IN : Dramaturgies. Langages dramatiques. Mélanges pour Jacques Schérer, 1986.

Constant VENESOEN, La Relation matrimoniale dans l'oeuvre de Molière, Paris, Lettres modernes, 1989.

Bibliographie Comédie-Française :

Molière, monographie établie sous la direction de Sylvie CHEVALLEY. Paris, Comédie-Française, 1963. Ed. mise à joue en 1970. Textes de Pierre Brisson, Léon Chancerel, Sylvie Chevalley, Dussane, Madeleine Horn-Monval, Jean-Louis Loiselet, Georges Mongrédien.

Molière et compagnie, dossier établi par Georges Forestier, Noëlle Guibert et Jacqueline Razgonnikoff. Paris, Textes et documents pour la classe, 1991, n°598-599.

A propos des Plaisirs de l'ile enchantée, revue Comédie-Française, n°94-95-96, décembre 1980-février 1991.

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Sources de la pièce :

Outre le fait que la situation est tout à fait classique, et peut être empruntée à n'importe quel canevas de ces comédies improvisées dont Molière « avait tout un magasin », certains traits rappellent les projets de mariage de Panurge dans le troisième livre de Pantagruel, de Rabelais, dont Molière imite non seulement le fonds mais aussi la forme.

Il ne faut surtout pas perdre de vue qu'il s'agit d'une « comédie-ballet » et que le dialogue sert de prétexte à des entrées dansées et à des intermèdes chantés. Le charme de la musique et de la représentation de ce que Sganarelle voit en songe, par exemple, atténue beaucoup la violence de la farce, et le charivari final, qui met en scène le cocuage annoncé de Sganarelle, fait passer l'amertume de la situation. Présenté à la fin du mois de janvier le Mariage forcé, annoncé comme une « comédie-mascarade » est un spectacle qui préfigure le carnaval.

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Commentaires :

Sainte-Beuve, Portraits littéraires, 1876 : Les comédies à ballets n'étaient pas du tout (qu'on se garde de le croire) des concessions au gros public, des provocations directes au rire du bourgeois, bien que ce rire y trouvât son compte; elles furent imaginées plutôt à l'occasion des fêtes de la Cour. Mais Molière s'y complut bien vite et s'y exalta comme éperdument.

Jacques Copeau, Registres II. Molière, 1976 : Le Mariage forcé s'ouvre sur une scène aussi désencombrée que possible, de motif et de ton populaires, de vérité si franche, si dépouillée qu'il faudrait peu de chose pour la pousser au fantastique. Ce n'est pourtant point par la fantaisie, ni par la surprise que l'auteur nous emmène si loin en si peu de temps, mais par une vigueur, une « vertu agissante » dont le tracé s'enlève sous nos yeux avec la netteté d'un poncif. La vérité la plus terre à terre suit un cours rigoureux pour passer à je ne sais quelle poésie du ridicule, quel ravissement comique. [...] Appuyé sur l'observation de l'homme réel, le poète comique lance l'hypothèse d'un homme possible, d'un homme virtuel que les puissances de la musique et de la danse achèvent de délivrer et qu'elles les rendent plausibles en l'exposant sur un autre plan, dans un autre monde, un monde presque abstrait, coloré par la réalité mais non point épaissi par elle.

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Anecdotes :

 La représentation du Mariage forcé, avec la participation du Roi dans le ballet, le 29 janvier 1664, précède de peu celle d'un autre ballet de cour, auquel participe le souverain. Le 13 février 1664, le Roi danse en effet dans le Ballet des Amours déguisés, conçu par le président de Périgny, et dont le prologue est récité par trois comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, alors Grand Comédiens du Roi, et rivaux directs de la troupe de Molière.

D'après les Anecdotes dramatiques (Clément et Laporte), « Le fameux comte de Grammont, dont le comte Hamilton a écrit les mémoires, a fourni à Molière l'idée de son Mariage forcé. Ce seigneur, pendant son séjour à la cour d'Angleterre, avait aimé Mlle Hamilton. Leurs amours même avaient fait du bruit; il repassait en France sans avoir conclu avec elle; les deux frères de la demoiselle le joignirent à Douvres, dans le dessein de faire avec lui le coup de pistolet. Du plus loin qu'ils l'aperçurent, ils lui crièrent : « Comte de Grammont, comte de Grammont, n'avez-vous rien oublié à Londres? Pardonnez-moi, répondit le comte, qui devinait leur intention; j'ai oublié d'épouser votre soeur; et j'y retourne avec vous pour finir cette affaire. »

Cette anecdote est évidemment apocryphe. Les Mémoires de Hamilton n'en font pas état et, selon les commentateurs, l'histoire ne correspond pas au caractère du comte de Grammont. 

Jacqueline Razgonnikoff
Bibliothécaire à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française

Dernière révision : 1999

 

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