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La Révolution accorde aux gens de théâtre les droits civils et
religieux qu'on n'avait cessé de leur dénier au cours de l'Histoire,
mais elle met fin à la situation privilégiée de la
Comédie-Française : la pension royale est supprimée,
les décrets de 1790 et 1791 abolissent le monopole qu'elle
exerçait sur le répertoire
français.
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Talma
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Durant cette période troublée, la Comédie-Française connaît
tous les périls. D'abord la dissidence des comédiens "républicains"
conduits par Talma, récemment entré dans la troupe et acquis aux
idées révolutionnaires, qui joue avec certains de ses camarades
rue de Richelieu dans le "Théâtre de la République".
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Puis, en 1793,
les comédiens jouant encore rive gauche, au théâtre de la Nation,
sont arrêtés et condamnés à la guillotine, dont les sauve le dévouement
de l'acteur amateur Labussière, employé au Comité de salut public.
Après des années d'errance, la réunion de la troupe est réalisée à
l'instigation de l'écrivain François de Neufchâteau, devenu ministre
de l'Intérieur, puis membre du Directoire. Le gouvernement concède à
la Société des Comédiens-Français le Théâtre français de la République,
rue de Richelieu, et la nouvelle Comédie-Française ouvre ses portes
le 11 prairial an VII (30 mai 1799). La protection de Napoléon lui est
acquise. L'année 1804 est marquée par la signature d'un nouvel acte de
société le 17 avril ; le 15 octobre 1812, l'Empereur signe à Moscou le
décret qui réorganise le Théâtre-Français.
Dominés par Talma, acteur favori de Napoléon, les nouveaux
sociétaires, parmi lesquels mesdemoiselles George et Duchesnois,
se disputent les faveurs du public dans un répertoire classique
éprouvé qui surclasse un répertoire contemporain médiocre.
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