Métiers

Dirigée par l’administrateur général, la Comédie-Française compte aujourd’hui 397 personnels permanents1, comédiens et salariés confondus, répartis dans des services administratifs, artistiques et techniques.
À l’image de la devise Simul et singulis, chacun participe à la création des spectacles et est indispensable au fonctionnement du théâtre.


Les métiers du plateau
La direction technique et l’évaluation du projet
Invités par l’administrateur, le metteur en scène et son équipe (scénographe, costumier, éclairagiste) soumettent le projet au directeur technique qui le réalise grâce à l’ensemble de ses services.
Le directeur d’une scène comme celle de la Comédie-Française, pratiquant l’alternance, maîtrise les rouages qui peuvent paraître obscurs aux non-initiés de ce théâtre où coexistent traditions et technologie avancée.
Il informe le scénographe des contraintes liées à l’alternance, de l’exiguïté du lieu et de la cohabitation obligatoire avec d’autres décors. La maquette, dessinée (« plane ») ou en trois dimensions (« en volume »), représentant le décor dans l’espace scénique, permet d’en étudier la faisabilité. Après une première présentation au directeur technique et à son adjoint qui vérifient la compatibilité du projet avec les possibilités techniques des ateliers et de la scène, les maquettes sont présentées officiellement en réunion de production à l’administrateur et aux responsables des services techniques, environ six mois avant le montage des décors.
Les plans destinés aux ateliers pour la construction sont dessinés par le bureau d’étude qui, ensuite, restaure et archive les maquettes en volume des décors achevés.

La construction des décors dans les ateliers de Sarcelles

Les corps de métier disposent de deux mois environ pour construire le décor dans leurs ateliers. Métal, bois, tissus sont travaillés par, respectivement, les serruriers, menuisiers et tapissiers qui interviennent successivement sur chaque élément, avant que les peintres et sculpteurs décorateurs n’apportent la touche finale. L’équipe des tapissiers de Sarcelles réalise les toiles de décor, les cycloramas2, les tapis de scène et rideaux dont les techniques de fabrication dépendent de leur système d’ouvertures « à l’allemande », « à l’italienne», « à la française », « à la grecque »… La tapisserie d’ameublement peut être confectionnée dans les ateliers de Paris ou de Sarcelles. Les tapissiers gèrent également leur impressionnante réserve. 25 % de la capacité de stockage des hangars de Sarcelles sont utilisés pour conserver le mobilier inventorié et classé par leurs soins. De leur atelier sortent donc les toiles de décor, les plus grandes, comme les cycloramas, pouvant atteindre trente-deux mètres de long sur dix de large. Les machines à coudre sont installées sur des plateaux à vérin qui permettent de les abaisser au ras du sol, limitant ainsi la manipulation des pièces de tissu qu’ils coupent et cousent. Le sol parqueté constitue dès lors une grande table de travail. Les lés assemblés, la toile ainsi obtenue est renforcée sur ses pourtours pour être, après avoir été peinte, tendue sur un châssis ou marouflée sur un panneau de bois construit par les menuisiers. Le bois occupe une place très importante dans les décors de théâtre. Les menuisiers ont à leur disposition de nombreuses machines pour réaliser des pièces en bois massif ou en contreplaqué, d’une immense variété. Sur un plancher noir, les décors sont tracés au sol puis, en suivant ces plans à taille réelle ou « poncifs », ils sont construits et élevés. L’usage des structures en bois (« battants») perdure pour les différents types de fermes et châssis3 ainsi que pour les autres éléments plus nombreux des décors construits en volume qui remplacent, selon la volonté des décorateurs, les toiles peintes en trompe l’oeil. Le bois massif peut être remplacé par l’aluminium, notamment pour les fermes accrochées sur les porteuses et suspendues dans les cintres où tout est positionné et actionné avec une grande précision. Elles ne risqueront pas ainsi de se déformer sous l’effet des variations de température, ne serait-ce qu’entre leur lieu de fabrication dans les hangars de Sarcelles et celui de leur utilisation, Salle Richelieu. L’aluminium est travaillé par les serruriers. Leur activité s’attache surtout à l’envers des décors qui recèle des pièces métalliques de toutes dimensions, du crochet au châssis de neuf mètres de long. Ils réalisent également les pièces de ferronnerie du décor : rampe, balustrade… Avec le recours croissant à l’aluminium pour ses qualités d’inertie, leur activité a évolué. À côté de ce métal transformé dans leur atelier, l’acier, qui permet de construire des structures plus résistantes, conserve une place de choix. L’atelier, équipé d’une forge pour chauffer les pièces métalliques et les former à l’enclume selon les techniques traditionnelles, fournit ainsi les diverses structures métalliques composant les châssis, les praticables, etc. Les sculpteurs réalisent ce qui a trait au décor et non à la construction (bas-reliefs, rondes-bosses, rochers, falaises, etc.), avec des matières diverses dont chacune requiert une technique propre. Les sculptures peuvent être réalisées en taille directe sur du polystyrène avant d’être enduites de résine et de fibre de verre (stratification). Pour un rendu plus fin, on peut aussi réaliser la forme en argile, mouler cette sculpture et enfin stratifier l’intérieur du moule soit en plâtre (moule perdu), soit en élastomère (réalisation de série). Les sculptures en argile, servant de base au moulage de sculptures imposantes, ne doivent pas être trop lourdes. Aussi, la difficulté réside dans la fabrication d’armatures métalliques suffisamment rigides qui permettent de déposer le minimum de terre glaise. Pour les moulages à partir de moules rigides en plâtre ou souples en élastomère, les sculpteurs recourent surtout aux résines synthétiques idéales, par leur légèreté et leur solidité, pour la création de grands basreliefs. Ces sculptures sont transmises aux peintres pour leur donner l’apparence d’un autre matériau, un effet patiné ou tout autre effet d’illusion. Les tulles, pongés de soie4, tapis de sol, toiles à beurre et autres types de toiles de décor, passent aussi entre leurs mains. Tendue à même le sol, la toile reçoit une couleur de fond (apprêt), avant d’être, au fusain, mise au carreau et peinte à l’acrylique à l’aide de grosses brosses fixées au bout de longs manches que les peintres trempent dans de vastes récipients appelés « camions ». La peinture à l’acrylique a tous les avantages requis, notamment celui d’être inodore et durable. Du haut d’une passerelle, les peintres prennent le recul nécessaire en surplombant les toiles dont la palette stylistique est infiniment variée. À l’aide desmatériaux les plus divers, les peintres-décorateurs reproduisent l’apparence de la rouille, de la glace, de la pierre ou de la faïence…
Pendant ce temps, les comédiens répètent dans un décor provisoire construit aux proportions et aux formes proches de la version définitive. Tous les éléments de décor, ignifugés, numérotés et annotés selon leur futur emplacement sur le plateau de la Salle Richelieu, quittent Sarcelles où ils reviendront pour être conservés, au gré des besoins pour les reprises dans le cadre de l’alternance.
Les machinistes des ateliers de Sarcelles sont chargés de la construction et du montage des décors de répétition, du transport et de la gestion du stock des décors.

Montage, manipulation et entretien des décors à la Salle Richelieu
Les machinistes assurent à la Salle Richelieu le montage et démontage des trois changements de décors quotidiens, selon le rythme imposé par l’alternance. Organisés hiérarchiquement entre chefs, brigadiers chefs, brigadiers et ouvriers, les machinistes sont affectés aux dessous (soutiers), aux cintres (cintriers), au plateau (plateautiers), côté cour (couriers) et côté jardin (jardiniers).
Comme pour les autres métiers liés à l’activité du plateau (tapissiers, accessoiristes, régisseurs son, régisseurs lumière, régisseurs généraux, régisseurs assistants, services de l’habillement), le rythme de l’alternance scande le travail de chacun.
À partir de 8 heures, les équipes dumatin démontent le décor de la veille et montent celui des répétitions qui commencent à 13 heures. À 14 heures, elles sont relayées par celles du soir chargées de suivre les répétitions, et à partir de 17 heures, de monter le décor du spectacle dont elles assurent la présentation en soirée.
La machinerie des scènes à l’italienne nécessitant force, agilité et technique lors des manipulations, les machinistes de théâtre étaient souvent, jusqu’au XXe siècle, d’anciens marins. Les superstitions et expressions qu’ils nous ont léguées coexistent avec de nouvelles méthodes de travail, surtout depuis l’informatisation de la machinerie en 1995.
Le cintre électronique et les moteurs hydrauliques commandés informatiquement facilitent et garantissent des manoeuvres extrêmement précises pour le placement des décors.

Création, placement et entretien du mobilier et menus objets
Le service des tapissiers, organisé en brigades réparties entre les ateliers de Sarcelles et la Salle Richelieu, comprend également un ébéniste et unmenuisier. Les meubles, tapis, fauteuils sont conçus soit ex nihilo, soit à partir d’éléments existants éventuellement décapés ou repeints selon le projet du décorateur auquel ils soumettent des dessins et échantillons de tissus. En dehors du plateau, ils sont aussi responsables des rideaux et meubles du bâtiment.
Les accessoiristes puisent dans leurs réserves situées à Sarcelles et à la Salle Richelieu, recherchent dans le commerce les divers objets nécessaires à la représentation, ou les fabriquent en conformité avec les souhaits du metteur en scène. Pour donner l’illusion de la réalité de l’objet, l’imagination fertile et la dextérité des accessoiristes donnent corps aux matériaux les plus divers (bois, cuir, céramique, latex, coton, etc.) qu’ils peignent, moulent, soudent, sculptent… La conception des effets spéciaux, tels que la neige ou le brouillard, ainsi que les bruitages en direct (claquements de portes, verre cassé, etc.) relèvent de leur compétence.
Pendant les répétitions et représentations, tapissiers et accessoiristes manipulent les objets nécessaires aux comédiens. Puis, après la dernière représentation, ils les inventorient, les photographient et les classent.
Lemétier d’accessoiriste, autrefois appelé « ustensilier », s’est développé surtout au XIXe siècle. Le métier de tapissier a une existence autonome et antérieure. La mention de « garçon tapissier » dans un registre de 1760 comme gagiste en fait l’un des plus anciens métiers attestés à la Comédie-Française et l’un des plus emblématiques dans cette Maison de Molière fils d’un tapissier du roi devenu auteur.

Lumières
L’éclairage à la bougie et le chauffage au feu de cheminée ont disparu et, avec eux, les moucheurs de chandelles et feutiers5.
Les électriciens, pour les uns chargés du plateau, pour les autres de l’équipement électrique du reste du bâtiment,ont succédé aux luminaristes, chandeliers, gazistes…
L’éclairagiste, reconnu pour ses compétences techniques et artistiques mettant en valeur le décor, accompagne désormais souvent le metteur en scène. Avec lui, l’équipe permanente de la régie lumière réalise les éclairages qui sont notés dans un « plan de feux » souvent complexe par la diversité des effets aujourd’hui réalisables et les exigences imposées par ces multiples combinaisons.
Depuis son pupitre, le régisseur lumière commande les projecteurs fixés sur les herses, au manteau d’Arlequin, sur les loges d’avantscène, ainsi que la rampe située à l’avant du plateau, et toutes les autres sources d’éclairage de la scène et de la salle. Le jeu d’orgue, antérieur à l’électrisation générale du bâtiment en 1887 et ainsi nommé en raison des tuyaux amenant le combustible qui assimilaient le pupitre à un orgue, quitta le dessous du proscenium, près du trou du souffleur, dès que l’éclairage au gaz fut abandonné. Perché depuis 1976 au niveau du poulailler et composé de plus de trois cents circuits électroniques, le jeud’orgue permet aux électriciens de réaliser et demémoriser des jeux d’éclairage très sophistiqués.
D’un spectacle à l’autre, les électriciens procèdent au démontage et à l’équipement des différents supports et sources de lumière spécifiques à la représentation (herses dans les cintres, rampes sur le plateau…) et vérifient l’axe des projecteurs à l’aide d’une lentille en verre foncé dite « oeil de contraste ».
Contrairement aux théâtres non classés monument historique, aucune lumière n’est diffusée à l’aplomb par des projecteurs qui seraient suspendus au-dessus de l’orchestre.
La régie lumière située au dernier étage face à la scène permet de commander le matériel électrique pendant les répétitions et les représentations.


Son
Un compositeur, un réalisateur ou illustrateur sonore complètent souvent l’équipe artistique. Depuis les années 1960 au Français, le metteur en scène et son équipe collaborent avec les régisseurs son qui ont remplacé, dans cette tâche, le régisseur assistant du metteur en scène. Avant les répétitions de l’après-midi, l’activité se concentre dans la cabine son qui a quitté, en 2004, le poulailler pour le deuxième balcon, plus proche du niveau de la scène. En cabine, la durée desmorceaux est modifiée, des effets spéciaux tels que l’amplification ou la déformation sonore sont réalisés grâce au passage de l’analogique au numérique. Sur le plateau sont posés des enceintes et des micros, dissimulés dans le décor. Pendant les répétitions, le pupitre de commande est descendu dans la salle aux côtés du metteur en scène avant d’être remonté à 17 heures en cabine. Depuis 2006, la régie son comprend aussi la vidéo qui permet de répondre aux besoins des metteurs en scène contemporains exploitant les ressources créatives de l’audiovisuel.
Aujourd’hui, lesmusiques sont le plus souvent enregistrées. Si la fonction de directeur de la musique a disparu en 2000, les noms de certains d’entre eux restent en mémoire : Jacques Offenbach, directeur d’orchestre au XIXe siècle, et pour le XXe siècle, Raymond Charpentier, André Jolivet, André Cadou, Marcel Landowski…
Le régisseur général assure le bon déroulement de la représentation et coordonne l’intervention de tous les techniciens au cours du spectacle. Pendant les répétitions, c’est lui qui note sur la brochure l’intervention de chaque service : un changement de décor à la fin d’un acte, l’apport en coulisses d’un accessoire ou l’éclairage d’un comédien à la fin de telle réplique. Responsable de la représentation dès la première, il envoie, vingt-cinq minutes avant le début du spectacle, une annonce aux comédiens et aux techniciens.
L’époque où un avertisseur, appelé aussi aboyeur, prévenait les comédiens restés dans leur loge est révolue. Les incidents et dysfonctionnements sont consignés dans le « compte rendu de représentation», signé par le régisseur général et le semainier, sociétaire membre du Comité d’administration, qui veillent au bon déroulement de la représentation.
À ses côtés, un régisseur assistant, gardien du texte, remplaçant les anciens régisseurs souffleurs, a noté dans la brochure6 toutes les intentions de mise en scène ainsi que les places des comédiens. Autrefois caché dans le trou du souffleur, il est aujourd’hui côté cour pendant la représentation, auprès du régisseur général d’où il peut « envoyer le texte » aux acteurs. Porte-parole du metteur en scène, il assure une continuité lors des changements de distribution ou des reprises.
Les conduites utiles pendant le jeu deviennent des archives particulièrement précieuses, témoignant de l’évolution de la mise en scène.



Les métiers de l’habillement
Le service de l’habillement, structuré de façon significative à partir de la fin du XIXe siècle, a succédé au magasin d’habits apparu au XVIIIe siècle. Jusqu’au XIXe siècle, les comédiens utilisaient leur propre garde robe avant que des costumiers professionnels ne réalisent des habits spécialement pour la scène. Jusqu’au départ de Suzanne Lalique en 1971, une même personne supervisait souvent la réalisation des décors et des costumes. La venue de costumiers extérieurs signant aussi les décors des spectacles n’était pas exclue. Depuis le mandat d’Édouard Bourdet (1936-1940) et l’attention portée à la mise en scène sous l’influence du Cartel, ils accompagnent presque systématiquement lemetteur en scène. Tous deux traitent directement avec le directeur des services de l’habillement qui, depuis le début des années 1970, assure le lien avec les chefs des ateliers pour traduire et matérialiser les intentions des créateurs.

La réalisation des costumes
Qu’ils soient portés par un homme ou par une femme, les costumes féminins sont confectionnés par les couturières et les costumes masculins par les tailleurs à partir des maquettes dessinées par le costumier.
Après le choix des matières (l’échantillonnage) en concertation avec celui-ci, les ateliers exécutent la toile afin d’apprécier le concept et la coupe en volume,qu’ils ajustent ensuite lors de séances d’essayage en présence du costumier. Un patron est alors réalisé à partir de sa forme définitive et aux dimensions du comédien. Le costume évolue au cours des répétitions s’adaptant ainsi aux contraintes imposées par les changements rapides, la nécessité d’un certain confort, etc., jusqu’au jour de la « couturière », dernier filage en costumes, réservé à l’ensemble du personnel de la Comédie-Française et qui permet les ultimes retouches avant la première.
Le linge de corps, les fraises, dentelles, jabots, chemises, sortent de l’atelier des lingères, parfois dans des quantités impressionnantes selon la distribution du spectacle, les chemises étant fabriquées en deux exemplaires minimum.
Comme les couturières et tailleurs, les modistes de la Comédie-Française font, avec l’Opéra national de Paris, figures d’exception au sein des établissements de spectacle. Elles confectionnent chapeaux, bonnets et autres coiffes dessinés par le costumier en les adaptant à la morphologie du visage du comédien. La forme en sparterie, matériau semi-rigide qu’elles humidifient pour l’étirer sur les têtes, constitue, une fois sec et rigide, la base du chapeau. Comme dans les ateliers de couture, les matières naturelles se raréfient au profit des synthétiques mais c’est surtout à la pénurie de main-d’oeuvre que le métier de modiste en voie d’extinction devra faire face, à la Comédie-Française comme à la ville.


Coiffures et maquillages
Le service de la coiffure emploie un personnel permanent depuis les années 1960. Aujourd’hui, il est amené à coiffer les cheveux naturels des comédiens aussi bien qu’àmettre en forme les perruques. De plus en plus souvent en fibres synthétiques, en poil de yack pour les perruques de style XVIIIe siècle ou mélangées à d’autres fibres pour créer des effets, elles sont alors coupées, coiffées, crêpées, lissées, nattées, gonflées…
Leur atelier compte un stock de plus de deux mille postiches, perruques, barbes, moustaches, rajouts, etc. À partir de 19h30 et jusqu’à la fin de la représentation, les coiffeurs accompagnent les comédiens en coulisses.
Comme les coiffeurs avant les années 1960, les maquilleurs sont recrutés pour chaque production et travaillent également à la création de prothèses (faux nez, protubérances…) et effets spéciaux comme des blessures ou marques de vieillesse.

Entretien des costumes
Les habilleuses aident les comédiens à s’habiller, surtout lors des changements rapides. Leur présence quotidienne occasionne des liens privilégiés avec la troupe. Elles entretiennent aussi les costumes et réparent, dans l’après-midi, les accrocs qui les ont éventuellement endommagés.
Le lendemain de la représentation, les habilleuses qui ont vérifié et remis en état les costumes apportent les chemises aux repasseuses.
Le linge de corps est alors lavé, les cols de chemises amidonnés, les fraises ou tout autre jabot ou bonnet avec des tuyautés, repassés selon les mêmes techniques qu’autrefois. Les coqs et fers à tuyauter de différents diamètres sont cependant aujourd’hui chauffés à l’électricité et non plus au gaz.
Les costumes des spectacles dont les représentations se sont définitivement ou momentanément interrompues pour alterner avec une autre pièce sont gérés et conservés par la régie des costumes. Le destin des quelque dix mille pièces vestimentaires, sans compter les chapeaux, chaussures, bijoux, entreposés dans des locaux spécialement aménagés à cet effet, peut donc être prolongé pour les reprises ou les répétitions mais aussi pour de nouveaux spectacles dont ils sortent transformés. D’autres, parmi les plus anciens et les plus emblématiques de l’histoire technique et stylistique, ne jouent plus mais sont conservés comme objet muséal.

Florence Thomas
de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française





Les métiers de l’administration et du bâtiment
L’administrateur général dirige l’établissement.
Il est également responsable de la direction artistique et de la programmation des trois salles. Il travaille en étroite collaboration avec le directeur général, responsable de la gestion administrative et financière.
Il préside le Comité d’administration composé de six sociétaires, dont trois sont nommés par l’administrateur et trois élus par les sociétaires réunis en assemblée générale.
Le doyen en est membre de droit.
Le secrétaire général est nommé par l’administrateur général pour assurer avec son équipe la communication interne et externe de son projet politique, artistique, administratif. Il est responsable de la politique envers les publics (location, propositions d’abonnements), des relations extérieures (presse, autres institutions),de la politique de publication (brochure, programmes, etc.). Il propose également la politique d’action culturelle et pédagogique destinée aux publics scolaires. Il dirige les services de l’accueil, de la location et la boutique. L’administrateur peut aussi s’entourer d’un conseiller littéraire.
La direction des ressources humaines gère le personnel permanent et occasionnel, d’un point de vue tant administratif que social et juridique. La Salle Richelieu n’ayant pas de jour de relâche hebdomadaire, l’activité est incessante. Le service de santé au travail assure une permanence dans le théâtre. À chaque représentation du soir, un médecin de garde, bénévole, se place dans la loge de garde, côté cour, prêt à intervenir en cas de besoin.
Le comité d’entreprise propose des prestations sociales au sein de la Maison, et organise certains rendez-vous traditionnels comme les Catherinettes et l’arbre de Noël.
L’agence comptable gère un budget complexe. En 2008, la subvention allouée par l’État était de vingt-quatre millions d’euros et les ressources propres de douze millions d’euros, soit deux tiers et un tiers.
À partir des différents contrôles qu’elle exerce, elle assure l’exécution du budget de la Comédie-Française et la tenue de sa comptabilité. Elle établit, pour clôturer l’année, le bilan et le compte financier.
L’agence comptable intervient également dans la gestion financière de la Comédie-Française avec l’élaboration du budget et la gestion des factures.
Outre ces missions, elle est également responsable du fonctionnement et de la gestion de la Caisse de retraite du personnel de la Comédie-Française, régime spécial de retraite.
Le poste de directeur délégué à la programmationa été créé par PierreDux en 1975 pour seconder l’administrateur général dans l’élaboration à long terme du puzzle que représentent les saisons de la Comédie-Française, et dans l’établissement du calendrier quotidien des représentations dans les différentes salles, en tenant compte des contraintes de l’alternance.
Le directeur délégué à la programmation établit en outre le calendrier des répétitions de tous les spectacles de la saison et coordonne toutes les activités artistiques de la troupe à Paris et en tournée, y compris les manifestations exceptionnelles, les lectures, les enregistrements de radio et les tournages de télévision.
Il a sous sa responsabilité la régie de coordination, chargée de la mise en oeuvre à plus court terme de la programmation, du suivi quotidien de l’activité du théâtre et de la diffusion à la troupe, aux services et aux équipes artistiques, de toutes les informations qui s’y rapportent, notamment le « bulletin d’avertissement » quotidien et le « plan de travail » de la semaine suivante. La régie est également chargée d’établir les brochures, de déclarer mensuellement les feux7 et de s’assurer, vingt-cinq minutes avant le lever du rideau, de la présence de tous les comédiens distribués dans le spectacle du soir ou de la matinée.
La délégation générale aux productions extérieures et de l’audiovisuel a été créée en 1988. Elle a la responsabilité de la diffusion des spectacles dont les tournées en France et à l’étranger qui représentent environ 10% de l’activité de la Comédie-Française. Ainsi, en 2008-2009, deux spectacles de la Comédie-Française ont tourné dans dix pays de l’est de l’Europe.
Elle met également en place les accords de coproduction avec l’extérieur et a la charge des activités audiovisuelles (productions, archivages, diffusions, tournages, etc.).
En 2002, un accord conclu avec l’Institut national de l’audiovisuel INA) a permis la constitution d’un catalogue audiovisuel «Comédie-Française » de 9 200 documents, consultable sur le site de l’INA et à la bibliothèque-musée.
Les partenariats avec les opérateurs et diffuseurs audiovisuels, comme France Télévisions et Arte, permettent l’enrichissement régulier de ce catalogue par la retransmission télévisée des spectacles et la réalisation de projets originaux. Une collection de DVD d’une cinquantaine de titres est proposée au public.
La délégation a également la charge des questions de droits d’auteur, des relations avec les ayants droit, leurs représentants et les différentes sociétés de perception de droits.
La délégation aumécénat et aux relations avec les entreprises a vu le jour en 2006.
Attirées par la forte identité de la Comédie-Française, les entreprises peuvent s’associer au théâtre ponctuellement, dans le cadre de l’organisation d’une soirée privée ou, sur le plus long terme, en devenant partenaire ou mécène. Leur soutien peut alors prendre différentes formes : association à un spectacle de la Comédie-Française à Paris ou en tournée, implication dans un projet culturel et pédagogique, montage d’une grande exposition… Ainsi, en 2007, la Comédie-Française a pu, grâce au mécénat, lancer sa première grande campagnede communication au cinéma.
La direction du bâtiment et des équipements conçoit, étudie et suit les travaux du bâtiment de la Comédie-Française, classé monument historique. Le service de maintenance, maîtrise d’oeuvre interne, permet à l’établissement de gérer au plus près ses équipements et ses projets.
Le service informatique a la responsabilité de la maintenance, du bon fonctionnement des systèmes et réseaux informatiques et téléphoniques.
La reprographie assure les demandes de reproductions, de tirages des brochures, des bibles-programme réalisées en interne, de la revue de presse, du rapport d’activité annuel, du pliage, des reliures, qui ont triplé en vingt ans.
Le service de la sécurité a été créé en 1979.
Jusqu’en 2008, la sécurité de la Salle Richelieu était aussi assurée à chaque représentation par deux pompiers, appelés selon la coutume de la Comédie-Française le service de représentation. L’un était placé à l’orchestre, l’autre à l’avant-scène, côté jardin, prêts pour le tiré-lâché : descente du rideau de fer en cas d’incendie isolant ainsi la scène de la salle. Avant chaque représentation, un essai est fait avec l’aide des cintriers, sur le rideau de fer. D’un poids de deux tonnes, il doit descendre en moins de trente secondes.
Ce sont désormais les équipes de la Comédie-Française qui en ont la charge.
La Comédie-Française est le seul théâtre à gérer un service d’huissiers responsables de l’accueil des visiteurs et héritier de la fonction d’aboyeur exercée jusqu’en 1974.
La bibliothèque-musée, dirigée par un conservateur-archiviste, est garante de la mémoire de la Comédie-Française, conservant, enrichissant et valorisant le patrimoine archivistique et muséal rassemblé depuis plus de trois siècles. Elle organise des visites du théâtre. Elle est ouverte deux jours et demi par semaine, au personnel du Français, aux universitaires français et étrangers, aux chercheurs, mettant à leur disposition l’histoire passée et présente du Théâtre.
Cet article a été écrit par les différents services de la Comédie-Française.


1. Le Théâtre du Vieux-Colombier compte vingt et un salariés et le Studio-Théâtre sept salariés.
2. Grande toile semi-circulaire de couleur claire tendue de cour à jardin qui peut être utilisée telle quelle ou servir
de fond à des projections.
3. Le châssis ou « feuille », composé d’un cadre et d’une toile ou de contreplaqué, sert de support à la décoration.
Contrairement à la ferme constituée de plusieurs châssis et fixée sur une porteuse pour s’élever dans les cintres,
il peut être porté.
4.Toile de soie légère à l’origine tissée à la main sur des métiers chinois. Cette chaîne et trame est utilisée pour
la confection et l’ameublement.
5.Avant l’incendie de 1900, la suppression des cheminées et l’installation du chauffage central, le feutier allumait
le feu dans les loges et les foyers.
6. La brochure est la version du texte retenue pour le spectacle et distribuée aux comédiens pour les répétitions.
7. Indemnité que les comédiens du Français reçoivent chaque fois qu’ils jouent. À l’origine, elle servait à payer
le chauffage et l’éclairage de leur loge.

 

Voir aussi :