Salle Richelieu

 

Salle Richelieu, © Cosimo Mirco Magliocca

Vue en 3D de la Salle Richelieu (nécessite Quicktime)

Salle à l’italienne, théâtre parmi les plus réputés dans le monde, la Salle Richelieu est le fruit des conflits et des passions qui animent la France à la fin du siècle des lumières. Voulu par le duc de Chartres pour être un opéra, ce bâtiment est construit par l’architecte Victor Louis sans rompre l’harmonie du Palais-Royal. En 1791, une partie de la troupe des Comédiens-Français, rassemblée autour du tragédien Talma, investit pour la première fois cette salle alors rebaptisée Théâtre de la République, tandis que l’autre partie se produit au Théâtre de la Nation (futur Odéon). À la suite des divisions révolutionnaires et de l’incendie de l’Odéon, la troupe reconstituée s’y installe définitivement en 1799. Au XIXe siècle, les travaux de Prosper Chabrol (1860-64) complètent le volume originel en l’augmentant de l’escalier d’honneur et du foyer du public où actuellement se font face, saisis dans le marbre, Voltaire et Molière. En mars 1900, un incendie ravage le théâtre. L’effondrement de la salle est évité grâce à la résistance de la structure métallique. Afin de respecter les règles de sécurité et d’augmenter le confort des spectateurs, le nombre de places, à l’origine proche des 2000, est réduit pour atteindre la jauge actuelle de 862.

Salle Richelieu, © Cosimo Mirco Magliocca

Lieu de grandes « batailles » (Hernani) et des projets les plus démesurés (Le Soulier de satin), c’est une conque rouge et or à la pénombre fastueuse et feutrée. L’une de ses galeries abrite, dans une cage de verre, le « fauteuil de Molière », souvenir de sa dernière oeuvre Le Malade imaginaire. Quatre atlantes encadrent la scène. Le plafond aux tons ocre, jaune et doré auréole le lustre étincelant de cristaux. Au centre de la corbeille, un blason, celui de la troupe, âme des lieux : une ruche bourdonnante entourée de la devise Simul et singulis (être ensemble et être soi-même). La Salle Richelieu est le lieu où sont présentées les oeuvres du répertoire, celles que le comité de lecture a sélectionnées, soit plus de 3000 textes depuis 1680. Ainsi, sans relâche de septembre à fin juillet, la Salle Richelieu présente en alternance ses spectacles, enchaînant les oeuvres du passé et celles de notre temps.

Salle Richelieu, © Jean-Erick Pasquier

Pendant toute l'année 2012, la Salle Richelieu a fermé pour d’importants travaux de réfection technique. Pendant cette période, la troupe s’est installée dans un nouveau théâtre, à quelques mètres, dans les Jardins du Palais-Royal. Projet innovant en bois, ce Théâtre éphémère alliait une démarche éco-responsable avec de hautes qualités acoustiques et thermiques. Cette salle de spectacle frontale de 746 places, d’une excellente visibilité, a ensuite été démontée et vendue à la ville de Genève en Suisse.