Théâtre du Vieux-Colombier

Théâtre du Vieux Colombier, © Brigitte Enguérand

En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

Théâtre du Vieux Colombier, © Cosimo Mirco Magliocca

C’est en 1924 qu’il met fin à l’expérience du Vieux-Colombier, et part s’installer en Bourgogne. En 1940, il est nommé administrateur de la Comédie-Française mais doit rapidement donner sa démission. Le 9 avril 1993, les portes du théâre se sont à nouveau ouvertes. Sans son rachat par l’État en 1986 et la volonté d’en faire la seconde salle de la Comédie-Française, ce lieu essentiel de l’histoire théâtrale moderne aurait disparu. D’un lieu de mémoire, il fallait faire un espace vivant. L’architecture en fut confiée à Bernard Kohn qui, sans rien brusquer et dans l’observation calme des volumes, le respect des matériaux, favorisa la mise en place d’un véritable retour aux sources.

Théâtre du Vieux-Colombier, © Brigitte Enguérand