Bureau des lecteurs : Cycle de lectures d'auteurs contemporains

Les 30 juin, 1er et 2 juillet 2011 à 19h et 20h30. Manifestation gratuite. Placement libre (dans la limite des places disponibles).
Théâtre du Vieux-Colombier

Cycle de lectures d’auteurs contemporains
par la troupe de la Comédie-Française
coordonné par Laurent Muhleisen, Conseiller littéraire de la Comédie-Française

Jeudi 30 juin
19h Valerie Jean Solanas va devenir présidente de l'Amérique

de Sara Stridsberg, traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud
lecture dirigée par Laurent Muhleisen
avec Catherine Sauval, Michel Favory, Cécile Brune, Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Julie Sicard, Félicien Juttner

« Valerie Solanas est une femme formidable, douée d’une intelligence étincelante... Valerie Solanas a un langage fantastique... Valerie Solanas a un humour grandiose, crépusculaire et obstiné... Valerie Solanas est obsédée par le sexe... Valerie Solanas retourne toujours la conversation pour revenir à sa thématique préférée : l’infériorité flagrante des hommes» Au travers d’une langue poétique et cinglante, ce portrait en partie rêvé de l’auteure du SCUM Manifesto qui, en 1968, tira trois coups de revolver sur Andy Warhol, nous entraîne dans les tréfonds de la conscience d’une femme révoltée, tout en dressant un portrait tragique, brutal et déjanté des États-Unis des années 1940 aux années 1980.

Sara Stridsberg est née en Suède en 1972. Elle est traductrice, romancière et dramaturge. Considérée comme une auteure majeure en Scandinavie, son œuvre traduite en français est publiée aux éditions Stock (collection «La Cosmopolite»). Elle a tiré la présente pièce de son roman La Faculté des rêves, qui a reçu en 2009 le prix du Conseil Nordique.

Vendredi 1er juillet
19h Le Veilleur de pierres

de János Háy, traduit du hongrois par Françoise Bougeard
lecture dirigée par Anne Kessler
avec Michel Favory, Anne Kessler, Cécile Brune, Jean-Baptiste Malartre, Christian Blanc, Coraly Zahonero, Nicolas Lormeau, Clément Hervieu-Léger, Adrien Gamba-Gontard

Géza, jeune homme mentalement attardé, est élevé par sa mère dans une petite ville minière de Hongrie où le chômage et l’alcoolisme remplacent progressivement «l’ancien régime» après la chute du mur de Berlin. Sous l’œil tantôt compatissant, tantôt cruel de son entourage, et contre toute attente, Géza est embauché à la carrière de pierres pour surveiller un tapis roulant. Mais ce travail est-il un travail comme les autres? Peut-il en être fier? Si quelque chose se passe mal, il doit appuyer sur un bouton rouge. Mais voilà, rien ne se passe. Persuadé qu’il est inutile, Géza veut tout quitter.

János Háy est né en 1960 en Hongrie. Après des études de russe et d’esthétique, il devient enseignant puis éditeur. Au début des années 1980, il commence à écrire des poèmes, puis des nouvelles, des romans et des pièces de théâtre. En 2002, il reçoit le prix Jozsef Attila pour sa pièce Le Veilleur de pierres, consacrée meilleure pièce hongroise de l’année. Il réside à Budapest, où il vit de sa plume. La traduction française est publiée aux éditions L’Espace d’un instant.

20h30 Dialogue de Bouvard et Pécuchet
de Pierre Senges
lecture dirigée par Alain Lenglet
avec Alain Lenglet, Hervé Pierre

Inspirée du roman éponyme de Gustave Flaubert, cette pièce est loin d’être une simple adaptation. Les copistes Bouvard et Pécuchet de Pierre Senges, comme des personnages de Nathalie Sarraute, sont assis à leur table, et parcourent – au fil de huit dialogues où la drôlerie le dispute à la précision encyclopédique de la langue – les différentes disciplines qu’il leur faudrait maîtriser pour donner un sens à leur vie, et comprendre l’univers. Mais avant même de mettre en pratique leurs géniales divagations, la logique de leurs échanges les poussent à voir, au fur et à mesure, tous les défauts ou toute la vanité de leurs projets; la boucle bouclée, ils sont bel et bien persuadés que copiste est la plus noble tâche au monde.

Pierre Senges est né en 1968 dans la Drôme. Il découvre d’abord la musique en autodidacte et s’oriente vers le jazz. Inscrit en sociologie à Grenoble, il fréquente plutôt les bibliothèques que l’université qui le déçoit. En 1990, il décide de se consacrer entièrement à la littérature. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres (dont la plupart sont parus aux Éditions Verticales), où alternent érudition et invention, humour et ironie, jeu sur la vérité et le mensonge, dans une sorte d’encyclopédisme baroque (Fragments de Lichtenberg, Ruines de Rome, La Réfutation majeure, Sort l’assassin, entre le spectre). Il écrit aussi des fictions radiophoniques pour France Culture (dont Dialogue de Bouvard et Pécuchet) qui lui ont valu de nombreux prix.

Samedi 2 juillet
19h Écho-système

de Marie Dilasser
lecture dirigée par Laurent Lalanne
avec Catherine Sauval, Bruno Raffaelli, Alain Lenglet, Laurent Natrella, Serge Bagdassarian, Nicolas Lormeau, Gilles David, Nâzim Boudjenah, Félicien Juttner

Paddy Mac Doom, Arsène Droch, Elfie Razhad, Paule Kadillac ou encore Boruta Priscillone, personnages récurrents des pièces de Marie Dilasser, ainsi que Yiy et Oyo, vivent en pleine nature, à l’abri de la folie du monde. Ils ont chacun un caractère bien trempé et parfaitement intraitable, mais s’unissent comme un seul homme lorsqu’il s’agit de résister à la dernière directive du gouvernement : déporter une partie de la population européenne pour cause de surpopulation. Tout à la fois flegmatiques et rusés, ronchons et sentimentaux, ils viendront à bout des manœuvres de I et On, deux intraitables flics venus leur «pourrir la vie».

Marie Dilasser, née en 1980 à Brest, est l’un des jeunes auteurs dramatiques les plus originaux de sa génération. Diplômée de l’ENSATT dans le département écriture, dirigé par Enzo Cormann, ses pièces sont publiées aux éditions Les Solitaires Intempestifs. Ses pièces Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant? et Le Sous-locataire, ont été montées par Michel Raskine, Le Chat de Schrödinger en Tchétchénie par Simon Delétang, Le monde me tue, Crash test par Nicolas Ramond. On peut sans crainte qualifier Marie Dilasser de petite fille d’Alfred Jarry. Son œuvre se construit comme une succession d’aventures vécues par les mêmes personnages. L’humour et la poésie y sont virulents et salutairement décalés.

20h30 Lampedusa Beach
de Lina Prosa, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro
lecture par Marie-Sophie Ferdane

Lampedusa Beach parle de la clandestinité, de l’exil et du désir de lutter. Une «charrette de la mer» pleine de réfugiés coule dans le détroit en face de Lampedusa. Les réfugiés, dans l’obscurité de la nuit, se débattent dans l’eau. La plupart d’entre eux se noie, meurt, on le comprend en raison du silence qui descend graduellement dans l’eau. Une jeune femme réussit à s’accrocher à ses lunettes tombées dans l’eau. Pendant quelques secondes, Shauba parvient à rester à la surface comme si ses lunettes étaient une bouée de sauvetage. Puis, elle coule, toujours plus bas, toujours plus lentement... L’actrice raconte le naufrage de Shauba ; elle tient dans ses mains des lunettes de soleil.

Lina Prosa, journaliste et auteur, est née en Sicile. Elle codirige, à Palerme, le centro Amazzone, laboratoire multidisciplinaire associant réflexion, recherche et création sur le mythe, la science et le théâtre. Un autre de ses textes, Programme Penthésilée – Entraînement pour la bataille finale, avait été lu lors du cycle de lectures d’auteurs contemporains au Studio-Théâtre de la Comédie-Française en novembre 2008. Avec Lampedusa Beach, c’est donc la deuxième fois que le bureau des lecteurs honore la force poétique de cette écriture de femme.

22h30 Annonce de la pièce plébiscitée par le groupe des spectateurs engagés