Les Trois Soeurs

d'Anton Tchekhov
Mise en scène Alain Françon

Du 18 avril 2013 au 20 mai 2013
Durée du spectacle : 2h55 avec entracte
Richelieu

C'est un jour de fête dans la maison des trois soeurs. Tout est joyeux et lumineux. Le deuil du père, mort il y a un an, est terminé. Les militaires, habitués de la maison, sont là. Arrivent les cadeaux et les récentes connaissances, Verchinine, le nouveau commandant de la batterie en garnison dans la ville, et Natacha, la fiancée d’Andreï, le frère. L’avenir est plein de certitudes heureuses : retourner vivre à Moscou, la ville natale, commencer à travailler, se marier. Quatre ans plus tard, le rêve de Moscou est mort, les soeurs ont été chassées de chez elles par leur belle soeur, et les militaires, qui constituaient l’essentiel de leur société, s’en vont. Tout s’est vidé, la ville et la maison comme la question du sens qui a traversé toute la pièce. Les trois soeurs n’ont plus que l’espoir qu’un jour, peutêtre, « on saura pourquoi l’on vit, pourquoi l’on souffre ». Les certitudes se sont transformées en suppositions, l’avenir ne s’envisage plus qu’au conditionnel, mais le présent réclame de vivre : c’est là que s’achève la pièce, au seuil d’une vie à recommencer.


Auteur

Anton Tchekhov

« Pour un chimiste, il n’y a rien d’impur sur la terre. L’écrivain doit être aussi objectif qu’un chimiste ; il doit renoncer à la subjectivité quotidienne et avoir conscience que même des tas de fumier dans un paysage jouent un rôle digne de respect et que les mauvaises passions sont aussi présentes dans la vie que les bonnes*. » Anton Tchekhov est au sommet de sa gloire lorsqu’il écrit, en 1900, Les Trois Soeurs. Il vient d’être élu à la section Belles-Lettres de l’Académie des sciences. Fort du succès de La Mouette et d’Oncle Vania, le dramaturge reçoit la commande d’une nouvelle pièce par Nemirovitch-Dantchenko et Stanislavski, qui viennent alors de créer le Théâtre d’Art de Moscou. Ce sera Les Trois Soeurs, avec le rôle de Macha pour la comédienne Olga Knipper, qu’il épousera un an plus tard. Créée en 1901, la pièce suscite, après un accueil mitigé comme souvent à la création de ses pièces, un vrai enthousiasme du public pour la justesse de ce tableau du quotidien et de la réalité historique de l’époque.

*Lettre à Maria Kisseleva, le 14 janvier 1887, traduction de Denis Roche, dans Correspondance I 1876-1890 de Tchekhov, Plon, 1956.


Metteur en scène

Alain Françon

Alain Françon fonde le Théâtre Éclaté en 1971 puis dirige successivement le Centre dramatique national de Lyon, le Centre dramatique national de Savoie et le Théâtre national de la Colline. Parallèlement à sa fonction de directeur de théâtre, il s’est toujours consacré à la création d’oeuvres contemporaines signées notamment par Edward Bond, Michel Vinaver et Daniel Danis, tout en entretenant un lien privilégié avec les grands auteurs européens de la fin du xixe siècle, entre autres Tchekhov et Ibsen. À la Comédie-Française, il a mis en scène Le Menteur de Corneille, Le Canard sauvage d’Ibsen, Long Voyage du jour à la nuit d’O’Neill, La Cerisaie de Tchekhov et, la saison dernière, La Trilogie de la villégiature de Goldoni. Il choisit d’aborder Les Trois Soeurs dans la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan publiée aux éditions Actes Sud/Babel.