Des enfants de la balle aux académiciens

La Comédie-Française et la formation théâtrale

Le Faubourg Saint-Germain où s’installe la nouvelle Troupe en 1680 est un lieu de divertissements en tous genres. En particulier, les jeux de paume y prospèrent : la taille et la disposition de ces terrains favorisent l’installation en leurs murs de salles de spectacle.
Les filles et fils de comédiens, vivant dans la Troupe et interprétant dès leur plus jeune âge les rôles de leur génération, sont donc les successeurs des enfants de paumiers, ou « enfants de la balle » qui s’exerçaient eux aussi dès l’enfance.

Les comédiens par vocation succèdent peu à peu aux comédiens par tradition familiale.

L’idée de créer une école fait son chemin au XVIIIe siècle pour aboutir en 1784. Une classe d’art dramatique ouvre en effet dès 1786 au sein de l’École royale de chant et de déclamation, Talma en est l’un des premiers élèves. Le fonctionnement de cette école (dont l’actuel Conservatoire national supérieur d’art dramatique est l’héritier) est étroitement lié à la Comédie-Française : les sociétaires y enseignent et la quasi-totalité des pensionnaires entrant dans la Troupe en sont issus.

Le fameux concours de sorties constitue donc le vivier de comédiens que l’on retrouve pour leurs débuts au Théâtre-Français, et ce jusque dans les années 1970. En parallèle, les ateliers, forment depuis toujours de jeunes professionnels en apprentissage dans le domaine du costume ou du décor.

Les membres de l’actuelle Académie de la Comédie-Française s’inscrivent dans la continuité de cette histoire qui fait de la Comédie-Française un lieu de transmission des arts du théâtre.