Bureau des lecteurs

Lectures d'auteurs contemporains

Studio

Du 29 novembre 2013 au 1er décembre 2014

Studio

Bureau des lecteurs

2013-11-29 00:00:00 2014-12-01 00:00:00

Le Bureau des lecteurs découvre des pièces d’auteurs contemporains, les lit et, le cas échéant, les met en lumière.

Le Bureau des lecteurs lit les textes adressés à la Comédie-Française. Chaque saison, deux cycles de lectures présentent ses coups de cœur, des textes souvent inédits, représentatifs des écritures dramatiques d’aujourd’hui dans le monde entier. Un groupe de « spectateurs engagés », présent à toutes les lectures, vote pour son propre coup de cœur. Les pièces plébiscitées constituent une des bases sur lesquelles s’appuie Muriel Mayette-Holtz pour programmer des œuvres d’auteurs contemporains sur les plateaux de la Comédie-Française. C’est ainsi que le public a pu déjà découvrir La Maladie de la famille M. de Fausto Paravidino etErzuli Dahomey, déesse de l’amour de Jean-René Lemoine au Théâtre du Vieux-Colombier, Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau, Burn, baby burn de Carine Lacroix, et Lampedusa Beach de Lina Prosa au Studio-Théâtre (re-créé en janvier 2014 au Théâtre du Vieux-Colombier dans le cadre du Triptyque du Naufrage).

Manifestation gratuite - placement libre (dans la limite des places disponibles)


Vendredi 29 novembre, à 20h30
Mauvaise, de Debbie Tucker Green
traduit de l'anglais par Gisèle Joly, Sarah Vermande et Sophie Magnaud
Lecture dirigée par Sylvia Bergé
avec Sylvia Bergé, Florence Viala, Céline Samie, Hervé Pierre, Nâzim Boudjenah et Marion Malenfant

Une fille vient demander des comptes... À sa mère. À ses deux sœurs. À son frère. À son père. Il s'agit de nommer un événement qui a eu lieu dans le passé. Comment savoir où est la vérité ? Chacun tente de défendre la sienne.

Debbie Tucker Green est née à Londres. Après avoir travaillé comme régisseuse de théâtre pendant une dizaine d'années, elle commence à écrire des pièces à partir de 2000. On lui doit notamment Truth and reconciliation, Random et Stoning Mary (Royal Court), Generations (Young Vic Theatre), Trade (Royal Shakespeare Company, Soho Theatre), Born Bad (Mauvaise) (Hampstead Theatre), Dirty Butterfly (Soho Theatre). Mauvaise est la première de ses pièces traduite en français, grâce à l'aide de la Maison Antoine Vitez. Sa dernière pièce, Nut, a été créée au nouveau studio du Théâtre National (the Shed) en octobre 2013. Elle est également auteure de pièces radiophoniques, pour la BBC, et écrit parallèlement pour le cinéma et la télévision (elle signe notamment une adaptation pour l'écran de Random). Elle est la metteuse en scène de plusieurs de ses œuvres. Elle a reçu le prix de la révélation théâtrale (Olivier Award for Most Promising Newcomer) pour sa pièce Born Bad en Angleterre en 2004. La mise en scène américaine de cette même pièce a remporté le prix spécial des Off Broadway Theatre Awards en 2011. Random a remporté le prix du meilleur film au MVSA (festival de film, vidéos et musique) de Birmingham et le prix du meilleur téléfilm aux BAFTA (équivalent britannique des Césars).


Samedi 30 novembre à 20h30
Les Morb(y)des de Sébastien David
Lecture dirigée par Laurent Muhleisen
Avec Cécile Brune, Alexandre Pavloff et Marion Malenfant

Stéphanie, alias Stéphany, vit avec sa sœur (alias Sa Sœur) dans le demi sous-sol d'un immeuble un peu miteux d'un quartier populaire de l'est de Montréal. Toutes les deux sont obèses, mais tandis que Sa sœur passe ses journées avachie dans le canapé à manger n'importe quoi et à voir le monde uniquement à travers des émissions de télé-réalité, Stéphany – qui rêve qu'un jour quelqu'un (par exemple son chanteur préféré, Moby) la reconnaisse pour ce qu'elle est et l'emmène vers un monde meilleur, fait du vélo d'appartement et chatte avec ses amis virtuels sur un réseau gothique : www.morb(y)des.com. Lorsqu'elle n'est pas harcelée par la mauvaise humeur chronique et les phobies diverses de Sa Sœur, Stéphany s'intéresse au cas d'un tueur en série qui rôde dans le quartier. Un beau jour, Kevyn, un de ses amis virtuels débarque, habillé en scout, dans son appartement, et lui propose d'aller faire un tour, sur les traces du tueur en série. Mais pourquoi, avant de partir, Kevyn jette-t-il les tranquillisants de Sa Sœur dans les toilettes ? Qui est-il, que veut-il vraiment ? Lorsque Stéphany le découvre, elle commet une série de gestes qui vont profondément altérer sa vision de la réalité, sa relation à son entourage, et la conduire vers un « ailleurs » qu'elle ne soupçonnait pas.
D'une écriture très directe et très imagée, la pièce explore avec brio, sur un mode à la fois comique et inquiétant, les liens troubles entre réalité et fantasme, normalité et anormalité, dans l'univers des laissés pour compte de la société du spectacle.

Sébastien David est né en 1983. Diplômé de l’École nationale de théâtre en interprétation en 2006, il est aussi auteur et metteur en scène. Comme acteur, on a pu le voir dans une quinzaine de productions théâtrales montréalaises. Comme auteur, on lui doit les pièces T’es où Gaudreault précédé deTa yeule Kathleen (Théâtre d’Aujourd’hui, janvier 2011) et Les morb(y)des (Théâtre de Quat’Sous, mars 2013), toutes deux publiées chez Leméac éditeur. Par ailleurs, il bénéficie d’une résidence d’artiste au Théâtre de Quat’Sous jusqu’en 2015 où il s’adonne à plusieurs projets de création en plus d’avoir sa compagnie de théâtre, La Bataille, dont il assure la direction générale et artistique. Il travaille en ce moment sur son prochain texte : Dimanche napalm.


Dimanche 1er décembre, à 14 hLe Néther, de Jennifer Haley
traduit de l'anglais par Emmanuel Gaillot
Lecture dirigée par Claude Guerre
Avec Catherine Sauval, Hervé Pierre et Nâzim Boudjenah

Dans un futur proche, Internet est essentiellement accessible non plus par le Web, mais par le Néther, un univers virtuel immersif composé d'une multitude de mondes virtuels thématiques. Les humains du monde réel peuvent y piloter des personnages et, sous cette apparence, interagir avec d'autres personnages virtuels, pilotés par d'autres humains du monde réel. Un homme d'âge moyen, Sims est enlevé par une milice autonome sur le motif d'offrir, sous le pseudonyme de Papa, la possibilité à des pédophiles d'assouvir leurs pulsions et leurs fantasmes sexuels sur des enfants virtuels. Il est interrogé par l'agent Morris – une jeune femme appartenant à cette milice qui cherche à moraliser le Néther – qui veut lui faire avouer l'emplacement de son serveur informatique. Pour avancer dans son enquête, Morris s'infiltre dans le domaine de Sims sous le pseudonyme de Thomas Woodnut, et y rencontre Iris, l'un des « enfants virtuels » qui travaillent pour Papa. Woodnut et Iris se lient d'une amitié profonde, ce que Papa voit d'un mauvais œil et cherche à briser. Iris s'avère être dans le monde réel M. Doyle, un professeur vieillissant et désabusé, sur lequel Morris va faire pression pour qu'il dénonce Sims... Privé de son domaine virtuel, ce dernier se retrouve, au final, libre de succomber à ses pulsions pédophiles dans un monde bien réel...
Après Quartier 3, Jennifer Haley continue ici son propos sur les mondes virtuels. Dans Le Néther elle explore la manière dont les réalités virtuelles nous obligent à revisiter les concepts de liberté et de culpabilité. Un acte de pédophilie est-il toujours condamnable, s'il n'est que fantasmé et « joué » par deux adultes consentants, en particulier lorsqu'il permet de canaliser les pulsions et éviter le passage à l'acte dans le monde réel ? Le créateur d'un monde virtuel, y occupant littéralement la place de Dieu, a-t-il une responsabilité morale vis-à-vis des autres qui y "vivent" ?

Jennifer Haley vit à Los Angeles. Elle est l'auteure à ce jour de quatre pièces, dont Neighborhood 3: Requisition of Doom (Le Quartier 3 : Destruction totale), montée dans le cadre du Humana Festival of New American Plays de l'Actors Theatre of Louisville en 2008, et du Summer Play Festival de New York, avant d'être primée et largement reprise dans tous les États-Unis. Elle est titulaire d'un Masters of Fine Arts en écriture pour le théâtre. Récemment, elle a fondé la Playwrights Union, un réseau d'artistes écrivant pour la scène ou l'écran à Los Angeles. Sa dernière pièce, The Nether, a été créée au printemps 2013 au Kirk Douglas Theatre de Los Angeles. Le Quartier 3 : Destruction totale et Le Néther ont été traduites avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale.

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La troupe