Le Misanthrope

de Molière
Mise en scène Lukas Hemleb

Richelieu

Du 15 février au 27 avril 2008

Richelieu

Le Misanthrope

2008-02-15 00:00:00 2008-04-27 00:00:00

Alceste ne négocie pas. Il condamne et fuit la société qui l’entoure, celle des hommes, civilisés ordinaires ou barbares mondains.

Il juge ses congénères, leurs codes, leurs règles, leurs convenances. Dans chaque geste de civilité, dans chaque relation sociale, il lit un manque de loyauté, une peur de la vérité et le goût de la vanité. Il paye son exigence au prix d’un paradoxe douloureux : il aime la femme la mieux intégrée dans la haute société, la mieux adaptée à la compagnie des intrigantes versatiles. Belle, brillante, Célimène négocie avec le monde des conventions. Elle, l’acceptation de la légèreté dans les choses humaines, s’oppose à l’intransigeance définitive d’Alceste. Autour, Philinte et Éliante se marient, commerçant sans mal avec les travers de leur monde policé. Les marquis, Oronte comme Célimène alimentent leurs théâtres de représentations nécessaires, tandis qu’Arsinoé, misanthrope à sa manière, prude et acerbe, se résigne au vieillissement et à la solitude. Alceste enfin, l’honnête homme, fuit la société de ses pareils si dissemblables pour chercher sur la terre un endroit écarté « ou d'être homme d'honneur on ait la liberté. »
P.N.


Molière, l'auteur
Il demeure avant tout pour Boileau « l’auteur du Misanthrope ». La pièce ne connut pourtant pas le succès, et fut de ses œuvres la moins représentée de son vivant. Avec le personnage du Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux, Molière crée en 1666 l’un de ses personnages les plus singuliers, et suscite aussitôt de vives polémiques en plaçant au cœur d’une comédie équivoque un homme seul, libre et révolté, face à la société superflue qui l’entoure. Chaque courant littéraire et théâtral inventa une libre et nouvelle interprétation du personnage d’Alceste, qui pour les romantiques devint un héros ténébreux et passionné, alors qu’on reprocha à Molière de construire une comédie sur la noblesse de caractère d’un homme honnête, tourné en dérision. Aussi Rousseau accusera-t-il Molière de faire rire de la vertu.

Lukas Hemleb, le metteur en scène
Après Une visite inopportune de Copi et Le Dindon de Feydeau, le metteur en scène d’origine allemande Lukas Hemleb dirige les protagonistes de Molière dans un espace composé de glaces et de miroirs, de planchers versaillais, de labyrinthes invisibles qui peu à peu se transforment, se raréfient, s’amenuisent pour laisser place nette à l’être isolé. À l’abri des stéréotypes, le metteur en scène organise un glissement, « un cheminement sans certitudes, dit-il, où les personnages passent de l’opacité à la transparence. On observe des êtres en équilibres délicats au moment de la disparition d’un monde. » D'une facture d’abord classique, ce Misanthrope recouvrera au fil de la représentation une énergie, une densité et une virulence nettement contemporaines.
P.N.

Durée

3 heures avec entracte

Salle
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Équipe Artistique

Mise en scène : Lukas Hemleb
Assistante : Stéphanie Risac
Scénographie : Jane Joyet
Costumes : Alice Laloy
Lumières : Xavier Baron
Réalisation sonore : Vanessa Court
Maquillages : Sylvie Cailler
Maître d'armes : François Rostain
Conseiller pour la danse : Joseph Fowler

Distribution

La troupe

Complément

Un Garde : Olivier Augrond

Accessibilité
Ce spectacle est accessible aux personnes sourdes et malentendantes
16/03/2008 - 14:00
24/03/2008 - 20:30
09/04/2008 - 20:30

Ce spectacle est accessible aux personnes aveugles et malvoyantes
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