Les métiers disparus

Des métiers du théâtre se créent, se transforment et parfois se perdent aussi.

De la gestion quotidienne au déroulement du spectacle, de nombreux « gagistes » assuraient autrefois des tâches tant administratives qu’artistiques.

Ces employés, ainsi appelés car ils touchaient des « gages », pouvaient être garçons de théâtre, ouvreuses de loge, gardes, tapissiers chargés des affiches, nettoyeurs de tonneaux, porteurs d’eau, vitriers, cordiers, fournisseurs de plumes, de guêtres ou de blouses, peintres sur étoffes, raccommodeurs de sabres, de ceinturons, de souliers, de pelleteries, de fusils, de chaises ou de gibernes…

À la fin du XIXe et au début du XXe siècles, le chauffage central supplanta les cheminées et le feutier, jusqu’alors chargé d’allumer les feux dans les loges et foyers.

L’allumeur faisait la clarté dans le théâtre et les moucheurs de chandelle, l’obscurité sur scène jusqu’à ce que la fée électricité fit disparaître les illuminateurs, chandeliers, lampistes et gaziers.

Des répétitions à la représentation, des intervenants ont aussi disparu, au gré des évolutions techniques, des contraintes économiques…

L’orchestre, autrefois permanent, n’est plus qu’occasionnel. La fosse d’orchestre abritait le trou du souffleur, par ailleurs secrétaire et copiste en charge du manuscrit de la pièce. Les comédiens étaient avertis du compte à rebours avant le lever de rideau par l’aboyeur ou « avertisseur » qui assistait le régisseur du plateau et allait frapper à la porte de leur loge.

Le public, quant à lui, était informé de la programmation par l’orateur de la Troupe. Si la salle demeurait clairsemée, des spectateurs dits passe-volants entraient gratuitement, voire avec rétribution !

Plus tard et jusqu’en 1902, des applaudisseurs gagés obéissaient aux ordres d’un chef de claque en affaires avec le directeur du théâtre pour décider du sort d’une pièce. Non, ce n’était pas toujours mieux avant…