Conversations

René Char Night
Directed by Muriel Mayette-Holtz
Saison 2007-2008
Du 19 October au 20 October
Lieu Richelieu
La liste des « ascendants pour l’an 1964 » que René Char fournit, indique où il se situe, entre le troubadour, Villon, Shakespeare, Racine, Rilke, Kafka, Héraclite et monsieur Verdoux. René Char est l’homme du dialogue, de ce qu’il nomme « la conversation souveraine », qui dépasse le simple échange de propos et ouvre à l’échange et à la pensée.

Discover the play

  • Célébrer à la Comédie-Française le centenaire de la naissance de René Char, né en 1907 et mort en 1988, imposait de reprendre et de prolonger une conversation, et donner à entendre des voix. Jeune homme, René Char répond aux questionnaires improbables inventés par ses amis surréalistes. Il invente un texte à trois voix avec André Breton et Paul Éluard, Ralentir travaux. Il donne toute sa vie durant des interviews. Il prononce des discours. Il parle. Il dialogue. Il tient des conversations. Il sculpte une langue, mot à mot. René Char s’est aussi essayé au théâtre, autre lieu de la voix. Il fréquente, chez des amis communs, Yvonne et Christian Zervos, éditeurs des Cahiers d’art, Jean Vilar, et contribue à sa façon à la naissance d’un festival à Avignon. Jean Vilar lui-même reconnaîtra que cette idée était celle d’un « poète ». Entre 1946 et 1952, il écrit plusieurs pièces : Le Soleil des eaux en 1946, Sur les hauteurs en 1947, Claire en 1948, et deux arguments de ballet La Conjuration en 1946 et L’Abominable des neiges en 1952. Le théâtre constitue pour le poète un prolongement de son travail poétique, une variation dans un autre genre de sa préoccupation essentielle, celle de la parole, qui s’exprime le mieux dans ses aphorismes. La soirée René Char, « Conversations », avec le concours du Centre national du livre, et à l’occasion de la manifestation Lire en fête (La Nuit de l’écrit), organise des entretiens imaginaires avec des témoins de la vie du poète et redonne la parole pour un soir à Albert Camus, André Breton, Paul Éluard, Octavio Paz, René Char lui-même, et d’autres voix. Sylvie Jopeck, auteur et professeur de lettres, assure le montage des textes, sous le regard de Marie-Claude Char, veuve du poète. L’administrateur général de la Comédie-Française, Muriel Mayette, en signe la mise en scène.