André
Brunot

351e Sociétaire Entre à la Comédie-Française
le 30 November 1902
soc351

Entré à la Comédie-Française en 1903 ; sociétaire en 1910 ; doyen de 1939 à 1944 ; retraité en 1944 ; sociétaire honoraire en 1952.

Après de modestes débuts aux Bouffes du Nord, André Brunot suit au Conservatoire les cours de Silvain. Il remporte en 1903 un premier prix de Comédie triomphal dans le rôle de Mascarille des Précieuses ridicules, qu'il interprétera pendant cinquante ans avec le même succès et que le cinéma immortalisera dans le film tourné à la Comédie-Française par Léonce Perret, en 1935.

Engagé aussitôt à la Comédie-Française, il y joue Scapin, Crispin, Sganarelle, Pasquin, Figaro, etc. Il triomphe dans Don César de Bazan (Ruy Blas) et fait entrer au Répertoire, en 1938, Cyrano de Bergerac, qu'il a déjà interprété en tournée. Sa voix claironnante et son jeu sobre lui permettent d'aborder avec la même aisance les grands rôles classiques et le Chef de gare du Voyage à Biarritz (J. Sarment). Professeur au Conservatoire de 1934 à 1946, il forme toute une génération de comédiens, parmi lesquels Renée Faure, François Périer, Serge Reggiani, Daniel Ivernel...
Doyen de la Comédie-Française en 1939, il est plus d'une fois administrateur par intérim dans les années difficiles de la guerre. L'âge venant, il joue Argan, Bartholo, etc. En 1946, il prend sa retraite de la Comédie-Française pour aller chez Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, interpréter Shakespeare, Claudel, Marivaux et Firs de La Cerisaie de Tchekhov, qu'il reprendra pour la télévision. En 1952, il donne au Français une mémorable soirée d'adieux, mais son statut de sociétaire honoraire lui permet de jouer encore Trestaillon dans Monsieur le Trouhadec saisi par la débauche de Jules Romains, d'Aubigné dans Un roi, deux dames et un valet de François Porché et Madame Simone et de reprendre Maître André dans Le Chandelier. De 1959 à 1962, il est également chargé de conseiller les jeunes comédiens de la Comédie-Française.

Il campe au cinéma de savoureux personnages, notamment dans Hôtel du Nord, Entrée des artistes, le Rouge et le noir, etc.