Guy
Michel

475e Sociétaire Entre à la Comédie-Française
le 30 November 1976
soc475

Entré à la Comédie-Française en 1977 ; sociétaire en 1986.

Guy Michel se forme au Conservatoire d’Alger, puis suit les cours de Maurice Escande, avant d’intégrer le Conservatoire national d’Art dramatique dans la classe de Madame Dussane. Sa carrière, très riche et très variée, a commencé au Théâtre de l'Atelier en 1956, avec Les Oiseaux de lune de Marcel Aymé. Dix années de Boulevard, de cabaret, de comédie musicale, le mènent au Théâtre National Populaire en 1967. Il passe de la fantaisie au drame, d'Opérette de Gombrowicz à Turandot de Brecht, de L’Illusion comique de Corneille à Early morning d'Edward Bond. En 1972, il rejoint la Compagnie Renaud-Barrault, où il débute dans le Figaro du Barbier de Séville. Il interprète ensuite Claudel, Nietzsche, Erdman, Pieyre de Mandiargues, Restif de la Bretonne, Higgins et Villiers de I'Isle-Adam.
Au Théâtre de la Ville, il joue, aux côtés d'Edwige Feuillère et de Jean Mercure, La Visite de la vieille dame, de Dürrenmatt.

En 1977, engagé par Pierre Dux, il entre à la Comédie-Française. Très tôt, il s'attache à la Maison, s’intéresse à sa gestion en participant au Comité d’entreprise en tant que pensionnaire délégué.
Devenu sociétaire en 1986, il fut admis à siéger au Comité d'administration et figurait encore parmi ses membres l’année de sa disparition.

Acteur aux multiples possibilités, il était capable de voyager des petits marquis et amoureux de Molière aux valets classiques, des jeunes premiers de Labiche et de Musset aux domestiques de Feydeau.
Frontin subtil, dans L’Épreuve de Marivaux, il joue l'amoureux bourru dans Le Legs et le marquis libertin dans Turcaret (Lesage), compose avec délices les troisièmes couteaux romantiques (Les Caprices de Marianne, Marie Tudor), mais c'est dans la complexité qu'il excelle (Yvonne, princesse de Bourgogne, La Folle de Chaillot, Triptyque...). Il joue le père Elpidi dans Le Suicidé de Nicolas Erdman, Snug l'artisan dans Le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, Busiris dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Giraudoux, Pandolfo dans Le Café de Goldoni.

Musicien, doué d'une voix agréable, il chante délicieusement les vaudevilles de Labiche (La Cagnotte, Doit-on le dire ?) et les airs rassemblés par Michel Frantz pour la Comédie des musiciens.
Il philosophe avec une élégance cynique dans Amour pour amour de William Congreve, dessine avec finesse la figure du cardinal Valori dans Lorenzaccio et, après avoir été Acaste, il incarne avec bonheur Oronte du Misanthrope.
Il avait mis en scène, au Petit-Odéon, en 1987, un texte mi-surréaliste mi-baroque de Jean Gruault, Crucifixion dans un boudoir turc.

Saisonpassées