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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Music-hall

de Jean-Luc Lagarce
Mise en scène Glysleïn Lefever
Saison 2021-2022
Du 17 décembre au 9 janvier
Durée 1h10
Lieu Studio-Théâtre
Music-hall
« Ne me dis pas que tu m’adores. Embrasse-moi de temps en temps » fredonnent les personnages de « Music-hall » , reprenant une chanson de Joséphine Baker, dont on dit qu’elle était l’une des muses de Jean-Luc Lagarce lorsqu’il écrivait.

Découvrir la pièce

  • L’auteur, entré au répertoire de la Comédie-Française en 2008 avec Juste la fin du monde, compose ici « un monologue à trois voix » pour la Fille, chanteuse à la jeunesse lointaine, nostalgique d’une époque qu’elle a rêvée ou vécue, et pour ses deux Boys, fidèles compagnons d’itinérance qui ont partagé les paillettes comme la noirceur de sa vie.

    Pour Glyslein Lefever, chorégraphe et metteuse en scène, ce music-hall est la métaphore d’un lieu de passage, de ville en ville, d’âge en âge, d’étape en étape. Un corridor. À l’écoute de cette partition rythmée, elle mise sur une scénographie où les effets de transparence et la magie de la lumière élargissent le sens de l’histoire, dont on ne sait finalement si elle se déroule dans un petit cabaret décati, une salle d’attente ou un couloir d’hôpital… La Fille rejoue sans cesse son entrée en scène – quête inépuisable de reconnaissance –, ses Boys se laissent emporter dans ce mouvement mémoriel et perpétuel, extrêmement poétique. Comme dans l’ensemble de son œuvre, c’est aussi Jean-Luc Lagarce qui se raconte à travers eux. Travaillant avec les acteurs la précision de la langue ciselée de l’auteur, la metteuse en scène cadence l’expressivité des corps, épuisés mais toujours animés d'un amour débordant de la scène, aspirant à l’ailleurs tout en étant profondément attachés aux feux, même brinquebalants, des projecteurs.

    Le texte est publié par les Solitaires Intempestifs.

    En partenariat avec Collectif Corridor

    « Ai rencontré Jacques Toja, à la Comédie-Française. On montera Madame Knipper au Petit Odéon. Monsieur charmant », note Jean-Luc Lagarce dans son Journal, en mai 1981. La ténacité de Lucien Attoun - fidèle intercesseur de l’auteur appartenant au comité de lecture spécifique au Petit-Odéon - , amène donc sa pièce au titre finalement plus vagabond (Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale) en février 1982, dans cette petite salle de l’Odéon dirigée par l’administrateur général de la Comédie-Française et dédiée au répertoire contemporain. Dans ce récit mêlant le réel à la fiction, cinq personnages fascinés par une grande actrice, Mme Knipper, évocation de la mythique Olga (_La Mouett_e de Tchekhov) reconstituent ses faits et gestes. Deux Comédiens-Français (Louis Arbessier et Joël Demarty) jouent sous la direction de Jean-Claude Fall. C’est la première fois que Lagarce est joué dans un théâtre parisien.

    • Programme 1982, Mme Knipper, Petit-Odéon

    Le jeune Lagarce d’alors, auteur de six pièces et entré « dans l’univers théâtral, grand, mince, de l’orgueil dans le regard et le sourire ironique » (Revue de la Comédie-Française, 1982), est devenu l’auteur contemporain le plus joué en France. Douze ans après sa mort, Le Voyage à La Haye est mis en scène au Théâtre du Vieux-Colombier (2007) par François Berreur, avec Hervé Pierre dans l’un de ses premiers rôles au Français, celui de l’écrivain relatant pudiquement la tournée d’un de ses spectacles. Après avoir créé le spectacle en 1998, François Berreur et Hervé Pierre reprennent cette pièce dans une version réduite pour trois représentations exceptionnelles.

    Mais ce n’est pas juste pour jouer une pièce de l’incontournable auteur. Quelques mois plus tard, Juste la fin du monde entre au Répertoire (2008) avec la volonté d’enrichir la « mémoire des œuvres dramatiques majeures » (Muriel Mayette, administratrice générale). La Comédie-Française poursuit ainsi sa tradition, parfois sujette aux critiques, de jouer des auteurs contemporains. Dans sa mise en scène récompensée par le Molière du Théâtre public 2008, Michel Raskine réinvente le rapport au public au sein de salle à l’italienne de Richelieu pour amplifier l’espace théâtral à l’avant-scène comme lieu des retrouvailles du narrateur Louis avec sa famille.

    Miroir inversé d’un retour qui se fait toujours attendre et qui est envisagé ici non pas du point de vue du narrateur mais de sa famille, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne (Vieux-Colombier, 2018), rappelle la prégnance du thème familial chez Lagarce ainsi que l’influence de Tchekhov. La nécessité de vivre des cinq personnages dans l’attente, exclusivement féminins et mises en scène dans leur huis-clos par Chloé Dabert, s’inscrit dans la filiation des Trois sœurs.

    Avec Music-hall et son thème du monde théâtral aussi intime à l’auteur que celui de la famille, la Comédie-Française revient sur ce sujet qui était également celui de Madame Knipper, joué de son vivant. Probablement que la place du théâtre dans la société et la condition d’artiste évoquées dans la pièce trouveront une résonnance particulière dans l’historique des spectacles, après l’interruption inédite des représentations théâtrales la saison dernière.

    Florence Thomas
    Archiviste-documentaliste à la Comédie-Française

  • Mise en scène : Glysleïn Lefever
    Scénographie : Chloé Bellemère
    Costumes : Laurent Mercier
    Lumières : Pascal Laajili
    Musiques originales et son : Sylvain Jacques
    Collaboration artistique : Anne Poirier-Busson
    Assistanat à la mise en scène : Leah Lapiower
    Assistanat à la chorégraphie : Rafael Linares Torres

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