La Reine des neiges, l’histoire oubliée de Kay et Gerda
Adaptation Johanna Boyé et Élisabeth Ventura
Mise en scène Johanna Boyé
Du 23 novembre au 8 janvier
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Cette création est l’occasion de revenir à l’histoire originale d’Andersen : Gerda et Kay sont des compagnons de jeu inséparables jusqu’à ce jour où, blessé par deux cristaux d’un miroir brisé, le jeune garçon change de caractère et devienne colérique. Il disparaît alors, enlevé par la mystérieuse Reine des neiges. Sans nouvelles de lui, Gerda décide de partir à travers le monde à la recherche de son frère de cœur. Intrépide à souhait, notre héroïne bravera les dangers et saura, à force de persévérance, passer les épreuves nécessaires pour le retrouver, dans le mythique Palais des glaces. Molière du spectacle musical 2020, Johanna Boyé s’empare de ce conte peuplé de figures féminines puissantes et tire les fils d’un univers visuel et théâtral féerique, dans lequel les acteurs auront tout le loisir de jouer avec les illusions et la magie, la fantaisie et l’humour. Son spectacle suit l’intrigue d’Andersen, nourrie des légendes du Nord, et nous conduit à travers la forêt et les terres enneigées à la rencontre de Trolls malicieux, de la Magicienne ou de la Petite Brigande, mais aussi du Renne et de la Corneille. La Reine des neiges y est une figure initiatrice par excellence. Gerda et Kay entreront chacun dans l’adolescence après un fantastique voyage initiatique qui scellera à jamais leur amitié.
Avec le généreux soutien d'Aline Foriel-Destezet, grande ambassadrice de la création artistique
et le soutien de la Fondation pour la Comédie-FrançaiseNOUVELLE PRODUCTION
Spectacle tout public à partir de 7 ans
> Si l’on me demandait ce qu’est un conte, je répondrais instinctivement que c’est une voix pour rentrer dans la nuit.
Le genre littéraire du conte porte dès son origine des caractères à la fois oniriques, philosophiques ou moraux, à destination des enfants mais aussi des adultes, auxquels sa dimension subversive ne peut échapper. Se faisant l’écho d’enjeux politiques, culturels ou sociaux, il continue à séduire des metteurs en scène du XXIe siècle qui leur confèrent une nouvelle oralité.
Les contes constituent un fabuleux répertoire dans lequel le théâtre a souvent puisé, et ce dès le XVIIe siècle. Les spectateurs sont alors friands des pièces dites à machines avec tout leur cortège d’effets merveilleux. Au XVIIIe siècle, ce goût ne se dément pas et des adaptations d’œuvres de Charles Perrault fleurissent sur les scènes des théâtres de la Foire et du boulevard, offrant des changements de décor à vue spectaculaires.
La Comédie-Française reste plus en marge de cet engouement. On y monte des pièces aux titres suggestifs mais assez éloignées de la littérature enfantine, comme La Coupe enchantée de Jean de La Fontaine et Champmeslé (1688, d’après deux contes de La Fontaine, Les Oies de Frère Philippe et La Coupe enchantée), Le Petit Chaperon rouge de Félix Gandera et Claude Gevel (1919) ou encore Poudre d’or de René Trintzius et Amédée Valentin (1928). En revanche, des œuvres aux titres moins évocateurs se nourrissent de l’imaginaire du conte : des personnages de fées s’introduisent dans L’Oracle de Germain-François Poullain de Saint-Foix (1740), Les Fées de Dancourt (1699), L’Amour et les fées du cardinal de Bernis (1746) ou Arlequin poli par l’amour de Marivaux (1720) ; un talisman dans Il était une bergère d’André Rivoire (1905) ; un génie dans Amour pour amour de Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée (1742).
Genre secondaire à la scène, le conte philosophique et moral devient vers la fin du XVIIIe siècle une nouvelle source d’inspiration. Ainsi, Rochon de Chabannes tire sa pièce Heureusement – créée par les Comédiens-Français en 1762 – de deux Contes moraux de Marmontel, à qui on attribue la paternité du genre, et qui s’affranchit progressivement de la féerie. Emmanuel Daumas s’y intéresse récemment, livrant en 2012 au Studio-Théâtre une adaptation rythmée du Candide de Voltaire, « cette œuvre espiègle et pernicieuse », où il s’agit de voir « jusqu’où on peut repousser la limite de notre acceptation ».
C’est en 2009, avec Le Loup – d’après les Contes du chat perché – de Marcel Aymé, que la Comédie-Française renoue avec le genre. Véronique Vella et Raphaëlle Saudinos redistribuent les parties narratives aux comédiennes et comédiens tout en introduisant des couplets additionnels sur une musique originale de Vincent Leterme. Sept ans après Le Loup, les metteuses en scène prolongent avec Le Cerf et le Chien du même Marcel Aymé ses questionnements sur la porosité entre animalité et humanité.
Plusieurs contes d’Andersen sont programmés les saisons suivantes au Studio-Théâtre dans des adaptations tendant vers l’épure, ou dans des transpositions dans le monde contemporain, sans jamais néanmoins nier le merveilleux. Jacques Allaire imagine pour Les Habits neufs de l’empereur « un espace qui serait à ce point utilitaire qu’il relèverait quasiment du monde industriel, et puisque cet empereur habite dans sa garde-robe alors nous l’avons imaginée dans sa pure fonction de stockage et en avons fait une salle des pendus » (2010). La scénographie ludique de Dominique Schmitt pour La Princesse au petit pois offre un terrain de jeu proche de l’imaginaire enfantin aux comédiennes et comédiens qui jouent à assembler des cubes, avec un décor transformable à vue (mise en scène et adaptation d’Édouard Signolet, 2013). Quant à Olivier Meyrou, il transpose La Petite Fille aux allumettes dans « un décor pictural traversé d’un caddie, de cartons et de plastiques, lambeaux de notre société contemporaine », et convoque la vidéo, qui lui permet de restituer, par fragments, l’imagerie du conte : la neige, ou encore les apparitions magiques de la grand-mère (adaptation d’Amrita David et Olivier Meyrou, 2014).
Pour Les Trois Petits Cochons (2012), le metteur en scène Thomas Quillardet avait choisi d’offrir aux acteurs et actrices des petites niches personnelles de jeu dans un spectacle très écrit, au rythme de petits rituels ou de chamailleries au sein de la fratrie.
Avec La Reine des neiges, l’histoire oubliée, Johanna Boyé s’inscrit dans ce travail de questionnement du conte pour nourrir l’imaginaire enfantin et en restituer au spectateur toutes ses dimensions magique, poétique et métaphorique à travers l’histoire d’une héroïne qui part braver les dangers pour sauver son frère de cœur.
— Visuel : Jérémy Lopez (le Prince) et Georgia Scalliet (la Princesse) dans La Princesse au petit pois d’après Hans Christian Andersen, mise en scène et adaptation d’Edouard Signolet, 2013
Photo © C. M.Magliocca, coll. Comédie-Française -
Adaptation : Johanna Boyé et Élisabeth Ventura
Mise en scène : Johanna Boyé
Scénographie : Caroline Mexme
Costumes : Marion Rebmann
Lumières : Cyril Manetta
Musique originale et son : Mehdi Bourayou
Travail chorégraphique : Johan Nus
Magie : Vincent Wüthrich
Maquillages et coiffures : Julie Poulain
Assistanat à la mise en scène : Stéphanie Froeliger
Assistanat aux costumes : Clément Desoutter de l’académie de la Comédie-Française
Documents
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Télécharger le PDF (3.89 Mo)Programme La Reine des neiges 22/23
Programme de La Reine des neiges, l'histoire oubliée, d'après Hans Christian Andersen. Mise en scène Johanna Boyé, Théâtre du Vieux-Colombier (Saison 2022/2023) -
Télécharger le PDF (4.1 Mo)Programme jeune public La Reine des neiges 22/23
Programme jeune public de La Reine des neiges, l'histoire oubliée, d'après Hans Christian Andersen. Mise en scène Johanna Boyé, Théâtre du Vieux-Colombier (Saison 2022/2023)
Distribution
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la Reine des neiges, le Petit Troll des mousses, la Princesse Lunettes, le Boiteux, un brigand et la Sorcière du crépuscule (en alternance)Floki, le Petit Troll des pierres, Kay et le Prince Lunettes
la Reine des neiges, le Petit Troll des mousses, la Princesse Lunettes, le Boiteux, un brigand et la Sorcière du crépuscule (en alternance) -
Et
Julie Cavanna : le Petit Troll des arbres, Madame Chouettor, la Magicienne et la Petite Brigande