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Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Les Démons

d'après Fiodor Dostoïevski
Adaptation Erwin Mortier
Traduction Marie Hooghe
Mise en scène Guy Cassiers
Saison 2023-2024
Du 2 mai au 21 juillet
Durée 2h30 sans entracte
Lieu Salle Richelieu
Les Démons
En adaptant « Les Démons » de Dostoïevski pour sa première création à la Comédie-Française en 2021, le metteur en scène belge Guy Cassiers marquait l’entrée au Répertoire de ce roman pamphlétaire de l’auteur russe.

Découvrir la pièce

  • Dostoïevski en débute l’écriture après avoir assisté au Congrès de la paix à Genève en 1867, et alors que la Russie s’apprête à être bientôt secouée par l’assassinat d’un étudiant insoumis, fomenté par l’activiste révolutionnaire Serge Nétchaïev. Dans tous ses projets théâtraux, Guy Cassiers prête attention aux points de rupture de l’histoire européenne. Comme pour Albert Camus, qui compte parmi les nombreux adaptateurs du roman, ces personnages possédés ne sont pas « des créatures absurdes » mais « des âmes déchirées ou mortes, incapables d’aimer et souffrant de ne pouvoir le faire, voulant et ne pouvant croire, qui sont celles mêmes qui peuplent aujourd’hui notre société et notre monde spirituel. »
    Maître dans l’alliage de l’image vidéo et du jeu d’acteur, le metteur en scène conçoit un dispositif scénique innovant à même de faire résonner le conflit entre la génération, devenue stérile, des pères – révolutionnaires de salon qui n’ont fait que parler sans rien produire de concret – et celle des fils – qui la dénonce tout en refusant de prendre la moindre responsabilité pour travailler à un nouveau modèle, jusqu’à devenir nihilistes. La Salle Richelieu devient ainsi une chambre d’écho, celle d’une société minée par la manipulation des médias et la fanatisation. La Troupe y offre la construction, à vue, d’un monde artificiel, nourri par la frivolité, avant de mettre en œuvre sa destruction.

    Spectacle créé le 22 septembre 2021, Salle Richelieu.

    Une œuvre romanesque porteuse de théâtralité

    Les romans de Fiodor Dostoïevski n’ont cessé d’être adaptés pour le théâtre en Russie, en France, comme dans la plupart des pays européens. Dans ces entreprises, deux courants se distinguent que reflètent les spectacles donnés à la Comédie-Française.

    Les adaptations « feuilletons »

    Le dramaturge d’origine russe Gabriel Arout adapte par deux fois des romans de Dostoïevski pour les mises en scène de Michel Vitold (russe lui aussi) à la Comédie-Française : Crime et Châtiment en 1963, et L’Idiot en 1975. Dans les deux cas, Gabriel Arout signe le spectacle de son nom « d’après Dostoïevski » signifiant la distance qui sépare la version jouée du roman. Pour Crime et Châtiment, la critique souligne la somptuosité du spectacle, mais regrette que l’adaptation s’apparente à une « pièce à péripéties ». En neuf décors, quarante-cinq changements, quatre heures de spectacle malgré les nombreuses coupes imposées par le théâtre à Arout, l’auteur-adaptateur ne supprime aucun personnage et suit scrupuleusement l’ordonnance du roman.

    Les adaptations écrites pour des mises en scène spécifiques

    Certaines adaptations, telles que celles de Gabriel Arout, préexistent aux projets de mises en scène et subissent des modifications, parfois difficiles, lorsqu’elles sont mises à l’épreuve du plateau.
    Ce n’est pas le cas de celle de L’Éternel Mari, dans l’adaptation de Victor Haïm, mise en scène par Simon Eine, à l’Odéon en 1987. La collaboration très étroite entre le metteur en scène et l’adaptateur, lui aussi dramaturge, ne cherche pas à d’être absolument fidèle au déroulé de l’œuvre de Dostoïevski dans une retranscription exacte des péripéties mais permet avant tout de servir le point de vue du metteur en scène.
    C’est dans cette veine également que s’inscrit le spectacle de Guy Cassiers d’après Les Démons où la vision dramaturgique du metteur en scène s’impose. L’adaptateur Erwin Mortier explique ainsi:
    « Je me suis inspiré de traductions en néerlandais parues depuis les années cinquante, notamment celle de Hans Leerinck (1959) et de Hans Boland (2008), ainsi que de la pièce de Camus. Tout cela a servi de point de départ du texte présent, qui est surtout le résultat d'un dialogue constant avec Guy Cassiers et son équipe. Il s'agit d'un processus organique, davantage qu'un texte définitif que j'aurais produit. Tôt, nous avons décidé, quels personnages, quelles lignes narratives seraient conservées, et ce qui ne le serait pas, et tout cela a évolué au cours du processus d'écriture, car Guy a toujours un œil sur sa scénographie. La langue que j'utilise, est davantage dans l'esprit de cette pièce que dans celui du roman ou de ses traductions. »

    Force politique de l’œuvre de Dostoïevski :une œuvre dangereuse ?

    La force politique des Démons est soulignée dès la première tentative d’adaptation scénique en Russie, en 1913. Gorki s’oppose alors, idéologiquement, à la mise en scène au Théâtre d’Art de Moscou par V. Némirovitch-Dantchenko, qui avait déjà monté Les Frères Karamazov. Gorki considérait ainsi que l’œuvre de Dostoïevski incarnait les forces conservatrices ayant fait échouer la Révolution de 1905, anéantissant l’espoir de faire sortir la Russie de l’archaïsme pour une modernité occidentale.

    Guy Cassiers relève, lui, les résonnances fortes des Démons avec notre actualité, dans la confrontation entre le monde des pères et celui des fils, celui des révolutionnaires de salon que son devenus les premiers, et celui des jeunes nihilistes prêts à user de violence et à provoquer la terreur des seconds. « Mais ces jeunes nihilistes sont à leur tour manipulés par des leaders fanatiques et insaisissables, qui parviennent à capter le mécontentement, le ressentiment et la colère des jeunes et à les transformer en pratique politique radicale. Dostoïevski donne une description très fine de cette dynamique ; de ce fait, son roman continue à tendre un miroir à notre époque. »

    Agathe Sanjuan, conservatrice-archiviste de la Comédie-Française, juin 2021

    • Visuel : Crime et châtiment, mise en scène de Michel Vitold, 1963, avec Robert Hirsch, René Camoin, Simon Eine, Catherine Samie, Paul-Emile Deiber - photo. Jacques Pourchot
  • Adaptation : Erwin Mortier
    Traduction : Marie Hooghe
    Mise en scène : Guy Cassiers
    Dramaturgie : Erwin Jans
    Scénographie et costumes : Tim Van Steenbergen
    Lumières : Fabiana Piccioli
    Vidéo : Bram Delafonteyne
    Son : Jeroen Kenens
    Assistanat à la mise en scène : Stéphanie Leclercq
    Assistanat à la scénographie : Clémence Bezat
    Assistanat aux costumes : Anna Rizza
    Assistanat aux lumières : François Thouret

Documents

Distribution

  • alexandre plavloff
    Chigaliov, intellectuel et théoricien
    christian gonon
    Serguéï Vassilitch Lipoutine, fonctionnaire
    stéphane varupenne
    Ivan Pavlovitch Chatov, étudiant, fils d'un serf de Varvara Stavroguina
    suliane brahim
    Maria Timoféievna Lébiadkina, soeur du Capitaine Lébiadkine, secrètement mariée à Nikolaï Stavroguine
    jérémy lopez
    Piotr Stépanovitch Verkhovenski, fils de Stépane Verkhovenski, agitateur
    didier sandre
    Stépane Trofimovitch Verkhovenski, ancien professeur d’université, ami intime de Varvara Stavroguina
    Christophe Montenez
    Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine, fils de Varvara Stavroguina
    Varvara Pétrovna Stavroguina, propriétaire terrienne, soutien et amie de Stépane Verkhovenski
    Jennifer Decker
    Lizavéta (Liza) Nikolaïevna Touchina, riche héritière, amoureuse de Nikolaï Stavroguine
    clement bresson
    Virguinski, fonctionnaire
    Daria (Dacha) Pavlovna Chatova, soeur d'Ivan Chatov, protégée de Varvara Stavroguina, amoureuse de Nikolaï Stavroguine
    Tolkatchenko, intellectuel
    edith proust
    Arina Prokhorovna Virguinskaïa, épouse de Virguinski
  •  Alexis Debieuvre
    Homme en noir
    Viktor Kyrylov
    Homme en noir
    Élodie Laurent
    Femme en noir
    Elrik Lepercq
    Homme en noir
    Marianne Steggall
    Femme en noir
  • Séquences filmées
    Mickaël Godard, violon ; Aymeric Jean-Lechner, violon ; Clément Bodeur-Crémieux, alto ; Gilles Le Saux, violoncelle
    et l’enfant Giacomo Rattenni
    La musique n’est pas interprétée par les musiciens et l’enfant apparaissant à l’image.

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