Contre
d’après la vie et l’œuvre de John Cassavetes et Gena Rowlands
mise en scène Constance Meyer et Sébastien Pouderoux
Du 25 septembre au 3 novembre
Découvrir la pièce
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La pièce se concentre sur la période du film Une femme sous influence et les relations tumultueuses entre celles et ceux qui ont participé à l’aventure de ce cinéma devenu culte, en rupture avec une société patriarcale et une industrie hollywoodienne toute puissante. Elle raconte l’artiste Cassavetes, génial, rétif et souvent de mauvaise foi, dont l’œuvre novatrice aura payé, de son vivant, le prix de sa marginalité. Avec lui, Gena Rowlands, créatrice d’un style de jeu moderne, a imposé des personnages féminins d’une densité nouvelle, à la frontière entre la normalité et la folie.
Davantage qu'un biopic ou une hagiographie, l’opiniâtreté sublime de ce couple méritait « une réflexion sur le rapport entre l’art et le conformisme», annoncent Constance Meyer et Sébastien Pouderoux, pour qui la radicalité et le jusqu'auboutisme sont sources de comédie. Ils multiplient les points de vue dans un montage de situations où l’on retrouve le couple et sa communauté d’amis, dont Peter Falk en représentant des acteurs fidèles, la grande critique américaine Pauline Kael, ou un jeune stagiaire inspiré des amateurs passionnés que Cassavetes entrainait dans son sillage. Contre, c’est l’histoire de gens qui s'acharnent à rester créatifs envers et contre tout, c’est un spectacle qui interroge les vertus et limites de l'irrévérence, et cet écart qui existe parfois entre ce qu’on dit, ce qu’on veut et ce qu’on fait.NOUVELLE PRODUCTION
CASSAVETES AU CINÉMA L’ARLEQUIN
VEN 11 OCT à 19h
Love Streams,
projection présentée par Constance Meyer et Sébastien PouderouxDIM 13 OCT à 18h
Un enfant attend
projection présentée par Dominique Blanc
Tarifs préférentiels sur ces deux séances sur présentation d’un billet du spectacle Contre : 7, 50 € au lieu de 11, 50 €
L’Arlequin(Dulac cinémas) 76 rue de Rennes, Paris 6eJOHN & GENA, CRÉER ENSEMBLE : FOCUS LA CINETEK
Site de streaming consacré aux grands films des XXe et début du XXIe siècles choisis par des cinéastes du monde entier,
La Cinetek donne carte blanche à Constance Meyer et Sébastien Pouderoux.
Leur sélection est à découvrir sur lacinetek.comQUELLE COMÉDIE ! LE PODCAST
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3 Un couple emblématique de cinéma
Constance Meyer et Sébastien Pouderoux par Béline DolatAvec la contribution de la promotion 43 de la Classe libre du Cours Florent dans le cadre de l'atelier « Variations sur John et Gena » dirigé par Constance Meyer et Sébastien Pouderoux.
« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière », déclarait Jean Cocteau. Le théâtre aussi, pourrait-on ajouter aux propos de l’écrivain. Également inscrits au répertoire de la Comédie-Française, les auteurs, scénaristes et réalisateurs Marcel Pagnol et Sacha Guitry marquent l’histoire tant théâtrale que cinématographique, de l’écriture du projet à son interprétation et à sa réalisation derrière la caméra. Les affinités de la Comédie-Française avec le cinéma remontent aux débuts de celui-ci. Ses célèbres acteurs et actrices, comme Sarah Bernhardt — vingt ans après son départ de la Troupe — dans Le Duel d’Hamlet de Clément Maurice, participent à l’aventure dès 1900 et jouent, à partir de L’Assassinat du duc de Guise en 1908 (avec le sociétaire Albert-Lambet dans le rôle-titre), dans les productions du Film d’Art qui partent à la conquête du public de théâtre. La Maison de Molière devient même le sujet d’un tournage pour le grand écran avec Une soirée à la Comédie-Française de Léonce Perret en 1935, réunissant Les Précieuses ridicules de Molière et Les Deux Couverts de Sacha Guitry. Elle le sera à nouveau avec Dominique Cabrera (Ça ne peut pas continuer comme ça en 2012) et Claude Mourieras (Meurtre en trois actes en 2016). L’adaptation d’Angels in America devient Angels – salle Escande avec Arnaud Desplechin qui la tourne, à la Comédie-Française, dans la salle de répétitions ainsi nommée.
Emboitant plus tardivement le pas aux comédiennes et comédiens qui fréquentent les plateaux de tournage, le réalisateur et la réalisatrice de cinéma s’installent sur celui de la Comédie-Française pour mettre en scène des pièces de théâtre à partir de 1986 (Paul Vecchiali pour La Parisienne d’Henry Becque). L’éclectisme des nombreuses personnalités sollicitées par l’Administrateur Jacques Lassalle élargit le champ des propositions. Tandis que Jean-Christophe Averty ̶ spécialiste des collages animés et de la télévision, invité pour son goût du comique – finit par accepter l’opportunité de monter On purge bébé de Feydeau en 1991, Youssef Chahine, formé au théâtre et au cinéma, met à profit la convention que la Comédie-Française avait signée avec la FEMIS (1989) pour faire jouer des élèves de cette école dans sa mise en scène de Caligula d’Albert Camus en 1992. La deuxième vague se forme au début du mandat d’Éric Ruf avec notamment la venue d’Arnaud Desplechin, qui signe sa première en scène en choisissant Père de Strindberg (2015) et qui retrouve la Troupe cinq ans plus tard pour Angels in America de Tony Kushner (2020), pièce pour laquelle il recourt au split screen, procédé utilisé au cinéma et matérialisé sur le plateau de la Salle Richelieu. Aussi présent au théâtre qu’au cinéma, Christophe Honoré signe pour sa part l’ambitieuse adaptation scénique du Côté de Guermantes de Proust (2021). Ces deux dernières productions étant interrompues par les confinements liés à l’épidémie de la Covid, la Comédie-Française propose aux deux cinéastes de réaliser chacun un long-métrage à partir de leur mise en scène avec les membres des distributions, Angels – salle Escande pour le premier et Guermantes pour le second –Christophe Honoré y jouant son propre rôle.
Les liens que la Comédie-Française tisse entre théâtre et cinéma donnent lieu en 2008 à la production d’une collection de films originaux pour la télévision, le projet étant qu’un cinéaste s’empare d’une pièce jouée par la Troupe dans une adaptation cinématographique très libre avec les acteurs et actrices d’une mise en scène présentée Salle Richelieu parfois de façon concomitante. Ainsi, Claude Mouriéras réalise Partage de midi (2008) avec la distribution de la pièce montée par Yves Beaunesne (création 2007), Jacques Ducastel et Olivier Martineau reprennent en 2014 la distribution de Juste la fin du monde, mise en scène par Michel Raskine (2009). Mathieu Almaric adapte à l’écran L’Illusion comique (2010) avec la distribution dirigée par Galin Stoev (2008), dont Le Jeu de l’amour et du hasard est également repris par Valérie Donzelli pour son adaptation intitulée Que d’amour ! (2013). Arnaud Desplechin tourne quant à lui La Forêt (2013) avec celle de Piotr Fomenko (2003) et Valeria Bruni-Tedeschi Les Trois Sœurs (2014) avec celle d’Alain Françon (2010). Ces rencontres des genres incluent l’acteur et metteur en scène Vincent Macaigne qui réalise son premier long-métrage avec Dom Juan et Sganarelle (2015) où il dirige, derrière la caméra, les comédiens et comédiennes de la production théâtrale du Dom Juan de Jean-Pierre Vincent (2012).Parce qu’une histoire d’amour est belle quand elle est réciproque, la Comédie-Française s’ouvre à une hybridation des genres où théâtre et cinéma se nourrissent mutuellement, qu’il s’agisse du Voyage de G. Mastorna, un scénario non réalisé de Fellini dont s’empare Marie Rémond en 2019, ou de Fanny et Alexandre que Julie Deliquet crée en 2019 à partir des œuvres romanesque et filmique homonymes d’Ingmar Bergman. Cette entrée au Répertoire du cinéaste succède à celle de Jean Renoir en 2017, lorsque Christiane Jatahy monte La Règle du jeu. Le film-même est ici à la source d’une adaptation qui conserve la forme cinématographique en faisant de la Salle Richelieu une salle de projection pendant les 30 premières minutes, durée inégalée dans les spectacles au Français. De même, le film Les Damnés de Viconti n’est pas transposé sur les planches en 2016 par Ivo van Hove ; son inspiration s’abreuve à la source, « au scénario pour le mettre en scène au théâtre».
De la diffusion d’images captées en direct à la réécriture théâtrale, toutes les formes d’(in)fidélités sont assumées, rendant passionnante cette relation que Le Silence d’après l’œuvre d’Antonioni rend encore plus éloquente en 2024. Cette création originale, radicalisant la démarche du réalisateur dans un spectacle est conçu comme un immense plan séquence, habité par une parole silencieuse.
Fellini puis, lors de la saison 2024-2025, Cassavetes : la création d’une œuvre cinématographique ne cesse de stimuler la production théâtrale.
Florence Thomas
Archiviste-documentaliste à la Comédie-Française -
Mise en scène : Constance Meyer et Sébastien Pouderoux
Dramaturgie : Agathe Peyrard
Scénographie : Alwyne de Dardel
Costumes : Isabelle Pannetier
Lumières : Juliette Besançon
Vidéo : Gabriele Smiriglia
Son : Clément Vallon
Assistanat à la mise en scène : Ferdinand Jeampy
Assistanat à la scénographie : Inês Mota
Assistanat aux costumes : Marine Dupont
Documents
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Télécharger le PDF (1.81 Mo)Programme Contre 24/25
Programme du spectacle « Contre » de Constance Meyer, Agathe Peyrard et Sébastien Pouderoux d’après la vie et l’œuvre de John Cassavetes et Gena Rowlands. Mise en scène Constance Meyer et Sébastien Pouderoux, Théâtre du Vieux-Colombier, saison 2024-2025
Distribution
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Pauline Kael, critique de cinéma ; Ed, producteur et Lelia Goldoni, actrice
Martin, stagiaire ; Dick Cavett, animateur de télévision ; un frère Vitelli, chef d’entreprise et Éric Mantego, chef opérateur -
l’Assistante d’Ed ; Burt Lane, cofondateur de The Cassavetes-Lane Drama Workshop et la Serveuse -
et
Antoine Prud'homme de la Boussinière : Thierry Raymond, critique de cinéma et un frère Vitelli, chef d’entreprise