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En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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  • L'Envers du music-hall

Colette à la première personne

Colette à la première personne
© Vincent Pontet
  • L'Envers du music-hall
« L’Envers du music-hall » de Colette, conception et interprétation Danièle Lebrun. Du 28 mars au 19 avril 2020, Studio-Théâtre.

PAR DANIÈLE LEBRUN

« Singulis » c’est être seul en scène. Toutes les options sont permises. Mon métier est de traduire des auteurs à travers les personnages qu’ils ont écrits. Donc, pour moi, pas de one woman show où je parlerais de moi d’une façon ou d’une autre. Aller chercher des pièces déjà écrites à un seul personnage ? II y en a très peu et toutes ont été multiplement reprises. C’est encore non. La solution s’est imposée : celle d’inscrire mon affaire dans un courant dont je crois qu’il a été initié par Vitez à Avignon il y a une quarantaine d’années, à travers une représentation – qu’il appelait lui-même « théâtre-récit » – du roman d’Aragon Les Cloches de Bâle. Théâtraliser un texte qui n’est pas fait pour ça en en respectant au mieux la lettre. L’aventure m’ est déjà arrivée il y a vingt ans en Suisse à travers le Senso de Boïto. Celui-là même dont Visconti a réussi une adaptation cinématographique mémorable. Travail difficile, mais au moins Senso était-il un récit linéaire à la troisième personne avec début, crise et solution, le tout faisant croître le suspens et l’intérêt.
L’Envers du music-hall de Colette, sur lequel j’ai finalement choisi de travailler, c’est une toute autre affaire : un arlequin de textes juxtaposés, contrastés jusqu’à en être contradictoires – mais surtout des histoires auxquelles Colette elle-même participe à la première personne du singulier, qu’elle se taise ou qu’ elle parle. De multiples personnages esquissés ou approfondis dans des répliques explicites ou suggérées, le tout bien entendu sans jamais renoncer à ce privilège propre du roman, c’est-à-dire le droit qu’a l’auteur de se raconter et de se commenter, lui, aussi longuement qu’il le souhaite.

> J’ai donc eu cette fois à faire avec Colette. À la fois personne et personnage.

D’habitude, sur la scène, l’auteur est implicite. Ce sont ses personnages qui jouent au public. Libre à celui-ci d’inférer à partir de ce qui se passe sur les planches si l’auteur a du talent ou non. Ici, tout se mélange puisque Colette, l’auteure, parle et que c’est souvent Colette, la comédienne, qui est en scène.
Comment jouer les deux ? Et comment jouer tous les autres dans leur diversité ? J’ai cherché et j’y ai pris du plaisir comme à ces Exercices de style de Queneau que j’ai, en leur temps, beaucoup pratiqués. Mais ce que j’espère avant tout, c’est que pour le public émerge de la représentation ce qui m’a moi-même fascinée. Une Colette différente de celle un peu convenue des manuels, une Colette femme pour qui la quarantaine approche, une Colette sûre de son talent et de son écriture, mais aussi une Colette implacable pour elle-même. Et pour les autres. Pourtant une Colette sensible et pleine de compassion.
Cette contradiction-là, je n’ai pas cherché à la résoudre.

Photographie © Vincent Pontet