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En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache

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  • La Fausse Suivante ou le Fourbe puni / en ligne Marivaux Théâtre à la table Claire de La Rüe du Can

Éclairage pédagogique

Éclairage pédagogique
  • La Fausse Suivante ou le Fourbe puni / en ligne
  • Marivaux
  • Théâtre à la table
  • Claire de La Rüe du Can
par Victoria Yanès, professeure de lettres

La Fausse Suivante, ou le Fourbe Puni de Marivaux en Théâtre à la table
Direction artistique de Claire de la Rüe du Can
avec Anne Kessler, Julie Sicard, Yoann Gasiorowski, Clément Bresson
et les comédiens de l'académie de la Comédie-Française Olivier Debbasch, Alexandre Manbon
Réalisation : Clément Gaubert

> Tout est dit, et l’on vient trop tard
La Bruyère, Les Caractères

Tels sont les mots d’un Ancien qui décrivent si bien La Fausse Suivante ou le Fourbe puni de Marivaux, alors même que ce dernier se revendique comme Moderne. En effet, lorsque la comédie commence, tout le stratagème est déjà en place : le Chevalier (Julie Sicard), qui n’est autre qu’une riche aristocrate, s’est déjà installé chez la Comtesse (Anne Kessler) pour sonder le cœur et les motivations de son futur époux, Lélio (Clément Bresson).

Dès le début de cette version « à la table » de La Fausse Suivante ou le Fourbe puni de Marivaux dirigée par Claire de La Rüe du Can, le spectateur est plongé dans une mécanique efficace. Détenteur du secret du Chevalier, il est omniscient, mais dépassé par la multiplication des mensonges déployés par ce dernier pour ne jamais se dévoiler. Chaque fois que le Chevalier semble se livrer, il distille de nouveaux mensonges. Le spectateur apprend son sexe et sa condition grâce à Frontin (Alexandre Manbon). Le Chevalier se présente comme une suivante aux yeux de Trivelin (Yoann Gasiorowski) : elle serait envoyée par sa maîtresse pour détourner Lélio de la Comtesse et obtenir sa main. Pour celle-ci comme pour Lélio, il est un chevalier désargenté. Enfin, pour Arlequin (Olivier Debbasch), il est une femme séduisante. Cet enchevêtrement de mensonges est d’autant plus impressionnant que la comédienne Julie Sicard les maîtrise avec brio et fermeté. L’actrice s’installe à la table bien déterminée à ne rien laisser paraître : ses cheveux et ses lunettes ne la masquent ni ne catégorisent son sexe.

À aucun moment, elle ne se trahit par des gestes ou une voix qui donnerait le change.

La maîtrise du Chevalier ne s’arrête pas là, il connaît les secrets des autres. Ses échanges avec Lélio lui révèlent la noirceur des intentions et le discours misogyne de ce dernier. Marivaux écrit dans ses Journaux : « [E]n vous peignant ces hommes que j’ai trouvés, je vais vous donner le portrait des hommes faux avec qui vous vivez [...] ». Les discours poncifs sur les femmes sont balayés lorsque le Chevalier ose défier Lélio, qui se défile. Par de subtiles modulations de la voix de son personnage, Clément Bresson fait entendre toute la couardise du fourbe puni. Plus il s’emporte et moins il maîtrise ce qui lui arrive.

Connaissant son sexe, Trivelin tente de faire chanter le Chevalier. Mais l’ingéniosité de celui-ci lui permet de duper le domestique trop avide. Ici Marivaux joue avec les codes du théâtre : domine non pas celui qui pose les questions ou parle le plus, mais celui qui sait laisser les interrogations en suspens ou élaborer une fiction sans jamais se dévoiler.

Ce jeu de dupes porte une certaine violence. La Comtesse est au cœur de toutes les manipulations et en souffre. À plusieurs reprises, elle est contrainte physiquement en bout de table par Lélio et Le Chevalier. Sauvée par celui-ci, elle n’en demeure pas moins seule à la fin. En vengeant son sexe, il fait fi des sentiments de la Comtesse et se plaît même à la séduire, dans une rivalité amoureuse avec Lélio. Le comique qui en résulte est grinçant. C’est le sens que l’on peut donner à cette lumière froide voulue par Claire de La Rüe du Can et qui peu à peu, recouvre les visages des personnages. Le seul à briller reste le Chevalier qui absorbe la lumière et tente de réconcilier deux conceptions opposées du mariage : celle du mariage arrangé, ancrée sur des considérations économiques, et celle, plus moderne, du mariage de sentiments. C’est une alliance de la main et du cœur que défend le Chevalier. Tous les mariages n’auront donc pas lieu, pour le meilleur et pour le pire.

Victoria Yanès, professeure de lettres

Dans le cadre de sa programmation numérique accessible à tous et à toutes et qui accompagne les élèves et leurs enseignantes et enseignants dans la préparation au bac, la Comédie-Française propose sous la forme du Théâtre à la table et à partir du 17 avril 2023, La Fausse Suivante ou le Fourbe puni de Marivaux.