Qu’est-ce qu’une fraise ?
LE SOULIER DE SATIN de Paul Claudel
Version scénique, mise en scène et scénographie Éric Ruf
Du 21 DÉC 24 au 13 AVR 25
- Photos de répétition Le Soulier de satin © Jean-Louis Fernandez
La fraise fait son apparition dans la seconde moitié du XVIe siècle dans les cours d’Europe occidentale, et reste à la mode durant le premier tiers du XVIIe siècle. C’est vers 1560 que les cols montants et les guimpes se transforment en « fraise », collerette de tissu blanc qui tient son nom de sa ressemblance avec le plat de tripes nommé fraise de veau.
Elle se compose d’une succession de fronces ou de godrons (plis ronds ressemblant à un 8). Indépendante de la chemise, elle est accrochée par-dessus le vêtement autour du cou, qu'elle dissimule pour mettre en valeur le visage. Sa forme n’a jamais cessé d’évoluer en fonction du pays, de la décennie et de la religion, ainsi que du statut social. C’est l’ancêtre des collets, jabots, cravates et autres cols foisonnants des siècles suivants.
Pour raidir le tissu et maintenir la forme idéale des plis, les fraises sont « amidonnées » ou « empesées ». Les repasseuses de la Comédie-Française, qui assurent – aujourd’hui encore – le « repassage fin » de la lingerie masculine, traitent les détails de la lingerie historique par amidonnage puis tuyautage.
Sur scène, cet accessoire évoque l’esthétique du costume de la Renaissance. Il permet au public de rapidement situer les personnages dans leur contexte historique, sans avoir à en reproduire tous les éléments.
Porté surtout par les nobles et les notables, la fraise est aussi un marqueur social. Plus elle est grande et encombrante, plus le porteur en est riche… quitte à jouer de cet accessoire jusqu’au ridicule.
- Photos des ateliers © Stéphane Lavoué
Louis-Gilles Pairault
Conservateur archiviste de la bibliothèque - musée