Résistance féminine en déportation
En ligne dès le 19 DÉC à 20h30
Avec
Alya Aglan, historienne, professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
Christiane Page, professeure émérite en études théâtrales àl’université Rennes 2 Haute Bretagne
Danièle Lebrun
Conduite par Leïla Kaddour-Boudadi, journaliste
2025 marquera le 80e anniversaire de la libération des camps de concentration. De ces lieux voués à l’extermination ont émergé des voix, des personnalités notamment féminines, qui – déportées pour des raisons allant de leurs engagements politiques à leur judaïté – ont pu parler, dire, analyser, résonner, témoigner de façon singulière.
Toutes, dès avant leur déportation ou après avoir survécu, ont pris la parole sur le drame qu’elles avaient vécu mais aussi en défense de causes aussi diverses que profondément humanistes. L’ethnologue Germaine Tillion, la femme politique et autrice Geneviève de Gaulle Antonioz qui ont fait leur entrée au Panthéon en 2015 ou encore la poétesse, dramaturge et autrice Charlotte Delbo seront convoquées par l’historienne Alya Aglan, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et Christiane Page, professeure émérite des universités en études théâtrales. Pour donner corps à ces voix si puissantes, une évidence : Danièle Lebrun, pensionnaire de la Troupe, enfant pendant la guerre et femme forgée par les combats des XXe et XXIe siècles.
Interroger la résistance féminine c’est d’abord rétablir leur apport dans un mouvement plus global où longtemps seuls les hommes ont été distingués. Mais le patriarcat n’est pas la seule explication. Interroger la résistance au féminin, c’est bannir les marqueurs temporels. Celles dont nous parlerons n’ont pas commencé à résister seulement sous l’Occupation. C’est un chemin continu qu’elles ont emprunté avec constance avant la guerre et même pendant, en prison et lors de leur déportation dans les camps. Que peut vouloir dire résister en déportation ? Survivre. Se soutenir. Rire aussi, un rire de combats. La Résistance, c’est la compagne d’une vie. Il faut ensuite raconter, témoigner, non pas pour essayer de faire comprendre ce qui est impossible de l’être, mais dire. Et s’engager. S’indigner. Jusqu’au bout.
Leïla Kaddour-Boudadi
Programme des lectures par Danièle Lebrun :
- Geneviève de Gaulle Anthonioz, « Les femmes dans la Résistance »,discours prononcé à Lyon les 15 et 16 octobre 1992 (paru dans Dialogues, Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion, Éditions Point, 2016)
- Charlotte Delbo, Une connaissance inutile, trilogie « Auschwitz et après », tome II, 1970
- Germaine Tillion, Le Verfügbar aux enfers, opérette, ÉditionsPoint, 2007
- Charlotte Delbo, Qui rapportera ces paroles ? et autres écrits inédits, Fayard, 2013