Édouard
De Max
le 30 novembre 1914
Entré à la Comédie-Française en 1915 ; sociétaire en 1918.
Édouard Alexandre Max, dit Édouard De Max, vient de sa Roumanie natale pour suivre les cours de Worms au Conservatoire, dont il sort avec deux premiers prix. Il débute aussitôt à l'Odéon (1891) dans Néron (Britannicus) qui restera un de ses rôles fétiches.
Il joue pendant plus de vingt ans sur diverses scènes, avec Sarah Bernhardt notamment, au théâtre de la Renaissance, puis au théâtre Sarah-Bernhardt, avec Antoine au théâtre Antoine, puis de nouveau à l'Odéon dans les grandes mises en scène de Jules César, Le Roi Lear, etc.
Lorsqu'il est engagé à la Comédie-Française, en 1915, ses origines étrangères, sa façon personnelle d'interpréter la tragédie classique ne lui facilitent pas la tâche, mais il conquiert dans Néron un public enthousiaste et donne de Basile (Le Barbier de Séville) une interprétation subtile. Dès lors, il joue Oreste, dans Andromaque, Polyeucte, Shylock dans Le Marchand de Venise et, après la guerre, Louis XI dans Gringoire, Don Salluste dans Ruy Blas et l'Ésope de Théodore de Banville.
Tragédien au tempérament violent, jouant autant avec son corps qu'avec sa voix, qu'il a extrêmement colorée, il donne à ses personnages une flamme qui lui vaut un public d'admirateurs. Les héros antiques (Xerxès des Perses, Œdipe des Phéniciennes) alternent avec les créations modernes (Le Prince d'Aurec de Lavedan, Le Repas du lion de Curel... ) et classiques (le Pauvre dans Dom Juan et Caritidès dans Les Fâcheux). Parmi ses derniers rôles, citons David Sichel dans L’Ami Fritz et le Chœur d'On ne badine pas avec l'amour.
Au cinéma, il participe aux premières expériences de tournage des tragédies classiques, tourne L'Ami Fritz et incarne le cardinal de Richelieu dans le film réalisé par Diamant-Berger d'après Les Trois Mousquetaires et Vingt ans après (1921/1922).