Geneviève
Casile
Entre à la Comédie-Française
le 30 novembre 1960
Son père est ingénieur des Travaux publics, sa mère est peintre et musicienne. Le grand-père, Marseillais, est un peintre coté. La jeune fille a trois passions, le piano, la danse, la peinture. Elle obtient d’ailleurs un premier prix de Conservatoire de piano de Reims. À l’âge de quatre ans, elle rejoint la troupe de Roland Petit, apprend à faire des pointes chez Maurice Béjart. En 1961, elle passe le concours du Conservatoire national de Paris. Elle reçoit les premiers prix de comédie classique avec Sylvia dans Le Jeu de l’amour, de comédie moderne avec le rôle du Sphinx dans La Machine infernale de Jean Cocteau et le prix de tragédie avec l’infante du Cid.
Maurice Escande la fait entrer à la Comédie-Française. Sur scène, elle se retrouve entre Robert Hirsch, Jean Piat, Jacques Charon, Berthe Bovy et Annie Ducaux. Elle joue Electre, Célimène, Elvire, Elmire, Junie, Bérénice, Andromaque… Elle joue Le Cid de Corneille ‒ l’expérience n’est pas heureuse ‒, mais Roxane de Cyrano lui fait oublier la déception qu’elle a connu avec Chimène. Si le Boulevard lui avait offert un rôle extraordinaire, « je l’aurais refusé », répond-elle sans hésiter dans les années soixante, comme elle a refusé de nombreux projets de cinéma. « Rien ne comptait plus pour moi que de réussir mon entrée dans la maison de Molière ».
À la télévision, cependant, elle devient Marie-Antoinette ou la marquise Cibo de Lorenzaccio pour le cinéaste Franco Zeffirelli, elle est Lucrèce Borgia, Diane de Meridor, l’espionne de Shulmeister. Elle est Isabelle d’Angleterre des Rois maudits. Reine absolue, héroïne tragique par excellence et par essence, impératrice, grâce blonde de l’éternel féminin, elle sera Marie Stuart, Elisabeth d’Angleterre, la reine de Ruy-Blas ou encore Dona Sol dans Hernani sous l’aile de Robert Hossein, la princesse d’Elide sous l’égide de son maître et chorégraphe Maurice Béjart dans Les Plaisirs de l’île enchantée… Puis la comtesse de La Fausse Suivante pour Jacques Lassalle ou, bien sûr, la comtesse du Mariage de Figaro de Beaumarchais pour Antoine Vitez, en 1989.
Le danger ne lui fait pas peur, ne l’empêche pas de s’aventurer sur des terres risquées : elle interprète Carmen dans Le Balcon de Jean Genet, dirigée par Georges Lavaudant. Elle joue les contemporains David Mamet, Arrabal, Pierre-Olivier Scotto. En 1993, après plus de trente ans passés dans la Maison de Molière, elle donne sa démission à l’administrateur Jacques Lassalle. Aussitôt cependant, elle devient Gertrude pour Francis Huster qui joue et dirige Hamlet au Théâtre Marigny, avec également Michel Aumont. L’année suivante, L’Allée au Roi : Geneviève Casile incarne toutes les figures de la féminité du grand siècle.
La dame devient un guide de la beauté lumineuse du siècle d’or du théâtre français, reine, martyre ou fille de joie, sous la plume de Françoise Chandernagor. Madame Casile, aujourd’hui sociétaire honoraire de la Comédie-Française, aime les personnages impurs, raffole du dandysme raffiné et du cynisme d’Oscar Wilde, dont elle jouait Madame Erlynne dans L’Éventail de Lady Windermere, mondaine sulfureuse devenue mère aimante.
Femme peintre, artisan véritable, comédienne inouïe, travailleuse humble, « traqueuse » de première et incarnation admirable de l’expression « port de reine », Geneviève Casile est aujourd’hui l’honneur d’un théâtre brûlant de passion tragique.
Saisonpassées
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Portrait d'acteur
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de Molière
Mise en scène Jean-Luc Boutté
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de Molière
Mise en scène Jean-Luc Boutté -
de Marivaux
Mise en scène Jacques Lassalle
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de Marivaux
Mise en scène Jacques Lassalle -
de Luigi Pirandello
Mise en scène Didier Bezace -
de Beaumarchais
Mise en scène Antoine Vitez
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