Cher public,
Vous avez réservé des places pour Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Ivo Van Hove et programmé à la Grande Halle de La Villette.
En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h
Janvier - juillet 2026
La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.
Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.
Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache
Consultez nos conditions générales de ventes pour les conditions d'accès.
La Comédie-Française au Festival d'Avignon
Créé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d’Avignon reçoit pour la première fois la Troupe en 1972 après un projet abandonné pour des raisons budgétaires en 1970. Jean-Paul Roussillon met alors en scène Œdipe roi et Œdipe à Colone dans la Cour d’honneur du Palais des Papes.
La Comédie-Française est ensuite invitée par les directeurs du Festival tantôt pour la qualité de ses mises en scène traditionnelles, tantôt pour la reconnaissance de son avant-gardisme, au gré des directions respectives aux destinées parfois entremêlées.
De 1980 à 2025, des textes classiques mais aussi contemporains (Pinget, Pinter, Rezvani, Visconti…), sont lus ou mis en scène dans les différents lieux investis par le Festival, de la Cour d’honneur du Palais de papes à la Carrière de Boulbon, en passant par les cloîtres (Palais-Vieux, Carmes) et chapelle (Sainte Claire).
Le patrimoine de la Comédie-Française a également « tourné » en Avignon avec sa collection de portraits de comédiens (Collection Lambert, 2006) et ses maquettes en volume, témoignages des scénographies contemporaines (Maison Jean Vilar, 2016).
L’exposition illustre la présence discontinue, mais toujours remarquée, de la Comédie-Française au Festival d’Avignon, au travers de quelques spectacles marquants auxquels s’ajoutera le souvenir du Soulier de satin mis en scène en 2025 par Éric Ruf dans la Cour d’honneur du Palais des Papes.
Exposition présentée au Studio-Théâtre d’avril à juillet 2025.
“On y joue !”
Les comédiens évoluent dans une immense cage entourée de murailles noires où scintille l’argent des cuirasses, emblèmes et armes apposées sur les tuniques de cuir.
Les deux spectacles amenés par Pierre Dux, « Richard III » par Terry Hands et les deux « Œdipe », laissent la presse indifférente quand elle n’est pas sceptique sur le fait que le Français puisse se « mettre à l’heure de la Cour d’honneur ». L’invitation n’est pas renouvelée, au regret de Pierre Dux qui déplore que Puaux et le maire d’Avignon veuillent préserver le côté « avant-gardiste » alors qu’à son avis, « la présentation de pièces par la Comédie-Française à Avignon va parfaitement dans le sens de Jean Vilar ».
Les spectateurs pouvaient observer, près de trente minutes avant le début du spectacle, dans un décor dépouillé, une cérémonie du chœur chorégraphiée au rythme des percussions. Ce chœur, intimement lié ensuite à l’action, formait des tableaux éloquents et esthétiquement, très beaux.
Comme prévu, en 1981, la Comédie-Française occupe la Cour d’honneur que lui a réservée Bernard Faivre d’Acier qui signe sa première programmation marquée par la venue de grandes institutions aux côtés de jeunes metteurs en scène et jeunes compagnies.
« Médée » d’Euripide, montée par Jean Gillibert, inaugure le festival.
Avec « Médée », nous prenons des risques, entendez par là que porter un regard contemporain sur la tragédie grecque (qui, hélas, n’est plus à notre Répertoire) sans la trahir, n’est pas une mince affaire » (entretien avec l’administrateur Jacques Toja, 1981).
L’adaptateur, metteur en scène et psychiatre Jean Gillibert livre avec cette « Médée » un plaidoyer en faveur de la condition féminine.
Bernard Sobel, pressenti pour monter « Coriolan » en 1981, représente la Comédie-Française avec « Marie Stuart » de Schiller au cloître de Villeneuve-lès-Avignon en 1983.
Jean-Pierre Vincent, alors directeur du T.N.S qui ouvre le Festival avec « Les Dernières nouvelles de la peste » de Bernard Chartreux, apprend à Avignon sa nomination à la direction de la Comédie-Française.
« Médée » est joué dans la Cour d’honneur en alternance avec « Le Roi Lear » monté par Daniel Mesguich. Les représentations sont complétées par des lectures au Cloître du Palais-Vieux.
Deux ans plus tard, Jean-Pierre Vincent accompagne, avec « Macbeth », la Comédie-Française à Avignon. La mise en scène par Jean Vilar, alors malade, dans la Cour d’honneur, est un critère décisif pour Jean-Pierre Vincent : « C’est un fantôme avec lequel il est fascinant de dialoguer ». Une pelouse naturelle a été plantée pour la circonstance dans la Cour d’honneur du Palais des Papes.
L’esthétique de roman gothique exacerbée par le Palais des papes demeure invisible aux spectateurs pendant quelques jours en raison du mistral qui interrompt des représentations.
Chaque année, à partir de 1985, un écrivain est mis à l’honneur. Fruit de la rencontre entre Alain Crombecque qui veut faire entendre des auteurs contemporains et Jean-Pierre Vincent qui renoue, au cours de son mandat, avec les soirées littéraires, « Le Savon » de Francis Ponge – porté à la scène pour la première fois – est, pour la Comédie-Française, « une autre façon d’imaginer le spectacle ».
Jacques Lassalle met en scène « Dom Juan », « l’œuvre matrice de beaucoup d’autres » (Bernard Faivre d’Acier, de retour à la direction du Festival) qui n’avait pas été joué depuis 35 ans avec Jean Vilar dans le rôle-titre. Le metteur en scène et administrateur apprendra lors du Festival la non-reconduction de son mandat. La malchance s’abat. La pluie sur le plateau en pente rend le décor – d’une beauté très assortie au cadre architectural – impraticable aux comédiens. Des représentations doivent être annulées.
Pour sa première mise en scène avec la Troupe, Ivo van Hove signe l’entrée au Répertoire du scénario des « Damnés ». Cette production a marqué le retour de la Comédie-Française au Festival d’Avignon après vingt-trois ans d’absence.
Chronique au scalpel d’une famille d’industriels pendant la prise du pouvoir des nazis en 1933 en Allemagne, Ivo van Hove retient la débauche idéologique d’une société prête aux alliances les plus venimeuses au profit de ses seuls intérêts économiques.
« Pour montrer ce rituel du Mal, j’ai créé un espace qui relève de l’installation, en relation avec d’autres espaces pensés pour accueillir des rituels. Comme une Cour ou un Parlement, une église… […] Pour les matériaux et les couleurs, j’ai tout simplement été inspiré par la sidérurgie. L’immense sol orange évoque le feu et, à Avignon, il devrait refléter les lumières et produire un effet de grande concentration » (entretien avec le scénographe Jan Versweyveld, juin 2016).
Le spectacle a été créé le 30 juin 2024 au Festival d’Avignon, présenté au théâtre antique d’Épidaure dans le cadre du Festival d’Athènes et d’Épidaure les 26 et 27 juillet 2024, il effectue une tournée en France et en Europe de septembre 2024 à janvier 2025, et sera présenté à la Comédie-Française Salle Richelieu à partir du 28 mai 2025.
Pour sa première collaboration avec la troupe de la Comédie-Française, Tiago Rodrigues, auteur, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon, s’empare de l’histoire d’Hécube.
Tiago Rodrigues a coutume de dire qu’il n’écrit pas de pièces pour le théâtre mais pour les comédiennes et comédiens qui font la pièce. Dans « Hécube, pas Hécube », une actrice répète « Hécube » d’Euripide. Les enjeux atemporels de la femme antique, troyenne, sont mêlés à ceux d’une femme d’aujourd’hui, comédienne et mère, prise au cœur de tourments similaires.
« C’est un énorme privilège de pouvoir créer un spectacle en sachant qu’il va avoir plusieurs vies. Passer de la Carrière de Boulbon à la Salle Richelieu par exemple, constitue une difficulté technique et artistique certaine : mais c’est aussi une chance d’imaginer un spectacle qui puisse dialoguer avec des espaces aussi différents. […] Cela m’oblige à définir, dès le départ, une règle du jeu, avant même de produire un texte. Certes, l’élément textuel est central dans mon travail mais il n’est pas la source du décor ou des costumes. Ces derniers, comme le travail avec les comédiennes et les comédiens, conditionnent le processus d’écriture » (entretien avec Tiago Rodrigues, février 2024).
Informations pratiques
Exposition réalisée au Studio-Théâtre par la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française au cours de la saison 2024-2025.
Pour tout renseignement, s’adresser à : Mélanie Petetin au 01 44 58 14 78 –
melanie.petetin@comedie-francaise.org