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Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Britannicus

de Jean Racine
Mise en scène Stéphane Braunschweig
Saison 2017-2018
Du 21 juin au 22 juillet
Durée 2h00 (sans entracte)
Lieu Salle Richelieu
Britannicus
Lire le passé à l’aune du présent, voilà sans doute ce que Stéphane Braunschweig sait faire mieux que quiconque : regard affûté qui renouvelle la lecture des textes pour nous les faire réentendre, respect absolu des mots et de l’auteur, vision de l’espace où se déploie le verbe.

Découvrir la pièce

  • Figure de proue du théâtre contemporain, il met en scène pour la première fois la Troupe en 2016 avec Britannicus de Racine. Et de s’attaquer ainsi à un répertoire qu’il n’avait encore jamais abordé, celui de la tragédie classique française. Mis en scène par Jean-Pierre Miquel en 1978, Jean-Luc Boutté en 1990 et Brigitte Jaques-Wajeman en 2004, Britannicus est un tissu d’intrigues entre professionnels de la politique. Leurs ambitions affichées sont étroitement mêlées à la sphère intime par les liens filiaux, par les haines ou les amours qu’ils se vouent. Racine choisit un épisode particulier de l’histoire romaine, ce moment où émerge un monstre, Néron, véritable héros d’une œuvre qui porte le nom de sa victime. C’est le récit d’une prise de pouvoir dont les ressorts sont contenus dans la personnalité du jeune empereur.
    Dans un espace évoquant un « lieu de pouvoir moderne, réel, où se tiennent des discussions auxquelles le peuple n’a pas accès et où se prennent des décisions », Stéphane Braunschweig met en lumière « l’intrication étroite des données psychologiques et des données politiques ».

    Afin de permettre au plus grand nombre d’assister à la représentation du spectacle, Pathé Live diffusera Britannicus en direct de la salle Richelieu, le jeudi 5 juillet à 20h15, dans plus de 300 salles de cinéma dont 70 salles Gaumont et Pathé.

    Des reprises au cinéma sont proposées du 22 juillet au 14 octobre 2018 dans plus de 400 salles de cinéma.
    En savoir plus

    ATTENTION

    « MA TRAGÉDIE n’est pas moins la disgrâce d’Agrippine que la mort de Britannicus. » Ainsi Racine définit-il Britannicus dans sa préface. Pour l’auteur, le sujet politique et familial est donc tout aussi important que le sujet pathétique, mais la sensibilité du public de l’époque tend à le contredire. S’il choisit d’intituler sa pièce du nom d’un personnage secondaire, c’est que le public de son époque s’émeut des figures attendrissantes, dont Britannicus est l’archétype.

    Politique par son sujet, elle l’est aussi par le contexte de sa création. La préparation de cet événement se joue dans les salons où Racine lit sa première pièce romaine, inspirée de Tacite et Suétone, et où on laisse entendre qu’il s’est surpassé, écrivant la meilleure tragédie de son temps. On rapporte même qu’elle pourrait tout bonnement effacer la production tragique antérieure – notamment celle de Corneille –, devenant un véritable coup d’État littéraire. Lors de sa création, le 13 décembre 1669 à l’Hôtel de Bourgogne, elle fait d’ailleurs les frais d’une cabale et subit la concurrence d’une exécution capitale. Politique, elle l’est encore par la récupération qu’en fait la critique qui suppose que Louis XIV y aurait trouvé une raison de renoncer à l’un de ses plaisirs favoris, celui de la danse, marquant un tournant du règne vers une austérité affichée. Il suit en cela Narcisse rapportant à Néron que les Romains critiquent son goût et sa pratique du théâtre, incompatibles avec l’exercice du pouvoir.

    L’INTERPRÉTATION COMME ÉQUILIBRE DES RAPPORTS DE FORCE

    L’histoire de l’interprétation de Britannicus tient beaucoup à l’équilibre instauré par les acteurs dans la distribution des rôles. Dans un premier temps, le rôle-titre en est considéré comme le héros par les spectateurs qui aiment à verser des pleurs. Le public réclame que Floridor, créateur de Néron et acteur apprécié de tous, laisse ce rôle exécrable de peur d’être « obligé de lui vouloir du mal ». Le rapport s’inverse en 1757 quand Le Kain s’empare du rôle de l’empereur. Son tempérament le pousse à sortir d’une interprétation du « monstre naissant » en demi-teinte, pour en faire un tyran totalement assumé.

    Talma reprend probablement une grande part du jeu de Le Kain, mais accentue la maturité du personnage et l’impression de terreur qu’il inspire. En 1872, la nouvelle mise en scène d’Émile Perrin joint les talents de Mounet-Sully (Néron), Madame Arnoult-Plessy (Agrippine) et Sarah Bernhardt (Junie) : « sensualité fauve », « crise de joie diabolique », note l’acteur dans son exemplaire de la pièce. La férocité du personnage est accentuée, allant clairement vers la folie. Au début du XXe siècle, l’interprète le plus marquant est De Max qui reprend tous les détails d’excentricité du personnage tant dans le costume que dans l’attitude décadente, suggérant une relation incestueuse avec sa mère.

    Durant la période qui précède l’ère de la mise en scène, les interprétations oscillent entre le « monstre naissant » (De Max) et le tyran d’âge mûr (Le Kain, Talma) mais contribuent toutes à en faire le véritable héros de la pièce aux dépens de Britannicus, le politique prenant l’ascendant sur le pathétique.

    BOUGER LES LIGNES

    Il faudra attendre 1952 et la mise en scène de Jean Marais pour que la Comédie-Française sorte de ses habitudes. Tout juste engagé comme pensionnaire dans l’emploi des « princes de tragédie », l’acteur omnipotent réalise à la fois la mise en scène, les décors, les costumes du spectacle et interprète lui-même Néron face à Marie Bell en Agrippine. Ce qui est vu comme une prise de pouvoir au sein du premier théâtre de France résonne étrangement avec le sujet de la tragédie. Marais est hué et donne sa démission quelques mois plus tard. À l’opposé de cet essai d’ouverture avorté, la mise en scène de Michel Vitold, en 1961, permet à deux immenses interprètes du Français de se mesurer à des personnages qui sortent de leur emploi habituellement comique dans un duel des plus convaincants : Annie Ducaux en Agrippine et Robert Hirsch en Néron.
    La lecture qu’en fait Jean-Pierre Miquel, en 1978, va dans le sens d’une pièce purement politique, en écartant totalement l’arrière-plan psychanalytique qui dominait depuis quelques années dans la critique littéraire (notamment Roland Barthes). Il fait donc s’affronter à parts égales Jean-Luc Boutté, Néron froid et calculateur, Denise Gence (Agrippine), mais aussi Francis Huster (Britannicus).
    En 1989, Jean-Luc Boutté offre à son tour une mise en scène de la pièce. C’est Richard Fontana qui interprète Néron, aux côtés de Françoise Seigner, là encore à contre-emploi dans Agrippine. Il prend le contre-pied de la lecture de Miquel dix ans auparavant en soulignant le processus passionnel, le « monstre naissant », la dimension politique étant selon lui intrinsèque à la pièce.
    La dernière mise en scène en date est celle de Brigitte Jaques-Wajeman, au Théâtre du Vieux-Colombier en 2004. Alexandre Pavloff joue alors Néron et Dominique Constanza Agrippine, tous deux hantés par une relation incestueuse. La metteure en scène conçoit la pièce comme une méditation sur le mal, sur la tyrannie, dans sa dimension la plus universelle.
    Stéphane Braunschweig, lui, voit dans l’intrication des enjeux politiques et des motifs passionnels le cœur même de la tragédie racinienne – et a fortiori de Britannicus. Attentif aux soubresauts de la pièce, il veut mettre en scène la rencontre à haut risque des calculs du pouvoir et de l’imprévisibilité des affects.

    • Visuel : Le Kain en Néron, Brizard en Burrhus (Britannicus de Racine), gouache de Fesch et Whirsker, 1770-1788 – photo. Patrick Lorette, coll. CF
  • Mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig
    Costumes : Thibault Vancraenenbrœck
    Lumières : Marion Hewlett
    Son : Xavier Jacquot
    Maquillages : Karine Guillem
    Collaboration artistique : Anne-Françoise Benhamou
    Collaboration à la scénographie : Alexandre de Dardel
    Assistanat à la mise en scène : Laurence Kélépikis

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