Singulis / François, le saint jongleur
Interprétation – Guillaume Gallienne
Du 29 septembre au 15 octobre
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Sur la route, il restaure les églises, négocie avec le loup, parle aux oiseaux et conte en langue vulgaire les Évangiles. Avec joie et malice, le saint d’Assise saisit les badauds, les amuse, les émeut tout en dénonçant le pouvoir, la manipulation et la guerre. François harangue la foule, il parle avec tout son corps et toute sa voix. L’écouter, c’est assister à un spectacle, à une comédie religieuse. Il a le savoir-faire d’un grand acteur et d’un saint jongleur.
Pour poursuivre ses prédications avec ses frères les pauvres, il doit convaincre le pape Innocent des bienfaits de sa communauté. « Pour moi, le seul-en-scène c’est une liberté totale. Je m’inspire beaucoup de la démarche de Dario Fo, proche du théâtre de rue. Le seul-en-scène me semble aussi aller vers ce dépouillement, puisque subsiste ici la parole seule. Ce théâtre renoue avec le conte et établit une relation plus directe avec les spectateurs. Ici, je ne suis pas un acteur, je suis un conteur qui véhicule la parole d’un auteur, qui livre un récit au public en le sollicitant constamment » dit Guillaume Gallienne que Claude Mathieu, sa marraine de théâtre et doyenne de la Troupe, met en scène.
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Compte tenu de l’instabilité du contexte sanitaire et des mesures relatives à l’accueil du public, nous mettrons en vente les spectacles au fur et à mesure de la saison.
Nous vous informons par courriel, sur notre site Internet et nos réseaux sociaux des prochaines ouvertures de vente.LA PRATIQUE THÉÂTRALE DU SOLO est relativement récente à la Comédie-Française. Depuis le XVIIe siècle, l’institution se définit d’abord en tant que troupe de comédiens dont la dimension collective prime sur l’expression des individualités. Samuel Chappuzeau dans son Théâtre François le souligne dès 1674, comparant les troupes théâtrales à des « corps » politiques, comme autant de petites « Républiques ». Des comédiens, il dit qu’« ils n’admettent point de supérieur, le nom seul les blesse ; ils veulent tous être égaux, et se nomment camarades. » La devise de la Comédie-Française, Simul et Singulis (être ensemble et être soi-même), qui apparaît en 1682, assortie de l’emblème à la ruche bourdonnante, caractérise cette philosophie où chacun contribue par son talent propre à l’œuvre collective.
Point de solo… mais des solistes
Si la pratique du spectacle seul-en-scène n’est pas de mise, le « solo » que constitue le monologue est fort attendu du public et, parfois, mis en scène pour faire apparaître le protagoniste dans toute sa splendeur et en contraste avec le reste de la Troupe. Il s’agit là d’un effet du système de vedettariat qui émerge nettement au XIXe siècle.
Les pratiques solistes se développent le plus souvent en dehors de l’activité du théâtre. Les comédiens, dans des tournées personnelles programmées parfois sans égard pour les intérêts de la Comédie-Française – Talma, Rachel... ont pu partir en laissant leurs camarades en difficulté – emmènent leurs malles de costumes, mais recrutent sur place comparses et décors de fortune pour jouer les grandes scènes de leur répertoire. La représentation s’apparente alors à un récital de morceaux choisis, propre à mettre en valeur l’acteur dont le talent est d’autant mieux affirmé qu’il évolue aux côtés de comédiens de seconde zone, si ce n’est d’amateurs.
Le texte monologué se développe véritablement à la fin du XIXe siècle, grâce aux frères Coquelin mais reste aujourd’hui encore une exception. La devise, Simul et Singulis, résume à elle seule l’indispensable paradoxe pour un acteur de Troupe.- Visuel : ruche, gravure Guillaumot fils
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Adaptation et traduction : Toni Cecchinato et Nicole Colchat
Mise en scène : Claude Mathieu
interprétation : Guillaume Gallienne
Lumières : Denis Koransky