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Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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La Cerisaie

d'Anton Tchekhov
Mise en scène Clément Hervieu-Léger
Saison 2022-2023
Du 31 octobre au 30 janvier
Durée 2h15
Lieu Salle Richelieu
La Cerisaie
Au crépuscule d’un empire féodal qui rebat ses cartes politiques et sociales au tournant du XXe siècle, la cerisaie est un havre de beauté ; l’auteur russe cristallise en elle les tiraillements de la fin d’une époque.

Découvrir la pièce

  • « Il faut que tout change pour que rien ne change » énonce Tancredi dans Le Guépard de Tomasi di Lampedusa, filmé par Visconti. Clément Hervieu-Léger y reconnaît la sensibilité de la communauté inventée par Tchekhov.

    Acculés à la vente, Lioubov – qui vient de rentrer de Paris – et les siens n’ont pas compris l’urgence de la situation. Les habitudes, comme les souvenirs d’enfance d’une classe aristocratique que tout semblait jusque-là épargner, les ont rendus incapables de clairvoyance, et ce malgré les mises en garde du marchand Lopakhine, fils d’un ancien moujik qui rachètera finalement la propriété aux enchères.

    Après avoir monté Molière et Goldoni, Frank Wedekind et Jean-Luc Lagarce, Clément Hervieu-Léger en vient à cette pièce, écho des mouvements de notre société, miroir des complexités de nos vies : « J’aime le théâtre fait de souvenirs. Ceux de l’auteur. Les nôtres. J’aime ces pièces testamentaires, non pas parce qu’elles nous obligeraient à une lecture quasi biographique, mais parce qu’elles nous interdisent de faire l’économie de nous-mêmes » dit le metteur en scène qui la porte intimement en lui depuis longtemps. C’est dans un esprit de troupe qu’il investit avec ses camarades de jeu ce théâtre qui sublime le naturel et le sensible. Qu’il s’agisse de l’amour de Lopakhine pour la cerisaie et sa propriétaire, des idéaux politiques de l’éternel étudiant, du sérieux laborieux de la jeune Varia ou de la fidélité du vieux serviteur Firs, tous disent à la fois la nostalgie et l’avenir, l’abandon et le renouveau.

    Spectacle créé le 13 novembre 2021 Salle Richelieu

    « Le génie de Tchekhov est dans ce dialogue si simple, où l’on entend ses personnages non point parler, mais sentir » (Elsa Triolet). Tout aussi discrètement, la Comédie-Française noue son histoire avec Tchekhov à partir de 1945 en programmant d’abord de courtes pièces - L’Ours et Le Chant du cygne -, avant d’ouvrir plus largement la porte à Oncle Vania, en 1961 lors du centenaire de la naissance de l’auteur. Perçue comme une rupture dans l’histoire de la Maison de Molière, elle reflète la tendance des théâtres subventionnés à accueillir l’œuvre désormais classique de Tchekhov, révélée en France par l’avant-gardiste Georges Pitoëff à partir de 1921.

    La plupart des « grandes pièces » de Tchekhov sont entrées au répertoire dans des mises en scène tendant à gommer diversement les références slaves pour une plus neutre universalité, et ce, dès 1961 (Oncle Vania monté par Jacques Mauclair). Évoquée par quelques bouleaux, la Russie restituée par Otomar Krejca qui débarrasse sa Mouette (1980) de ses clichés en insistant sur le caractère charnel disparait totalement sur le plateau nu d’Ivanov, « pièce dédiée au vide » montée par Claude Régy (1984).

    L’empathie pour ces personnages parfois taiseux, toujours blessés, dont l’âme slave parait cependant universelle voire familière (Guillaume Gallienne, metteur en scène de Sur la grand-route, 2007), favorise une appropriation du texte. Coupé et réduit de quatre heures (Platonov, Jacques Lassalle, 2003), assemblé en diptyque (Le Chant du cygne et L’Ours, Maëlle Poésy, 2016), le texte peut aussi être redistribué pour « collectiviser des scènes » et mettre des solitudes ensembles (Vania, Julie Deliquet, 2017).

    Comédie ou tragédie, la qualification des pièces de Tchekhov qui opposa l’auteur à Stanislavski oriente les choix artistiques des metteurs en scène. La Cerisaie est une comédie, davantage qu’une tragédie, pour Alain Françon (1998) qui s’accorde ainsi avec Jean-Paul Roussillon, metteur en scène des Trois sœurs (1979). Françon revint à cette ultime pièce de Tchekhov sur l’adieu, en la montant cette fois dans les décors de Stanislavski pour sa dernière mise en scène à la direction du Théâtre de la Colline et en offrant à Roussillon, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, son dernier rôle sur scène (Firs) dans un spectacle qui, sans lui, n’a jamais été repris.

    • Visuel : La Cerisaie, mise en scène d'Alain Françon, 1998, avec Catherine Ferran, Andrzej Seweryn - photo. Isabelle Lévy
  • Traduction : André Markowicz et Françoise Morvan
    Mise en scène : Clément Hervieu-léger
    Scénographie : Aurélie Maestre
    Costumes : Caroline de Vivaise
    Lumière : Bertrand Couderc
    Musique originale : Pascal Sangla
    Son : Jean-Luc Ristord
    Travail chorégraphique : Bruno Bouché
    Collaboration artistique : Aurélien Hamard-Padis
    Assistanat aux costumes : Claire Fayel

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