La Cerisaie
Directed by Clément Hervieu-Léger
Du 31 October au 30 January
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“Everything must change so that nothing changes” comments Tancredi in Tomasi di Lampedusa’s The Leopard, made into a film by Visconti, a work in which Clément Hervieu-Léger recognises the sensitivity of the community invented by Chekhov.
Having been forced to sell, Lyubov – who has just returned from Paris – and her family have not grasped the urgency of the situation. Habits, like the childhood memories of an aristocratic class who seemed to have been spared all troubles in life up to then, have rendered them incapable of clear-sightedness, despite the warnings of the marshal Lopakhin, the son of a peasant who will end up buying the property at auction.
After directing Molière and Goldoni, Frank Wedekind and Jean-Luc Lagarce, Clément Hervieu-Léger has now come to this play, a reflection of the movements of our society and the complexities of our lives: “I like a theatre made of memories. The author’s. Our own. I am drawn to these testamentary plays, not because they force us to read our own lives into them, but because they forbid us from sparing ourselves”, explains the director who has nurtured the desire to stage the play for a long time. Along with his fellow actors he takes on this theatre in a troupe spirit that sublimates the natural and the sensitive. Whether it is Lopakhin’s love for the cherry orchard and its owner, the political ideals of the eternal student, the hard-working seriousness of the young Varia or the fidelity of the old servant Firs, they all express both nostalgia and the future, abandonment and renewal.
Premiere 13 November 2021 Salle Richelieu
« Le génie de Tchekhov est dans ce dialogue si simple, où l’on entend ses personnages non point parler, mais sentir » (Elsa Triolet). Tout aussi discrètement, la Comédie-Française noue son histoire avec Tchekhov à partir de 1945 en programmant d’abord de courtes pièces - L’Ours et Le Chant du cygne -, avant d’ouvrir plus largement la porte à Oncle Vania, en 1961 lors du centenaire de la naissance de l’auteur. Perçue comme une rupture dans l’histoire de la Maison de Molière, elle reflète la tendance des théâtres subventionnés à accueillir l’œuvre désormais classique de Tchekhov, révélée en France par l’avant-gardiste Georges Pitoëff à partir de 1921.
La plupart des « grandes pièces » de Tchekhov sont entrées au répertoire dans des mises en scène tendant à gommer diversement les références slaves pour une plus neutre universalité, et ce, dès 1961 (Oncle Vania monté par Jacques Mauclair). Évoquée par quelques bouleaux, la Russie restituée par Otomar Krejca qui débarrasse sa Mouette (1980) de ses clichés en insistant sur le caractère charnel disparait totalement sur le plateau nu d’Ivanov, « pièce dédiée au vide » montée par Claude Régy (1984).
L’empathie pour ces personnages parfois taiseux, toujours blessés, dont l’âme slave parait cependant universelle voire familière (Guillaume Gallienne, metteur en scène de Sur la grand-route, 2007), favorise une appropriation du texte. Coupé et réduit de quatre heures (Platonov, Jacques Lassalle, 2003), assemblé en diptyque (Le Chant du cygne et L’Ours, Maëlle Poésy, 2016), le texte peut aussi être redistribué pour « collectiviser des scènes » et mettre des solitudes ensembles (Vania, Julie Deliquet, 2017).
Comédie ou tragédie, la qualification des pièces de Tchekhov qui opposa l’auteur à Stanislavski oriente les choix artistiques des metteurs en scène. La Cerisaie est une comédie, davantage qu’une tragédie, pour Alain Françon (1998) qui s’accorde ainsi avec Jean-Paul Roussillon, metteur en scène des Trois sœurs (1979). Françon revint à cette ultime pièce de Tchekhov sur l’adieu, en la montant cette fois dans les décors de Stanislavski pour sa dernière mise en scène à la direction du Théâtre de la Colline et en offrant à Roussillon, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, son dernier rôle sur scène (Firs) dans un spectacle qui, sans lui, n’a jamais été repris.
- Visuel : La Cerisaie, mise en scène d'Alain Françon, 1998, avec Catherine Ferran, Andrzej Seweryn - photo. Isabelle Lévy
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Translation: André Markowicz and Françoise Morvan
Directed by: Clément Hervieu-Léger
Scenography: Aurélie Maestre
Costumes: Caroline de Vivaise
Light: Bertrand Couderc
Original music: Pascal Sangla
Sound: Jean-Luc Ristord
Choreographic work: Bruno Bouché
Artistic collaboration: Aurélien Hamard-Padis
Costume assistant: Claire Fayel
Documents
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Télécharger le PDF (5.01 MB)Programme La Cerisaie 22/23
Programme de La Cerisaie d'Anton Tchekhov. Mise en scène Clément Hervieu-Léger, Salle Richelieu (Saison 2022/2023)
Casting
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Sanda Bourenane : une invitée
Vincent Breton : un employé de la poste
Olivier Debbasch : le Chef de gare
Yasmine Haller : une domestique
Ipek Kinay : une invitée
Alexandre Manbon : un passant