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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Bérénice

de Jean Racine
mise en scène Guy Cassiers
Saison 2024-2025
Du 26 mars au 11 mai
Durée Durée 1h50
Lieu Théâtre du Vieux-Colombier
Bérénice
Cher public, nous vous informons que le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre sont en relâches exceptionnelles le samedi 19 avril, le dimanche 20 avril, et le jeudi 1er mai. La salle Richelieu est également en relâche le samedi 19 avril et le 1er mai.
À bientôt !

Figure majeure du théâtre flamand, Guy Cassiers choisit Racine pour sa deuxième mise en scène à la Comédie-Française, après Dostoïevski dont il a adapté « Les Démons » Salle Richelieu en 2022.

Découvrir la pièce

  • Bérénice ouvre de multiples voies de réflexion à cet artiste dont le théâtre interroge l’histoire européenne, la prégnance des discours politiques en portant une attention particulière à la dimension humaine que la littérature recèle. La tragédie de Racine lui offre une intrigue réduite à sa plus simple expression, concentrée sur la déroute des sentiments.

    Devenu empereur de Rome à la mort de son père, Titus doit revenir (ou pas) sur sa promesse de mariage faite à Bérénice car le Sénat réfute toute union avec une reine étrangère. Guy Cassiers oppose une Bérénice forte à la lâcheté de Titus et de son ami Antiochus, également épris d’elle. Ce sont deux hommes de pouvoir qui se présentent en victime de la situation.

    Ainsi, cette pièce, créée à la Comédie-Française en 1680, est représentée dans une forme des plus novatrices, signant l’alliance d’un grand classicisme dans le texte et d’une remarquable modernité visuelle. Reconnu pour sa maîtrise des technologies de l’image et leur imbrication dans les enjeux dramaturgiques, Guy Cassiers imagine le lieu de l’intrigue, une « antichambre où le temps semble suspendu », en évolution permanente selon les états psychiques des personnages. En choisissant de faire interpréter Titus et Antiochus par un seul acteur, comme leurs confidents respectifs, il plonge la scène dans le désordre des perceptions. L’entièreté du plateau est rendue à la fantasmagorie, en premier lieu celle de Bérénice perdant toute emprise sur la réalité.

    NOUVELLE PRODUCTION

    EN TOURNÉE
    FRANCE ET EUROPE
    MAI > JUIL

    et le mécénat de l'entreprise Essayons de simplifier

    « Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». (Jean Racine, préface de Bérénice).

    Figure de la solitude et de la tristesse, symbole du conflit opposant la passion amoureuse à la raison d’État, la princesse juive Bérénice n’a cessé d’inspirer dramaturges, peintres et compositeurs. Créée le 21 novembre 1670 à l’Hôtel de Bourgogne, la Bérénice de Racine aurait été commandée par la princesse Henriette d'Angleterre, épouse du frère du Roi, en écho à sa passion impossible avec le souverain. Racine prend comme point de départ une phrase de l'historien latin Tacite à propos de l’empereur Titus : « Quant à la reine Bérénice, à laquelle il avait, dit-on, promis le mariage, il la renvoya aussitôt de Rome, malgré lui, malgré elle » et revendique la primauté des sentiments sur l’action, réduite à sa plus simple expression : « Toute l’action consiste à faire quelque chose de rien », écrit l’auteur dans sa préface.

    Le dramaturge Corneille s’empare dans le même temps du sujet, espérant ainsi reprendre sa place de premier auteur tragique et propose, huit jours après Racine, une comédie héroïque, Tite et Bérénice dont la création est confiée à la troupe de Molière, avec Mlle Molière et La Thorillière dans les rôles-titres. Des deux Bérénice proposées en 1670, celle de Racine recueille la majorité des suffrages. Le Roi lui-même exprime sa préférence pour celle-ci et en commande une représentation devant la Cour. La création du rôle est confiée à la Champmeslé, l’« enchantrice », actrice débauchée par Racine de l’Hôtel du Marais. Elle endosse avec Bérénice son premier grand rôle tragique face au grand Floridor. À cette première interprète succèdent les plus grandes tragédiennes de la Comédie-Française : Adrienne Lecouvreur(1724), Saint-Val cadette (1782), Mlle George (1807), Rachel (1844),Julia Bartet (1893), puis à partir du XXe siècle, les actrices Annie Ducaux (1946), Renée Faure (1962), Denise Noël (1963), Geneviève Casile (1979), Ludmila Mikaël (1984), l’acteur Shahrohk Moshkin Ghalam (2009), et enfin Martine Chevallier (2011).

    Premier metteur en scène allemand invité à la Comédie-Française, Klaus-Michael Grübersigne en 1984 l'une des mises en scène les plus remarquées de la tragédie de Racine. Il place les amours contrariées de Titus (Richard Fontana) et d’une Bérénice réorientalisée (Ludmila Mickaël), dans un décor de Gilles Aillaud où coexistent deux espaces : un « univers oppressif » pour la Rome occidentale, coupole de brique rouge et pierre blanche massive au sol, et un univers aérien, tout en légèreté, pour l’Orient de Bérénice. Les personnages y évoluent avec lenteur, murmurant leur amour perdu dans une intensité tenue. « Psalmodie plaintive », chuchotements inaudibles pour ses détracteurs, interprétation magistrale, intime, sensuelle pour les autres, Grüber interroge, dans un spectacle qu’il souhaite « essentiel », les fondements du théâtre et explore la densité et les limites du « rien » sur lequel repose la pièce.

    En1996, le Tite et Bérénice de Corneille, qui avait été éclipsé par la pièce de Racine, puis avait disparu du répertoire des pièces « qui se peuvent jouer » par les Comédiennes et Comédiens-Français (en 1685), est exhumé par le metteur en scène Patrick Guinand. Si la sobriété de la mise en scène et la déclamation parfaite des interprètes permettent d’entendre les très grandes qualités du texte et un Corneille qui a souhaité se réinventer, c’est bien la tragédie de Racine qui fera l’objet des mises en scène suivantes.

    Faustin Linyekula en signe en 2009 une nouvelle mise en scène au Studio-Théâtre en choisissant d’inscrire les enjeux de la tragédie dans la situation de la République Démocratique du Congo et dans son rapport à l’Histoire. Il souhaite« déplacer la question du rôle » et confie ainsi celui de Bérénice au comédien Shahrokh Moshkin Ghalam, d’origine perse, et celui d’Antiochus à Céline Samie, tandis que Bakary Sangaré, acteur d'origine africaine, porte le rôle de Titus.

    Situant l’action entre deux portes, dans « un espace mental », Muriel Mayette-Hotz revient à une interprétation plus sensuelle et raconte avec sa Bérénice en2011 « l’histoire de la traversée d’une nuit », « le nécessaire voyage de deuil, mêlé de violences, de lâchetés, de reproches et de larmes ». Depuis cette mise en scène, la pièce a fait l’objet d’une lecture dans le cadre de l’enregistrement radiophonique de l’intégrale des tragédies de Racine avec France Culture (2015-2024).

    Cette saison, Guy Cassiers revient aux sources de l’histoire de la princesse juive pour parler de notre époque, tant sur le plan politique et sociétal que sur celui de l’intime.

    Claire Lempereur

  • Mise en scène : Guy Cassiers
    Scénographie : Guy Cassiers et Bram Delafonteyne
    Costumes : Anna Rizza
    Lumières : Frank Hardy
    Vidéo : Bram Delafonteyne et Frederik Jassogne
    Musique originale et son : Jeroen Kenens
    Assistanat à la mise en scène : Robin Ormond

    et de l’académie de la Comédie-Française
    Assistanat au son : Samuel Robineau

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Distribution

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