Fragments Norén
Du 24 April au 24 April
Discover the play
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The figure he cut, his presence in the silence, his gaze, piercing other people and events to the bone as if he was nourished by their singularity in order to produce works of art. A man who simply listened to the world without judgement, with the acute awareness that death is the very essence of life. Lars Norén wrote and directed two plays for the Comédie-Française. Concerning Pur, which was produced at the Théâtre du Vieux-Colombier in 2009, Éric Ruf comments: “It is one of the most beautiful and powerful productions I have ever seen at the Comédie-Française. There was nothing spectacular about it, except a prodigious direction of actors and a rare depth.” In 2018, the Swedish playwright returned to the Comédie-Française with Poussière [Dust]. “I could not have written this play until I was the age I am today. I am also in the final years of my life and this play allows me to face my own anxieties and my own journey. It is a play about the end, about goodbyes, about memories. A beautiful and melancholic play that never stops talking about life”, he stated at the time. Born in 1944 in Stockholm, Lars Norén was published at the age of 18. A poet for twenty years, he switched to the theatre in 1980, following a dream. He then wrote over a hundred plays. His writing, which has taken on different forms over the years, is divided into several periods according to the themes addressed. At first his plays were autobiographical (Night is the Mother of Day, Chaos is God’s neighbour, etc.), then came realistic and unflinching texts that focused on the neuroses of families and couples. These works, which feature bourgeois quartets in closed settings (The Vigil, Demons, etc.), earned him international fame. Later, he explored the world of capitalism and the collective image we have of ourselves in his so-called death plays. In 1998, with Category 3.1, he left the narrow circle of the family to go to the places where the most deprived, the excluded, the marginalised, all those who no longer have a voice in contemporary society, are to be found. His theatre thus became “sociological”. In the early twenty-first century, his writing entered a new phase: his works evoke encounters in non-linear time, beginnings and endings, farewells and death. The tone became more existentialist. From 2002 onwards, in addition to his plays, he published his theatre diaries, several collections of poetry and two works on philosophy.
Under the artistic direction of Amélie Wendling, his collaborator and translator in France, the Troupe will pay tribute for one evening to one of the most important playwrights of the last fifty years, who died in January 2021. The evening will span all the periods of his writing, allowing the audience to discover or rediscover the different tones and facets of his work.with the generous support of Aline Foriel-Destezet, great ambassador of artistic creation
NEW PRODUCTION
**EN LIGNE **
8 mai 2023 à 20h30
Poussière, pièce écrite et mise en scène par Lars Norén en 2018 Salle Richelieu (captation pour archives)
suivie de Fragments Norén, direction artistique Amélie Wendling, réalisation Clément Gaubert
En savoir plusAttention : Poussière ne sera pas accessible en replay.
Pour ces événements la Comédie-Française s’est associée à la saison L’Art Norén, organisée par l’Institut suédois en collaboration avec National museum de Stockholm, la Comédie-Française, L’Arche – Éditeur & Agence théâtrale et Les Gémeaux, Scène nationale.
Avec le soutien du Swedish Arts Council (Kulturrådet).L’ensemble de la saison L’art Norén est àretrouver sur le site de L’Institut suédois
Après avoir été par deux fois dirigé par Lars Norén dans des textes écrits pour eux, les comédiennes et comédiens de la Troupe sont invités à cheminer dans l’œuvre du poète et dramaturge suédois le temps d’une soirée.
Auteur contemporain le plus joué dans son pays et sur les scènes européennes depuis August Strindberg, Lars Norén est introduit en France à la fin des années 1980 par Jean-Louis Jacopin qui, à la demande de Giorgio Strehler, présente au Petit-Odéon une mise en scène de sa pièce La Force de tuer qui fouille l’intimité familiale et notamment le parricide. Un an après, en 1989, deux comédiens du Français incarnent au Théâtre national de la Colline deux des personnages du quatuor de La Veillée dans la mise en scène de Jorge Lavelli.
Il faut attendre 2005 pour que l’administrateur Marcel Bozonnet programme l’auteur suédois, hors répertoire, au Théâtre du Vieux-Colombier avec Embrasser les ombres. La pièce, qui évoque la fin de vie du dramaturge Eugène O’Neill que Norén admire, est mise en scène par Joël Jouanneau qui reconnaît en Lars Norén « un grand auteur qui a une connaissance intime du travail de comédien. Chaque rôle est une superbe machine à jouer ».
> « Il n’y a rien de plus beau qu’un acteur dans un espace vide. Et c’est ce que je cherche : un être humain dans une situation essentielle »
En 2009, Muriel Mayette-Holtz convoque l’auteur pour mettre en scène une de ses propres pièces, Pur où se croisent deux générations de couples dans le huis clos d’un appartement vide. Pur fait partie d’un ensemble de treize pièces regroupées sous l’intitulé Terminal où l’auteur explore les questions du temps. Les scènes de la pièce, modifiées ou composées au moment des premières lectures avec les interprètes de la Comédie-Française, relèvent d’un travail de dépouillement : « enlever », dit l’auteur, pour aller vers « le squelette ». Pour cette mise en scène, Pierre Notte, alors secrétaire général de la Comédie-Française, raconte que l’auteur avait affiché les photographies des acteurs « pour réécrire, d’après sa lecture de leurs traits, la parole de ses personnages » – écriture qu’il n’a cessé de modifier jusqu’aux dernières répétitions.
Neuf ans plus tard, le dramaturge est invité par Éric Ruf à poursuivre ce travail d’écriture d’un théâtre à dimension existentialiste avec les comédiennes et comédiens, Salle Richelieu. Auteur prolifique, ayant signé plus de quatre-vingts pièces de théâtre (mais aussi auteur de recueil de poèmes et de romans), Lars Norén confiait avoir attendu d’être suffisamment âgé pour écrire sur la vieillesse. Il entre ainsi au Répertoire avec Poussière, texte pour onze personnages en villégiature, peut-être la dernière, dans une station balnéaire, les contours des rôles ayant été dessinés au fur et à mesure du travail de répétitions. Françoise Gillard, membre du quatuor de Pur, y incarne le seul rôle auquel l’auteur a attribué un prénom, Marilyn – les autres personnages étant nommés par des lettres, les premières de l’alphabet –et le seul qui ne parle pas, « l’instrument muet de cette partition pour orchestre ». Les comédiennes et comédiens expérimentent à nouveau cette forme d’écriture que « prolonge et continue la mise en scène, comme si les phrases s’écrivaient, en direct avec [leurs] corps » (Didier Sandre).
Lars Norén est décédé le 26 janvier 2021 à l’âge de 76 ans. Un projet de nouvelle écriture était en cours pour la Comédie-Française. C’est sous la direction artistique d’Amélie Wendling, sa collaboratrice et traductrice en France, que la Troupe lui rend ici hommage.
— Visuel : Poussière, texte et mise en scènede Lars Norén, 2018, avec Françoise Gillard, Bruno Raffaelli, Lars Norén
Photo © B.Enguérand, coll. Comédie-Française -
Artistic direction: Amélie Wendling