La Puce à l'oreille

by Georges Feydeau
Directed by Lilo Baur
Saison 2022-2023
Du 21 December au 16 March
Durée 2:10
Lieu Richelieu
La Puce à l'oreille
For her fifth production at the Comédie-Française, Lilo Baur staged, with brio, "La Puce à l’oreille" [A Flea in Her Ear], an extravagant play by Feydeau that had not been programmed in the theatre since 1978.

Discover the play

  • It brings together all the ingredients that made the reputation of the vaudeville master: burlesque situations and overlapping cases of mistaken identities, with the theme of the lookalike thrown in for good measure.
    In 1907, La Puce à l’oreille marked Feydeau’s triumphant return to vaudeville. With its impressive construction and remarkable inventiveness, it is akin to “a fireworks display set off over an anthill” as one contemporary critic described it.

    The primary source of the confusion that prevails throughout the play is a package opened “by mistake” by Mr Chandebise’s wife, Raymonde: it contains suspenders sent from the Minet-Galant hotel. Piqued, she convinces herself that her husband is being unfaithful. She asks her friend Lucienne to write a letter to invite her husband to a rendezvous in the same hotel. The accomplice’s plan goes terribly wrong because the letter written in her hand falls into those of her own husband, who in turn thinks he is being cheated on... All the characters end up at Le Minet-Galant where the hotel porter, Poche, is a dead ringer for Raymonde’s husband.

    La Puce à l’oreille is the quintessential troupe play, taking the ingenious use of stage resources to new limits with an “emergency staircase” and, most notably, a stratagem to make adulterous couples disappear at the slightest alert.

    Premiere 21 September 2019 Salle Richelieu

    Non, Feydeau n’est pas un intrus à la Comédie-Française et les débats sur la pertinence de son inscription au Répertoire sont révolus. Refusée en 1926, Feu la mère de madame entre au Répertoire en 1941 dans une prestigieuse distribution. La presse continue en 1951 de se poser la question de cette légitimité avec Le Dindon mais elle demeure bien seule face aux applaudissements du public. Dix-sept pièces (sans compter les monologues) ont donc été jouées au Français, certaines plusieurs fois par des metteurs en scène de diverses sensibilités mais tous confrontés à la même gageure : quelles libertés peuvent-ils se permettre face à la mécanique parfaitement huilée et éprouvée des pièces de Feydeau ?

    Du respect scrupuleux de la plantation et des caractères (La Dame de chez Maxim, 1981) à la multiplication de références au XXe siècle, le pilotage automatique n’empêche pas quelques changements de cap. Par de légers et discrets glissements temporels (Un Fil à la patte, 2010) ou par un ancrage volontaire dans la société contemporaine via la mode vestimentaire (Chat en poche, 1998) et la musique électronique flirtant avec Schubert (Quatre pièces en un acte, 2009), les costumes et la musique actualisent la pièce sans en modifier une virgule, si ce n’est une note en prenant au pied de la lettre le « chœur » des filles Mathieu pour faire chanter celles-ci (L’Hôtel du libre-échange, 2017). Quant au décor décrit minutieusement dans les didascalies, il vole en éclats (Chat en poche, 1998 ; Le Dindon, 2002) pour mieux servir la folie de Feydeau ou déborde du cadre strict de l’intérieur bourgeois pour s’ouvrir sur l’extérieur (Le Système Ribadier, 2013).

    Le parti-pris de retenue des metteurs en scène qui dépouillent ce théâtre de son côté vaudevil-lesque (comme La Puce à l’oreille en 1978) rarement revendiqué (Occupe-toi d’Amélie, 1995) offre une écoute différente pour les monologues (Le Cercle des castagnettes, 2012). En an-crant ainsi les pièces dans une époque plus contemporaine, les metteurs en scène assument les références cinématographiques récurrentes qui ont nourri leur représentation de la bizarrerie (Le Système Ribadier, 2013), le jeu au ralenti des comédiens (Le Dindon, 2002) ou les inserts filmés du début du cinéma (Monsieur chasse !, 1987). Qu’importent les chemins de traverse pourvu qu’on ait l’ivresse !

    • Système Ribadier, 2013 - photo. Brigitte Enguerand © Coll. Comédie-Française
  • Directed by: Lilo Baur
    Scenography: Andrew D Edwards
    Costumes: Agnès Falque
    Lighting: Fabrice Kebour
    Original music and sound: Mich Ochowiak
    Adjustment of movements: Joan Bellviure
    Artistic collaboration: Katia Flouest-Sell

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