Médée
Translated by Florence Dupont
Adaptated and directed by Lisaboa Houbrechts
Du 12 May au 24 July
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Medea, the daughter of King of Colchis and an Oceanid, uses herpowers to help Jason, with whom she has fallen in love, to capture the GoldenFleece. However Jason abandons the woman who sacrificed her brother and fatherfor him in order to marry the daughter of Creon, king of Corinth, where theyhave found refuge. Medea’s then vows to destroy her own house and her threathangs over the whole play. She uses the day Creon gives her before exiling herto carry out her fateful revenge. She poisons the princess and the king, takesthe lives of her own children and flies away on a winged chariot to the kingdomof Aegeus. By focusing his drama on this powerful female character who killswithout the intervention of the gods, Euripides created an infanticide that hashaunted the history of Western art to this day.
A product of the P.U.L.S. scheme (a four-year programme designedto lead young artists to create projects for big stages) created at theToneelhuis in Antwerp by Guy Cassiers, Lisaboa Houbrechts has collaborated withthe choreographer Alain Platel and the director Ivo van Hove and is due to bringher production of Bruegel to France in June 2022, to the Grande Halle deLa Villette, as well as Pépé Chat ou Comment Dieu a disparu to the MC93 inMarch 2023. From this ancient text – which entered the Repertoire in 1981 and hasnever been performed since – she offers a free adaptation in which Medea defiesthe authority of a feminised Jason. The Flemish author and director develops atheatre of the body and metaphors, translating the texts into a language thatborrows from music and the visual arts, the intimate and the monumental. Byabandoning the chronology of the myth in favour of an inner time, she engages areflection on Medea, the woman goddess, victim and murderer, a woman whotransgresses the law, a woman who kills the mother within her, who freesherself from her earthly bonds and transfigures human pain.
with the generous support of Aline Foriel-Destezet, great ambassador of artistic creation
and with the support of the Fondation pour la Comédie-FrançaiseNew production
Des héroïnes d’Euripide ̶ le plus tragique des poètes grecs selon Aristote ̶ Médée demeure l’une des plus inquiétantes et révèle la fascination de l’auteur contemporain d’Hippocrate pour l’aliénation. Depuis le XVIIe siècle, elle captive aussi le public de la Comédie-Française qui, cette saison, va la redécouvrir dans une nouvelle adaptation signée par Lisaboa Houbrecht. La longévité et la modernité du mythe sont prégnantes dans la lecture qu’en offre la jeune metteuse en scène, qui revisite entièrement les questions de pouvoir et de maternité en féminisant le personnage de Jason.
La première adaptation à être représentée à la Comédie-Française, que Longepierre écrit à partir d’Euripide et de Sénèque, est jouée pendant presque 120 ans (de 1694 à 1813), celle de Clément en 1779 ne le sera pour sa part qu’une seule fois . La célèbre Médée de Pierre Corneille (1635) qui s’inspire de celle de Sénèque ̶ et non d’Euripide ̶ n’est inscrite au Répertoire qu’en 1868. En 1903, c’est au tour de l’adaptation de Catulle Mendès d’entrer dans l’histoire du Français . Lorsque la version d’Euripide est jouée en 1981 dans une nouvelle traduction aux résonnances actuelles, elle demeure en marge du Répertoire : la tragique héroïne de la légende des Argonautes ouvre le Festival d’Avignon, dans la Cour d’honneur, avant d’être reprise à l’Odéon, alors deuxième salle de la Comédie-Française. Désireux de conserver le climat « domestique de rupture d’un couple dont les enfants sont sacrifiés à l’amour-propre des parents », Jean Gillibert propose une Médée-Christine Fersen moins vengeresse que seule dans un monde où elle est perdue.
La nouvelle présentation de Lisaboa Houbrecht s’interroge à son tour sur ce personnage qui ouvre la lignée des mères infanticides ôtant la vie qu’elles ont engendrée. Bien que les actes sanglants soient interdits sur scène durant le XVIIe siècle bienséant, la violence de leur narration produit un effet de sidération. Aux siècles suivants, l’autocensure persiste pour l’infanticide, crime suprême parmi les meurtres d’enfants fréquents dans le Répertoire. Mais avec une réappropriation du mythe au XXe siècle, l’inconcevable se reproduit sur scène et des transfuges de Médée réapparaissent à la Comédie-Française avec des pièces telles que Huis clos de Sartre mis en scène par Claude Régy (1990) ou Orgie de Pasolini par Marcel Bozonnet (2007).
— Visuel : Médée, 1981, Avignon, Christine Fersen
Photo © Claude Angelini -
Adapted and directed by: Lisaboa Houbrechts
Dramaturgy: Simon Hatab
Scenography: Clémence Bezat
Costumes: Anna Rizza
Lights: Fabiana Piccioli
Original music: Niels Van Heertum
Chants: Jérôme Bertier
Sounds: Jeroen Kenens
Choregraphic work : Tijen Lawton
Makeup: Céline Regnard
Direction assistant: Céline Gaudier
Scenography assistant: Nina Coulais de l’académie de la Comédie-Française
Costumes assistant : Clément Desoutter de l’académie de la Comédie-Française
Documents
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Programme Médée d'après Euripide. Adaptation et mise en scène Lisaboa Houbrechts.