Ce que j'appelle oubli

« Ce que j'appelle oubli » de Laurent Mauvignier.
Théâtre à la table diffusé le samedi 27 mars à 20h30 sur le site et Youtube.
Direction artistique et interprétation Denis Podalydès.

Dans un supermarché, un homme vole une canette de bière, ou plutôt la boit sur place. Quatre vigiles surviennent, le saisissent, le conduisent dans la réserve, le rouent de coups, il en meurt.
C’est arrivé en 2009 à Lyon. Tout est affreusement banal, lamentable, nul. Les personnages sont des plus ordinaires. Rien dans la violence même qui ne soit horriblement convenu. C’est cela peut-être qui fait le plus mal : chaque élément de ce fait divers est neutre, le type qui boit la canette, les vigiles qui l’arrêtent, le lieu, le moment, etc., l’ingratitude généralisée, et pourtant la conjonction de ces éléments, leur dynamique – rien, absolument rien ne prédispose au meurtre – entraîne et déchaîne une barbarie assassine.
Le narrateur s’adresse au frère de la victime. Il en était assez proche. Peut-être s’agit-il d’une consolation. Au sens littéraire du terme : c’était une forme poétique autrefois, comme chez Malherbe : « Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle… »

Laurent Mauvignier ne raconte pas, n’explique pas, n’instruit pas, il dit, tente de dire ce qui se refuse à toute compréhension, à toute saisie esthétique, philosophique, judiciaire ou politique.

Denis Podalydès

Une phrase unique court sur soixante pages. Elle commence en ayant déjà commencé, ne comportant pas de majuscule, ouvrant par la conjonction « et » : « et ce que le procureur a dit, c’est qu’un homme ne doit pas mourir pour si peu, » et voilà, nous sommes engagés, acteur ou spectateur, dans le mouvement de cette phrase, de cette histoire, celle d’un homme qui est mort pour si peu.
Il y a dans ce texte un désir lazaréen de faire revivre, par la phrase, l’homme disparu. Je pense à Depardieu dans le film de Pialat, Sous le soleil de Satan, soulevant à bouts de bras, dans une absolue contention, le corps d’un enfant mort. Le miracle a lieu et je me suis toujours demandé pourquoi on y croyait tant, à en pleurer. À cause de l’énergie.
De la patience et de l’obstination. De l’effort désespéré, démultiplié par le désespoir lui-même. Alors que tout est dit, l’enfant inerte et sans souffle, malgré la mort et contre la mort, dans une attente et une lenteur oppressante et congestive, l’acteur retourne musculairement la violence inhumaine vers la vie, et l’enfant ouvre un œil.
Dans l’effort d’écrire au plus près de l’insensé, à même le désastre insignifiant, page après page, mot après mot, la langue de Mauvignier, comme les bras de Depardieu, parvient, il me semble, à redonner souffle – et non pas visage ou sens –, au pauvre mort anonyme, et peut-être, à consoler son frère, ou nous-mêmes, un tant soit peu.

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Denis Podalydès, mars 2012

  • Photo © Vincent Pontet

PASS SANITAIRE

Suite aux annonces du Président de la République du lundi 12 juillet, et conformément au décret du Décret n° 2021-955 du 19 juillet 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire, le pass sanitaire doit être mis en place pour tous les rassemblements de 50 personnes ou plus.
À compter du 21 juillet 2021, il est donc nécessaire pour accéder à nos trois salles.

MISE EN PLACE POUR LES SPECTATEURS

Le pass sanitaire concerne tous les spectateurs âgés de 18 ans et plus à compter du 21 juillet 2021. Seuls les spectateurs munis d'un pass sanitaire seront admis en salle. L'application du pass sanitaire pour les jeunes de 12 à 17 ans est repoussée au 30 août 2021. Le pass sanitaire prend la forme d'un QR code disponible dans l’application Tous anti-Covid ou téléchargeable depuis le site ameli.fr
Le pass sanitaire est valide pour l’admission en salle lorsqu’il atteste :

  • soit d’une vaccination complète : 7 jours après la deuxième injection pour tous les vaccins à double injection (Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ; 4 semaines après l'injection pour les vaccins à une seule injection (Janssen) ; 7 jours après l'injection pour les personnes ayant eu la Covid ;
  • soit d’un test PCR ou Antigénique négatif de moins de 48h ;
  • soit le résultat d’un Test RT-PCR positif attestant du rétablissement de la Covid, datant d’au moins 11 jours et de moins de six mois.

Les autotests ne sont pas considérés comme un Pass sanitaire valide. Ils ne permettent donc pas l'entrée en salle.

Le port du masque demeure obligatoire pendant toute la durée de la présence dans le bâtiment (en salle comme dans les circulations).

SAISON 21/22


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