L'institution

« La Comédie-Française porte en elle cette utopie magnifique qui consiste à lire le présent à l’aune du passé, à pouvoir se promener sur ces échelles de temps, les réduire, les comparer pour en tirer des enseignements ou de l’empathie.
Notre Maison résiste à toute définition, ses missions étant trop vastes et la curiosité de ses artisans trop insatiable pour être réduite à un sens plutôt qu’à un autre. Quitte à se perdre ou à « perdre connaissance », sa force est de pouvoir faire feu de tous bois théâtraux. Le ferment commun, sa troupe et avec elle l’ensemble des services travaillent sans relâche pour vous mener sur ces chemins buissonniers. »

ÉRIC RUF

Salle Richelieu

Sans relâche de septembre à fin juillet, la Salle Richelieu propose une douzaine de spectacles, en alternance, issus des répertoires les plus variés, choisis pour naviguer au gré des styles d’œuvres, d’esthétiques et de représentations les plus divers.

Une de ses spécificités tient à la constitution du Répertoire de la Comédie-Française : tout texte joué sur son plateau doit au préalable avoir été soumis au Comité de lecture afin d’être inscrit au Répertoire, qui compte aujourd’hui près de 3 000 pièces de toutes les époques.

La Salle Richelieu est le fruit des conflits et des passions qui animent la France à la fin du siècle des lumières.

Initialement destinée à être un opéra, ce bâtiment ayant pour ambition de ne pas rompre l’harmonie du Palais-Royal, est construit à l’initiative du duc de Chartres par l’architecte Victor Louis. Au début de la Révolution, elle est investie par le théâtre des Variétés amusantes que rejoignent Talma et ses amis.

Nous sommes en 1791, la Comédie-Française a déjà 111 ans et a joué dans quatre autres théâtres...

Il faudra attendre 1799 et la réunification des troupes pour que cette salle à l’italienne s’impose définitivement comme le théâtre la Comédie-Française.

Repères en quelques dates

  • 1791 : une partie de la troupe des Comédiens-Français, rassemblée autour du tragédien Talma, investit pour la première fois cette salle alors rebaptisée Théâtre de la République, tandis quel’autre partie se produit au Théâtre de la Nation (futur Odéon).
  • 1799 : à la suite des divisions révolutionnaires et de l’incendie de l’Odéon, la Troupe reconstituées’y installe définitivement.
  • Au XIXe siècle : le volume originel du théâtre s’agrandit et se complète avec les travaux de Prosper Chabrol (1860-1864). On lui doit l’escalier d’honneur ainsi que le foyer du public où se font face depuis, saisis dans le marbre, Voltaire et Molière.
  • 1900 : un incendie ravage la salle. Elle est reconstruite à l’identique.
  • 2012 : d’importants travaux de réfection technique sont entrepris salle Richelieu, qui ferme durant un an. La Troupe s’installe au Théâtre éphémère, une salle de spectacle installée au cœur des Jardins du Palais-Royal. Construite en bois, cette structure innovante allie démarche éco-responsable et hautes qualités acoustiques et thermiques. Cette salle frontale de 746 places appartient aujourd’hui au Grand Théâtre de Genève.
Description

Nombre de places : 862
Place Colette, 75001, Paris

Contact :
01 44 58 15 09/14
Du lundi au vendredi de 11h à 17h30

Théâtre du Vieux-Colombier

Situé au cœur de Saint-Germain-des-Prés, le Théâtre du Vieux-Colombier propose chaque saison au moins quatre créations de textes classiques ou contemporains, programmés en séries de septembre à début juillet. Seules les pièces jouées Salle Richelieu entrent au Répertoire de la Comédie-Française, les choix artistiques de l’administrateur général sont néanmoins pensés dans une cohérence d’ensemble des trois salles.

La création du Théâtre du Vieux-Colombier le 22 octobre 1913 par Jacques Copeau s’inscrit dans son projet de « rénovation dramatique », en rupture avec l’activité commerciale des théâtres des Grands boulevards Rive droite.

Instaurant un principe d’alternance, il y mène une intense activité avec sa compagnie, notamment avec Charles Dullin et Louis Jouvet entant que régisseur général. En 1924, Copeau part défendre un théâtre de tréteaux en Bourgogne, mais la création artistique perdure dans ce théâtre qui s’ouvre au fil des directions successives au cinéma d’avant-garde puis au jazz. Menacé de disparaître, il est racheté par l’État en1986, et devient le 9 avril 1993 la deuxième salle de la Comédie-Française.

Repères en quelques dates

  • 22 octobre 1913 : création du Théâtre du Vieux-Colombier par Jacques Copeau
  • novembre 1924 : le réalisateur Jean Tedesco prend la direction du théâtre (jusqu’en 1934) où il fait découvrir au public français le cinéma d’avant-garde (Abel Gance, D. W. Griffith, Jean Epstein, Charlie Chaplin, Jean Renoir)
  • 10 juin 1933 : première mise en scène de Georges Pitoëff au Théâtre du Vieux-Colombier, avec Les Juifs de Tchirikov
  • 27 mai 1944 : création de Huis clos de Jean-Paul Sartre, dans une mise en scène de Raymond Rouleau
  • juin 1945 : première mise en scène de Jean Vilar au Théâtre du Vieux-Colombier qui signe la création française de Meurtre dans la cathédrale de T.S. Eliot.
  • 13 janvier 1947 : conférence d’Antonin Artaud
  • 1948 : inauguration du Club du Vieux-Colombier dans la cave du Théâtre avec l’orchestre de Jazz Nouvelle Orléans de Claude Luter qui accueillera Sidney Bechet, Boris Vian…
  • juillet 1961 : dans le cadre du Théâtre des nations, le Living Theater monte Dans la jungle des villes de Brecht et le Volks theater de Vienne Le Balcon de Genet
  • 1978 : inscription du Théâtre du Vieux-Colombier à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques pour éviter sa disparition
  • février 1986 : rachat par l’État
  • 9 avril 1993 : le Théâtre du Vieux-Colombier devient la 2e salle de la Comédie-Française, alors sous l’administration générale de Jaques Lassalle qui ouvre la première saison en mettant en scène deux pièces de Nathalie Sarraute, Le Silence et Elle est là.
  • 20 janvier 2010 : première mise en scène dans un dispositif bi frontal avec Paroles, pas de rôles / vaudeville conçu par les collectifs tg STAN, De KOE, Discordia.
  • 29 septembre 2015 : première création « tout public » avec le spectacle pour acteurs et marionnettes 20 000 lieues sous les mers d’après Jules Verne dans une adaptation et mise en scène de Christian Hecq et Valérie Lesort
Description

Nombre de places : 300
21 rue du Vieux-Colombier, 75006, Paris

Contact :
01 44 39 87 00/01
Du mardi au samedi de 11h à 13h30 et de 14h30 à 18h

Studio-Théâtre

La programmation, du mercredi au dimanche, de spectacles et manifestations à 18h30, permet non seulement d’élargir le public mais aussi de diversifier l’offre qui lui est faite. Comédiens et spectateurs peuvent ainsi enchaîner avec une représentation à 20h30 à la Salle Richelieu ou au Théâtre du Vieux-Colombier, voire exceptionnellement, au Studio-Théâtre avec une autre proposition.

Outre les pièces contemporaines et les pièces classiques du type levers de rideau, le plateau du Studio-Théâtre est idéal pour les pièces intimistes, cabarets, spectacles pour enfants, ainsi que pour les rencontres publiques.

Lorsque Jean-Pierre Miquel, alors administrateur général de la Comédie-Française, saisit l’opportunité de l’aménagement du Carrousel du Louvre pour obtenir une troisième salle, il pense à un lieu, petit, qui permette un laboratoire de formes dans une proximité avec le public.

En 1996, la Comédie-Française inaugure ainsi la septième salle de son histoire. Baptisée Studio-Théâtre, son nom fait référence au premier Studio du Théâtre d’Art de Moscou voulu par Stanislavski en 1912.

Depuis vingt ans, en complémentarité des deux autres salles, y sont autant représentés des auteurs contemporains, parfois joués pour la première fois en France, que des formes courtes de « classiques », des seuls-en-scène ou des spectacles de chansons.

Repères en quelques dates

  • 15 mai 1996 : lancement des travaux
  • 29 octobre 1996 : ouverture du Studio-Théâtre avec La Demoiselle de la poste d’Ewa Pokas dans une mise en scène de Catherine Hiegel
  • 17 octobre 2007 : Le Cabaret des mers, premier cabaret musical, sous la direction artistique de Sylvia Bergé
  • 26 novembre 2008 : premier cycle du Bureau des lecteurs au Studio-Théâtre, cycles de lectures de pièces d’auteurs contemporains, en alternance avec le Théâtre du Vieux-Colombier
  • 26 novembre 2009 : Le Loup de Marcel Aymé, mise en scène de Véronique Vella marque le premier spectacle « tout public » qui deviendra annuel
  • 16 mars 2016 : Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier par Denis Podalydès ouvre les Singulis, série de seuls-en-scène
Description

Nombre de places : 136
Galerie du Carrousel du Louvre,
Place de la Pyramide inversée,
99 rue de Rivoli, 75001 Paris

Contact :
01 44 58 98 41
Du mercredi au dimanche de 14h à 17h

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