Les piliers

Depuis sa fondation en 1680, la Comédie-Française ne cesse de surprendre et de s’imposer comme une exceptionnelle, foisonnante et non moins créative « fabrique de spectacles ».
Pour mériter cette définition, elle fonde soigneusement son exception, sa pérennité et sa vitalité sur des piliers aussi solides qu’immuables.

La Troupe tout d’abord

Bien appréhender et aimer « la Maison » Comédie-Française, c’est d’abord prendre la mesure de ce que représente la troupe de comédiens qui en est le cœur. Unique, absolue référence en France, la troupe de la Comédie-Française est la plus ancienne en activité au monde.

Née, sur ordre du Roi, en 1680 de la réunion de la troupe de l’hôtel de Bourgogne et de celle de l’hôtel de Guénégaud (comédiens de Molière), la Comédie-Française a pour structure initiale la Société des Comédiens Français. Des premiers compagnons de Molière aux sociétaires nommés aujourd’hui, elle compte à ce jour 532 comédiens.

Comment ne pas souligner ici cet apparent paradoxe : une longue histoire vivante de près de 350 années, jalonnée de seulement 532 comédiens sociétaires...

Lignée d’élus, filiation, transmission.

À travers les âges, cette lignée de comédiens – véritables« athlètes du sentiment » – s’est forgée à la seule et même filiation d’exigence et de professionnalisme. La troupe de la Comédie-Française est avant tout affaire de valeurs partagées. École de transmission pour un projet collectif d’excellence, elle s’est choisi une devise qui en définit l’esprit : Simul et Singulis (être ensemble et être soi-même) et constitue le socle d’une véritable « culture Maison ».

La Comédie-Française n’a donc pas fini de revendiquer pleinement son statut à part de Troupe. De Troupe très à part quant à l’importance de sa vocation de toujours : être à la fois un foyer de création, un espace de mûrissement et un conservatoire des arts du dire. Bref, un lieu ancré dans son époque et voué au renouvellement perpétuel.

Le Répertoire ensuite

Le répertoire de la Comédie-Française désigne l’ensemble des œuvres pouvant être interprétées sur sa scène principale, aujourd’hui la Salle Richelieu.

Contrairement aux idées reçues, il n’est ni une bibliothèque idéale ni la reconnaissance nationale d’un auteur mais l’illustration de la pluralité des dramaturgies françaises et étrangères.

Le Répertoire de la Comédie-Française compte à ce jour près de 3000 pièces. En perpétuel mouvement, ne cessant de vivre et de s’enrichir des œuvres contemporaines de chaque époque, il n’est, par nature, jamais figé.

En recouvrant des thèmes et sujets, des époques et des styles d’écritures théâtrales divers, les œuvres du Répertoire forment un espace mémoriel de l’art dramatique qui, toujours en mouvement, s’enrichit au fil des époques des styles d’écritures théâtrales les plus variés.

Sur proposition de l’administrateur général, c’est le Comité de lecture qui décide, ou non, de l’inscription d’une œuvre au Répertoire de la Comédie-Française.

Enfin, l’exigeant principe de l’alternance

L’Alternance est un des principes de fonctionnement de la Comédie-Française qu’elle est seule à pratiquer en France mais qu’elle partage avec de nombreux théâtres dans le monde, notamment en Allemagne. A la Comédie-Française, elle est pratiquée Salle Richelieu. Cette exigence qui offre au public la possibilité de découvrir plusieurs pièces concomitamment, est de deux ordres : tout d’abord, il s’agit de l’alternance des spectacles eux-mêmes. Ainsi, une même semaine, jusqu’à cinq pièces différentes qui peuvent être présentées Salle Richelieu.

Mais l’alternance concerne aussi les interprètes : la Troupe jouant jusqu’à huit pièces concomitamment sur les trois plateaux de la Comédie-Française (auxquelles s’ajoutent les pièces en tournées), plusieurs comédiens sont distribués sur un même rôle.

Ainsi doublés, les comédiens se relayent, ce qui assure pour le public une très grande diversité de propositions.

La soixantaine de comédiens dont la troupe est constituée a ainsi pour particularité et talent de travailler plusieurs textes en parallèle,prose ou vers, classiques et contemporains, et autant de registres artistiques, d’approches de mise en scène et d’interprétations, parfois aux antipodes les uns des autres.