Alexandre-Vincent Pineu
dit ALEXANDRE DUVAL

203e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1791 ; sociétaire en 1799 ; retraité en 1802.

D'origine bourgeoise, il quitte la France pour participer à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. À son retour, ingénieur, puis architecte, il se retrouve sans travail au moment de la Révolution. Passionné de théâtre, il débute aux Variétés amusantes et réussit à se faire admettre comme pensionnaire à la Comédie-Française, devenue « Théâtre de la Nation ». Incarcéré en 1793, il proteste de son innocence et de ses sentiments républicains – il a fait la campagne de l'Argonne –, et entre alors au Théâtre de la République où il tient l'emploi des confidents.

Acteur consciencieux mais sans grand talent, il se révèle surtout comme auteur dramatique et fait représenter en 1799 Les Héritiers ou le Naufrage, Les Projets de mariage et Les Tuteurs vengés. Maintenu à la réunion, il quitte la scène en 1802, se consacrant à l'écriture de nombreuses comédies et Opéras-comiques à succès, en quelque sorte précurseur de Scribe. Une vingtaine de ses comédies figurent au répertoire de la Comédie-Française parmi lesquelles La Jeunesse de Henry V, Édouard en Écosse, La Princesse des Ursins, Shakespeare amoureux, Le Tyran domestique, etc.

Directeur de l'Odéon en 1808, membre de l'Institut en 1812, académicien en 1816, administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal en 1831, Alexandre Duval refusa farouchement l’École romantique, prônant une littérature dramatique de convention, et s'opposa vigoureusement à Victor Hugo.