Sur le décor et les costumes

Reprise du spectacle « Le Chien » par Raphaëlle Saudinos et Véronique Vella qui marque l’ultime volet d’un triptyque sur les « Contes du chat perché » de Marcel Aymé au Studio-Théâtre, débuté avec « Le Loup » en 2009 puis « Le Cerf et le Chien » en 2016. Outre le plaisir des retrouvailles avec des personnages, les metteuses en scène ont pensé la forme esthétique dans une continuité d’un épisode à l’autre. Éric Ruf et Siegrid Petit-Imbert se sont ainsi amusés à intégrer, dans le décor et les costumes, des citations des anciens spectacles : « l’ici et maintenant » du théâtre est teinté par le passage du temps.

RENCONTRE AVEC RAPHAËLLE SAUDINOS ET VÉRONIQUE VELLA (mise en scène), ÉRIC RUF (scénographie) ET SIEGRID PETIT-IMBERT (costumes)

  • Robin Ormond. Après avoir mis en scène Le Loup puis Le Cerf et le Chien, que représentent pour vous ces retrouvailles avec Marcel Aymé ?

Véronique Vella. Monter Le Chien c’est relier trois pans d’une grande histoire, et continuer ce mouvement vers la vie, puisque dans cet épisode, les fillettes ne sont plus des enfants : elles sont assez grandes pour aller faire les courses seules, loin de la maison. En renouant avec Marcel Aymé, on revient également vers le merveilleux des contes, et en particulier on retrouve ces animaux doués de parole, et comment cette rencontre avec l’altérité transforme autant Delphine et Marinette que les animaux eux-mêmes. Enfin, on reverra une grande partie de la distribution originelle du Loup, qui retrouvera elle-même les mondes des deux précédents contes au travers de signes délicats qui se glisseront autant dans l’histoire que dans le décor ou les accessoires.

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Le Loup - Les Contes du chat perché
© Brigitte Enguérand

  • Robin Ormond. En quoi les échos des précédents opus trouvent-ils une traduction visuelle ?

Éric Ruf. Les deux metteuses en scène m’ont parlé très tôt du fait qu’il s’agirait d’un spectacle qui aurait de la mémoire. C’est pourquoi la scénographie reprend des éléments des premiers opus mais également d’autres spectacles créant une filiation plus large. Par exemple, le ciel au fond du décor reprend le même motif que l’affiche que l’on voyait dans la scénographie du Loup.
La végétation présente sur scène reprend pour sa part celle qui se trouvait à l’arrière de la maison dans le premier conte. J’ai par ailleurs demandé à Julie Camus, la scénographe du deuxième spectacle, de dessiner un cerf pour le décor du Chien, donc tout participe réellement à établir la mémoire des précédents spectacles du triptyque et d’autres encore.

Siegrid Petit-Imbert. Tout, au niveau des costumes, se conjugue également pour créer un ressouvenir des autres spectacles. Delphine, qui a à présent une quinzaine d’années, au style affirmé, aura une veste au dos de laquelle sera brodé le visage de Michel Vuillermoz qui incarnait le Loup. Marinette, dans les 13 ans, un peu plus grunge pour sa part et en pleine crise d’adolescence, aura un gilet sur lequel apparaîtra l’ensemble des animaux des précédents contes. Pour les animaux eux-mêmes, la continuité avec les autres pièces sera également évidente car ils ne présentent toujours qu’un seul élément, un signe unique de leur animalité comme avec la Souris qui sera dotée d’une longue queue.

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  • Robin Ormond. Dans quelle scénographie évoluent tous ces personnages ?

Raphaëlle Saudinos. Nous avons fait part à Éric Ruf de plusieurs souhaits liés à l’idée d’une métaphore de la pulsion de vie, de l’élan puissant et joyeux traversant ces contes, malgré les chagrins et les deuils, à l’image du chemin de l’enfance vers l’âge adulte de Delphine et Marinette.
Dans Le Chien, notre idée est de multiplier les signes pour donner l’impression au public qu’il est d’une certaine façon « dans » la maison, et que symboliquement il a le point de vue des parents qui regardent les deux adolescentes s’éloigner d’eux pour aller vers le monde extérieur. Nous allons donc, à partir de cette scénographie, multiplier les pistes pour inciter l’imaginaire des spectateurs et spectatrices à voir le Studio-Théâtre, la salle et la première partie du plateau comme l’intérieur de la maison de Delphine et Marinette, ou, au sens symbolique, comme le livre des Contes du chat perché, à savoir, l’endroit où le Chat est chez lui. La deuxième partie du plateau, et toutes les coulisses sont l’espace de l’extérieur, le monde qui attend les deux jeunes filles, et auquel elles aspirent. C’est donc un espace métaphore de l’adolescence de Delphine et Marinette, partagées entre le besoin de rester dans le giron des parents et l’envie d’accéder à la prochaine étape de leur vie, que l’on entrevoit ici à travers une « trouée » au fond du décor, le fameux ciel au-delà de la forêt.

Éric Ruf. Autour de ce point de fuite, le ciel, l’orée du bois, représentant l’avenir, vers lequel tendent les deux jeunes filles m'est venue l’idée d’une serre. Un drôle d’endroit à la fois intérieur et extérieur où l’on aime bien être enfant. On a ainsi ce lieu un peu abandonné, où traînent quelques objets divers, où les carreaux sont cassés, laissent voir à l’intérieur, et où les filles se sont installées pour jouer et vivre. Les parents eux-mêmes aiment aussi l’endroit et apprécient de s’y retrouver quand les enfants ne sont pas là. On crée donc un entre-deux avec une structure dans le style Eiffel qui devient un terrain de jeu également pour les animaux.

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Le Chien - Les Contes du chat perché
© Christophe Raynaud de Lage

Propos recueillis par Robin Ormond, assistant à la mise en scène

Article publié le 23 novembre 2023
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