Louis
Seigner

407e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1939 ; sociétaire en 1943 ; retraité en 1971 ; doyen de 1960 à 1971 ; sociétaire honoraire en 1972.

Après le Conservatoire de Lyon et quelques petits rôles aux Célestins ou à l'Eldorado, Louis Seigner rejoint Paris, entre au Conservatoire dans la classe de Jules Truffier, puis est engagé, en 1923, par Gémier, à l'Odéon. Il va y rester seize ans entrecoupés de courts séjours sur les Boulevards et il y pratique l'alternance la plus rigoureuse, jouant les classiques comme les modernes, la tragédie comme la comédie.
Sa performance dans le rôle du Roi, dans Le Cid, plaît à Édouard Bourdet, administrateur de la Comédie-Française, qui l'engage en 1939 et, si sa première apparition sur la scène du Théâtre-Français est dans le très court rôle de d'Artagnan de Cyrano de Bergerac, il débute officiellement dans La Bête de Marius Riollet. Sociétaire dès 1943, il sert pendant trente-deux ans, avec une fidélité et une conscience remarquables, la Maison de Molière, dont il est l'interprète scrupuleux. Qu'il soit Orgon, Tartuffe, Sganarelle, Chrysale ou Géronte, il imprime à son personnage une touche toute personnelle où la rondeur pateline voisine avec un solide bon sens. Il incarne avec autorité Argan du Malade imaginaire et surtout Monsieur Jourdain du Bourgeois gentilhomme.

À lui seul, entre 1951 et 1971, il a tenu le rôle 505 fois sur la scène de la Comédie-Française (sans compter les tournées), plus que tous les autres interprètes réunis depuis la création de la pièce. Il l'a fait triompher en URSS en 1954, lors de la première grande tournée au-delà du rideau de fer, et l'a immortalisé dans le film réalisé par Jean Meyer. Si son emploi dans la comédie classique le voue aux barbons (Bartholo du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro...), il joue aussi les grands confidents de tragédie (Pylade d'Andromaque, etc.). Dans la comédie moderne, il incarne les personnages les plus divers auxquels son aspect tour à tour débonnaire ou sévère, sa diction impeccable et son sens des situations donnent une indubitable vie. Les fantoches de Labiche (Perrichon, Nonancourt, etc.), de Feydeau (Pinchard du Dindon...), de Courteline (Boubouroche), Maître André ou Bridaine de Musset, les grands bourgeois de Pailleron, Vildrac, Augier, Bourdet (admirable interprétation du rôle de Jérôme dans Les Temps difficiles), Monsieur Lepic (Poil de carotte de Jules Renard), Bourdier (Le Roi), Margajat (Donogoo), Blaise Couture (Asmodée)... autant de compositions réfléchies et percutantes. Il est aussi l'interprète d'Audiberti (Les Femmes du bœuf), G.B. Shaw (La Grande Catherine), André Obey (L'Homme de cendres), Sheridan (L'École de la médisance), de Daudet (L'Arlésienne) et de Shakespeare (Othello), etc.

Il met en scène et interprète le touchant Crainquebille d'Anatole France, Le Président Haudecœur de Roger Ferdinand, Étienne de Jacques Deval, Donogoo de Jules Romains, ainsi que Tartuffe de Molière. Pape dans Malatesta de Montherlant, il est le juge Porphyre dans Crime et châtiment d'après Dostoïevski, avec toute l'acuité nécessaire et une redoutable présence. Il décide de se retirer en 1971, doyen depuis 1960, mais, sociétaire honoraire, il est dans le Lorenzaccio de Musset monté par Zeffirelli pour la réouverture de la Salle Richelieu après les travaux de 1974/76, un pénétrant Philippe Strozzi. Il joue aussi sur d'autres scènes, le juge Porphyre à nouveau dans Crime et châtiment, monté à Reims puis à Paris par Robert Hossein, La Débauche de Marcel Achard au théâtre de l'Œuvre...

Au total, sa carrière au théâtre compte plus de 300 rôles. Dès 1930, il s'est intéressé aux médias et a fondé une compagnie théâtrale radiophonique, avec Jean Nohain et Claude Dauphin. À la télévision il a été le banquier Toloméi des Rois maudits d'après Maurice Druon et a tourné plus de 120 films pour le cinéma, depuis le Mariage de Chiffon, Chotard et compagnie, etc., jusqu'à la version des Misérables, réalisée par Robert Hossein, en passant par des films prestigieux comme Goupi mains rouges, Le Corbeau, Les Anges du péché, Nous sommes tous des assassins, Les Grandes Familles, La Chartreuse de Parme, La Vérité, Les Amitiés particulières ou encore Monsieur Klein de Joseph Losey et Section spéciale de Costa-Gavras.

Professeur au Conservatoire pendant onze ans, il a formé des comédiens comme Villeret ou Perrin. Ses trente-deux ans de Comédie-Française lui donnèrent droit, en 1974, à une très mémorable soirée d'adieux, où le tout-théâtre rendit hommage à une carrière exemplaire.

À la Comédie-Française

1977-1978

  • Lorenzaccio

    d'Alfred de Musset Mise en scène Franco Zeffirelli

    Philippe Strozzi

    Richelieu

1976-1977

  • Lorenzaccio

    d'Alfred de Musset Mise en scène Franco Zeffirelli

    Philippe Strozzi

    Richelieu

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