Jeanne Catherine Gaussem
dite MLLE GAUSSIN

111e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1731 ; sociétaire en 1731 ; retraitée en 1763.

Née dans le sérail, d'un père au service de Baron et d’une mère ouvreuse à la Comédie, elle monte toute jeune sur les planches d'un théâtre de société avant d'être engagée à Lille où elle reste deux ans. En 1731, elle débute à la Comédie-Française dans les rôles de Junie (Britannicus) et d'Agnès (L’École des femmes), joue Chimène à Fontainebleau et est reçue aussitôt dans la Société. Sa beauté touchante et sa sensibilité émeuvent Voltaire qui lui confie le rôle-titre de Zaïre à la création de la pièce. Elle y triomphe, désormais reconnue comme une des « vedettes » de la troupe dans l'emploi des princesses de tragédie et des ingénues de comédie, où elle se montre toujours émouvante. Elle crée plusieurs rôles dans les tragédies et comédies de Voltaire (Alzire, Nanine...), de Piron (Gustave Wasa), Lanoue (Mahomet II), Chateaubrun (Les Troyennes), Boissy (Les Dehors trompeurs), Fagan (la Pupille), et dans les comédies « larmoyantes » de Nivelle de La Chaussée (Mélanide). Son interprétation de Bérénice provoque un véritable engouement. Adulée du public, elle conserve encore à quarante ans son charme et sa fraîcheur, et Diderot la cite en exemple dans son Paradoxe sur le comédien.
Ce n'est que dans les dernières années de sa carrière qu'on lui reprochera quelques «coquetteries surannées ». Elle crée encore le rôle de Marianne dans Dupuis et Desronais de Collé, avant de se retirer, en 1763.