Anne-Françoise-Elisabeth Lange
dite MLLE LANGE

201e sociétaire

Entrée à la Comédie-Française en 1788 ; sociétaire en 1792 ; retraitée en 1793.

Fille de comédiens – sa mère fit partie de la Comédie italienne –, elle débute à seize ans à la Comédie- Française dans L’Écossaise de Voltaire et L'Oracle de Saint-Foix. Jeune et jolie, elle est engagée comme pensionnaire pour jouer les amoureuses. Trop peu distribuée, elle quitte la Comédie pour le théâtre de la République, en 1791, mais revient en 1792 au « Théâtre de la Nation », où elle est enfin nommée sociétaire. Elle y crée Le Vieux Célibataire de Collin d'Harleville et surtout Paméla de François de Neufchâteau, d'après le roman de Richardson, lui-même adapté par Goldoni.
Sa parure fait fureur et les élégances se coiffent désormais « à la Paméla », mais la pièce, jugée réactionnaire, sert de prétexte au Comité de salut public pour fermer la Comédie-Française et arrêter ses comédiens. À sa libération, Mademoiselle Lange va jouer au théâtre de l’Égalité (section Marat), nouveau nom de l'ancienne salle de la Comédie-Française et futur Odéon, puis au théâtre Feydeau.
Protégée par le directeur Barras, elle mène grande vie. Son goût du luxe l'écarte de la scène. Elle finit pourtant par épouser, en 1797, Michel Jean Simmons, grand armateur et importateur de denrées coloniales, fils d'un riche carrossier bruxellois qui lui-même épousera une autre actrice, Julie Candeille.

Dès lors, si l'on excepte le scandale provoqué au salon de 1799 par un portrait de Girodet, jugé peu ressemblant et remplacé par un tableau satirique, Mademoiselle Lange, retirée de la scène, ne fera plus parler d'elle.