Séraphin Barizain
dit MONROSE

229e sociétaire

Entré à la Comédie-Française en 1815 ; sociétaire en 1817 ; retraité en 1842 ; doyen de 1831 à 1842.

Enfant de la balle – la famille Monrose est sur les planches depuis le début du XVIIIe siècle –, il débute au théâtre des Jeunes Artistes, puis, en 1804, au théâtre Montansier. Il est premier comique à Bordeaux, à Nantes, et passe huit années en Italie, où il obtient un grand succès. De retour à Lyon en 1814, il est sollicité par la Comédie-Française et choisit pour ses débuts, l'année suivante, le rôle de Mascarille de L’Étourdi, peu joué depuis Préville et qui exige de rares qualités de verve et de finesse. Sociétaire en 1817, il est, malgré sa petite taille, l'interprète idéal des valets habiles, fourbes et spirituels. Scapin et Figaro sont ceux où il montre le plus de mordant et de naturel. Il crée en outre soixante-dix rôles modernes, parmi lesquels Valentin, de L’École des vieillards de Casimir Delavigne, Dominique, dans la pièce éponyme de d'Epagny et Dupin, Vertpré dans Le Mari de la veuve de Dumas, Durieu et Bourgeois, Bernard et dans La Camaraderie de Scribe.
D'un caractère naturellement hypocondriaque, la mort de sa femme, en1841, achève d'ébranler sa raison déjà défaillante. Il est soigné par le docteur Blanche, chez qui fut aussi interné Gérard de Nerval.
Permission exceptionnelle lui est donnée de jouer Figaro du Barbier de Séville une dernière fois à sa représentation de retraite, et, par miracle, cet homme, devenu incapable de se souvenir même de son propre nom, retrouve, devant son public, juste le temps d'une représentation, toute sa mémoire et tout son talent.